Mouvement des Focolari
Argentine: Gen 3 et Scout, une rencontre spéciale

Argentine: Gen 3 et Scout, une rencontre spéciale

20150107-03« J’ai compris que je peux vivre ma promesse scoute à tout moment ». « ‘C’était très chouette d’être ensemble et de se rendre compte que nous vivons pour le même objectif ». « Merci à tous d’avoir participé à cette après-midi réellement unique ». « Merci beaucoup à tous, une initiative super géniale, pleine de sourires et d’enseignements ! Nous devons continuer ».

Ce ne sont que quelques impressions des ados, données à chaud, tandis que le soleil se couchait sur une des places de la ville de Bahia Blanca, où s’étaient réunis scouts et gen 3, les adolescents du Mouvement des Focolari. Une après-midi sous l’enseigne de la connaissance réciproque, en approfondissant les caractéristiques des uns et des autres.

20150107-02Mais ce qui décrit peut-être le mieux ce joyeux moment de rencontre, c’est le message mis sur le social network de Clarita, une fille qui participe aussi bien chez les scouts que chez les gen 3 et qui, avec son frère Junafra et sa maman Rosa, tous deux membres de la communauté scoute, a voulu et lancé cette rencontre. Clarita écrit : « Un rêve s’est finalement réalisé ! Mettre ensemble deux mouvements qui, avec des méthodes différentes, cherchent à rejoindre le même objectif : être « toujours prêts » pour « faire aux autres ce que nous aimerions que les autres nous fassent ». Heureuse, voilà la meilleure parole pour décrire comment je me sens ».

L’après-midi a été une occasion, aussi bien pour les scouts que pour les gen 3, d’apprendre à respecter les autres, pour s’ouvrir et écouter ; mais aussi une après-midi de multiples jeux, activités et rires. Clarita continue : « Merci à tous ceux qui ont pu participer. J’ai vu combien les Gen 3 et les Scouts se sont intégrés avec facilité. Maintenant, mes copains scouts connaissent la « Règle d’or » et pourront ainsi avoir plus d’une corde à leur arc pour mettre en pratique, dans leur vie quotidienne, la « Loi Scoute ». Mais aussi, les Gen 3 connaissent maintenant la devise des scouts : « Toujours prêts » et pourront renforcer leur esprit de service ».

20150107-01Cette activité réalisée ensemble, cependant, a été aussi une opportunité pour les dirigeants des deux mouvements. Les responsables des scouts, ont répondu ceci à la proposition de faire quelque chose ensemble : « Nous mettons l’aventure et le service et vous la spiritualité de l’unité ». En tout cas, avec le temps, le nous et le vous ont peu à peu disparu pour laisser la place seulement au  »Nous », dans lequel tous nous nous sentions protagonistes d’un unique programme.

Comme souvenir de l’initiative, chacun a reçu un marque-page avec écrit sur un côté : « Faire aux autres ce que tu aimerais qu’on fasse à toi-même » et de l’autre « Laisse le monde meilleur que tu l’as trouvé ».

Cette après-midi ne restera pas une expérimentation isolée, mais l’expérience continuera avec la création d’une « entreprise solidaire » au service de la communauté : le monde uni avance en marchant ensemble !

Noël en Russie : С РОЖДЕСТВОМ!

Noël en Russie : С РОЖДЕСТВОМ!

DedMorozChez les Orthodoxes, on célèbre Noël le 7 janvier, neuf mois après l’Annonciation faite à Marie. Cette date correspond au 25 décembre, selon le calendrier dit « Vieux Julien ». La fête de Noël est précédée d’une période de jeûne de 40 jours qui débute le 27 novembre.

“Pour des motifs historiques – raconte Serghej, focolarino orthodoxe de Moscou – après la révolution de 1917 et jusqu’aux années quatre-vingt-dix, on ne fêtait plus Noël en Russie. On a introduit à sa place les fêtes du Nouvel An, avec l’arbre et le père Noël, Ded Moroz en russe, en traduction littérale: « Grand-père de Glace ».

« J’ai appris l’existence de Noël, comme de toute « l’histoire du salut » – continue Serghej – lorsque j’ai connu le mouvement des Focolari. A ce moment-là je n’étais même pas baptisé, voilà pourquoi la rencontre avec les Focolari a coïncidé, pour moi, avec la rencontre de Dieu ».

Selon la coutume, la veillée de Noël s’appelle “Sočelnik”, à cause de la nourriture sočivo, qui est constituée de fruits et de blé bouilli, seuls aliments permis ce jour-là. Le jeûne dure jusqu’au soir, en particulier tant que l’hymne de Noël n’est pas entonnée. Un cierge est allumé, il symbolise l’étoile comète de Bethléem, dont la disparition met fin au jeûne.

« Malgré la tradition, pour de nombreuses personnes en Russie – constate Serghej – Noël continue à ne pas exister. Pratiquement Jésus est complètement « délogé » de leur vie. La société de consommation, bien installée en Occident, a aussi joué son rôle en faisant irruption chez nous dès que le communisme s’est écroulé ».

20150107-01« C’est la raison pour laquelle nous nous engageons chaque jour – conclut Seghej – pour que le plus de gens possible puissent découvrir cet Enfant, dont nous célébrons la naissance ces jours-ci. Qu’ils puissent le voir « naître parmi nous », par notre amour réciproque (Mt 18,20). C’est mon souhait pour ce Noël : que nous chrétiens soyons capables de donner Jésus au monde, par l’amour évangélique concret, et le porter ainsi au milieu des gens. Bon Noël ! С РОЖДЕСТВОМ!».

Burkina Faso: mouvements, jeunes et amis se mobilisent

Burkina Faso: mouvements, jeunes et amis se mobilisent

20150105-02La “Miséricorde”, et donc le pardon, conduisent à la paix, “pour un monde nouveau”: c’est l’invitation proposée aux jeunes du diocèse de Bobo-Dioulasso – la deuxième ville du pays – comme thème de réflexion pour l’année 2015. Le Burkina Faso est dans une phase de transition après les turbulences qui ont eu lieu fin octobre. Vu l’ampleur des manifestations de l’opposition et des civils dans la capitale Ouagadougou, on avait alors parlé de « printemps burkinabé ».

Le 7 décembre, lors de cette journée des jeunes, Fidèle raconte comment il a réussi à pardonner : alors qu’il s’en allait chercher du travail, il se laisse convaincre par un ami d’aller cueillir des fruits sur un arbre pour une personne âgée et infirme, suscitant la colère de celui qui avait indûment pris possession de l’arbre. Pour Fidèle l’affaire se termine avec le nez cassé par un coup de bâton en pleine figure. « La colère grandissait en moi et je cherchais par quel moyen me venger. J’étais en train de rentrer chez moi pour soigner ma blessure lorsque se présente le garçon qui m’avait frappé. Il y avait aussi ma mère, très contrariée. Je ne voulais pas céder, mais je me suis souvenu de la phrase de l’Evangile où Jésus dit que nous devons pardonner soixante-dix fois sept fois… Le lendemain je l’ai rencontré dans un magasin et je l’ai salué le premier, lui signifiant ainsi que je lui avais pardonné. Depuis ce jour nous sommes devenus de bons amis ».

David et Laetitia nous racontent, au nom des Jeunes pour un Monde Uni de Bobo-Dioulasso, comment est née cette journée: “Cette année nous avons décidé de sortir de notre routine habituelle et pour cela de privilégier les actions menées avec d’autres groupes. Aussi nous nous sommes engagés à coordonner les activités de l’Aumônerie des Jeunes. Frappés par le dernier Festival des Jeunes, les responsables de l’Aumônerie nous ont demandé d’organiser une journée de l’amitié partagée par tous les mouvements de jeunes de la ville, autour du thème choisi pour cette année : « Jeunes, soyez miséricordieux en vue d’un monde nouveau ! »

20150105-01«Nous n’avions que peu de temps – poursuivent-ils – et la chose la plus difficile était de travailler avec des personnes qui avaient des façons très différentes de voir les choses. Les difficultés pour se mettre d’accord n’ont pas manqué, surtout lorsqu’il a fallu bâtir le programme de la journée ; mais notre objectif était surtout de construire l’unité entre tous, même aux dépens de la qualité de l’organisation. C’est notre désir commun de travailler ensemble, de nous connaître, de nous apprécier qui l’a emporté… et nous sommes arrivés à cette fameuse journée ! ».

Témoignages sur le pardon, parmi lesquels celui de Fidèle, danses, chants : « Cette journée a permis de mieux nous connaître. Il y a eu de nombreux échanges et prises de contacts : nous avons compris combien les apports très divers des uns et des autres étaient nécessaires et fait l’expérience de la complémentarité des mouvements appelés à travailler ensemble pour réaliser l’unité, celle que Jésus ne cesse de nous enseigner »

«Voilà – concluent-ils – qui nous encourage et nous donne envie de travailler encore ensemble. Rendez-vous dans un an pour la prochaine édition ! »

EdeC: La boutique “Petit Four” grandit !

EdeC: La boutique “Petit Four” grandit !

141104_pasticcino11Gonzalo Perrín n’aurait jamais imaginé que ses 29 ans l’auraient porté à devenir associé et manager d’une usine de biscuits. Il étudiait encore dans le secteur de l’hôtellerie lorsqu’il a connu l’Economie de Communion (EdeC) ; il en est resté tellement impressionné qu’il a tout laissé pour en mettre en pratique les idéaux. « En 2008 – raconte-t-il – j’ai renoncé à mon travail et je suis rentré dans mon pays, à O’Higgins pour produire des biscuits ; au début c’était chez moi, où je suis resté plusieurs années pendant que j’arrangeais le hangar et achetais les machines dont j’avais besoin. » Aujourd’hui il dirige « Petit Four », une usine qui se trouve dans le Pôle industriel Solidaridad, dans la cité pilote argentine des Focolari. Il produit un million et demi de biscuits par mois, qu’il distribue à 25 chaînes de bars et cafétérias. Il étudie actuellement la possibilité d’ouvrir une succursale au Brésil, dans le pôle Spartaco de la cité pilote proche de San Paolo.

Pour rester fidèle à l’esprit de l’EdeC et partager les bénéfices de l’entreprise avec ceux qui sont dans le besoin, Gonzalo est allé même jusqu’à demander des prêts à la banque. Une autre expérience particulière est qu’au « Petit Four » on vit avec les employés, spécialement avec Charly, un non voyant. Pendant sa visite, une personne avait fait cette remarque à Gonzalo que Charly occasionnait un coût extra à l’entreprise : « Il se peut qu’à la fin le coût soit un peu supérieur – a-t-il répondu – mais ce qui ne se voit pas dans le bilan est qu’il représente une richesse énorme pour l’entreprise, grâce aux idées qu’il propose et le bon climat qu’il a suscité entre les collègues ». Au point qu’aujourd’hui Gonzalo considère Charly plus qu’un employé, mais un conseiller et un ami.

A celui qui lui demande si ça vaut la peine et s’il ne vaudrait pas mieux gagner un peu plus, il répond : « quand des fois je monte dans la voiture d’un ami, je me dis : quelle belle voiture ! Mais je ne manque jamais de rien et les choses les plus importantes dans la vie ne s’achètent pas avec de l’argent parce que ce sont les relations. Je ne sais pas combien durera l’entreprise, mais si elle se termine, les relations resteront et ça c’est le bien le plus précieux que j’ai ».

141104_pasticcino12Dernièrement Gonzalo devait conclure une grosse affaire avec un nouveau client : « J’ai déjà assisté à cinq réunions. Il y a dix jours je suis allé à la sixième et des possibilités ont vu le jour. Depuis je vivais accroché au téléphone à attendre. Je devenais fou, lorsque, à l’anniversaire de mon père, ma grand-mère de 82 ans m’a demandé comment allait l’entreprise. Je lui ai raconté à fond toute l’affaire et elle m’a répondu : « Ne te préoccupe pas Gonzalo, si tu n’arrives pas à conclure de marché avec cette usine c’est que ce sera pour quelque chose de mieux ». Je ne sais pas comment, mais ces paroles m’ont dégonflé ma préoccupation ».

Quelques jours plus tard, c’était par contre l’anniversaire de ma grand-mère « et justement ce jour-là le grand client dont je parlais a accepté que je sois son fournisseur ! Le « Petit Four » grandit ! ».

Argentine: Gen 3 et Scout, une rencontre spéciale

Paix: non plus esclaves, mais frères

Francesco_immigranti_a« Aujourd’hui, suite à une évolution positive de la conscience de l’humanité, l’esclavage, crime de lèse-humanité, a été formellement aboli dans le monde. Le droit de chaque personne à ne pas être tenue en état d’esclavage ou de servitude a été reconnu dans le droit international comme norme contraignante.

Et pourtant, bien que la communauté internationale ait adopté de nombreux accords en vue de mettre un terme à l’esclavage sous toutes ses formes, et mis en marche diverses stratégies pour combattre ce phénomène, aujourd’hui encore des millions de personnes – enfants, hommes et femmes de tout âge – sont privées de liberté et contraintes à vivre dans des conditions assimilables à celles de l’esclavage », écrit le pape François dans son message pour la Journée mondiale de la Paix, qui est célébrée le 1er janvier, fête de la famille.

Et, pendant qu’il écrit, il pense « aux nombreux travailleurs et travailleuses, même mineurs, asservis dans les divers secteurs ». Et il pense aussi « aux conditions de vie de nombreux migrants qui, dans leur dramatique parcours, souffrent de la faim, sont privés de liberté, dépouillés de leurs biens ou abusés physiquement et sexuellement. Je pense à ceux d’entre eux qui, arrivés à destination après un voyage dans des conditions physiques très dures et dominé par la peur et l’insécurité, sont détenus dans des conditions souvent inhumaines ».

Mohamed vient du Mali et a vécu un naufrage en mer, ainsi qu’une vie de pauvreté et de souffrances. Aujourd’hui, il a très envie de remercier. C’est Flavia Cerino, avocate, qui raconte son histoire, dans les pages de Città Nuova. « Âgé d’un peu plus de 15 ans, Mohamed décide de partir: un long voyage dans le désert, la Libye (prisons et exploitation) et enfin l’Italie. Mare Nostrum le sauve du naufrage, mais dès qu’il est sur la terre ferme, il est arrêté: ses compagnons de voyage l’accusent d’être un des passeurs, mais il n’en était pas un. En effet, il avait distribué quelque chose à manger et à boire sur le bateau, mais s’il ne l’avait pas fait, les passeurs, les vrais, menaçaient de le jeter par-dessus bord.

Puisqu’il est mineur, il ne va pas dans une vraie prison. Il patiente avant l’audience qui devra confirmer son arrestation dans une pièce triste et exiguë du Palais de Justice de la grande ville, mais beaucoup de personnes s’occupent de lui: les policiers sont gentils et les assistantes sociales s’intéressent à sa vie, sa santé, sa famille. Depuis des mois, personne ne le considérait avec beaucoup d’attention. D’habitude, il recevait des ordres, pas des questions. Comme un des policiers parle français, il peut bien expliquer ce qu’il s’est passé. » L’audience pour la confirmation de l’arrestation se conclut bien: il n’ira pas en prison, mais dans une communauté.

« Il ne sera pas libre, mais c’est sans doute mieux que la prison. L’endroit est beau, dans une petite ville ensoleillée encore plus au sud. Mohamed se fait apprécier et aimer: disponible pour les travaux domestiques, prêt à apprendre des mots nouveaux en italien, il aime le football, mais aussi le silence et la solitude.

Plusieurs mois après, arrive le moment de se représenter devant le Tribunal: cela signifie revenir sur le passé, sur les mauvaises choses vécues et à oublier. Le temps a passé, mais les souvenirs sont tous là, les beaux aussi. L’audience terminée, il a une seule requête: retourner au dernier étage, dans cette pièce exiguë, pour dire seulement ‘merci’ à ce policier qui parle français et à ces dames si gentilles. Il ne les oubliera jamais. Malheureusement, aucun de ceux qu’il a connu n’est en service. Mais ce ‘merci’ sera transmis par les collègues, événement plus unique que rare. »

« Nous savons que Dieu demandera à chacun de nous: ‘Qu’as-tu fait de ton frère?’ » – conclut le pape François. « La mondialisation de l’indifférence, qui aujourd’hui pèse sur les vies de beaucoup de sœurs et de frères, requiert que nous nous fassions tous les artisans d’une mondialisation de la solidarité et de la fraternité, qui puisse leur redonner l’espérance, et leur faire reprendre avec courage le chemin à travers les problèmes de notre temps et les perspectives nouvelles qu’il apporte et que Dieu met entre nos mains. »