«Ce fut une expérience vraiment profonde. Elle m’a amené à beaucoup réfléchir sur moi-même et à me poser de nombreuses questions sur mon rôle de père et de mari : est-ce que je donne vraiment le meilleur de moi-même à mes enfants et à ma femme ? »
Alfeo est infirmier, tout comme son épouse Mary Rose. Mariés depuis 2015, ils ont deux filles. Tous deux sont philippins, mais vivent au Canada, où ils se sont rencontrés.
« Souvent, dans le tourbillon du quotidien, nos conversations ne sont guère plus que des “consignes” échangées sur le pas de la porte, au début ou à la fin de nos gardes respectives. Ici, nous avons eu l’occasion de nous arrêter, d’aller en profondeur et de prendre soin de notre famille », raconte avec reconnaissance Mary Rose lors d’un des temps de partage en petits groupes.
La famille Cacho n’est que l’une des 18 familles venues de différents pays du monde pour participer à la troisième édition de l’école d’été destinée aux animateurs du Mouvement Familles Nouvelles : la Loppiano Family Experience, qui s’est déroulée dans la cité-pilote de Loppiano du 6 au 24 juillet.
Trois semaines intenses de vie partagée, de formation — avec des cours en italien traduits simultanément en anglais, français, espagnol et arabe —, de jeux, de moments de prière et de spiritualité.
Un véritable laboratoire interculturel entre familles, auquel ont également participé les 39 enfants présents, avec un programme adapté aux différents âges.
« Je pensais que nous, les enfants, allions devoir faire des choses plus ennuyeuses que celles que nous faisons habituellement pendant les vacances. Mais en fait, nous nous sommes vraiment bien amusés ! », reconnaît Francesco, 10 ans, originaire de Velletri, en Italie. Son petit frère Alberto, de deux ans son cadet, a trouvé les quatre heures de voyage jusqu’à Loppiano un peu fatigantes, mais il n’hésite pas à affirmer avec conviction : « Ça en valait la peine. » Pour leurs parents aussi, l’expérience a été très positive. Antonia est sage-femme et Armando est carabinier, membre de la gendarmerie nationale italienne. « Les thèmes abordés étaient d’une grande actualité et répondaient vraiment aux réalités que vivent les familles aujourd’hui, du moins ici en Italie. En venant ici, notre désir était de nous former, non seulement pour nous-mêmes, mais
De nombreux moments ont également été consacrés à l’approfondissement de la spiritualité de l’unité et à la découverte de la démarche d’accompagnement et de soutien qui caractérise le Mouvement Familles Nouvelles : pour les fiancés, les jeunes couples, les familles, les couples en difficulté, les personnes séparées et les parents d’enfants LGBT.
Le dimanche 19 juillet, les participants ont également pris part à l’Angélus à Castel Gandolfo, où ils ont reçu le salut du pape Léon XIV. Ce « pèlerinage » s’est poursuivi par la visite de la chapelle du Centre international du Mouvement des Focolari et de la maison de Chiara Lubich. « Nous avons accueilli l’invitation à participer comme une proposition qui nous venait directement de Dieu. Nous ne pouvions pas refuser. »
Pour certains, le voyage jusqu’à Loppiano a duré quatre heures ; pour d’autres, quatre jours. C’est le cas de Tatiana et Landry, arrivés avec leurs enfants Jean-Baptiste, Joshua et Anne-Elisa depuis une petite île de Nouvelle-Calédonie, dans l’océan Pacifique. « Loppiano est un petit paradis sur terre », observe Tatiana avec enthousiasme. « Chez nous, lorsque l’on monte sur une colline, on se retourne et on voit la mer. Ici, quand je me suis retournée, cela m’a semblé étrange de ne pas voir la mer. Et pourtant, en même temps, je me suis sentie chez moi. « C’était magnifique de devenir une seule grande famille avec toutes les autres familles venues des quatre coins du monde. » Landry partage lui aussi cette reconnaissance : « Les expériences des autres familles, ainsi que celles de l’équipe organisatrice, ont été pour nous de véritables cadeaux, des trésors à mettre dans nos valises pour les rapporter à la maison. » Même les grandes questions qui traversent l’actualité internationale n’ont pas été laissées de côté durant la Loppiano Family Experience.
« Que puis-je faire, moi, aujourd’hui, pour construire la paix ? » C’est la question que les participants ont explorée avec leurs enfants. Une question qui interpellait aussi bien les familles venues de pays en paix que celles dont la « normalité » est marquée par le conflit, la guerre et la violation des droits humains fondamentaux. « Une famille originaire de Terre Sainte nous a raconté, se souvient un père de l’équipe organisatrice, que leurs enfants, dès leur arrivée, ont demandé s’il y avait des soldats et si l’on tirait. Lorsqu’ils ont appris qu’ici il n’y avait pas de guerre, ils se sont mis à courir partout sur les petites collines de Loppiano. » Sasan et Sally sont un jeune couple qui a courageusement fait le voyage depuis l’Irak avec Sera, leur petite fille de quelques mois. Ils se sont rencontrés dans un focolare, dans la ville d’Erbil. Lui est ingénieur, elle est dentiste.
« Nous avons décidé de vivre cette expérience parce qu’en tant que jeunes parents, nous sommes confrontés à de nouveaux défis. Nous sommes aussi venus chercher un peu de paix… » Sera se met soudain à pleurer. Sally la prend dans ses bras et commence à l’allaiter. Sasan poursuit son récit : « Il y a deux jours, l’aéroport où nous devions atterrir a été pris pour cible par les forces iraniennes parce qu’une base américaine s’y trouve. Nous vivons à dix minutes de l’aéroport, dans le quartier chrétien d’Ankawa, probablement l’un des derniers lieux d’Irak où vivent encore des chrétiens. « Des drones survolent nos maisons et nos lieux de travail. Nous vivons dans une insécurité permanente. » Et pourtant, malgré tout cela, cette expérience leur a apporté de l’espérance. « Nous avons été profondément touchés par l’esprit de Loppiano, explique Sally. Il est plus fort que les cours, plus fort que les thèmes abordés, plus fort même que le temps que nous avons passé ensemble. « La plus grande leçon, ce sont les habitants de Loppiano qui nous l’ont donnée, par leur disponibilité à donner. Chaque fois que nous demandions quelque chose, ils accouraient immédiatement pour nous aider. « Et pas seulement cela : ils repartaient sans rien nous dire, à la recherche de meilleures solutions. Puis ils revenaient en disant : “Voici les possibilités que nous avons trouvées ; nous pouvons aussi vous aider pour ceci et cela.” « Par leur exemple, ils nous ont montré combien l’amour peut être concret. Et cela, nous ne l’oublierons jamais. »
Sasan conclut : « À la maison, nous voulons essayer de faire comme eux, y compris avec ceux qui appartiennent à d’autres ethnies ou qui ont une autre foi. Grâce à cette expérience, Sally et moi ne sommes plus le même couple que celui qui est arrivé ici il y a trois semaines. »
https://www.loppiano.it/2026/08/24/la-scoperta-di-una-missione-speciale/
By Tamara Pastorelli
