« J’étais malade et vous m’avez visité » est la phrase de l’Évangile que Roberto Tassano, jeune infirmier de Gênes (Italie), avait reçu de Chiara Lubich en réponse à son désir de vivre l’Évangile plus activement. Dès lors, cette phrase a représenté, au travail comme dans tout autre aspect de la vie quotidienne, son projet de vie et le choix renouvelé chaque jour de se mettre au service des malades et des derniers.
Né en 1953 dans une belle famille ouvrière-paysanne, Roberto traverse l’adolescence à la recherche d’une réponse au fort besoin de se dépenser pour quelque chose de grand qui, déjà alors, se fait fortement ressentir en lui.
Survenue en 1970, la rencontre avec la spiritualité de l’unité est, plus qu’un coup de foudre, une insertion progressive et toujours plus profonde dans la communauté du Mouvement de sa ville.
L’Évangile le conquiert petit à petit et il y découvre une nouvelle façon d’aimer : la façon universelle et radicale de Jésus. Pour cette raison, à l’âge de 28 ans, il décide de s’engager avec les « volontaires de Dieu » des Focolari, faisant du service envers le prochain son objectif.
Au début, l’insertion dans un groupe de volontaires beaucoup plus âgés que lui n’est pas simple. Cependant, Roberto ne perd pas confiance et, quelque temps après, il raconte : « C’était un tournant que je cherchais et attendais depuis longtemps. Nous nous sommes dit que nous devons approfondir nos rapports, mieux nous connaître pour construire une famille entre nous. Tout cela a eu un très bel impact sur chaque volontaire. La fraîcheur est revenue et nous nous sommes finalement offert ce que Jésus avait œuvré en chacun de nous durant les jours passés ».
Ce travail en équipe, lié au rapport cultivé quotidiennement avec Dieu, est le secret de la manière très spéciale avec laquelle Roberto est au service de chaque malade. Être infirmier n’est pas seulement un travail, mais un choix de vie. Il écrit un jour : « Le malade est un tabernacle et je dois m’approcher de lui avec un grand amour, parce que là Dieu attend d’être aimé de façon particulière. Je sens que je dois avoir cette attitude avec l’humanité entière ».
Ainsi, mû par le même esprit de service, avec un autre adhérent des Focolari, il est candidat aux élections communales et il se dépense pour sa jeune famille.
En 1984, avec sa femme Tiziana, il doit affronter une épreuve très douloureuse : la perte d’un enfant. Croire que cette épreuve aussi est amour de Dieu et Lui dire oui en cette circonstance n’est pas simple. Mais, lorsqu’il réussit à le faire, arrivent la fécondité, la force et la joie d’un amour nouveau.
Le 14 juin 1985, il confie à son groupe de volontaires : « De nombreuses fois, je suis assis à l’église et, même si je ne réussis pas toujours à me concentrer, je sens que j’y suis bien. Il me semble que je peux dire qu’en ce moment, le rapport avec Dieu est serein ». Le jour suivant, subitement, Dieu l’appelle à Lui. Roberto a seulement 31 ans. Les amis témoigneront qu’il était bien préparé à cette « rencontre ».
À travers l’amour « semé » durant sa brève, mais intense existence, Roberto reste vivant aujourd’hui plus que jamais, aussi à travers le « Consorzio Tassano » qui porte son nom. La coopérative adhérente à l’Économie de Communion, née à Sestri Levante (Gênes) précisément durant les derniers mois de vie de Roberto, a été très soutenue par lui. C’est un consortium qui, même en restant une association d’entreprise, veut favoriser la promotion intégrale et solidaire de chacun de ses employés et la collectivité entière.





