Chiara Lubich aux jeunes : Visez haut

 
Tandis qu’est en cours à Loppiano, le Meeting international de jeunes ‘Pulse’ (impulsion), nous publions la fin de l’intervention de Chiara Lubich à de jeunes Allemands, le 15 novembre 1998.

ChiaraLubich_Germany_1998«Très chers jeunes (…) Dieu appelle de façons variées : il y a ceux qu’il appelle à des missions particulières. Il appelle des jeunes, par exemple, à la sublime vocation au sacerdoce, à être d’autres Lui ; il appelle des hommes et des femmes dans les parterres fleuris du jardin de l’Église que sont les familles religieuses, afin que le parfum des vertus ne cesse de se répandre sur l’Épouse du Christ. Il appelle des hommes et des femmes à une donation à Dieu personnelle et communautaire dans les mouvements ecclésiaux modernes, ou à former des familles modèles, véritables petites Églises.

Souvenez-vous en : il appelle à tout âge. Il appelle aussi des adolescents, et même des enfants ; il appelle partout dans le monde.

Comment parvient-on à connaître sa propre vocation ?

Par expérience, je peux vous assurer que cela nécessite en général une disposition particulière. Comme l’appel de Dieu est un acte d’amour de sa part, s’il trouve l’amour dans les âmes, il est plus libre d’appeler. Alors, que faut-il faire pour entendre la voix de Dieu ? Il faut aimer mais d’un amour authentique. En faisant ainsi, nous facilitons la tâche de Dieu ; et si l’on connaissait déjà sa propre vocation, on trouve dans l’amour la façon la meilleure pour la réaliser. Mais cela nécessite un amour authentique. L’amour véritable est tellement important que, si tu le vis, tu déchaînes dans le monde une révolution, la révolution chrétienne.

L’amour authentique a quatre qualités : il aime tout le monde car Jésus est mort pour tous ; Marie est la mère de tous. Donc un amour vrai est celui qui ne s’arrête pas à l’humain dans l’autre, parce que celui-ci est sympathique ou antipathique, jeune ou vieux, blanc ou noir, allemand ou italien, d’une religion ou d’une autre, ami ou ennemi. L’amour véritable aime tout le monde, essayez de le vivre. Nous sommes un peu habitués à aimer nos amis, à aimer nos parents, les membres de notre famille, toutes choses magnifiques. Mais avons-nous dans le cœur l’amour pour tout le monde ? Essayez, essayez. C’est une révolution. Car les gens ne comprennent pas et disent ensuite : « Pourquoi fais-tu cela ? Pourquoi me veux-tu du bien ? Pourquoi m’as-tu donné ce stylo ? Pourquoi as-tu fait ce devoir pour moi ? Pourquoi ? »

« Pourquoi ? Parce que je veux aimer tout le monde » ; et là commence le dialogue entre nous catholiques, avec les [membres d’] autres Églises ou [d’] autres religions : un dialogue s’établit lorsque commence l’intérêt pour les autres personnes. Donc, souvenez-vous que le premier point de l’amour véritable est : aimer tout le monde.

Second point : aimer en premier. Lorsque Jésus est venu sur terre, nous ne l’aimions pas, nous étions tous pécheurs. Lui, nous a aimés le premier. Il faut aller à la rencontre de tout le monde, ne pas attendre d’être aimé, ne pas aimer parce que tu es aimé, non ! Il faut aimer en premier. C’est cet amour que l’Esprit Saint a répandu dans nos cœurs ; c’est l’amour même, présent dans la Sainte Trinité, dont nous participons mais qu’il faut mettre en pratique.

Ensuite, il faut voir Jésus en tous, car il l’a dit : au jugement final, l’examen portera sur cela : c’est à moi que vous l’avez fait ; ce que nous faisons de bien et ce, malheureusement, que nous faisons de mal. Donc, troisième chose : aimer tout le monde, aimer en premier, voir Jésus dans le prochain. Mais un amour qui ne doit pas être platonique, sentimental : un amour concret et, pour être concret, il faut, comme le dit Paul, se faire tout à tous, se faire un avec celui qui souffre, se faire un avec celui qui se réjouit, partager joies, souffrances, besoins. Partager.

Alors : aimer tout le monde, aimer en premier, voir Jésus [dans l’autre], et ensuite aimer concrètement. C’est ce que nous pouvons faire : mettre l’amour vrai dans notre cœur. L’appel, c’est sa part à Lui ; la nôtre, c’est celle-ci [aimer tout le monde, etc.] ; l’appel c’est sa part, c’est ce qu’il fait.

Très chers jeunes, Dieu ne cesse pas d’appeler, en particulier lorsque nous aimons. À nous de répondre et de composer, par notre vie, ce merveilleux dessein divin que Dieu a sur chacun de nous pour le bien de tous.

Savez-vous ce que signifie mettre Dieu à la première place ? Qu’il t’appelle à te consacrer à Lui ? Ou qu’il t’appelle à former une belle famille ? Mettre Dieu à la première place dans sa vie signifie trouver déjà ici-bas le bonheur. Et c’est ce que je vous souhaite à tous !

Visez haut, chers jeunes, nous avons une seule vie, elle ne se répète pas : il convient de bien l’employer. »

Règles(500)

 

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