24 Juin 2004 | Focolare Worldwide
« Quel avenir pour une société pluriethnique, multiculturelle et multi-religieuse ? » C’est cette question de plus en plus répandue, en particulier dans la société anglaise, la plus cosmopolite d’Europe, que Chiara Lubich a traitée samedi 19 juin après-midi au Westminster Central Hall, devant plus de 2 000 personnes, dont le cardinal Murphy O’Connor, archevêque de Londres, et des personnalités musulmanes, bouddhistes et sikhs. La manifestation, organisée par le Mouvement des Focolari de Grande-Bretagne, s’intitulait : « Imagine un monde… enrichi par la diversité ». Une stratégie de fraternité pour un changement dans les relations internationales Tandis que beaucoup parlent d’une menace d’affrontement entre civilisations, provoquée par le terrorisme, la fondatrice des Focolari a indiqué un moyen d’y remédier de façon préventive : le dialogue interreligieux. Plus encore, ce dialogue interreligieux – a-t-elle dit – peut être le point de départ d’une « stratégie de la fraternité, capable de marquer un changement dans les relations internationales ».
De la société pluriethnique et multi-religieuse peut naître un monde nouveau En faisant un parallèle entre notre époque marquée par de profondes transformations et celle de Saint Augustin, qui avait vu le bouleversement de la société sous la pression des migrations de populations, Chiara Lubich a affirmé avec lui que ce qui arrive est « la naissance d’un monde nouveau ». Le monde nouveau du troisième millénaire, pour Chiara Lubich, sera l’unité de la famille humaine, enrichie par les différences, selon le dessein de Dieu. On a pu en entrevoir une ébauche avec les témoignages, chants et danses aux couleurs et aux rythmes orientaux et africains, et les interventions de représentants de plusieurs religions, comme celle de l’imam iranien Mohammed Somali et de Mme Didi Athavale, leader du grand mouvement hindou Swadhyaya Family. Comment réaliser le dialogue entre les religions ? Le dialogue doit être animé par un amour qui réussit à « se mettre dans la peau de l’autre » – a affirmé Chiara Lubich – parce qu’il sait se faire « un rien d’amour » devant l’autre, il sait se faire cet espace d’accueil et d’écoute qui prépare « une respectueuse annonce de l’évangile ». Elle a rappelé les paroles prononcées par Jean-Paul II en Inde : « Quand nous nous ouvrons l’un à l’autre, nous nous ouvrons aussi à Dieu et nous faisons en sorte que Dieu soit présent au milieu de nous ». En lui est la force secrète qui donne vigueur et succès à nos efforts, pour porter partout l’unité et la fraternité universelle ».
Une vision partagée par des responsables de plusieurs religions et des politiques C’est ce qu’ont exprimé le chef des imams du Royaume-Uni, Zaki Badawi, le chef spirituel des sikhs de Grande-Bretagne et d’Europe, Bai Sahib Mohinder Singh de Birmingham, qui ont parlé juste après Chiara Lubich, et la baroness Kathleen Richardson de la Chambre des Lords, qui a rappelé comment « juste après la guerre, l’assemblée de l’ONU avait tenu sa première assemblée plénière dans cette même salle. La vision qui est exprimée aujourd’hui – a-t-elle ajouté – est encore plus riche, parce qu’elle n’est pas construite seulement sur les aspirations des hommes, mais avec la participation de l’amour de Dieu ».
Les nouvelles technologies au service de la fraternité entre les peuples Unité et fraternité universelle : une expérience vécue au Westminster Central Hall qui a porté, comme en témoignent fax et e-mails, une bouffée d’espoir en de nombreux pays d’Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Europe, au Moyen Orient et en Afrique du Nord, reliés par satellite grâce à Telepace et par Internet. Quelques flashes : De Bulgarie : « Nous avons été conquis par cette fraternité entre les religions et les cultures, que nous voulons réaliser aussi dans notre pays, où vivent près d’un million de musulmans qui sont pour nous le souvenir d’une plaie du passé ». D’Irlande : « Nous avons fait l’expérience d’un pan de fraternité universelle réalisée, en admirant la beauté et la richesse de toutes ces religions et cultures. Aujourd’hui, c’est pour nous le début d’une nouvelle route pleine d’espérance, maintenant que l’Irlande devient de plus en plus multiculturelle ». De Stockholm : « Nous avons entrevu la solution à la violence qui existe dans le monde, une nouvelle espérance que l’unité et la paix sont possibles ».
24 Juin 2004 | Focolare Worldwide
On parle beaucoup de liberté et d’égalité, mais où est passée la fraternité ? Cette question est au centre de l’intervention faite par Chiara Lubich le 21 juin au palais de Westminster, siège du Parlement britannique. On notait aussi la présence du ministre des affaires constitutionnelles, David Lammy, d’origine africaine et d’un membre protestant du parti unioniste d’Irlande du Nord. Il s’agit de la dernière étape du voyage de Chiara Lubich en Grande-Bretagne, après ses rencontres avec les hautes autorités anglicanes et catholiques et des chefs religieux musulmans, hindous et sikhs, qui ont ouverts des perspectives nouvelles. « Un voile de scepticisme entoure aujourd’hui la politique et on ne sait pas comment s’en défaire. Plus personne ne prête attention aux campagnes électorales… Le pouvoir corrompt sournoisement… Comment avancer en gardant à la fois le pouvoir et l’objectif du bien commun ? » : quelques extraits du dialogue entre les responsables politiques et Chiara.
Chiara Lubich propose une vision de la politique tout à fait innovante. Elle se réfère au slogan de la révolution française et remarque qu’avec le temps, liberté et égalité « sont devenus des principes juridiques et sont appliqués comme de véritables catégories politiques ». Elle demande la même reconnaissance pour la fraternité. C’est ensemble que ces trois notions pourront donner naissance à une politique qui réponde au urgences les plus graves de notre époque, y compris le terrorisme. Elle en cite une des causes fondamentales :le fossé entre riches et pauvres. Seule la fraternité peut déplacer les richesses et mettre la solidarité en mouvement. Utopie ? Chiara Lubich cite des faits : 3 000 responsables politiques ont choisi la fraternité comme catégorie politique dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique latine. Ils forment le mouvement politique pour l’unité, qu’elle a lancé il y a une dizaine d’années. Giuseppe Gambale, député italien, apporte son témoignage et parle de plusieurs initiatives. Par exemple celle-ci : des députés de partis différents ont mis sur pied « un groupe de travail transversal sur la réforme de la coopération internationale établie en Commission des affaires étrangères et plusieurs points de convergence ont été découverts entre les propositions de lois déjà présentées. Un façon concrète d’affronter les grands déséquilibres économiques et sociaux entre Nord et Sud ». Sur fond de politique de plus en plus conflictuelle, la fraternité amène à changer complètement d’attitude vis-à-vis des adversaires politiques, a dit encore Chiara Lubich. « On prend conscience que tout formation politique peut être la réponse à un besoin social et par conséquent est nécessaire au bien commun. La critique peut devenir constructive au point de pratiquer le paradoxe apparent d’aimer le parti de l’autre comme le sien, parce que le bien de la nation nécessite le travail de tous ». « Voilà la vraie politique dont chaque pays a besoin – ajoute-t-elle – car si le pouvoir confère la force, c’est l’amour qui donne l’autorité ». Cette rencontre aura des suites. Les rencontres périodiques qui se font déjà dans d’autres pays sont aussi en projet à Londres.
24 Juin 2004 | Focolare Worldwide
Le premier rendez-vous de Chiara Lubich à Londres a eu lieu au Lambeth Palace, elle a été reçue en audience par l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, Primat de la Communion anglicane. Chiara Lubich a évoqué l’entrevue lors d’une conférence de presse à Londres. « L’archevêque était très intéressé par notre expérience du dialogue interreligieux. Il m’a demandé notre secret. Je me suis référée à la Lettre du Pape « A l’aube du troisième millénaire », où il approfondit le mystère de Jésus sur la croix, qui crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Après avoir perdu sa mère, ses disciples et même sa vie, Jésus a perdu aussi le sentiment de l’unité avec son Père, qui était tout pour lui. Jésus s’est réduit à néant. C’est un point de notre spiritualité de communion qui nous enseigne, devant des personnes de religion différente, à n’être « rien », un « rien d’amour », pour « entrer » en eux, parce qu’il fait savoir « se mettre dans la peau de l’autre, jusqu’à comprendre ce que signifie pour eux être bouddhistes, musulmans, hindous. Mais on ne peut entrer dans l’autre que si l’on est rien. Alors, le visage de Jésus abandonné est le modèle. » Nous avons ensuite abordé d’autres sujets : le mouvement œcuménique ;notre engagement, avec d’autres mouvements catholiques, anglicans, protestants et orthodoxes, à faire se réaliser le rêve du pape, l’Europe de l’Esprit ; la théologie qui émane de la spiritualité de l’unité. Cela aussi l’a beaucoup intéressé car il est théologien. » « J’ai été très frappé par la qualité du rapport qui s’est établi entre Chiara et l’archevêque – a confié Callan Slipper, ministre de l’Église anglicane et focolarino, présent à l’audience – L’archevêque s’est montré très ouvert, avec l’intelligence de quelqu’un qui sait écouter et apprécier. On l’a vu tout de suite, lorsqu’il a répondu en plaisantant à Chiara qui venait de nommer les primats de l’Église d’Angleterre qu’elle a connus : « Vous connaissez l’Église d’Angleterre mieux que moi ! ». Mis au courant du programme de Chiara pendant son séjour, il a déclaré que ce qui allait se passer arrivait à point nommé, parce que « l’Église et la nation en ont tellement besoin ». Le chapitre œcuménique, pour ce qui est des relations avec l’Église anglicane, commence en 1965, quand quelques ministres anglicans participent à une rencontre à Grotta Ferrata, près de Rome, entre catholiques et protestants. Ils sont frappés par l’atmosphère émanant de l’amour réciproque qui les fait se reconnaître frères et sœurs en Christ. En 1966, à Londres, au Lambeth Palace, Chiara rencontre pour la première fois le Primat de l’Église d’Angleterre d’alors, l’archevêque Michael Ramsay. Celui-ci lui dit : « Je vois la main de Dieu dans cette Œuvre » et il l’encourage à diffuser la spiritualité du Mouvement dans l’Église d’Angleterre. Chiara rencontre ensuite ses successeurs Coggan, Runcie et Carey. En Grande-Bretagne, le Mouvement des Focolari s’est développé parmi les catholiques, les anglicans, les presbytériens, méthodistes et baptistes. A Welwyn Garden City, une cité-pilote œcuménique est en train de naître. L’unité, point central de la spiritualité des Focolari, intéresse particulièrement les anglicans.
17 Juin 2004 | Focolare Worldwide
La manifestation intitulée : « Imagine un monde… enrichi par la diversité » suscite un grand intérêt à Londres, la capitale la plus cosmopolite d’Europe, et dans toute la Grande Bretagne. Lors de ce rassemblement, le 19 juin, interventions, réflexions, témoignages et moments artistiques manifesteront l’engagement commun de chrétiens d’Eglises et de communautés ecclésiales différentes et de membres d’autres religions, à construire un monde de paix et d’unité dans la fraternité. Le choix du lieu est significatif : le Westminster Central Hall, où s’est tenue en 1946 la première assemblée générale des Nations Unies et où Gandhi a pris la parole en 1931. Chiara Lubich y prendra la parole pour traiter la question : « Quel avenir pour une société pluriethnique, multiculturelle et multi-religieuse ? ». Prix Unesco pour l’éducation à la paix 1996, fondatrice et présidente du Mouvement des Focolari, à Londres déjà, en 1977, à l’occasion du prix Templeton pour le progrès de la religion, Chiara Lubich a donné une impulsion décisive au dialogue interreligieux, dans lequel, depuis cette date, le Mouvement des Focolari s’est engagé sur les cinq continents. Au Westminster Central Hall, parmi les 2 000 personnes attendues figurent quelques personnalités de différentes religions : le leader sikh Bhai Sahib Ji Mohinder Singh, de Birmigham ; Zaki Badawi, président du conseil des Imams et des mosquées de Grande Bretagne ; Mme Didi Athavale, responsable du vaste mouvement hindou Swadhyaya Family. Seront aussi présents l’évêque anglican Tom Butler, qui dirige l’organisation « Réseau interreligieux pour la Grande Bretagne », l’archevêque de Glasgow, Mgr Mario Conti, particulièrement engagé dans l’œcuménisme, et la baronne Shirley Williams, leader des démocrates libéraux à la Chambre des Lords.
Mardi 15 juin, Chiara Lubich a été reçue en audience au Lambeth Palace par l’archevêque de Cantorbury, Rowan Williams, primat de l’Église d’Angleterre (anglicane), et premier « inter-pares » des primats de la communion anglicane mondiale. Il a débuté son ministère le 27 février 2003. Le dialogue œcuménique avec l’Église anglicane a commencé en 1965 quand quelques pasteurs anglicans sont venus à Grotta Ferrata près de Rome pour une rencontre entre catholiques et protestants. Ils ont été frappés par l’atmosphère suscitée par l’amour réciproque, qui les fait reconnaître frères et sœurs en Christ. En 1966, à Londres, l’archevêque Michael Ramsey, alors primat de l’Église d’Angleterre, a rencontré Chiara au Lambeth Palace et lui a déclaré : « Je vois la main de Dieu dans cette Œuvre ». Il l’a encouragée à diffuser la spiritualité du Mouvement dans l’Église d’Angleterre. Ses successeurs ont fait de même : Coggan, Runcie et Carey.
Mercredi 16, à l’invitation du recteur du St Mary’ College de l’université de l’état du Surrey (Londres), Chiara Lubich a tenu une conférence sur : « Les nouveaux mouvements et le profil marial ». Elle concluait ainsi un cycle sur « Mission et évangélisation », consacré l’an dernier aux cardinaux Connell, Pulic, Grinze, Napier, Williams, Daly, O’Connor, Stafford, et cette année aux mouvements et communautés ecclésiales.
27 Avr 2004 | Focolare Worldwide
En mars 2004, Chiara s’est rendue pour la quatrième fois en Pologne. Il y a treize ans avait eu lieu la rencontre historique de Chiara avec le mouvement qui venait de sortir de la clandestinité au Palais des sports de Katowice. La rencontre de Gniezno, en mars 2004, montrait le peuple polonais désormais libre qui regarde au-delà de ses frontières, vers l’Europe. Dans cette ville est enterré Saint Adalbert qui a été martyrisé pour avoir cherché à évangéliser les Prussiens. C’est aussi le premier diocèse polonais, créé en l’an 1000, date qui marque également la naissance de l’État polonais et, sans doute aussi, celle d’une certaine idée d’Europe. C’est pour cette raison que la cathédrale de Gniezno est, après Czestochowa, le deuxième lieu de dévotion pour les catholiques polonais. « Europa Ducha », « Europe de l’Esprit », est le titre du congrès organisé à Gniezno, l’ancienne capitale, par un groupe de laïcs en collaboration avec l’Église polonaise et les autorités politiques. Zofia Dietl, une organisatrice, explique : « Nous avons invité les mouvements parce que le congrès, intitulé “L’Europe de l’Esprit”, désire mettre en lumière la spiritualité européenne et ceux qui la construisent. Or, les éléments les plus importants de la spiritualité européenne ce sont justement les mouvements, les Nouvelles Communautés. C’est pourquoi nous avons demandé à Chiara Lubich et à Andrea Riccardi d’ouvrir le congrès ».
600 délégués, 15 pays représentés, 25 associations d’intérêt public, des centaines de journalistes : le 12 mars, la salle circulaire est bondée. Après les discours de présentation, la parole est donnée à Chiara qui traite le sujet : « Charisme de l’unité, charisme de l’Europe ». Piotr Cywinski, modérateur de la matinée, commente : « Le congrès a commencé d’une manière forte et convaincante, grâce à ce discours qui est un véritable traité de théologie de l’unité ». Après Chiara, le professeur Andrea Riccardi brosse un tableau historique de l’Europe. « Partout où je vais – dit-il en commençant son discours – je me rends compte qu’il y a un grand besoin d’Europe ». Durant le dialogue qui s’ensuit, Andrea et Chiara indiquent les grandes lignes d’une Europe de l’esprit, se complétant l’un l’autre, et transmettent un souffle d’espérance d’une Europe qui existe et qui « marche »… L’après-midi, une table ronde sur « Les chrétiens et l’argent » réunit Michel Camdessus, Madame le professeur Gronkiewicz-Waltz et le focolarino marié hollandais Leo Andringa. La proposition de l’économie de communion touche le public. Loin d’apparaître une utopie, elle est perçue comme une réalité prophétique. Hanna Gronkiewicz-Waltz, ancienne présidente de la Banque de Pologne, actuellement présidente de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, affirme : « L’Économie de communion est possible […]. Elle pourrait être la solution au niveau national, régional ou personnel ». Et Michel Camdessus, ancien directeur général du Fonds monétaire international, commente : « Économie et communion peuvent être conjuguées ensemble, oui. Un principe qu’évidemment nous avons tous oublié est le principe de la fraternité ; le monde doit être construit en premier lieu sur ces bases. Nous, chrétiens, nous franchissons un pas de plus en passant de la fraternité à la communion. Nous devons le faire et le suggérer aux autres, parce que nous sommes tous frères ». Le congrès de Gniezno se termine par les interventions de personnalités politiques européennes. En particulier, le président de la Pologne, Aleksander Kwaśniewski, qui commence son discours en reconnaissant l’importance des mouvements chrétiens dans la vie européenne. Ensuite, un intéressant débat a lieu sur le rôle des hommes politiques en ce moment historique, avec M. Rocco Buttiglione et l’ancien premier ministre polonais Tadeusz Mazowiecki. Le cardinal Lehmann, président de la Conférence Épiscopale Allemande, archevêque de Mayence, affirme que le Congrès de Gniezno constitue une étape importante du chemin vers Stuttgart : « En mai, nous nous verrons à Stuttgart et ce sera une bonne continuation de ce congrès. Je crois que de nombreux efforts sont nécessaires, qu’il faut de nombreuses associations… Mais les mouvements ont un esprit fort, sont constants et cela me paraît très important. L’enthousiasme du moment ne suffit pas ni une explosion de joie spontanée ; il faut travailler avec continuité, ce que font les mouvements ».
27 Avr 2004 | Focolare Worldwide