Dixième anniversaire de Amoris Laetitia

 
Il 19 marzo 2016, Papa Francesco ha offerto alla Chiesa universale un luminoso messaggio di speranza riguardo all’amore coniugale e famigliare: l’Esortazione apostolica Amoris laetitia, frutto di tre anni di discernimento sinodale sostenuti dall’Anno Santo della Misericordia. In questo decimo anniversario, vogliamo rendere grazie al Signore per l’impulso dato allo studio e alla conversione pastorale della Chiesa e chiedergli il coraggio di proseguire il cammino, accogliendo sempre nuovamente il Vangelo, nella gioia di poterlo annunciare a tutti.

Chers frères et sœurs !

Le 19 mars 2016, le Pape François a offert à l’Église universelle un message lumineux d’espérance concernant l’amour conjugal et familial : l’Exhortation apostolique Amoris laetitia, fruit de trois années de discernement synodal soutenues par l’Année Sainte de la Miséricorde. En ce dixième anniversaire, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour l’élan donné à l’étude et à la conversion pastorale de l’Église et lui demander le courage de poursuivre le chemin, en accueillant toujours à nouveau l’Évangile, dans la joie de pouvoir l’annoncer à tous.

Par le Sacrement du mariage, les époux chrétiens constituent une sorte d’ « Église domestique »,dont le rôle est essentiel pour l’éducation et la transmission de la foi. Dans le sillage de l’élan conciliaire, les deux Exhortations apostoliques Familiaris consortio – donnée par Saint Jean-Paul II en 1981 – et Amoris laetitia ( AL) ont toutes deux stimulé l’engagement doctrinal et pastoral de l’Église au service des jeunes, des conjoints et des familles.

Prenant acte « des changements anthropologiques et culturels » ( AL, 32) qui se sont accentués au cours des trente-cinq dernières années, le Pape François a voulu engager davantage l’Église dans la voie du discernement synodal. Son discours du 17 octobre 2015, prononcé lors de la XIV e Assemblée Générale Ordinaire du Synode des évêques sur la famille, invite à une « écoute réciproque » au sein du peuple de Dieu, « tous à l’écoute de l’Esprit Saint, l’“Esprit de Vérité” ( Jn 14, 17), pour savoir ce qu’il “dit aux Églises” ( Ap 2, 7) ». Et il précise qu’il n’est « pas possible de parler de la famille sans interpeller les familles, en écoutant leurs joies et leurs espérances, leurs douleurs et leurs angoisses ».

En récoltant les fruits du discernement synodal, Amoris laetitia offre un enseignement précieux que nous devons continuer à approfondir aujourd’hui : l’espérance biblique de la présence aimante et miséricordieuse de Dieu, qui permet de vivre des « histoires d’amour » même lorsque l’on traverse des « crises familiales » (AL, 8) ; l’invitation à adopter « le regard de Jésus » (AL, 60) et à stimuler sans relâche « la croissance, la consolidation et l’approfondissement de l’amour conjugal et familial » (AL, 89) ; l’appel à découvrir que l’amour dans le mariage « donne toujours la vie » (AL, 165) et qu’il est « réel » précisément dans son caractère « imité et terrestre » (AL, 113), comme nous l’enseigne le mystère de l’Incarnation. Le pape François affirme « la nécessité de chercher de nouveaux chemins pastoraux » (AL, 199) et de « renforcer l’éducation des enfants » (AL, chap. VII), tout en invitant l’Église à « accompagner, discerner et intégrer la fragilité » (AL, chap. VIII), en dépassant une conception réductrice de la norme, et à promouvoir « la spiritualité qui jaillit de la vie familiale » (AL, 313).

Comme j’ai eu l’occasion de le dire aux jeunes réunis à Tor Vergata pendant le Jubilé de l’Espérance, « la fragilité […] fait partie de la merveille que nous sommes » : nous ne sommes pas faits « pour une vie où tout est acquis et immobile, mais pour une existence qui se régénère constamment dans le don, dans l’amour ». Pour servir la mission d’annoncer l’Évangile de la famille aux jeunes générations, nous devons apprendre à évoquer la beauté de la vocation au mariage précisément dans la reconnaissance de la fragilité, afin de réveiller « la confiance dans la grâce » ( AL, 36) et le désir chrétien de sainteté. Nous devons également soutenir les familles, en particulier celles qui souffrent des nombreuses formes de pauvreté et de violence présentes dans la société contemporaine.

Nous rendons grâce au Seigneur pour les familles qui, malgré les difficultés et les défis, vivent « la spiritualité de l’amour familial […] faite de milliers de gestes réels et concrets » (AL, 315). J’exprime également ma gratitude aux Pasteurs, aux agents pastoraux, aux Associations de fidèles et aux Mouvements ecclésiaux engagés dans la pastorale familiale que par l’intermédiaire des fidèles laïcs et, en particulier, des familles. C’est pourquoi l’engagement de l’Église dans ce domaine doit être renouvelé et approfondi, afin que ceux que le Seigneur appelle au mariage et à fonder une famille puissent vivre leur amour conjugal dans le Christ et que les jeunes se sentent attirés par l’intensité de la vocation matrimoniale dans l’Église.

Prenant acte des changements qui continuent d’influencer les familles, j’ai décidé de convoquer en octobre 2026 les Présidents des Conférences Épiscopales du monde entier, afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris laetitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales.

Je confie ce cheminement à l’intercession de saint Joseph, gardien de la Sainte Famille de Nazareth.

Du Vatican, le 19 mars 2026, solennité de saint Joseph.

LÉON PP. XIV

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