{"id":297676,"date":"2011-01-28T14:00:33","date_gmt":"2011-01-28T13:00:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.focolare.org\/eduardo-guedes-et-son-dernier-voyage\/"},"modified":"2024-05-13T21:00:22","modified_gmt":"2024-05-13T19:00:22","slug":"eduardo-guedes-et-son-dernier-voyage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/eduardo-guedes-et-son-dernier-voyage\/","title":{"rendered":"Eduardo Guedes et son dernier voyage"},"content":{"rendered":"<p><p><img alt=\"\" alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-23257 alignleft\" style=\"margin-right: 10px;margin-bottom: 5px\" src=\"https:\/\/www.focolare.org\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Eduardo_Guedes041.jpg\" alt=\"\" width=\"152\" height=\"192\" \/><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Notre correspondant \u00e0 Moscou nous a quitt\u00e9s \u00e0 56 ans \u00e0 la suite d\u2019une maladie fulgurante et impitoyable. Un exemple de s\u00e9rieux professionnel et humain.<\/em><\/p>\n<p>Nous avions voyag\u00e9 ensemble pour \u00e9crire le livre <em>Sul largo confine. Storie di cristiani nel Caucaso<\/em> (Sur la grande fronti\u00e8re. Histoires de chr\u00e9tiens du Caucase). En effet, Eduardo \u00e9tait correspondant pour <em>Citt\u00e0 Nuova<\/em>, ainsi que pour plusieurs journaux portugais \u2013 Eduardo Guedes \u00e9tait de Lisbonne, o\u00f9 il \u00e9tait n\u00e9 le 10 juillet 1954 \u2013, et sa connaissance de la langue russe et de la r\u00e9gion \u00e9tait indispensable \u00e0 la r\u00e9daction compl\u00e8te de ce livre.<\/p>\n<p>Je me rappelle un voyage en taxi entre Vladikavkaz, capitale de l\u2019Oss\u00e9tie du Nord, et Nazran, celle de l\u2019Ingouchie. C\u2019\u00e9tait fin juillet 2007. La tension \u00e9tait palpable, car de graves troubles agitaient le Caucase. Le chauffeur de taxi n\u2019\u00e9tait pas rassur\u00e9 par ce trajet de quelques dizaines de kilom\u00e8tres, parce que l\u2019on ne savait pas comment r\u00e9agiraient les soldats russes \u00e0 la fronti\u00e8re. On racontait aussi que les enl\u00e8vements \u00e9taient fr\u00e9quents dans la r\u00e9gion, avec pour but de soutirer de l\u2019argent aux \u00e9trangers. Eduardo a pass\u00e9 tout le temps du trajet \u00e0 rassurer cet homme, avec le calme olympien qui le caract\u00e9risait depuis toujours.<\/p>\n<p>En revanche, nous avons s\u00e9journ\u00e9 une semaine \u00e0 Naltchik, la capitale de la Kabardino-Balkarie, o\u00f9 nous voulions essayer d\u2019interviewer des repr\u00e9sentants du monde politique et culturel de cette r\u00e9publique de la Ciscaucasie. \u00c0 cette occasion, j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 la fa\u00e7on dont Eduardo menait ses interviews, faites plus de moments de silence que de paroles, avec la conviction que dans une interview, ce qui compte, c\u2019est de se mettre au niveau de son interlocuteur, afin que celui-ci puisse s\u2019exprimer de la fa\u00e7on la plus claire et la plus libre possible.<\/p>\n<p>\u00c0 Beslan, nous avons visit\u00e9 avec le maire l\u2019\u00e9cole n\u00b0 1, cette \u00e9cole o\u00f9, en septembre 2004, environ 300 enfants furent tu\u00e9s, lors de l\u2019attentat le plus sanglant de l\u2019histoire tch\u00e9tch\u00e8ne et ingouche. Je me souviens qu\u2019\u00e0 un certain moment, il m\u2019a trouv\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9 d\u2019un couloir \u00e9ventr\u00e9, incapable de retenir mes larmes, en train de feuilleter le cahier d\u2019un enfant, encore tach\u00e9 de sang. Il m\u2019a alors dit\u00a0: \u00ab\u00a0La barbarie est incompr\u00e9hensible. Seul le visage ensanglant\u00e9 du Christ m\u2019apaise.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous gardons le souvenir de ses dizaines d\u2019articles sur la situation complexe en Russie, o\u00f9 il d\u00e9ployait beaucoup de courage pour dire la v\u00e9rit\u00e9, mais aussi beaucoup de d\u00e9licatesse pour expliquer un monde qui, pour nous, Italiens, est encore enseveli sous des tonnes de pr\u00e9jug\u00e9s et d\u2019id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues.<\/p>\n<p>Merci, Eduardo, de tout c\u0153ur, de tout ce que tu nous as donn\u00e9. Et continue \u00e0 voyager et \u00e0 nous envoyer des reportages de la terre o\u00f9 plus personne ne meurt. Nous nous rappelons avec \u00e9motion la phrase de l\u2019\u00e9vangile de Jean que Chiara Lubich t\u2019avait propos\u00e9e pour ton projet de vie\u00a0: \u201cSi vous \u00e9tiez du monde, le monde aimerait ce qui est sien.\u201d Toi, le monde, tu l\u2019as aim\u00e9, et le monde t\u2019a aim\u00e9. Au revoir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_23259\" style=\"width: 298px\" class=\"wp-caption alignright\"><img alt=\"\" alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-23259\" class=\"size-full wp-image-23259  \" style=\"margin-right: 10px;border: 0pt none\" src=\"https:\/\/www.focolare.org\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Eduardo_Guedes_03.jpg\" alt=\"\" width=\"288\" height=\"177\" \/><p id=\"caption-attachment-23259\" class=\"wp-caption-text\">Eduardo avec Maria Voce \u00e0 la rencontre des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s en octobre 2010<\/p><\/div>\n<p><em> <\/em><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Beaucoup de personnes l\u2019ont connu. Au Portugal, d\u2019abord, son pays natal, mais aussi en Russie, o\u00f9 il vivait depuis des ann\u00e9es, en messager de l\u2019unit\u00e9. Il \u00e9tait aussi un de nos traducteurs pour le portugais, et il nous a aid\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la fin, tant que la maladie le lui a permis. Nous lui rendons hommage en donnant la parole \u00e0 Michele Zanzucchi.<\/p>\n","protected":false},"author":34,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[906],"tags":[],"class_list":["post-297676","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-focolare-worldwide-2-3"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297676","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/34"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=297676"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297676\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=297676"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=297676"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=297676"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}