9 Mar 2015 | Focolare Worldwide
“En ces temps de haine et de peur je remercie Dieu parce qu’Il nous a choisies pour nous faire connaître une spiritualité comme celle de Chiara Lubich, capable de faire goûter à l’humanité la paix et la vraie joie de l’unité. Ici à Loppiano nous sommes en train d’expérimenter une sorte d’avant-goût de la vie du royaume de Dieu ».
C’est le témoignage d’une des six étudiantes musulmanes iraniennes qui sont en train de passer un mois à Loppiano, en participant à la vie de la Cité pilote 24 heures sur 24. « Une expérience nouvelle pour nous tous – affirme Rita Moussallem, coresponsable, avec Roberto Catalano, du Centre du dialogue interreligieux des Focolari – un signe prophétique porteur d’espérance qui nous dit que c’est l’amour qui gagne ».
Les étudiantes proviennent du « séminaire » de jeunes filles Jami’at al-Zahra de la ville de Qum (Iran), à environ 200 km de la capitale, Téhéran. Il s’agit d’un pôle universitaire d’excellence pour l’Islam chiite et c’est le plus grand au monde avec environ 6000 étudiantes dont un millier proviennent d’autres pays.
En raison de la présence de nombreux sanctuaires, Qum est l’une des villes saintes chiites, destination de dizaines de milliers de pèlerins chaque année et siège de nombreuses universités ; on estime le nombre d’étudiants à environ 100000.
Cette visite est le fruit de la relation fraternelle et du dialogue engagé depuis plusieurs années entre le Centre du Dialogue Interreligieux des Focolari et le professeur Mohammed Ali Shomali, attaché à la section internationale du « séminaire » féminin de Qum, fondateur et directeur de l’Institut International d’Etudes Islamiques (toujours à Qum), et aussi membre de diverses institutions académiques. Il réside actuellement à Londres et dirige le Centre Islamique de Grande Bretagne. « En avril dernier nous sommes allés à Qum avec quelques focolarini, sur invitation du professeur Shomali – explique Roberto Catalano – pour visiter divers instituts universitaires et approfondir notre connaissance réciproque. C’est à cette occasion qu’a commencé à se concrétiser la possibilité pour un groupe d’étudiantes de faire l’expérience de la spiritualité de l’unité ».
A Loppiano, le professeur Shomali, ainsi que sa femme et les étudiantes, ont visité les diverses Ecoles de formation et les ateliers de travail. Ils ont connu les habitants et leurs expériences et se sont plongés dans la vie et les activités de la Cité pilote. Très lumineux le moment de rencontre du professeur Shomali avec l’équipe enseignante et les étudiants de l’Institut Universitaire Sophia. En se référant au terme qui a donné son nom à l’Institut, il a souligné que le concept de sagesse signifie beaucoup plus que la connaissance : « Nous pouvons entendre des paroles de connaissance venant de la bouche de nombreuses personnes, mais les paroles de sagesse ne peuvent venir que de Dieu ».
En ce moment les étudiantes iraniennes poursuivent l’expérience en approfondissant la spiritualité de l’unité et ses aspects concrets.
7 Mar 2015 | Focolare Worldwide
« Grâce à cette spiritualité, aujourd’hui, des hommes et des femmes de presque toutes les nations du monde, lentement mais résolument, tentent d’être, au moins dans leur milieu, les germes d’un peuple nouveau, d’un monde de paix, plus solidaire surtout des plus faibles, des plus pauvres, d’un monde plus uni.
Grâce à elle, nous pensons devoir apporter notre contribution ici aussi, dans cette « maison » de rencontre des peuples, pour soutenir avec une plus grande force d’âme les efforts qui sont faits pour que l’ONU devienne un instrument adéquat aux attentes de l’humanité.
D’ailleurs, la nécessité de redécouvrir le sens de la réciprocité fait désormais partie du « sentiment commun » des leaders de la vie internationale. C’est un des points fondamentaux des rapports internationaux et la réciprocité est aussi à la base de notre spiritualité et donc de notre action. Elle requiert que l’on dépasse les anciennes et nouvelles logiques d’alliance, établissant au contraire des relations avec tous, comme l’exige le véritable amour. Elle demande que l’on agisse en premier, sans conditions et délai. Elle porte à considérer l’autre comme un autre soi-même et donc à concevoir, suivant cette ligne, tout type d’initiative : désarmement, développement, coopération.
Cette réciprocité est en mesure d’amener chaque leader de la vie internationale à vivre l’autre, à connaître ses besoins et ses capacités, non seulement dans les situations d’urgence, mais à en partager chaque jour l’existence.
La paix, comme en témoignent aussi les finalités et l’action des Nations unies a des noms nouveaux et demande, en premier lieu, un effort que l’ONU – avec votre apport spécial et la contribution de tous ‑ peut soutenir : dépasser la catégorie de l’ennemi, de n’importe quel ennemi.
Exclure la guerre ne suffit pas, il faut créer les conditions pour que chaque peuple puisse aimer la patrie de l’autre comme la sienne, dans un échange de dons, réciproque et désintéressé.
Que Dieu, le Père de tous, rende nos efforts féconds ainsi que ceux de toutes les personnes qui se vouent à la réalisation du noble objectif de la paix ».
Chiara Lubich
5 Mar 2015 | Focolare Worldwide

«Elles ne cessent, malheureusement, d’arriver, les nouvelles dramatiques de la Syrie et de l’Irak, relatives à des violences, à des enlèvements de personnes, et à des injustices aux dépens de chrétiens et d’autres groupes. Nous voulons assurer à ceux qui vivent dans ces situations que nous ne les oublions pas, mais que nous leur sommes proches et que nous prions avec insistance pour qu’on mette fin au plus vite à cette intolérable brutalité dont ils sont victimes ». C’était le dernier appel pressant du Pape François lors de l’audience générale du dimanche 1er mars. La multitude de gens qui remplissait la Place St Pierre s’est recueillie en profonde prière pendant une minute, rappelant ainsi ces deux pays martyrs du Moyen Orient.
Ils nous écrivent de la Syrie : « Désormais, beaucoup se sont faits à l’idée que la guerre est un état de fait et la nouvelle que des centaines de personnes y meurent chaque jour passe presque inaperçue. Les gens sont poussés à bout et l’hiver est froid et long, sans gasoil de chauffage ni électricité et sans eau. Les obus continuent à semer la mort dans les grandes villes ; tandis que les batailles se perpétuent dans les périphéries et dans les villages. L’économie est à terre et beaucoup de familles n’ont plus de travail; les voies légales pour sortir du pays sont fermées. Un évêque syrien a dit que notre peuple est humilié et touché dans sa dignité ».
Les communautés des Focolari en Syrie malgré tout le mal qui se propage, continuent à croire « qu’ici, un meilleur futur est possible ; nous continuons à trouver la force dans la vie de l’Évangile, aussi avec des témoignages courageux ». Ils savent qu’ils ne sont pas seuls, mais qu’ils font partie d’une grande famille dans le monde qui prie pour eux et œuvrent pour la paix. « Et pourtant, la fatigue, après 4 années de guerre, et la perspective d’un futur obscur pour le pays, pèsent beaucoup. Et ils sont nombreux désormais ceux qui cherchent à émigrer pour mettre fin à ce cercle infernal ».
C’est dans ce contexte que le 23 février dernier, les focolarini sont rentrés à Alep. Ils écrivent : « Après trois mois d’absence, nous sommes rentrés composer notre focolare à Alep, avec Sami notre focolarino marié qui habite au littoral avec sa famille, il en fait partie et vient chez nous une fois par mois. Rester ici est un défi , parce que nous sommes conscients que seul, Jésus présent au milieu de nous, par l ‘amour réciproque, est source d’espérance et de soulagement pour la communauté et pour les gens qui sont autour de nous ».
« Au cours de notre voyage, -concluent-ils – nous nous sommes arrêtés à Damas, chez les focolarine qui ont soutenu la communauté pendant notre absence ; et une autre semaine dans la communauté de Kfarbou, au centre du pays. Il y a une grande joie pour notre retour : maintenant la famille est au complet ! Nous sommes tous reconnaissants pour les prières de tant de gens dans le monde qui nous soutiennent dans cette dure épreuve ».
4 Mar 2015 | Focolare Worldwide
Revivre la douleur d’autrui
« Notre fils Mattia est né avec de graves problèmes aux voies respiratoires. Pour cette raison, nous avons passé ses six premiers mois de vie à l’hôpital. Comment exprimer l’angoisse éprouvée durant ses crises ou lorsque les médecines ne réussissaient pas à trouver la thérapie adaptée à son cas? Pourtant, nous n’avons jamais douté de l’amour du Père: grâce aussi au soutien de nos familles et de beaucoup d’amis. Surmontant la tentation de nous enfermer sur notre problème, nous avons pu partager les préoccupations d’autres parents d’enfants hospitalisés, discuter avec eux du mystère de la douleur et de la foi. Maintenant, Mattia va beaucoup mieux. Dernièrement, le personnel du service de l’hôpital nous a proposé de faire partie d’un groupe qui réfléchit sur des thématiques relatives à des cas de petits patients (la voix des parents est importante pour des choix souvent difficiles): une invitation que nous avons acceptée, même s’il s’agit de revivre, à travers les autres, la douleur déjà expérimentée. »
M. et S. – Lazio – (Italie)
Le dé de l’amour
« Maman et papa ne s’entendent pas très bien. Ils se disputent souvent. Parfois elle ne cède pas et il s’énerve. Pour les aider, même si je suis la plus petite, l’idée m’est venue de faire à la maison un jeu que nous faisons à l’école: apprendre à nous aimer en jetant un dé en carton avec les dessins de six gestes d’amour. Comme je n’avais pas le dé, j’ai pris des pages d’un cahier et j’y ai inscrit les six phrases. J’ai demandé à maman et à papa de jouer avec moi. Chacun devait prendre une petite feuille et faire ce qui était écrit. Si quelqu’un ne le faisait pas, je consignais les points dans un cahier. Maman a tiré le papier « aimer tout le monde » et papa, « aimer les ennemis ». Ils ont recommencé, en jouant avec moi, à s’aimer. »
D.H. – Philippine
Une fille inattendue
« Notre fille Solange, infirmière dans une clinique de Rio de Janeiro, s’est retrouvée un jour devant une jeune fille qui insistait pour être hospitalisée au moins jusqu’à l’accouchement, mais elle n’avait ni papiers, ni argent pour payer l’hospitalisation. Comme personne ne l’écoutait, Solange s’est adressée au directeur de la clinique et aux autres médecins. Finalement, la jeune fille a été acceptée sous sa responsabilité. Tout s’est bien passé. Une belle petite fille est née, Barbara. Mais quelques jours après, la mère a disparu, abandonnant le nouveau-né. Le directeur et les médecins se sont fâchés contre Solange, si bien que, même si mon mari et moi ne sommes plus très jeunes, nous nous sommes offerts pour accueillir Barbara comme notre cinquième fille, quinze ans après notre cadet. »
A. – Brésil
3 Mar 2015 | Focolare Worldwide
L’Europe continue à lutter avec une incertitude économique qui pose de graves défis aux entreprises, aux responsables des politiques économiques et aux citoyens. Des chrétiens provenant de divers domaines de l’économie et du monde entrepreneurial se sont donné rendez-vous à Loppiano (près de Florence), du 6 au 8 mars, pour partager expériences et visions, pour donner la contribution d’une voix prophétique d’espérance.
« Jusqu’alors en Europe, seule la voix des institutions a parlé – affirme le professeur Luigino Bruni. Notre rêve est que dans les ministères de l’économie il y ait des franciscains, des focolarini, des personnes qui ont choisi les derniers… La voix de la gratuité est nécessaire. Depuis quelques décennies, ces voix se sont complètement tues. Une économie sans âme, sans charismes capables d’inclure aussi les pauvres, n’a pas de futur. Qu’ont à dire les mouvements chrétiens, aujourd’hui, sur le plan économique? Nous avons commencé le chemin d’«Ensemble pour l’Europe» avec Chiara Lubich au début du millénaire. Après 15 ans de travail ensemble sur le plan de la connaissance, il nous semble que ce chemin est devenu un être ensemble pour une économie différente, pour une politique différente. Le moment de dire quelque chose est arrivé. »
L’initiative du congrès naît en novembre 2012 à Munich en Bavière, durant la rencontre des ‘Amis d’Ensemble pour l’Europe’ (Together for Europe). À cette occasion, des experts en économie de quelques mouvements et communautés de différents pays et Églises se sont mis d’accord pour s’accorder un moment d’approfondissement commun, avec l’intention de donner une contribution spécifique dans le domaine économique, à partir des charismes.
Le programme prévoit un espace pour approfondir les « signes des temps » que nous vivons, avec le partage des expériences. Et un espace pour la réflexion sur les « signes d’espérance » avec une table ronde sur l’économie du partage et la « culture du don« . Une expérimentation du « travail avec les mains, pas seulement avec la tête » est aussi prévue, à la « Ferme Loppiano Prima« ; et un atelier artistique avec le groupe musical Gen Verde. « Ensemble vers une économie du bien commun » est le titre choisi et s’articulera autour de trois domaines de travail: pauvreté, entreprises et institutions. Une exposition sera organisée avec les réalisations de chaque communauté.
« Non seulement des banques de détail et d’investissement – continue Bruni – mais aussi une contribution du bas, de la solidarité, pour donner une voix à tous, aux pauvres, aux exclus. Nous essayons de parcourir un chemin ensemble, avec quelques mouvements catholiques et évangéliques (Jean XXIII, Schönstatt, Focolari, YMCA et Vineyard), comme comité préparatoire, et avec la spécificité d’écouter la voix des charismes sur la crise économique que vit l’Europe. » L’idée, donc, est de donner une vision sur l’Europe à partir de l’économie comme réciprocité et comme don, et pas seulement comme intérêt et profit. L’Économie qui naît des coopératives, du social, du civil.
« L’Europe économique – explique le professeur Bruni – a aussi été faite par les charismes de Benoît, de Dominique, de François (nous pensons à l’institution des monts-de-piété), pour ne pas parler des charismes sociaux qui ont inventé les écoles, les hôpitaux, parallèlement au monde du commerce qui décollait avec les entreprises et les marchands. La nouvelle Europe qui naîtra de cette crise, pour qu’elle soit une Europe bonne, a encore aujourd’hui besoin de la contribution des charismes, charismes modernes, qui parlent le langage de l’économie; il y a toute une vie des mouvements chrétiens européens qui a son mot à dire, différent de celui de la Banque centrale européenne. Nous commencerons humblement, mais notre objectif est d’aller à Bruxelles pour nous adresser aux institutions avec une contribution spécifique. »
28 Fév 2015 | Focolare Worldwide
Pour différentes raisons, il est plutôt rare que des étudiants ukrainiens se déplacent dans d’autres villes pour y rencontrer des collègues d’autres universités. L’École d’hiver qui s’est tenue à Sumy (Ukraine) du 2 au 7 février a donc été une occasion unique pour se rencontrer et connaître les particularités culturelles des diverses régions du pays, dans une ambiance amicale de coopération et d’entraide. Le principal résultat de cette école a effectivement été la possibilité pour des jeunes de toute l’Ukraine de se rencontrer, créer des liens, discuter de leurs projets, organiser des projets communs et bien d’autres choses encore.
En ce dur temps de crise et de guerre qui touche actuellement le pays, on comprend l’importance de tels moments de communion entre jeunes de l’Est et de l’Ouest.
Les 42 participants arrivés à Sumy avaient déclaré avoir une certaine connaissance des sujets annoncés par le titre de cette session : « Values in Economy and Business« , mais à la fin chacun admettait la grande nouveauté des contenus des cours et des ateliers, et affirmait que les exemples concrets illustrant les enseignements lui avaient permis d’approfondir l’intéressante question de la responsabilité sociale des entreprises.
L’école s’est déroulée à l’Ukrainian Academy of Banking. Elle a débuté avec la conférence du Prof. Petrushenko sur l’éthique dans le monde des entreprises. Il en a dessiné les principes philosophiques de base et a défini les domaines de la responsabilité sociale des entreprises dans la société.
Cristian Loza Adaui professeur à l’Ingolstadt School of Management (Allemagne) a ensuite introduit les concepts de base de l’ÉdeC. Le titre de sa leçon « Le Business du business est la personne humaine » a dans un premier temps surpris et décontenancé les étudiants. Il a alors approfondi son approche théorique du monde des affaires dans une perspective plus humaine et socialement responsable. Le lendemain il a développé ce sujet en focalisant l’attention sur l’application pratique des valeurs dans l’économie sociale et de marché.
Autre expérience nouvelle pour les participants : la leçon par skype de l’entrepreneure philippine Teresa Ganzon, qui a présenté son expérience de gestion de Bangko Kabajan, institution financière rurale basée sur la culture du don et sur l’Économie de Communion. Beaucoup se sont dits surpris de connaître une banque qui ne se base pas uniquement sur le principe de la maximalisation du profit, et qui réussit sa gestion bancaire en respectant chaque client en tant que personne et en prenant spécialement en compte sa situation.
La professeure Tatiana Vasylieva, a parlé de l’entrepreneuriat socialresponsable dans le contexte ukrainien. Elle a passé toute la quatrième journée avec les étudiants, faisant intervenir des représentants d’institutions bancaires et de compagnies d’assurances de Sumy en dialogue ouvert avec les jeunes : ils ont communiqué leurs expériences, aussi bien positives que négatives, et expliqué qu’en Ukraine beaucoup d’obstacles à une économie plus socialement responsable pourraient être surmontés. Les étudiants ont beaucoup apprécié cette présentation et ont longuement discuté avec les intervenants des problématiques actuelles de l’Ukraine.
Chaque jour l’école d’hiver prévoyait des ateliers en groupes de travail sur de petits projets concernant la responsabilité sociale, l’éthique et les valeurs dans la gestion d’entreprise. Des représentants de l’Académie Sociale « Caritas in Veritate », promotrice de cette école, étaient chaque jour présents pour discuter avec les participants, les aider dans la réalisation de leurs travaux, et pour présenter leurs idées de façon nouvelle à ce public externe.
Le dernier jour a été consacré à la présentation des fruits des travaux de groupe. Mais le plus intéressant a été l’analyse du compte-rendu de l’opposition entre la gestion traditionnelle des entreprises qui visent le profit maximal, et un type d’entreprises socialement responsables, basées sur l’éthique et sur les valeurs du bien commun.
Source: http://edc-online.org/fr/accueil/evenements/10179-ukraine-ecole-d-hiver-edec.html