Il y a 27 ans, Marilen Holzhauser, une des premières compagnes de Chiara Lubich, terminait son voyage terrestre. Malgré les épreuves et les souffrances dues à la maladie qui l’avait frappée, elle répétait : « Pour toi Jésus, à 100 % ».
La vie de Maria Elena (Marilen) Holzhauser a été l’accomplissement d’un dessein d’amour et d’harmonie : elle avait l’art de composer la famille. Partout, immergée dans les cultures les plus diverses : en Italie (Florence, Syracuse, Rome, Milan), en Allemagne, puis au Japon, en Corée, à Hong Kong, aux Philippines, au Pakistan et jusqu’en Australie. Et finalement en Afrique, à Fontem (Cameroun), au cœur de la forêt, où on l’a appelée « big mamy » en raison de son grand amour. Elle y resta quinze ans, jusqu’à l’annonce de sa maladie.
Marilen est née à Trente en 1924, première de huit enfants. Dans les tourments de l’après-guerre, elle est une figure marquante de l’Action Catholique de Trente et se lance dans la Démocratie Chrétienne naissante. Mais une question la tenaille : « “Pourquoi est-ce que je fais tout cela ?”. Mon âme était vide ».
Presque à contrecœur, elle participe à l’une des premières rencontres tenues par Chiara Lubich à Trente. Elle raconte : « Ses paroles me sont allées droit au cœur. Toute ma vie et ma façon de penser en étaient retournées ». Elle apprend bien vite le secret qui transforme toute obscurité et toute souffrance : Jésus, qui sur la croix crie à son Père « Pourquoi ? ». Dans ce cri mystérieux, le comble de la douleur semble coïncider avec le comble de l’amour. A partir de ce moment, Jésus abandonné devient l’Amour de sa vie.
Le 16 juillet 1949, elle quitte sa famille et entre dans le premier focolare. Cette date marque pour Chiara le début d’une période de lumière qu’elle communiquait aussitôt à ceux qui étaient avec elle. Période qui restera dans l’histoire des Focolari sous le nom de : Paradis.

Après les premières années vécues au plus près de Chiara à Trente et à Rome, en 1954, Marilen fait partie de ses collaboratrices les plus directes au Centre du Mouvement. Elle se voit confier en particulier l’aspect du soin des focolares en tant que maisons qui reflètent celle de la famille de Nazareth, puis le soin des centres mariapolis et des cités-pilotes de témoignage. On nomme cet aspect : « Harmonie et milieu de vie ». Elle assume ensuite de nouvelles responsabilités dans le Mouvement en expansion en Europe, en Asie et en Afrique.
Marilen arrive à Fontem en 1969. Les premiers focolarini, appelés par l’évêque du lieu, y sont arrivés trois ans auparavant, pour sauver la tribu Bangwa menacée d’extinction en raison d’une mortalité infantile très élevée. Chiara lui a donné pour consigne : « Écoute tout le monde et ne parle pas pendant six mois ». Quand elle commence à parler, ses paroles sont en adéquation avec sa vie : « Nous ne sommes pas ici pour soigner ni pour prêcher, mais pour aimer tout le monde, de toutes nos forces. C’est la manière qui compte ! ». Être une seule famille, au-delà des différences. Au fil des ans, Fontem devient un exemple de vie vécue ensemble entre blancs et noirs, entre chrétiens et adeptes des religions traditionnelles.

En 1985, elle est atteinte de la maladie de Charcot, rare et mortelle, qui la paralysera progressivement. Marilen quitte l’Afrique et revient au Centre du Mouvement, à Rocca di Papa, auprès de Chiara. C’est là qu’elle termine son « voyage terrestre », le 21 mars 1986. Sur ses lèvres, le oui qui a caractérisé sa vie, à l’exemple de Marie : « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit » (Lc 1,38).





