Sœur Erminia Gandolfi

 
Les derniers à la première place (24 février 1922 – 15 septembre 2011)

« Ta simplicité, ta radicalité m’ont touchée… Je désire rester dans ce paradis où le Règne de Dieu progresse et je demande au Seigneur de vivre comme toi… J’ai presque quatre-vingts ans. Je te suis depuis 36 ans et je suis heureuse. »

Elle est irrésistible, sœur Erminia Gandolfi dans cette lettre à Chiara Lubich en janvier 2002. Pourtant, elle était ainsi : sincère, « fraîche » et immensément reconnaissante envers Dieu de l’avoir appelée pour suivre cette voie.

Elle vit à San Gottardo, Torre de’ Busi (nord de l’Italie), quand, à seulement 17 ans, elle découvre le charisme du bienheureux Nicolas Barré et devient sœur de l’Enfant-Jésus.

Voici ce qu’elle dit après 60 ans de vie religieuse : « Ma grande reconnaissance va à Dieu, qui a pris ma vie depuis toute jeune, pour que je devienne sienne et qu’ainsi je sois disponible pour son projet d’amour ».

Ensuite, un « nouvel appel dans l’appel », la rencontre avec le charisme de Chiara Lubich et le Mouvement des Focolari, survenue en 1966, comme une « « illumination » qui a fait faire un virage à 360 degrés à ma vie, pour incarner le charisme de mon Fondateur dans l’Église et l’humanité d’aujourd’hui, afin que se réalise le rêve de Jésus : que tous soient un ».

Une sœur, tout d’abord critique concernant cette « double appartenance dangereuse », mais bientôt conquise « par Erminia qui, au lieu de répondre de manière impolie à mes provocations, continuait à m’aimer concrètement, avec de petites attentions », rappelle que « cet Idéal a donné à Erminia une lumière énorme sur tout : sur elle, sur la consécration, sur les frères, sur la communauté, sur la prière, sur la douleur ».

Dans chaque communauté où elle est passée, tous se souviennent d’elle comme de quelqu’un d’humble, doux, tourné incessamment vers l’autre, une sœur au regard pénétrant et au sourire radieux.

Touchants étaient son esprit jeune, sa capacité d’affinité tant avec les enfants qu’avec les jeunes pour lesquels, même quand elle n’était plus toute jeune, elle choisissait des chants et des activités entraînants, elle chantait et dansait avec eux. Une de ses caractéristiques, en effet, était la joie. Elle en avait intérieurement et elle l’exprimait librement. Si on allait en voiture avec elle, elle entonnait des chants joyeux, ainsi le voyage paraissait moins long. Elle était toujours prête à rendre service et elle ne disait jamais : « c’est à toi, c’est à elle de le faire », elle le faisait, c’est tout. Par exemple, même en ne sachant pas cuisiner, elle cherchait, dans un vieux livre, les recettes les plus élaborées qui pouvaient plaire aux autres sœurs.

À l’époque où elle a été en Calabre – et on pourrait dire dans chaque communauté où elle a vécu – elle s’est constamment dépensée en visitant des familles, des personnes âgées, des enfants des hameaux de montagne, infatigable pour annoncer partout l’Évangile témoigné avec sa vie. Son souvenir est toujours vivant en tous.

Elle avait une prédilection spéciale pour les derniers. Qui l’a connue raconte : « Même avec le poids des ans, au milieu des inévitables problèmes de santé, ne s’était pas éteinte en elle la charge vitale et le désir de parvenir à tous, les plus seuls, les plus abandonnés… son écoute était profonde, son réconfort, doux, convaincue de l’amour immense de Dieu pour chacun. Même après des années, elle était capable de se souvenir du nom et de l’histoire de chacun. Il était clair qu’elle priait pour eux chaque jour. »

Chiara Lubich, à sa demande, lui avait donné comme Parole de vie la phrase : « Nous appartenons au Seigneur » (Rm 14,8). Sœur Erminia a rejoint le Ciel le 15 septembre 2011, et des échos, que cette Parole, en elle, a donné des fruits, continuent à arriver.

Comme l’exprime bien une autre religieuse : « Sœur Erminia, par son mode de vivre était « sainte », là où la sainteté n’est pas celle du droit canon, mais celle de l’Amour en action ».

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