Giuseppe (Clari) Santanché

 
Focolarino de la première heure, pionnier dans l’Est Européen (6.12.1925-21.09.2018)

‘’Des circonstances providentielles avaient fait en sorte que nous puissions entrer dans l’Allemagne orientale en tant que médecins, avec même l’approbation explicite de l’État’’. C’est Giuseppe en personne qui le raconte, mieux connu sous le nom de Clari (du latin Claritas = lumière), qui avec huit autres focolarini, se transfère dans l’Europe de l’Est en 1961, et qui ajoute : ‘’personne qui avait un peu de bon sens n’avait envie d’aller là. Entre nous il y avait aussi Natalia Dallapiccola, la première compagne d’aventure de Chiara Lubich’’. A cette époque-là, il était au focolare déjà depuis une dizaine d’années : Rome, Florence, Trente. Il y était arrivé après une profonde recherche conduite avec son frère Egidio, devenu comme lui, focolarino, comme plus tard le sont également devenues aussi deux de leurs sœurs : Adeli et Anna Maria.

Natif d’ Ascoli Piceno, Clari est le deuxième fils d’une famille de onze enfants. Lorsque le plus petit a seulement deux ans, le papa, – général dans l’armée – tombe veuf et doit prendre soin de la famille. Un autre coup dur, c’est la Seconde guerre mondiale qui éclate : Giuseppe interrompt le lycée pour ne le reprendre qu’après la guerre et commencer ensuite les études de médecine. Au cours de ces années-là, l’Italie se prépare aux premières élections après la période fasciste et les frères Santanché se lancent dans l’engagement politique. Egidio, qui entre-temps s’est transféré à Rome, lui parle du Focolare, en l’invitant à en connaître l’expérience. ‘’Ce fut un retournement de point de vue – racontera Giuseppe , et pourtant, la vision de Dieu comme Amour n’était pas nouvelle, ni celle du prochain comme ‘’un autre soi-même’’ . Ce qui était nouveau, c’était l’effort d’apprendre à le traduire dans la vie de tous les jours’’. L’hôpital où il exerce comme médecin officier est son premier banc d’essai. ‘’Lorsque je traversais le couloir, je me limitais à donner des ordres au soldat de garde, maintenant, je sentais fort le contraste avec ce que j’avais vu faire au focolare. Et je m’étais dit : ‘’le premier soldat auquel je rends visite, je dois le traiter comme j’aurais fait avec Jésus’’. Tôt le matin, un soldat entra pour la consultation, et alors que celui-ci s’enleva le blouson, son portefeuille tomba à terre. Je me penchai tout de suite pour le ramasser et je le lui rendis. Je sentis dans mon dos, les regards des infirmières et des patients. Il m’avait semblé à ce moment précis, avoir soulevé une tonne’’.

Toujours plus attiré par Dieu, il demanda à Chiara Lubich d’entrer au focolare. Elle lui parla avec franchise : ‘’Nous ne sommes pas encore approuvés par l’Église et je vis avec la valise toujours prête. Si tu le souhaites, viens aussi au focolare et apprends à vivre toi aussi avec la valise toujours prête’’.
Après quelques mois de l’ arrivée en Allemagne de ce premier groupe de focolarini, le mur de Berlin fut érigé. A l’hôpital de Lipsia, Clari enseigne l’ anesthésiologie aux jeunes qui se spécialisent et qui sont fortement touchés par son témoignage et par celui de ses amis. Un vécu tellement fascinant qui, malgré le régime, fait pénétrer la spiritualité de l’unité en différents lieux du Bloc soviétique d’alors : de la Pologne à la Hongrie, à la Tchécoslovaquie, puis à l’URSS, jusqu’à la Sibérie et la Mongolie. La STASI contrôle ce qu’ils font et lorsqu’en 1992, les archives seront rendues publiques, on lira l’admiration de la Police secrète « pour ces chrétiens qui se distinguent par leur gentillesse, leur optimisme, leur confiance et miséricorde ».

Beaucoup de personnes ont souligné la forte et exigeante personnalité de Clari, sa radicalité de vie, sa fidélité à Dieu, avec une remarquable capacité d’ annonce de l’Évangile. Jésus Eucharistie illumine sa vie et l’ouvre toute grande sur toute la réalité qui l’entoure. Il écrit en 1976 : « On ressent des vertiges face à l’action bouleversante de Dieu par le biais de l’Eucharistie : devenir Dieu en Dieu. L’Eucharistie peut concrètement entrer dans nos veines et dans le cœur du monde pour le reconstruire et le porter à la Trinité ».
L’image de la ‘’valise toujours prête’’, prophétique pour la particularité de sa vie de focolarino, l’accompagne aussi avec les années qui passent, en l’amenant à réaliser pleinement cette phrase de l’Évangile qui l’a guidé toute sa vie : ‘’Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu’’. (Lc, 9,62). Sa santé se détériorant progressivement, il rentre au Centre du Mouvement (Rocca di Papa) d’où, le 21 septembre 2018, à l’âge de 93 ans, il part pour le Ciel.

Anna Friso

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