Évangile vécu : « Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile à toute créature » (Mc 16,15)

Annoncer la Parole n’est pas simplement parler, c’est plutôt une action concrète, qui se manifeste dans la vie, dans la relation avec les autres, avec la création. C’est une mission : être des frères et sœurs, l’image du Royaume de Dieu dans notre temps.

Artisans de la paix
Le Burundi est un très beau pays, mais après la guerre civile, des milliers de personnes de différents groupes ethniques ont émigré et maintenant nous sommes dispersés dans le monde entier. Les Tutsis ont fui les Hutus et vice-versa, sans parler du régionalisme qui oppose les gens du Sud à ceux du Nord et qui est très fort, notamment en ce qui concerne le partage du pouvoir. Et nous, chrétiens, que faisons-nous ? Ici, au Canada, mon mari et moi avons pensé créer un petit monde nouveau au sein de la communauté burundaise : à travers diverses activités culturelles et sportives, nous donnons l’occasion à nos compatriotes, mais aussi à d’autres Africains et à nos amis et voisins québécois de se rencontrer autour d’un repas traditionnel, d’un verre et de bonne musique. Notre objectif principal est de contribuer à la réalisation de la volonté de notre Seigneur : « Que tous soient un ». Nous sommes convaincus que chaque chrétien doit contribuer, à sa manière, à la réalisation de ce projet. Aujourd’hui, plusieurs Burundais sont en contact permanent et se serrent la main, ce qu’ils ne faisaient pas auparavant.
(Florida K. – Canada)

Une décision commune
Un jour, remarquant que quelque chose dérangeait une collègue, je l’ai approchée et lui ai demandé gentiment de ses nouvelles. Elle m’a confié qu’elle avait décidé d’accueillir chez elle une sœur atteinte d’un cancer en phase terminale. Comme elle m’a dit qu’elle avait besoin d’une alimentation spéciale, notamment d’un type de lait très coûteux, j’ai eu envie d’apporter ma contribution. Je pouvais puiser dans mon compte, sûre que mon mari serait d’accord, mais cette fois, je voulais décider avec lui. Je n’avais pas toujours procédé ainsi dans le passé, surtout pour les petites dépenses. Mais depuis que nous nous étions engagés à vivre les Paroles de l’Évangile avec plus de conviction, nous étions devenus plus sensibles au fait que « c’est mieux de voir les choses ensemble ». Donc, après être rentrés tous les deux du travail, je lui ai parlé de ma collègue et de l’aide que je voulais lui apporter. Il m’a immédiatement soutenu. En plus de cela, il a suggéré de donner le double du montant que j’avais prévu. Son visage exprimait une grande joie. Cette attention portée à notre prochain souffrant nous a fait nous sentir plus unis.
(Thanh – Vietnam)

Optimiser les relations
Je suis souvent tenté d’« optimiser mon temps » en fonction de mon propre programme, pour être finalement mal à l’aise lorsque l’ordre des choses à faire est bouleversé par des imprévus : ces imprévus qui, si souvent, traduisent la volonté de Dieu et donnent une autre saveur à la journée. Cependant, je me rends de plus en plus compte que, dans la trame de la vie quotidienne, la meilleure attitude consiste à « optimiser les relations » avec chaque prochain que je rencontre. Et ici, la hâte est le grand ennemi ! J’essaie donc de m’arrêter, par exemple, avec les retraités en bas de l’immeuble, avec la voisine sur le palier, récemment sortie de l’hôpital. Je m’arrête pour dire ‘’bonjour’’à l’habitant assigné à résidence, que beaucoup marginalisent par peur, et pour le prévenir qu’aujourd’hui l’eau sera coupée à tout le quartier pour cause de travaux de maintenance.
(Ciro – Italie)

Maria Grazia Berretta

(extrait de ‘’Il Vangelo del Giorno’’, Città Nuova, année VIII, n.2, mars-avril 2022)

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