Je suis Libre d’Aimer

 
Le 13 juin 2016 les médecins annoncent à Francesco qu’il a une Sclérose Latérale Amiotrophique (SLA), une maladie dégénérative: elle frappe les cellules du cerveau qui commandent le contrôle des muscles, en compromettant progressivement les mouvements. Mais pas la liberté d’aime
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“C’était en 1975 et j’étais en 5ème année de lycée dans la petite ville où je suis né. Cicéron et la conjuration de Catilina animent une discussion entre les ados que nous étions: la liberté. Notre professeure, pleine de sagesse, propose un débat entre les défenseurs de Cicéron, dont l’un de mes camarades est le porte parole, et Catilina dont je joue le rôle. La défense de la liberté me passionne tellement qu’un applaudissement conclut ma harangue. Depuis ce moment-là la liberté devient le leitmotiv de ma vie. Mais qu’est-ce que la liberté? Et moi-même suis-je libre?”. Francesco, italien originaire de la Sicile, a 59 ans et il est marié avec Paola. En raison de la progression de sa maladie, il ne peut plus bouger ni parler. Mais il peut remuer les yeux. L’an dernier il a ouvert un blog, sur le conseil d’un journaliste qui l’avait contacté pour une brève interview. D’abord avec l’aide de ses deux pouces, puis, la maladie avançant, avec un lecteur oculaire, ce qui demande plus de temps, Francesco communique la dynamique et la force qui animent son cœur,  alors que son corps est en train de s’immobiliser progressivement.

Titre du  blog: “SLA. Je suis libre”. Libre D’Aimer. “Je ne suis pas un écrivain, mais une voix intérieure me suggère les mots. Je commence à voir un film de ma vie que je ne connaissais pas. C’est ma force:j’entreprends d’écrire quelques pages. Je reçois des messages qui m’émeuvent. J’ai simplement livré quelques unes de mes pensées et je reçois beaucoup d’amour: on me fait part d’émotions, de souffrances, de joie et de vie!”. “Toute ma vie j’ai cherché à trouver un moment, au cours de la journée, pour m’entretenir personnellement et intimement avec Dieu. Je n’y suis pas toujours arrivé, mais chaque fois que je passais à côté d’une église, je saluais, avec un ciao, Jésus présent dans le tabernacle. Souvent j’entrais, pour donner un peu de mon temps. Je restais en silence, afin que ce soit Lui qui me parle. Avant de partir, je luis confiais les difficultés de la journée. Parfois je plaisantais: Jésus, ce problème t’appartient, tout seul je n’y arrive pas. Et je n’ai jamais été déçu”.

“Combien de fois, tout en menant une vie bien remplie, nous éprouvons une sensation de vide, d’apathie, qui imprime à notre vie un voile de tristesse. Un homme m’a ouvert une spirale de lumière: Augustin d’Hippone. Ses confessions m’ont préparé à une rencontre qui le premier août 1976 allait changer ma vie: Dieu est Amour et Il t’aime immensément. Comment puis-je répondre à cet amour infini? L’Évangile, que j’avais lu mais sans le vivre, m’a donné la réponse: comment peux-tu aimer Dieu que tu ne vois pas si tu n’aimes pas le frère que tu vois? Ce fut une révolution copernicienne. Nous étions un groupe d’amis qui faisions cette expérience. Nous lisions l’Évangile et nous cherchions à le mettre en pratique. Mon cœur explosait de joie et je commençai à expérimenter que la souffrance est vie”.

“Je me souviens encore de l’odeur de la mer, même si la maladie m’a ôté tout sens olfactif, (…) je sens l’eau effleurer ma peau, même si je ne nage pas depuis trois ans. Et pourtant je n’éprouve pas de nostalgie ni de souffrance en pensant à celui que j’étais et à celui que je suis. Je ferme le yeux et mon corps flotte, ce n’est pas un rêve ou une simple folie, c’est mon Seigneur, qui me répète: ne crains pas”.  “La SLA était imprimée dans mon cœur depuis ma naissance, mais je n’en étais pas conscient, je le suis seulement depuis quelques années. Mon code fiscal commence par SLA, et ce n’est pas un hasard. Je ne crois pas au fatum, mais à la Fée qui m’a choisi comme son fils et ne m’a jamais abandonné.Marie, la mère de Jésus est mon filet, comme celui du trapéziste (…) C’est une expérience qui se répète, chaque fois le doute m’envahit et l’espérance devient une solide assis. Marie est toujours là,  présente, et je ne peux plus avoir peur! (…) Marie avait tracé ma voie et Chiara Lubich m’a appris à orienter, chaque matin, ma boussole vers Jésus Abandonné sur la Croix. C’est Lui le secret qui permet de chercher la Vérité”. “Vis parfaitement l’instant présent et tu sera en Dieu éternellement – c’est ce que  m’a enseigné Chiara –  Et dans l’instant présent je peux crier, non pas avec ma voix, mais avec mon cœur: Je Suis Libre d’Aimer”.

Extrait de son blog (en italien)

 

 

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Réaction

  1. Padraic O'Sullivan

    Hi Francesco, I love what you say, I would like to use it in a homily if that’s ok with you. My name is Padraic. I’m a deacon in Ireland. Love & unity, Padraic.

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  2. Agnieszka

    Che bella e forte testimonianza! Allora ripeto anch io « Sono Libera di Amare »!
    Agnieszka Nowak (Mosca)

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