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Ce coup de poing donné à Jimmy
Chacun de nous peut agir pour sortir de l’engrenage du racisme
04/02/2010

«Je suis à la gare de Milan, le cœur plein de joie, en voyant arriver ma nièce de 11 ans. Nous passons aux toilettes de la gare munies, à l’entrée, de barrières automatiques qui s’ouvrent lorsque l’on y introduit une pièce, les employés assurant les contrôles. Tandis que j’attends, un jeune de couleur s’avance; il a à peu près mon âge et c’est un habitué de cette gare. Sa pièce dans la main, il tente de l’introduire pour entrer dans les toilettes, mais un des employés le bloque et le bouscule en lui ordonnant de partir. Après avoir été poussé dehors, il se met à dire, dans un italien hésitant: «Pas de racisme!», et il le répète plusieurs fois.
Je demande aux employés pourquoi ils ne le font pas entrer. Ils me répondent qu’ils font un travail dangereux sur le plan de la sécurité, et qu’ils en ont assez de ces gens-là. Le jeune continue de répéter: «Pas de racisme», jusqu’au moment où l’employé lui assène un coup de poing sur la lèvre. Il grimace de douleur: «Pourquoi tu me fais ça?» Je suis saisie de stupeur; j’ai l’impression que c’est moi qui ai reçu le coup de poing, je ressens la douleur face à la dignité bafouée, celle d’une personne sans défense et dépassée par ce qui lui arrive.
L’employé appelle le vigile chargé de la sécurité et, devant toutes les personnes présentes, il déclare avoir été agressé par le jeune homme. Ses collègues, hommes et femmes, confirment ses dires. Le vigile tente d’éloigner le jeune homme de couleur: «Jimmy, dit-il, je te connais, tu n’as jamais posé de problème à personne dans cette gare. Dis-moi ce qui s’est passé, sinon je serai obligé de t’arrêter».
Je n’oublierai jamais le regard de Jimmy, perdu, cherchant quelqu’un qui puisse confirmer la vérité. À ce moment-là, je m’avance: «Ça ne s’est pas passé comme ça!» Soudain, les regards hostiles des employés sont tous braqués sur moi, mais je n’ai pas peur: je dois répondre à la soif de justice de Jimmy.
Le vigile sourit et me demande si je souhaite confirmer mes propos à la police. Je réponds oui et, escortée de Jimmy, je vais faire ma déposition à la police, qui se rend ensuite dans les toilettes pour interroger les autres témoins. Entre-temps, Jimmy me demande qui je suis et pourquoi j’ai fait cela. «J’ai pris ta défense parce que je suis chrétienne, et toi aussi, tu es un enfant de Dieu!» La tempête dans mon cœur se calme grâce au «merci» de Jimmy.
Le vigile me sourit de nouveau. Jimmy choisit de ne pas porter plainte pour ne créer de problèmes à personne, disant qu’il lui suffit qu’on le croie. Je n’ai plus revu Jimmy. Les policiers m’ont rapporté qu’il allait bien. En revanche, j’ai revu les employés des toilettes, et j’ai prié pour eux».
Sara Pasquariello
Extrait de Città Nuova n°2 – 25 janvier 2010
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