{"id":297720,"date":"2011-02-15T10:06:13","date_gmt":"2011-02-15T09:06:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.focolare.org\/1956-jai-vu-la-terre-sainte\/"},"modified":"2024-05-13T21:00:38","modified_gmt":"2024-05-13T19:00:38","slug":"1956-jai-vu-la-terre-sainte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/1956-jai-vu-la-terre-sainte\/","title":{"rendered":"1956 : J\u2019ai vu la Terre sainte"},"content":{"rendered":"<p><strong><br \/> <\/strong><\/p>\n<p><img alt=\"\" alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-26216\" style=\"border: 1px solid black;margin-right: 10px\" src=\"https:\/\/www.focolare.org\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/110215-02.jpg\" alt=\"\" width=\"238\" height=\"326\" \/><\/p>\n<p><em><strong>La pierre trou\u00e9e<\/strong><\/em><em> <\/em><\/p>\n<p>Survolant la c\u00f4te toute bleue du golfe de Beyrouth, je contemplais la ville, r\u00e9cemment \u00e9branl\u00e9e pas un tremblement de terre, adoss\u00e9e \u00e0 des collines constell\u00e9es de milliers de petites maisons. L\u2019avion se dirigeait vers la mer pour prendre de l\u2019altitude et passer, en revenant vers la c\u00f4te, au-dessus des premi\u00e8res montagnes de Palestine. Je n\u2019imaginais pas alors quelle incidence J\u00e9rusalem et les Lieux saints allaient avoir sur moi.<\/p>\n<p>Je ne m\u2019y rendais pas en p\u00e8lerinage. Certes, des noms comme Bethl\u00e9em, J\u00e9richo, J\u00e9rusalem, B\u00e9thanie, ne me laissaient pas indiff\u00e9rente, mais le but premier de ce voyage \u00e9tait un devoir \u00e0 accomplir.<\/p>\n<p>Depuis Rome, j\u2019\u00e9tais en compagnie de quelques amis qui m\u2019accompagnaient dans mon voyage si bien que, lorsque le bimoteur qui nous emportait de Beyrouth \u00e0 J\u00e9rusalem atterrit, apr\u00e8s un vol intr\u00e9pide au-dessus des montagnes du Liban, couvertes de neige, sur laquelle se d\u00e9tachait le Mont Hermon, l\u2019amie qui m\u2019attendait nous fit monter dans deux taxis qui se dirig\u00e8rent vers J\u00e9rusalem.<\/p>\n<p>La joie de nous retrouver apr\u00e8s une longue s\u00e9paration, l\u2019\u00e9change de nouvelles de part et d\u2019autre, m\u2019emp\u00each\u00e8rent de me rendre compte du chemin parcouru, quand brusquement on nous invita \u00e0 descendre, les voitures ne pouvant aller plus avant. Il fallait maintenant continuer \u00e0 pied.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une vieille rue de J\u00e9rusalem, qui montait, entrecoup\u00e9e de temps en temps de marches de pierre \u00e0 gravir. Une rue mis\u00e9rable, large peut-\u00eatre de trois m\u00e8tres, o\u00f9 r\u00e9sonnaient les cris des marchands qui, de chaque c\u00f4t\u00e9, vantaient leur marchandise. Elle exhalait une odeur, m\u00e9lange de sueur, de salet\u00e9, de peaux d\u2019animaux, de fruits parfum\u00e9s et de p\u00e2tisseries multicolores. La foule d\u00e9ambulait, jouait des coudes, v\u00eatue des costumes les plus vari\u00e9s de l\u2019Orient et de l\u2019Occident. Les boutiques \u00e9taient install\u00e9es sous les arcades des maisons antiques, presque dans des sous-sols, sous de vieilles vo\u00fbtes qui rendaient l\u2019atmosph\u00e8re encore plus sombre. Avec la foule bigarr\u00e9e, avec les mouches qui bourdonnaient autour des g\u00e2teaux, il y avait aussi ch\u00e8vres et moutons. Sous le turban de couleur blanche d\u00e9nou\u00e9, des visages d\u2019hommes sombres, plus ou moins r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 cette vie de mis\u00e8re. Des visages invisibles de femmes aussi, couverts d\u2019un voile noir.<\/p>\n<p>Nous montions, et tout au long de ce\u00a0<em>bazar,<\/em> de temps en temps, l\u2019ami \u2013 notre ami aussi d\u00e9sormais \u2013 nous indiquait une porte un peu plus propre que les autres, porte de chapelle sans doute, bien que fort peu de choses la distingu\u00e2t des maisons voisines, et nous disait\u00a0: \u00ab\u00a0Voici une station, ici la troisi\u00e8me, l\u00e0 la quatri\u00e8me\u2026 Ici J\u00e9sus rencontra Marie, l\u00e0 Simon de Cyr\u00e8ne\u00a0\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De toute \u00e9vidence, cette rue \u00e9tait la\u00a0<em>via crucis, <\/em>le chemin de croix que J\u00e9sus parcourut jadis. Et elle \u00e9tait demeur\u00e9e une\u00a0<em>via crucis <\/em>pour ceux qui y habitaient et ceux qui y passaient.<\/p>\n<p>Quelques m\u00e8tres plus loin, on nous annon\u00e7a\u00a0: \u00ab\u00a0Nous sommes arriv\u00e9s au s\u00e9pulcre. Ici, dans cette \u00e9glise, \u00e0 la charpente robuste, vraiment laide, se trouve ce que l\u2019on peut imaginer de plus sacr\u00e9\u00a0: le calvaire et le s\u00e9pulcre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>A vrai dire, j\u2019\u00e9tais un peu pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 affronter ce lieu, parce que la derni\u00e8re partie du chemin m\u2019avait inspir\u00e9 un vif sentiment de douleur et presque d\u2019effarement. Il me semblait que J\u00e9sus \u00e9tait encore entre les mains de ses bourreaux et que des luttes sans fin avaient emp\u00each\u00e9 ceux qui en avaient le droit de garder, avec amour et v\u00e9n\u00e9ration, ces pierres, ces lieux o\u00f9 il \u00e9tait pass\u00e9.<\/p>\n<p>Nous entr\u00e2mes. Le chemin dans l\u2019\u00e9glise, je n\u2019en garde pas souvenir. nous emprunt\u00e2mes un petit escalier \u00e9troit, au marbre poli par les millions de p\u00e8lerins qui l\u2019avaient gravi, et nous nous trouv\u00e2mes en face d\u2019un autel. Les Grecs orthodoxes et les Arm\u00e9niens pouvaient \u00e9galement y c\u00e9l\u00e9brer leurs offices.<\/p>\n<p>Un guide nous montra un trou, \u00e0 travers une vitre qui prot\u00e9geait un rocher, et nous dit\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est dans ce trou que fut plant\u00e9e la croix\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Soudain, sans nous \u00eatre concert\u00e9s, nous nous trouv\u00e2mes tous \u00e0 genoux.<\/p>\n<p>Je me recueillis un instant.<\/p>\n<p>Dans ce trou avait \u00e9t\u00e9 plant\u00e9e la croix\u2026\u00a0<em><strong>la premi\u00e8re croix<\/strong>.<\/em><\/p>\n<p>S\u2019il n\u2019y avait pas eu cette premi\u00e8re croix, ma vie, la vie de millions de chr\u00e9tiens qui suivent J\u00e9sus en portant leur croix, mes souffrances, les souffrances de millions de chr\u00e9tiens n\u2019auraient pas eu de nom, n\u2019auraient pas eu de sens. C\u2019est lui qui, \u00e9lev\u00e9 ici en croix comme un malfaiteur, donna valeur et raison d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019oc\u00e9an d\u2019angoisse qui envahit l\u2019humanit\u00e9 en chacun de ses membres, et parfois la submerge.<\/p>\n<p>Je ne dis rien \u00e0 J\u00e9sus \u00e0 ce moment-l\u00e0. Cette pierre trou\u00e9e avait tout exprim\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ajoutai seulement, comme un enfant extasi\u00e9\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est ici, J\u00e9sus, que je veux, \u00e0 nouveau, planter ma croix, nos croix, les croix de tous ceux qui te connaissent et de tous ceux qui ne te connaissent pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je sortis du s\u00e9pulcre avec un sentiment bien diff\u00e9rent de celui que j\u2019avais en entrant. J\u2019\u00e9tais confiante, pleine d\u2019esp\u00e9rance\u00a0: un jour peut-\u00eatre ce ciel de J\u00e9rusalem, qui aujourd\u2019hui couvre une multitude de fr\u00e8res \u00e9loign\u00e9s les uns des autres, entendra-t-il \u00e0 nouveau, si quelqu\u2019un demande \u00e0 voir un fr\u00e8re qui n\u2019est encore pleinement uni, les paroles de l\u2019ange \u00e0 Marie-Madeleine\u00a0: \u00ab\u00a0Il est ressuscit\u00e9, il n\u2019est pas ici\u00a0<a href=\"http:\/\/jmwallet.free.fr\/textes_divers\/Ecrits_spirituels_I.htm#_ftn76\"><sup>[76]<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em><br \/> <\/em><\/p>\n<p><em>Extraits de <\/em><em>Scritti Spirituali 1 \u201cL\u2019attrattiva del tempo moderno\u201d \u2013 Citt\u00e0 Nuova,\u00a0 3\u00b0 ed.1991<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;occasion du voyage de Maria Voce en Terre Sainte, nous publions quelques extraits du journal de Chiara Lubich, qu&rsquo;elle a \u00e9crit lors de sa visite des lieux saints en 1956.<\/p>\n","protected":false},"author":34,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[47],"tags":[],"class_list":["post-297720","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297720","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/34"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=297720"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/297720\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=297720"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=297720"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=297720"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}