Tu veux me faire plaisir ?

 
Ce qui devait être une simple fête d’anniversaire s’est transformé en une véritable expérience de solidarité et de fraternité. Profondément marquée par sa rencontre avec le projet Magnificat à Nairobi, Erica a choisi de célébrer ses 50 ans en donnant à cette occasion une dimension de partage et d’engagement concret. En invitant ses proches à soutenir des familles vivant dans l’un des plus grands bidonvilles du Kenya, elle témoigne de la force des petits gestes capables de créer des liens, de susciter l’espérance et de faire grandir une culture de fraternité.

Le 24 avril, Erica a choisi de célébrer son anniversaire d’une manière originale et profondément significative. Plutôt que de recevoir des cadeaux traditionnels, elle a invité ses amis à transformer cette fête en un geste concret de solidarité et de partage.

L’idée est née quelques mois plus tôt, en octobre, lorsque le congrès 2026 des Secrétariats de Familles Nouvelles a été organisé, de manière inhabituelle, non pas au Centre Mariapolis de Castel Gandolfo, mais à Nairobi, au Kenya. Pour de nombreux participants, cette rencontre fut bien plus qu’un simple congrès : ce fut une expérience humaine marquante.

« Il y a un avant et un après Nairobi », confie Erica. « Quand on rencontre de telles réalités, on ne peut plus rester indifférent. »

Au cours du séjour, les participants ont découvert le projet Magnificat, soutenu depuis des années par AFN. L’école se trouve dans l’un des bidonvilles les plus densément peuplés du Kenya, où vivent près de 500 000 personnes. Ils y ont rencontré Millycent, la directrice de l’école, qui avait elle-même bénéficié du soutien du projet lorsqu’elle était enfant. Son parcours témoigne concrètement de la manière dont l’accompagnement, l’éducation et la confiance peuvent transformer une vie et ouvrir des perspectives d’avenir, jusqu’à susciter le désir de se mettre au service des autres.

Malgré les grandes difficultés auxquelles les familles locales sont confrontées, le projet encourage un chemin fondé sur la responsabilité, l’autonomie et la croissance personnelle, permettant aux parents comme aux enfants d’avancer vers davantage de dignité et d’émancipation.

Les activités de l’école se déroulent dans une petite construction en tôle appelée St. Anna Chapel. Dans ce lieu modeste se tiennent les activités éducatives pour les enfants de différents âges, la distribution du goûter, les rencontres avec les parents ainsi que les moments de vie communautaire. C’est là qu’Erica et le groupe ont découvert les histoires des familles et des éducateurs, tissant peu à peu des liens de confiance et d’amitié.

« À l’approche de mes 50 ans, j’ai ressenti le désir profond de partager cette joie aussi avec nos amis de Nairobi », explique Erica. « Avec mon mari Fabrizio, nous avons décidé d’écrire dans l’invitation : “Veux-tu me rendre heureuse ?” et nous avons proposé de soutenir le projet à la place des cadeaux habituels. »

Depuis des années, la famille possède une tirelire particulière : un petit cochon rose destiné à Mikael, l’enfant qu’ils soutiennent à distance depuis environ cinq ans. Leurs enfants, aujourd’hui adolescents, ont grandi en y déposant régulièrement leurs économies. Une phrase y est inscrite : « Mikael est notre frère. »

« Ainsi, Mikael est devenu une présence familière dans notre vie quotidienne », raconte Erica. « Il nous a appris que partager signifie tenir ensemble nos besoins et ceux des autres. »

À l’occasion de cet anniversaire, ce geste familial s’est transformé en une initiative collective. Une nouvelle inscription a été ajoutée sur la tirelire : « Erica & Friends pour le projet Magnificat Nairobi ».

Chacun a pu contribuer librement selon ses possibilités. « Le plus important n’était pas la somme récoltée, mais le fait de partager ma joie avec les amis de Magnificat », explique Erica.

Au cours de la soirée, Erica a également partagé les photos de son voyage à Nairobi avec les amis qui avaient vécu cette expérience avec elle. À travers ces images, les visages, les histoires et les rencontres sont restés gravés dans les cœurs.

« Après avoir vu ces réalités et rencontré ces personnes, il est impossible de les oublier », dit-elle. « J’ai reçu tellement dans ma vie. Je voulais que mon cadeau d’anniversaire devienne quelque chose pour eux, une manière de continuer à faire de ma vie un don, et non quelque chose que l’on garde seulement pour soi. »

L’initiative a volontairement été pensée de manière simple et accessible à tous.

« Nous ne pouvons pas tous donner beaucoup, mais ce n’est pas cela qui compte », souligne Erica. « La tirelire est un symbole de liberté : chacun donne ce qu’il peut et ce qu’il souhaite. L’essentiel est de nous sentir une seule famille avec nos amis de Nairobi. »

L’initiative a été accueillie avec enthousiasme par les amis, les proches et les collègues, nombreux à vouloir découvrir davantage le projet Magnificat ainsi qu’AFN, une réalité née dans le mouvement Familles Nouvelles, qui promeut depuis des années une vision solidaire et inclusive de la famille, inspirée par le bien commun et la fraternité universelle.

« Jusqu’à présent, nous avons récolté plus de 1 600 euros, et certaines personnes continuent encore à contribuer », conclut Erica. « Mais au-delà du montant, mon plus grand souhait est que cette expérience puisse aussi inspirer d’autres personnes. Pour nous, cela a été une immense joie. »