Horacio Pirotta

 
Défini comme ‘’Un vrai chrétien...’’ il a été parmi les fondateurs du Mouvement Politique pour l’unité en Argentine. (30 janvier 1951 – 21 septembre 2013)

En août 2001, allait éclater une des crises socio-politiques les plus importantes et néfastes dans l’histoire de l’Argentine, lorsque se semèrent les premières semences du Mouvement Politique pour l’Unité (MPPU) dans le pays. Horacio Pirotta, protagoniste convaincu au plus profond de lui-même de ce rêve utopique, dans un mail envoyé à ses compagnons d’aventure, se souvenait comment ‘’dans un salon de la propriété de l’État, dans une rue proche de l’emblématique Plaza de Mayo, lors d’une journée agitée par le roulement des tambours (réclamant participation et transformation dans une nation qui était en train de se démembrer), naissait cette réalité désirée par Chiara Lubich pour générer fraternité, non seulement en politique mais, en partant de celle-ci, dans toute la communauté’’.

Un travail difficile commençait :’’Des vents de changement soufflent, devant ceux-ci, certains élèvent des murs tandis que d’autres construisent des moulins…cette allégorie, que j’ai entendue à la messe dimanche, dans un moment de grande fatigue, a été une véritable caresse du Père : nous sommes en train de construire des moulins, le vent, c’est un Autre qui l’envoie…’’.

C’est une chance que l’on ait conservé ses fréquents et encourageants mails où, avec le projet déjà en marche, il intercale des commentaires qui définissent son engagement et ses convictions :’’la fraternité n’est pas quelque chose qui est possible ou que l’on doit faire …nous sommes frères ou nous ne croyons pas en Dieu…c’est quelque chose d’inhérent à la nature de l’homme, car c’est la nature de Dieu…c’est réel comme aller au travail, ou dormir, ou vivre le mariage dans l’effort de chaque jour’’.

Ses différentes tâches dans l’enseignement, la gestion et la direction d’organismes sociaux, ses différentes missions dans les fonctions publiques, le virent toujours infatigable constructeur de rapports à tous les niveaux. C’est justement pour cela que sa dernière initiative, NEXUSred, se définissait comme génératrice de ‘’biens relationnels’’, au service d’entreprises, d’organisations civiles et politiques. Promoteur passionné du coopérativisme, et puis de l’Économie de Communion, il partageait ses énergies entre le travail, l’activité politique, l’engagement ecclésial et sa famille nombreuse. Resté veuf avec six enfants, il en eut trois autres d’un second mariage avec Blanca, avec laquelle, en plus de partager sa vocation de volontaire du Mouvement des Focolari et  le travail professionnel, il contribua à l’École Loreto de l’Argentine, pour la formation des familles à la spiritualité de l’unité.

Il a été atteint, à l’âge de 62 ans, d’une maladie incurable. Lors de ses funérailles, le maire de la ville de Lincoln, avec lequel il était étroit collaborateur dans la gestion du Conseil Municipal, en résumant les nombreux témoignages et messages arrivés des localités les plus diverses, s’exprima ainsi :’’ C’est un ami, un père, un prophète de la foi qui est parti. On arrive à le connaître à travers ses lettres et les messages qu’aujourd’hui tant de personnes ont fait parvenir grâce à l’amour qu’il a laissé en chacun’’. Parmi tous, un message d’un jeune colombien, qui lui a adressé les vers de Galeano : ‘’Il y a des feux qui brûlent avec tellement d’ardeur qu’on ne peut les regarder sans en être éblouis, et celui qui s’en approche finit par être lui, aussi allumé’’.

Parmi toutes les choses, Horacio avait rêvé pouvoir habiter avec sa famille dans la citadelle des Focolari, la Mariapolis Lia, où il avait fait construire une maison afin de se consacrer plus pleinement au développement de l’idéal de l’Unité. Aujourd’hui, il repose dans la citadelle, comme une de ses racines dans le Ciel. Inscrite sur sa pierre tombale, ce qui fut le témoignage de la phrase de l’Évangile qu’il avait fait sienne : ‘’Persévérer et donner du fruit’’.

Règles(500)

 

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