16 Juin 2012 | Focolare Worldwide
« Lorsqu’en 1993 – raconte María Elena González, du Paraguay – j’ai entendu Chiara Lubich parler de l’Économie de Communion (ÉdeC) pour la première fois, j’ai été très surprise par le fait qu’elle invitait à répartir les profits de l’entreprise en trois parties : pour les nécessiteux, pour le développement de l’entreprise et pour la formation des jeunes aux valeurs du projet basé sur la « culture du donner » en opposition à « la culture du posséder ». Pour moi, c’était comme un raz de marée qui a changé ma vie.
À cette époque, je travaillais dans une banque où les profits – comme on le sait tous – terminent dans les poches des actionnaires. J’ai pensé à mes qualités de manager, dont j’aurais dû un jour rendre compte à Dieu et aux autres. Alors, j’ai décidé de participer au projet ÉdeC. C’était ma façon de dire « oui » à Dieu, en mettant à disposition mes capacités en faveur de ceux qui étaient près de moi.
J’en ai parlé avec mes enfants, encore adolescents, et ils m’ont encouragé à poursuivre cette idée. Je ne savais pas par où commencer, mais la réponse ne s’est pas fait attendre. En effet, je voyais autour de moi les employés de nettoyage mal payés, mal conseillés, non valorisés…
J’ai décidé de commencer avec certains d’entre eux pour les nettoyages et nous trouvons un premier client, avec lequel nous travaillons encore aujourd’hui.
Notre budget initial n’avait pas été bien établi et nous n’avions pas assez d’argent pour payer tous les travailleurs. Je me souviens que pour tenir les contrats décrochés, lorsque je terminais le travail à la banque, je mettais le bleu de travail et je complétais moi-même les nettoyages. Même si c’était un grand effort, je sentais au fond de moi la certitude d’être sur la bonne voie.
L’Économie de Communion met la personne au centre, selon le principe de faire aux autres ce que chacun aimerait qu’on lui fasse, en cherchant – comme le dirait Chiara Lubich – à ce que l’amour dépasse la créativité personnelle et le produit obtenu. Bien sûr, ce n’est pas quelque chose de magique. Cela requiert un effort quotidien ; une recherche incessante de la qualité sous tous les aspects : administratif, opérationnel, relationnel, du choix de travailleurs disposés à adhérer à cette vision solidaire de l’économie, etc.
Durant toutes ces années, malgré les innombrables difficultés liées à la situation sociale et économique de notre pays et de toute la région, chaque travailleur a apporté sa contribution, et c’est ainsi que nous avons réussi à surmonter chaque moment de crise. C’était en particulier dans les moments de « tempête » que nous nous sommes sentis soutenus par Dieu, notre « associé caché » – comme nous aimons l’appeler – « l’actionnaire majoritaire de l’entreprise », qui nous a indiqué, étape après étape, le chemin à parcourir, à travers cette voix intérieure, qui est toujours forte et claire si on veut bien l’écouter.
« Je suis très reconnaissante pour la possibilité qui m’a été donnée de travailler. Ma fille aussi a commencé chez Todo Brillo et, maintenant, elle a été engagée par la banque », raconte Benita S., depuis 12 ans dans l’entreprise de nettoyage.
« Ici je me sens importante – conclut Maria Lopez. J’ai eu beaucoup de difficultés et j’ai toujours trouvé du soutien auprès de l’entreprise et beaucoup de compréhension. Je continue à avoir des problèmes, mais maintenant je réussis à les gérer. Je me sens grandie, je vois et je valorise le fruit de mon travail. Je me sens membre de cette grande famille qu’est Todo Brillo »,.
Aujourd’hui, 600 employés travaillent dans l’entreprise « Todo Brillo » et nous sommes présents dans toutes les grandes villes du Paraguay».
13 Juin 2012 | Focolare Worldwide

Kevin McKeague et David McConkey
Kevin McKeague et David McConkey sont tous deux directeurs d’école et mènent ensemble divers projets depuis des années. Rien d’extraordinaire… Mais ce qui est surprenant, c’est que K. McKeague dirige une école catholique et D. McConkey une école protestante et, quand on habite Belfast, en Irlande du Nord, ça change tout. Depuis des années, les deux communautés ont été séparées dans des quartiers distincts de la ville et ont vécu dans la terreur durant les années de troubles. « J’ai entendu Chiara Lubich – raconte M. McKeague – dire que, parmi les principes de la Révolution française, la fraternité est le moins développé. J’ai vu dans ma rencontre avec David une occasion de construire des ponts et d’apporter une injection d’amour dans nos communautés ». Les faits le démontrent : en 2009, en un moment plutôt pacifique, grâce aux accords politiques, l’école protestante a été attaquée. Pas de blessés, mais de gros dégâts. Les premiers à réagir ont été les élèves de l’école catholique, qui ont organisé un concert : « Tous pour tous », avec l’aide des juniors du mouvement des Focolari, puis une manifestation pacifique à Stormont, le siège du Parlement d’Irlande du Nord, et la rencontre d’une délégation mixte avec la commission parlementaire pour l’Éducation. « Suite à ce témoignage d’unité – raconte M. McConkey – le ministère de l’Éducation qui, pour des raisons économiques, ne voulait pas financer la reconstruction de l’école, a finalement décidé de la reconstruire immédiatement. Elle a été la seule école d’Irlande du Nord à recevoir des subventions cette année-là ».

Ils s’expriment ainsi au cours d’un workshop sur l’œcuménisme, lors de la journée consacrée à ce thème au cours du Congrès Eucharistique international qui se déroule à Dublin du 10 au 17 juin 2012. De quel œcuménisme s’agit-il ? Brendan Leahy, professeur de théologie systématique au collège Saint-Patrick de Dublin et membre de l’Irish Inter-church Meeting (rassemblement inter-Églises irlandais), l’a rappelé en introduisant la soirée. « Il y a différentes façons d’entrer dans ‟l’espace” œcuménisme – a-t-il affirmé en rappelant l’étymologie grecque du terme oikumene qui contient la racine du mot maison (oikos) – l’œcuménisme, c’est construire ensemble une ‟maison” dans l’unique Église du Christ ». Donc, avant tout, dialogue œcuménique comme vie. En partant des trésors que les chrétiens ont en commun : les Écritures, le credo, les écrits des Pères de l’Église, les dons de l’Esprit, le témoignage de l’Évangile vécu. Un œcuménisme fondé surtout sur le fait de considérer l’autre comme « une partie de moi-même », comme l’a écrit Jean-Paul II en 2001, en laissant vivre le Christ lui-même parmi ceux qui sont réunis en son nom (Mt 18,20).
La soirée a été constellée d’exemples de vie œcuménique. Après le témoignage des deux directeurs d’école, Mme Bronwen Carling, femme prêtre de l’Église d’Angleterre, est aussi intervenue. Elle vit maintenant à Tipperary, en Irlande, et anime un groupe de personnes de diverses dénominations chrétiennes qui se réunissent régulièrement pour un approfondissement et un échange sur l’Écriture Sainte, que l’on appelle dans le mouvement des Focolari : « groupe Parole de vie ». « En essayant de vivre ensemble l’Évangile du Christ, nous avons découvert que nous ne sommes pas si différents. Nous avons découvert l’importance de l’écoute réciproque. C’est ce qui m’a permis de participer aujourd’hui à un événement aussi catholique ».

Des groupes viennent ensuite partager leur expérience commune. Des représentants de mouvements et communautés de différentes Églises disent leur expérience d’Ensemble pour l’Europe : les communautés de Corrymeela, de Sword of the Spirit, de l’Arche et le mouvement des Focolari. « Nous avons senti que cette initiative qui réunit plus de 250 mouvements et communautés chrétiennes d’Europe pour l’avenir du continent était faite pour l’Irlande du Nord ». Déjà, en 207, un premier rendez-vous avait eu lieu avec 120 participants de 7 Églises : une lueur d’espoir s’allumait à Belfast. Le chemin s’est poursuivi et le 12 mai 2012, à Stormont, 400 jeunes des écoles des deux Irlandes se sont réunis pour la course Run4Unity, en signe d’espoir et de paix.
Pour préparer ce rendez-vous, les quatre communautés ont travaillé ensemble, invitant les écoles et approfondissant leur connaissance réciproque, lors de plusieurs week-ends à la communauté de Corrymeela, qui a pour but l’œcuménisme, la paix et la réconciliation. « Le partage et la communion entre nous sont de plus en plus profonds, au point que lorsque nous étions ensemble, il me semblait que c’était un écho de la dernière Cène du Seigneur, la sainte Communion », raconte le révérend David Godfrey, accompagné de sa femme. Thomas Kerr, de la communauté de l’Arche, souligne un moment spécial vécu durant le week-end : le geste du lavement des pieds, qui, avec le pacte final de « s’aimer réciproquement comme Jésus nous a aimés », a couronné le chemin parcouru.

Après cette soirée au congrès Eucharistique, « nous comprenons plus clairement que l’œcuménisme n’est pas une affaire de spécialistes, nous pouvons le vivre, dans le dialogue de la vie, où que nous soyons », a déclaré Renate Komorek, des Focolari, modératrice du workshop. Ses paroles font écho à ce qui s’est vécu quelques heures auparavant, quand le prieur de Taizé, frère Alois, et la présidente des Focolari, Maria Voce, sont intervenus à propos de la « Communion en un seul baptême ». « Les conclusions et prises de position, même avancées, entre théologiens ne suffisent pas si le peuple n’est pas préparé », a affirmé Maria Voce, allant jusqu’à dire : « Unis par cette spiritualité, nous voudrions être un levain entre toutes les Églises et contribuer à accélérer leur chemin vers la pleine communion visible et eucharistique »
De notre envoyée Maria Chiara De Lorenzo
12 Juin 2012 | Focolare Worldwide

Lors d’une journée ensoleillée, le 9 Juin s’est déroulé la Rencontre « Claire d’Assise et Chiara Lubich : deux charismes en communion », un événement qui est venu enrichir l’« Anno Clariano », durant laquelle en ce huitième centenaire, on a fait mémoire de la conversion et de la consécration à Dieu de Claire d’Assise, et témoigner de l’actualité de son attrait. D’où le désir d’approfondir la relation, ou mieux la communion entre le charisme de Claire d’Assise et celui de Chiara Lubich.
D’un très grand intérêt, donc, la table ronde introduite par les paroles du maire Claudio Ricci et de l’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino. Une déclinaison du thème à plusieurs vioix. Le père Peter Maranesi, OFM Cap, a réfléchi avec passion sur « François et Claire: un charisme, deux visages », sur la dimension prophétique et révolutionnaire qui, de par soi, conteste les habitudes d’une époque. Sur la nouveauté dérangeante de catégories comme celles de « la miséricorde » et du « partage » qui émergent de la «conversion» de François. Sur le «voyage» spirituel de Claire qui découvre son identité dans le « visage » de François : « … sans ce visage je n’aurais pas de visage. J’ai trouvé Dieu à travers le sien ». Une ouverture prophétique qui, dans la société médiévale, invite à découvrir l’autre comme un moyen d’atteindre Dieu
Autres temps, mais c’est la même œuvre que celle réalisée par Chiara Lubich, comme le souligne sœur Alessandra Smerilli, FMA, dans son intervention : « Le reflet des charismes dans l’histoire et dans la société ». La réalité d’un charisme, ce n’est pas seulement une « grâce », « une gratuité » mais c’est un « regard » qui, pour ceux qui vivent une épreuve, ouvre à quelque chose de beau et de grand ». De là le fait que les charismes deviennent des « éclaireurs » à la frontière de l’humain, qui poussent de l’avant les balises de la recherche et de l’engagement. Ils sont aussi des chemins où la féminité vient en lumière

Ainsi en est-il avec les deux Claire. Celle d’Assise, qui parvient à faire approuver dans sa règle l’inédite « très haute pauvreté ». Celle de Trente qui introduit dans l’Église la grande nouveauté, à savoir que la présidente d’un mouvement d’Église, contenant toutes les vocations, sera toujours une femme. Avec des réalisations laïques, profondément civiles (comme l’économie de communion) qui manifestent combien les charismes, hier comme aujourd’hui, sont des « directions » qui contribuent à une société plus « humaine et belle ».
La beauté, l’esthétique, en effet, sont inhérentes à l’action d’un charisme. « Claire d’Assise et Chiara Lubich : la communion entre deux charismes comme source de lumière », ce thème a été traité par Lucia Abignente, du Mouvement des Focolari. Il souligne la syntonie et la communion entre les deux Claire, comme source de lumière, de fidélité renouvelée et d’unité, pour en recueillir l’héritage et vivre leur message aujourd’hui. « Sainte unité et très haute pauvreté » est le charisme de la première ; « Unité, dont la clef est l’amour exclusif envers Jésus Abandonné », celui de la seconde. « Union avec Dieu » pour Claire d’Assise. « Sainteté collective, sainteté de peuple » pour Chiara Lubich. Une syntonie et une communion au-delà des siècles qui permettent à la seconde, dans un moment de lumière particulière de son histoire, de décrire l’Eglise comme un « Christ déployé dans le temps et dans l’espace », où la variété des charismes correspond à l’ensemble de l’Evangile, comme un jardin rempli de fleurs différentes.

« Clarté», « clarifier », deux mots qui, dans le langage de Chiara Lubich, invitent à faire pénétrer la lumière des réalités spirituelle dans les réalités temporelles. C’est cette conviction à laquelle nous assistons dans la deuxième partie de la rencontre : le nom de Chiara Lubich est donné à une place proche de la basilique supérieure de Saint François ; un fait qui, selon Michele Zanzucchi, modérateur de la table ronde, nous invite à « élargir notre regard ».
En bénissant la place Chiara Lubich Mgr. Sorrentino a souhaité que ce soit « un rappel pour tous à considérer chaque rue comme un lieu de rencontre et de dialogue avec tous ». Et le maire, M. Ricci invite à voir « les pierres d’Assise, berceau de l’ordre franciscain, recouvertes aujourd’hui par un charisme de plus, avec le style « d’être famille » dans ses implications économiques et sociales ».
La journée s’achève au théâtre Metastasio avec le spectacle « Claire de Dieu » de Carlo Tedeschi, un voyage vibrant de danses, rythmes et musiques sur la vie de Claire d’Assise, réalisé avec conviction par une compagnie de jeunes, témoins de son message.
Victoria Gomez
11 Juin 2012 | Focolare Worldwide

Des participants au 50e Congrès eucharistique international ( © CSC Audiovisivi)
Les attentes de ces journées irlandaises sont nombreuses, mais on ne s’attendait peut-être pas à ce que la première journée du congrès ait une atmosphère fortement œcuménique. Et pourtant oui : c’est une des caractéristiques les plus intéressantes de ce 50e Congrès eucharistique international (Dublin, 10-17 juin), promu par l’Église catholique, mais qui – précisément en raison de son thème principal, la communion – enregistre une ouverture au dialogue vital entre baptisés.
Déjà durant les jours précédents, pendant le Symposium théologique (Maynooth, 6-9 juin), le dialogue œcuménique était entré en jeu pour la première fois dans un contexte similaire. Des représentants de différentes Églises se sont exprimés, dont le Métropolite Emmanuel (Adamakis) de France, président de la Conférence des Églises européennes, et le cardinal Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, qui est précisément intervenu sur la vision œcuménique de la relation entre Eucharistie et communion ecclésiale.
C’est dans ce contexte que s’insère l’intervention de Maria Voce, parmi les intervenants de la manifestation. Le prieur de Taizé, Frère Alois, la précède. En rappelant l’histoire de Frère Roger Schutz, fondateur de la Communauté, il a souligné à quel point « la passion qui emplit leur cœur » est précisément l’appel à travailler incessamment pour « l’unité du Corps du Christ ». C’est le révérend Jackson, archevêque anglican de Dublin, qui succède à Maria Voce, avec la liturgie de la Parole et de l’eau, pour se souvenir du baptême commun.
Les paroles de Maria Voce sur le thème de la « Communion dans l’unique baptême » sont un témoignage, en partant de sa propre expérience d’Évangile, commencée lorsque, jeune étudiante à la faculté de droit, elle est fascinée par d’autres jeunes qui avaient trouvé, en vivant les Paroles de Jésus, une voie pour la pleine réalisation. C’est l’expérience commencée par Chiara Lubich, en 1943, et qui a touché des millions de personnes à travers le monde, dans la redécouverte de la fascination de ces paroles. Maria Voce cite Luther : « Nous devons être certains que l’âme peut se passer de toute chose, sauf de la Parole de Dieu ». La Parole, transformée en vie, qui témoigne.
La présidente des Focolari en a fait l’expérience, elle qui a vécu 10 ans en Turquie, un pays qui, bien que les signes extérieurs du christianisme soient absents, a pu « expérimenter la beauté de la famille que Jésus est venu composer sur la terre ». Durant les 70 ans de vie des Focolari, on a en outre expérimenté que cette spiritualité typiquement communautaire et œcuménique lie ceux qui la vivent, de façon à se sentir un seul peuple chrétien. C’est le dialogue de la vie : « Les conclusions et les prises de position aussi avancées parmi les théologiens ne suffisent pas, si ensuite le peuple n’est pas préparé – affirme encore Maria Voce, jusqu’à oser : Unis par cette spiritualité, nous voudrions être le levain entre toutes les Églises et contribuer à accélérer leur chemin vers la pleine communion aussi visible, aussi eucharistique ».
Le cardinal Ouellet – envoyé par Benoît XVI pour le représenter durant ce congrès – a aussi affirmé en ces jours que le futur de la mission de l’Église passe par son témoignage d’unité et son dialogue avec toute l’humanité. Et Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin et président du Congrès, a adressé une pensée aux jeunes irlandais, en ajoutant que « l’Église en Irlande est sur le chemin du renouveau ».
La journée œcuménique du 11 juin se poursuit avec une série d’ateliers, dont : « Le dialogue de la vie dans une nouvelle phase de l’œcuménisme ». Renate Komorek, du Mouvement des Focolari, le dirige, avec différents invités : RM. Bronwen Carling, anglicane, deux directeurs d’Irlande du Nord, l’un d’une école protestante et l’autre d’une école catholique, qui ont parcouru un long chemin ensemble, des membres de l’Arche, de Corrymeela et de la communauté charismatique.
Se balader au milieu des stands de la Royal Dublin Society, parmi les 20 000 participants à cette journée, fait justement repenser au « meilleur morceau » qui nous réunit, pour utiliser encore les paroles de Maria Voce : « L’amour réciproque vécu, qui permet la présence de Jésus au milieu de plusieurs chrétiens unis en son nom. Jésus entre un catholique et un anglican, entre une Arménienne et une protestante… Ainsi l’Église dépasse, d’une certaine manière, les limites des lieux de culte et, dans la pleine communion entre tous, Elle se rapproche de l’humanité d’aujourd’hui pour répondre à toutes ses exigences et questions avec ces réponses que seul l’Évangile peut offrir ».
Maria Chiara De Lorenzo
Pour plus d’approfondissements sur le Congrès eucharistique, lire :
10 Juin 2012 | Focolare Worldwide

Un pays riche de son histoire, où le christianisme a de profondes racines : l’évangélisation de l’île par saint Patrick remonte aux premiers siècles après Jésus-Christ (432). Connue pour ses traditions celtiques, pour le succès de sa musique nationale avec U2 et traditionnelle avec Riverdance, pour ses grands auteurs littéraires dont 4 prix Nobel, l’Irlande a aussi vécu des pages douloureuses dans son histoire récente : les violences entre catholiques et protestants et le scandale des abus sexuels au sein de l’Église catholique, une blessure encore ouverte.
Ces paroles de Benoît XVI dans sa Lettre aux catholiques irlandaisde mars 2010 résonnent encore fortement : « Tandis que vous affrontez les défis actuels, je vous demande de vous rappeler ‟le rocher d’où vous avez été taillés” (Is 51,1) ». C’est dans ce contexte – le parcours de purification et de renaissance de l’Église irlandaise – que se situe aujourd’hui le 50ème Congrès eucharistique international (10-17 juin 2012).
Terrain irrigué aussi par la vie et par la proposition d’authenticité évangélique du mouvement des Focolari, depuis 1969, quand Margaret Neylon, de retour d’Angleterre, transmet autour d’elle, comme tache d’huile, la nouvelle vie qu’elle venait de découvrir : l’amour (celui que Jésus nous a enseigné) à la base de toute action. Avec son fils Eddie, atteint de myopathie, ils deviennent l’âme de la première communauté focolarine, qui amènera la naissance du premier focolare en Irlande (1971), puis du second (1976). Ils sont aujourd’hui au nombre de cinq, plus un centre de formation, la cité-pilote « Lieta », du nom de la focolarine argentine Lieta Betoño qui a consacré 30 ans de sa vie à donner l’idéal de l’unité aux Irlandais, jusqu’à sa mort en 2002.
Parmi les histoires entrelacées qui ont marqué le développement des Focolari en Irlande, citons celle de sœur Anna, qui décide, en 1973, d’emmener un groupe de jeunes catholiques et protestants à une rencontre internationale, le Genfest. Parmi ces jeunes, Sally Mc Allister, qui deviendra la première focolarine irlandaise. Originaire de Irlande du Nord, celle-ci avait décide d’embrasser la lutte armée. Dans l’Évangile, elle découvre une révolution plus grande encore, qui donne sens à la douleur de la division et des luttes fratricides de son pays.

Aujourd’hui, le mouvement des Focolari est présent à plusieurs niveaux, avec des personnes de toutes les vocations. Un travail commun est réalisé avec les autres mouvements catholiques, avec les membres des autres Églises et les membres de la communauté sikhe. Depuis 1991, avec la naissance de l’Économie de communion, quelques entreprises adhèrent au projet, par exemple Paul Connolly, optométriste, Nettraffic (télécommunications) et l’école d’anglais internationale Language and Leisure.
Les Juniors pour un Monde Uni ont réalisé des actions pour ramener la paix et l’espérance dans leurs villes : une vidéo qui présente leurs activités pour « mettre des couleurs » sur le gris de la ville, et la course mondiale Run4Unity, dont l’étape irlandaise s’est déroulée à Belfast le 12 mai dernier devant le siège du Parlement de Irlande du Nord. Run4Unity, avec la promotion de la Règle d’or par le sport dans de nombreuses écoles, et le dé de l’amour sont devenus des programmes pastoraux pour la préparation du Congrès eucharistique.
Chiara Lubich est venue en Irlande en 2004. Elle y a rencontré le Primat de toute l’Irlande Mgr Sean Brady, l’archevêque de Dublin Mgr Diarmuid Martin et d’autres évêques, Mary Mc Aleese, alors présidente d’Irlande, Bertie Ahern, alors premier ministre et présidente de l’Union européenne, et tous les membres des Focolari de l’île. Elle a dit à cette occasion : « Nous avons besoin de favoriser l’unité, l’unité des chrétiens en témoignant notre foi de manière différente aujourd’hui […] et je crois que le témoignage vivant et authentique de vie familiale et de vie de foi est une des choses les plus importantes que nous avons à offrir pour l’avenir de notre pays ».
En 2012, c’est au tour de Maria Voce, qui sera en Irlande du 10 au 17 juin, avec le coprésident Giancarlo Faletti, à l’occasion du Congrès Eucharistique international, où elle interviendra avec un témoignage sur la Parole vécue. Dans le programme, de nombreuses manifestations sont organisées par les Focolari : un espace jeunes « Chiara Luce », des workshops sur l’Économie de communion et sur l’Église communion, une rencontre ouverte et le rendez-vous œcuménique qui se déroulera à Belfast dans la cathédrale anglicane Sainte-Anne le 14 juin et sera pour le Congrès une contribution au dialogue entre les Églises.
Irlande – Focolare Worldwide!
5 Juin 2012 | Focolare Worldwide
« Je m’appelle Jay, je suis d’origine jamaïquaine et je suis comptable. Voici mon épouse Anna, qui est enseignante spécialisée. Et voici nos six enfants, âgés de 2 à 12 ans. »
C’est avec ces mots que la famille Rerrie s’est présentée au pape Benoît XVI lors de la « Fête des témoignages », retransmise en direct de Milan, samedi 2 juin, durant la 7e Rencontre mondiale des Familles.
La spiritualité de l’unité a aidé Jay et Anna Rerrie à maintenir des rapports solides entre eux et a gardé leur famille unie, aussi dans les moments difficiles.
Au début 2006, en effet, lorsque le marché du travail est entré dans une crise sévère, Jay a dû se trouver un autre emploi. Décidés à maintenir vivant entre eux – malgré les obstacles – l’amour réciproque, en affrontant ce moment avec courage, même si Anna, enceinte de leur quatrième enfant, se demande avec une préoccupation certaine, comment ils s’en sortiraient lorsque Jay a été licencié.
Ils décident ensemble que, malgré sa grossesse, elle pourrait enseigner à nouveau, et ils déménagent dans une autre ville, où une école avait accepté de l’engager.
Là, Jay aussi trouve du travail dans un bureau, où il passe de longues heures, essayant d’expédier les très nombreux dossiers ouverts, étant donné que personne ne s’en était occupé pendant quatre mois. Il a ainsi gagné l’estime de son nouveau chef.
Mais à la maison ce n’est pas pareil. « Ma femme et mes jeunes enfants à l’école : une recette pour le désastre ! » explique Jay. « Nous n’avions pas assez de temps pour être ensemble. »
Pour Anna, il est difficile d’accepter cette situation, elle qui a grandi dans une maison où la famille s’est toujours réunie pour le dîner, alors que Jay rentre souvent lorsque tous sont endormis.
Entre-temps, toujours suite à la crise, cette entreprise aussi commence à avoir des difficultés qui se traduisent, cette fois encore, par son licenciement. La réaction compréhensive d’Anna face à cette douloureuse nouvelle réconforte Jay. Comme conséquence, ils expérimentent une unité plus profonde entre eux. « Les deux mois suivants – se souvient Anna – ont été à la fois agréables et déconcertants. Mais c’était fantastique d’avoir Jay à la maison ! »
Au fil des mois, leurs économies se réduisent, mais ils n’arrêtent pas de croire et d’espérer pour autant et, finalement, le téléphone sonne. C’était une offre pour un meilleur poste, beaucoup plus près de la maison, aux horaires assez compatibles avec la vie de famille.
« Ce qui est important, c’est essayer de maintenir l’harmonie et le rapport d’unité entre nous avec l’amour réciproque. Même si la vie n’est pas facile. De continuelles courses contre la montre, des soucis et un emploi du temps très compliqué… expliquent-ils au pape. Chez nous aussi, aux États-Unis, une des priorités absolues est de garder son travail et, pour ce faire, il ne faut pas tenir compte des horaires, et les relations familiales en pâtissent souvent».
« Je pense comprendre ce dilemme, leur répond le Saint-Père. Je souhaiterais donc ici inviter les employeurs à penser à la famille, afin que les deux priorités puissent être conciliées. Il me semble qu’il faut naturellement chercher une certaine créativité. Mais, au moins chaque jour, il faut apporter quelques éléments de joie dans la famille, de l’attention, un renoncement à la volonté propre pour être ensemble une famille. Et finalement, il y a le dimanche, la fête, le jour du Seigneur, aussi le « jour de l’homme », parce que nous sommes libres. C’était, dans le récit de la Création, l’intention originale du Créateur : qu’un jour tous soient libres. Dans cette liberté d’être l’un pour l’autre, pour soi-même, on est libres pour Dieu. Et ainsi je pense que nous défendons la liberté de l’homme, en défendant le dimanche et les fêtes comme des jours de Dieu et donc des jours pour l’homme. Mes meilleurs vœux ! Merci».