{"id":296348,"date":"2003-03-03T23:00:00","date_gmt":"2003-03-03T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.focolare.org\/la-guerre-est-un-homicide-a-grande-echelle-2\/"},"modified":"2024-05-13T20:55:52","modified_gmt":"2024-05-13T18:55:52","slug":"la-guerre-est-un-homicide-a-grande-echelle-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/la-guerre-est-un-homicide-a-grande-echelle-2\/","title":{"rendered":"La guerre est un homicide \u00e0 grande \u00e9chelle"},"content":{"rendered":"<p><img alt=\"\" alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft  wp-image-76630\" style=\"margin-right: 10px;border: 0px none\" src=\"https:\/\/www.focolare.org\/wp-content\/uploads\/2003\/03\/20030304a.jpg\" alt=\"\" width=\"137\" height=\"244\" \/><span style=\"font-size: small\">Un coup de poing dans l\u2019estomac ! C\u2019est l\u2019effet produit par la lecture d\u2019un livre dont le titre \u2013 L\u2019inutilit\u00e9 de la guerre \u2013 est si \u00e9loquent qu\u2019il place son lecteur le dos au mur. Et pourtant ces pages ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites il y a exactement cinquante ans. Elles portent la signature d\u2019Igino Giordani (1894-1980), homme politique, journaliste, \u00e9crivain et personnage de premier plan dans la vie eccl\u00e9siale et la vie italienne tout court.<br \/> La maison d\u2019\u00e9dition Citt\u00e0 Nuova a d\u00e9cid\u00e9 de reproposer l\u2019ouvrage de Giordani (Rome 2003, 116 pages \u2013 6,50\u20ac) en cette p\u00e9riode de l\u2019histoire o\u00f9 se fait plus que jamais sentir le besoin de paroles authentiques, claires et essentielles. Il est des \u0153uvres \u2013 lit-on dans la pr\u00e9face \u2013 qui ont la saveur d\u2019une actualit\u00e9 intemporelle. Inspir\u00e9es certes par les circonstances, elles dispensent cependant un enseignement qui franchit la condition historique et se met au service de tout homme, en tout temps et en tout lieu. C\u2019est de cette constatation qu\u2019est n\u00e9e l\u2019id\u00e9e de publier \u00e0 nouveau le livre \u00e9crit par Igino Giordani en 1953, quand la \u00ab guerre froide \u00bb figeait les positions g\u00e9opolitiques et cristallisait le partage des consciences.<\/span><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, le texte permet d\u2019abord de se plonger avec le recul du temps dans l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019alors, tout en ayant entre les mains, si l\u2019on peut dire, les morceaux du mur de Berlin : une exp\u00e9rience d\u2019une immense port\u00e9e historique et politique. Mais pour les heures d\u00e9licates que nous vivons aujourd\u2019hui, c\u2019est un coup de poing dans l\u2019estomac, parce que c\u2019est une d\u00e9monstration preuves \u00e0 l\u2019appui, de l\u2019inutilit\u00e9 de la guerre et de son \u00e9vidente stupidit\u00e9 intrins\u00e8que.<br \/> Attention, Giordani sait de quoi il parle parce qu\u2019au cours de la premi\u00e8re guerre mondiale, son comportement au front lui a valu une d\u00e9coration. Ce n\u2019est pas un na\u00eff. Il ne parle pas non plus par \u00ab l\u00e2chet\u00e9 \u00bb, accusation ridicule, mais courante, port\u00e9e contre ceux qui se rangent du c\u00f4t\u00e9 de la paix. Au contraire, les vrais courageux sont les constructeurs de paix et non ceux qui se r\u00e9fugient derri\u00e8re les missiles, canons et autres fusils. Giordani affirme clairement, en structurant son raisonnement, que la paix est le r\u00e9sultat d\u2019un projet qui se r\u00e9alise patiemment et s\u00e9rieusement et non des mots en l\u2019air ni un paravent pour cacher qui sait quels int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: small\">Les cent pages de ce livre touchent le lecteur parce qu\u2019elles semblent \u00e9crites ce matin et non pas il y a cinquante ans. Vraiment l\u2019histoire est \u00ab ma\u00eetresse de vie \u00bb, selon l\u2019antique adage. Dommage que les hommes soient trop souvent de mauvais \u00e9l\u00e8ves. D\u00e8s la premi\u00e8re phrase du livre, Giordani met les points sur les i et oblige le lecteur \u00e0 la souligner en rouge : \u00ab La guerre est un homicide \u00e0 grande \u00e9chelle \u00bb. Il met le doigt sur la rh\u00e9torique, sur le mensonge et sur les int\u00e9r\u00eats qui accompagnent tout conflit, quel que soit le lieu des combats : \u00ab Comme la peste sert \u00e0 empester, la faim \u00e0 affamer, la guerre sert \u00e0 tuer \u00bb. Un point, c\u2019est tout.<\/span><\/p>\n<p>Tu peux \u00eatre fier et garder t\u00eate haute, jeune catholique. Oui, tu te sens fier d\u2019appartenir \u00e0 une culture \u00e0 laquelle ont contribu\u00e9 des hommes de cette trempe. Giordani n\u2019\u00e9tait ni un marginal ni un radoteur. Giordani est l\u2019un des nombreux personnages de premier plan du monde catholique qui ont contribu\u00e9 de fa\u00e7on d\u00e9cisive, parfois oubli\u00e9e aujourd\u2019hui, au d\u00e9veloppement du peuple italien, par des projets porteurs de vie et d\u2019esp\u00e9rance. C\u2019est un devoir enthousiasmant de conna\u00eetre la pens\u00e9e de ces hommes si proches de nous et d\u2019une telle richesse spirituelle qu\u2019ils ne passent jamais de mode.<\/p>\n<p align=\"left\"><strong>Un ancien combattant des tranch\u00e9es d\u00e9montre que la guerre est inutile<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: small\">Le livre de Giordani est si passionnant qu\u2019il est difficile d\u2019en interrompre la lecture. Apr\u00e8s quelques pages, il faut d\u00e9j\u00e0 retailler son crayon, tant on \u00e9prouve le besoin de souligner presque chaque ligne. L\u2019auteur est pol\u00e9miste sans cesser d\u2019\u00eatre fr\u00e8re de tout homme, m\u00eame de celui qui pense de fa\u00e7on diam\u00e9tralement oppos\u00e9e. Il n\u2019offense pas les hommes, mais en lutteur infatigable, en ancien combattant des tranch\u00e9es, il s\u2019\u00e9l\u00e8ve contre la guerre et d\u00e9montre son inutilit\u00e9, sans l\u00e2cher prise.<\/span><\/p>\n<p>Giordani a une mani\u00e8re tr\u00e8s personnelle de s\u2019exprimer, captivante et passionn\u00e9e, issue du d\u00e9sir de communiquer ses id\u00e9es. Il est en \u00e9tat de mission permanente. Il est au c\u0153ur de l\u2019\u00c9glise. Il n\u2019est pas seulement \u00e9crivain, il est \u00ab au-del\u00e0 \u00bb et \u00ab davantage \u00bb. Il sait choisir les mots justes et, au besoin, invente des expressions qui font mouche. Il a le langage caract\u00e9ristique des mystiques et on retrouve dans ses paroles des \u00e9chos des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise. C\u2019est un livre d\u2019histoire, un livre de vie, un livre de pri\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est un ouvrage qui prend parti contre la tentation de la r\u00e9signation face aux d\u00e9cisions des puissants en place. Giordani soutient que toute personne est acteur de la paix. \u00ab Si tu veux la paix, pr\u00e9pare la paix \u00bb est son grand message destin\u00e9 \u00e0 toutes les cat\u00e9gories humaines. \u00ab Seuls les fous et les incurables peuvent d\u00e9sirer la mort \u2013 \u00e9crit-il \u2013 et la guerre est mort. Elle n\u2019est pas d\u00e9sir\u00e9e par le peuple. Elle est d\u00e9sir\u00e9e par des minorit\u00e9s auxquelles la violence physique est utile pour s\u2019assurer des avantages \u00e9conomiques ou pour satisfaire des passions mauvaises. Aujourd\u2019hui surtout, par son co\u00fbt, avec ses morts et ses destructions, la guerre se pr\u00e9sente comme un \u201cmassacre inutile\u201d. Massacre, et de plus inutile \u00bb. L\u2019expression est de Beno\u00eet XV. Giordani respire \u00e0 pleins poumons le magist\u00e8re des papes et, au fil des pages, on ne perd jamais de vue les successeurs de Pierre.<\/p>\n<p>La guerre \u2013 affirme-t-il \u2013 est toujours une d\u00e9faite, m\u00eame pour le vainqueur. Avec l\u2019argent investi dans ce \u00ab massacre inutile \u00bb, il serait possible de s\u2019attaquer r\u00e9ellement \u00e0 des probl\u00e8mes dramatiques comme la faim et la pauvret\u00e9, des maladies pourraient \u00eatre d\u00e9finitivement vaincues. C\u2019est une affaire de justice et les mille pr\u00e9textes \u2013 toujours les m\u00eames \u2013 mis en avant pour justifier la guerre ne valent rien. La \u00ab rapidit\u00e9 \u00bb des op\u00e9rations militaires est une \u00ab bonne excuse \u00bb que Giordani m\u00e9prise et il rappelle que, dans l\u2019id\u00e9e d\u2019Hitler, la seconde guerre mondiale devait \u00eatre une \u00ab guerre \u00e9clair \u00bb et que, selon Salandra [chef du gouvernement italien en 1914, ndt], la premi\u00e8re guerre mondiale allait \u00eatre une \u00ab promenade \u00bb. Il ajoute avec violence : \u00ab Je ne crois pas qu\u2019un chef d\u2019\u00e9tat ait jamais admis faire la guerre pour voler ; tous ont toujours d\u00e9clar\u00e9 la faire dans des buts plus nobles, plus altruistes ou plus id\u00e9aux les uns que les autres. Et \u2013 pu\u00e9rilit\u00e9 de la haine \u2013 la rapacit\u00e9 est toujours attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019ennemi et les beaux sentiments \u00e0 l\u2019ami \u00bb.<\/p>\n<p align=\"left\"><strong>Renverser une macabre perspective de l\u2019historiographie<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-size: small\">La logique dit que celui qui fait la guerre a tort, il ne r\u00e9sout rien et y perd de toute fa\u00e7on. Le peuple n\u2019en veut pas. Et l\u2019on commet une grave erreur en se complaisant dans les biographies de personnages qui ont d\u00e9cha\u00een\u00e9 des massacre indicibles \u2013 d\u2019Hitler \u00e0 Staline \u2013 et en ignorant les v\u00e9ritables chefs de l\u2019humanit\u00e9 comme \u2013 \u00e9crit Giordani \u2013 par exemple un Cottolengo ou un don Orione. C\u2019est une question d\u2019ordre culturel que de parvenir \u00e0 renverser cette macabre perspective de l\u2019historiographie.<\/span><\/p>\n<p>Giordani indique la voie du dialogue pour parvenir \u00e0 une solution, toujours et de toute fa\u00e7on, sans c\u00e9der \u00e0 la fatigue. Il affirme que mis\u00e8re et convoitise sont les premi\u00e8res causes des guerres et que la peur est toujours \u00e0 la racine. Mais il existe une esp\u00e9rance, une alternative : elle s\u2019appelle charit\u00e9 et le Christ l\u2019a incarn\u00e9e, lui qui a tout rachet\u00e9, y compris la politique pour lui donner une fonction de paix et de vie. \u00ab Les ennemis s\u2019aiment : voil\u00e0 la position du christianisme \u2013 \u00e9crit Giordani \u2013 Si l\u2019on mettait en place une politique de la charit\u00e9, on d\u00e9couvrirait qu\u2019elle co\u00efncide avec la rationalit\u00e9 la plus \u00e9clair\u00e9e et que, socialement et \u00e9conomiquement parlant, elle se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une affaire \u00bb.<\/p>\n<p>Il d\u00e9finit toute guerre comme un crime, qu\u2019elle soit agressive ou pr\u00e9ventive. C\u2019est une action contre la justice, parce que la justice v\u00e9ritable engendre la paix v\u00e9ritable. Les r\u00e9f\u00e9rences de Giordani \u00e0 Saint Fran\u00e7ois et \u00e0 Dante sont d\u2019une haute sollicitation spirituelle. Il affirme : \u00ab Pour m\u00e9riter le nom de fils de Dieu, les chr\u00e9tiens doivent travailler \u00e0 la paix \u00bb. Avec un courage lib\u00e9r\u00e9 de toute timidit\u00e9, en vivant le minist\u00e8re de la r\u00e9conciliation, en abattant les murs qui s\u00e9parent, en pardonnant \u00e0 ceux qui leur font du mal, en guidant vers l\u2019unit\u00e9 ceux qui en sont \u00e9loign\u00e9s. Il cite l\u2019Allemand Max Josef Metzger, tu\u00e9 par les nazis en 1944 : \u00ab Nous devons organiser la paix comme d\u2019autres ont organis\u00e9 la guerre \u00bb. Il n\u2019est ni s\u00e9rieux ni cr\u00e9dible de parler de paix tout en pr\u00e9parant la guerre.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019\u0153uvre pacificatrice commence avec moi et avec toi\u2026 \u00bb conclut Giordani. Pour supplanter la guerre, il ne suffit pas d\u2019\u00e9liminer les armes, il faut avant tout reconstruire une conscience et une culture de paix. C\u2019est un travail de premi\u00e8re urgence, que les hommes de foi soutiennent par la strat\u00e9gie de la pri\u00e8re. Voil\u00e0 la mission des chr\u00e9tiens aujourd\u2019hui dans l\u2019histoire : r\u00e9aliser l\u2019\u00e9vangile de la paix.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>Giampaolo Mattei<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinquante ans apr\u00e8s sa sortie, L\u2019inutilit\u00e0 della guerra, d\u2019Igino Giordani, vient d\u2019\u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":34,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[47],"tags":[],"class_list":["post-296348","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/296348","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/34"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=296348"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/296348\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=296348"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=296348"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=296348"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}