De l’importance de parler de liberté et d’égalité sans oublier la fraternité : réflexion de Chiara Lubich, invitée au siège du Parlement britannique.

 

 

On parle beaucoup de liberté et d’égalité, mais où est passée la fraternité ? Cette question est au centre de l’intervention faite par Chiara Lubich le 21 juin au palais de Westminster, siège du Parlement britannique. On notait aussi la présence du ministre des affaires constitutionnelles, David Lammy, d’origine africaine et d’un membre protestant du parti unioniste d’Irlande du Nord.

Il s’agit de la dernière étape du voyage de Chiara Lubich en Grande-Bretagne, après ses rencontres avec les hautes autorités anglicanes et catholiques et des chefs religieux musulmans, hindous et sikhs, qui ont ouverts des perspectives nouvelles.

« Un voile de scepticisme entoure aujourd’hui la politique et on ne sait pas comment s’en défaire. Plus personne ne prête attention aux campagnes électorales… Le pouvoir corrompt sournoisement… Comment avancer en gardant à la fois le pouvoir et l’objectif du bien commun ? » : quelques extraits du dialogue entre les responsables politiques et Chiara.

Chiara Lubich propose une vision de la politique tout à fait innovante. Elle se réfère au slogan de la révolution française et remarque qu’avec le temps, liberté et égalité « sont devenus des principes juridiques et sont appliqués comme de véritables catégories politiques ».
Elle demande la même reconnaissance pour la fraternité. C’est ensemble que ces trois notions pourront donner naissance à une politique qui réponde au urgences les plus graves de notre époque, y compris le terrorisme. Elle en cite une des causes fondamentales :le fossé entre riches et pauvres. Seule la fraternité peut déplacer les richesses et mettre la solidarité en mouvement.

Utopie ? Chiara Lubich cite des faits : 3 000 responsables politiques ont choisi la fraternité comme catégorie politique dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique latine. Ils forment le mouvement politique pour l’unité, qu’elle a lancé il y a une dizaine d’années. Giuseppe Gambale, député italien, apporte son témoignage et parle de plusieurs initiatives. Par exemple celle-ci : des députés de partis différents ont mis sur pied « un groupe de travail transversal sur la réforme de la coopération internationale établie en Commission des affaires étrangères et plusieurs points de convergence ont été découverts entre les propositions de lois déjà présentées. Un façon concrète d’affronter les grands déséquilibres économiques et sociaux entre Nord et Sud ».

Sur fond de politique de plus en plus conflictuelle, la fraternité amène à changer complètement d’attitude vis-à-vis des adversaires politiques, a dit encore Chiara Lubich. « On prend conscience que tout formation politique peut être la réponse à un besoin social et par conséquent est nécessaire au bien commun. La critique peut devenir constructive au point de pratiquer le paradoxe apparent d’aimer le parti de l’autre comme le sien, parce que le bien de la nation nécessite le travail de tous ». « Voilà la vraie politique dont chaque pays a besoin – ajoute-t-elle – car si le pouvoir confère la force, c’est l’amour qui donne l’autorité ».
Cette rencontre aura des suites. Les rencontres périodiques qui se font déjà dans d’autres pays sont aussi en projet à Londres.

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