{"id":332348,"date":"2017-06-02T01:10:17","date_gmt":"2017-06-01T23:10:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.focolare.org\/resurrection-derriere-les-barreaux\/"},"modified":"2024-05-16T15:19:40","modified_gmt":"2024-05-16T13:19:40","slug":"resurrection-derriere-les-barreaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/resurrection-derriere-les-barreaux\/","title":{"rendered":"R\u00e9surrection derri\u00e8re les barreaux"},"content":{"rendered":"<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-152882\" src=\"https:\/\/www.focolare.org\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/20170602-01.jpg\" alt=\"20170602-01\" width=\"300\" height=\"300\" \/>Ma feuille de route en Jordanie pr\u00e9voit la visite au centre de d\u00e9tention f\u00e9minin, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie d\u2019Amman.<\/strong> C\u2019est le dernier acte de mon s\u00e9jour. Dans le couloir de contr\u00f4le, on demande \u00e0 <strong>Omar<\/strong>, l\u2019ami qui m\u2019accompagne, de retirer sa montre et ses lunettes de soleil. Mes lunettes aussi risquent de dispara\u00eetre, mais je les lui fais essayer et la jeune garde se rend compte que sans elles je vois mal. Nous arrivons \u00e0 la premi\u00e8re salle d\u2019attente apr\u00e8s avoir travers\u00e9 une longue cour. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 une journ\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9.  <strong>Nous d\u00e9passons le \u00e9ni\u00e8me contr\u00f4le<\/strong> et nous d\u00e9posons la feuille avec le nom de la personne que nous voulons rencontrer. Dans la salle d\u2019attente, deux autres jeunes femmes attendent leur tour de visite. Qui veulent-elles rencontrer, une s\u0153ur\u00a0? Ou la m\u00e8re\u00a0? Un homme sur la cinquantaine, physionomie de type arabe, a les yeux fix\u00e9s sur ses chaussures us\u00e9es. Lui aussi attend. Mon ami essaie de s\u2019asseoir mais la chaise se casse. Devant pareille sc\u00e8ne, o\u00f9 que ce soit, tout le monde aurait ri. Mais l\u00e0, rien, dans cette salle personne n\u2019ose le faire, chacun est absorb\u00e9 par sa souffrance. Le climat qu\u2019on respire est semblable \u00e0 celui de l\u2019attente du diagnostic d\u2019un m\u00e9decin sur la maladie grave d\u2019une personne ch\u00e8re. Le bruit nasillard du haut-parleur et le sursaut de l\u2019homme qui se l\u00e8ve me font comprendre que son tour est arriv\u00e9.  <strong>Peu apr\u00e8s c\u2019est \u00e0 nous. <\/strong>Un petit couloir, sur le c\u00f4t\u00e9 droit chaque cellule a son hublot avec les vieux t\u00e9l\u00e9phones classiques de part et d\u2019autre de la vitre. Notre amie, tout d\u2019un coup joyeuse, s\u2019agite et gesticule, elle nous dit par le combin\u00e9, que nous pouvons demander que la rencontre se fasse dans une autre salle, \u00ab\u00a0face-\u00e0-face\u00a0\u00bb. C\u2019est P\u00e2ques et aujourd\u2019hui pour les chr\u00e9tiens une visite est permise.  <strong>Nous sortons du b\u00e2timent et nous rentrons par l\u2019entr\u00e9e officielle.<\/strong> Encore les passeports, les questions, et le nom de la personne que nous voulons rencontrer. Nous attendons dans une salle pendant que nous assistons au travail de plusieurs fonctionnaires affair\u00e9s qui ins\u00e8rent des documents dans des chemises num\u00e9rot\u00e9es.  <strong>L\u2019attente est longue.<\/strong> Peut-\u00eatre que pour elle aussi la route est faite de portes qui s\u2019ouvrent et se ferment. Mais la voil\u00e0 qui arrive.  <strong>Margari est une femme sur la quarantaine, d\u2019Am\u00e9rique du Sud, joyeuse. <\/strong>\u00ab\u00a0Mes compagnes de cellule vont \u00eatre jalouses\u00a0!\u00a0\u00bb. C\u2019est une femme douce, elle reconna\u00eet s\u2019\u00eatre tromp\u00e9e, elle sortira dans quelques mois et compte les jours sur le calendrier qu\u2019elle s\u2019est fabriqu\u00e9. Durant ces deux ann\u00e9es, elle est devenue grand-m\u00e8re et ne conna\u00eet pas encore son petit-fils. Sur ses quatre enfants, les deux premiers ont quitt\u00e9 l\u2019\u00e9cole pour travailler, et elle n\u2019a plus son mari. \u00ab\u00a0Quand je rentrerai, ils vont me gronder, mais c\u2019est normal qu\u2019ils soient en col\u00e8re contre moi. J\u2019arrive \u00e0 les joindre de temps en temps par t\u00e9l\u00e9phone. Mon d\u00e9sir \u2013 <strong>poursuit-elle<\/strong> \u2013 \u00e9tait d\u2019ouvrir un orphelinat pour enfants de la rue. Ici, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, c\u2019est dur, une fois j\u2019ai pens\u00e9 me suicider. On devient m\u00e9chants. Mais je n\u2019y arrive pas, si elles se f\u00e2chent ou me frappent je ne r\u00e9agis pas, je n\u2019y parviens pas. Mes amies sont ici, certaines depuis plusieurs ann\u00e9es. Fernanda depuis huit ans, mais elle va bient\u00f4t sortir. A 29 ans une grave maladie est en train de l\u2019emporter. Elle est entr\u00e9e toute jeune, pour une stupidit\u00e9 plus grande que la mienne. Elle a aval\u00e9 les rouleaux de cette salet\u00e9. Moi, je remercie Dieu, malgr\u00e9 tout, je le sens proche et c\u2019est pour cela que je me sens privil\u00e9gi\u00e9e.\u00a0\u00bb  <strong>Elle me recommande ses enfants,<\/strong> me demande de leur \u00e9crire que je l\u2019ai rencontr\u00e9e et qu\u2019elle a vraiment h\u00e2te de les revoir.  <strong>Nous nous quittons en nous embrassant tr\u00e8s fort\u00a0;<\/strong> difficile de d\u00e9crire ce que j\u2019\u00e9prouve en ce moment. Je voulais que ce soit un petit geste, afin de prendre sur moi sa souffrance. Au cours de cette journ\u00e9e si ensoleill\u00e9e, peut-\u00eatre qu\u2019un rayon de Son amour a travers\u00e9 les barreaux de ces murs gris.  C\u2019est un matin de P\u00e2ques sp\u00e9cial, je ne peux que remercier Dieu pour ce qu\u2019Il m\u2019a fait vivre\u00a0: la r\u00e9surrection est la vraie libert\u00e9. J\u2019ai rencontr\u00e9 en prison une femme libre parce qu\u2019elle est consciente d\u2019\u00eatre aim\u00e9e de Dieu.  (Ago Spolti, Italie)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le jour de P\u00e2ques, dans une prison de Jordanie, rencontre avec une femme \u201clibre\u201d d\u2019aimer.<\/p>\n","protected":false},"author":34,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[47],"tags":[],"class_list":["post-332348","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/332348","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/34"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=332348"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/332348\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=332348"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=332348"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.focolare.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=332348"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}