Moscou, des ailes à l’espérance
https://vimeo.com/162503791
https://vimeo.com/162503791
« Notre pays a été frappé par un fort tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter dont l’épicentre se trouvait dans les zones côtières. Il a été ressenti dans tout l’Équateur, mais aussi dans quelques régions de la Colombie et le nord du Pérou, écrivent Ardita et Fabian de la communauté des Focolari de Quito au lendemain du séisme. La situation est critique, surtout dans certaines villes détruites ». “ La solidarité des gens se manifeste de manière ponctuelle et concrète : des personnes ont risqué leur propre vie pour autrui, il y a les nombreux témoignages de ceux qui ont perdu un des leurs ; mais au milieu de la souffrance, la foi en Dieu de nos peuples se fait vraiment sentir ; c’est émouvant, et cela nous encourage à croire davantage à Son amour ». Afin de répondre à l’urgence de la situation le mouvement des Focolari a engagé une collecte de fonds. En même temps on est en train d’étudier les possibilités et les conditions d’une intervention sur place. Du Japon aussi des nouvelles directes nous arrivent à travers les communautés des Focolari de Nagasaki e de Tokyo : « Depuis deux jours le pays se trouve « déstabilisé » à cause du tremblement de terre sur l’île de Kyushu, dans la région de Kummoto et d’Oita, en face de la région de Nagasaki. Cette situation a déjà suscité une solidarité immédiate et des prières dans les milieux religieux et même civils ». Les autorités locales ont déjà préparé l’accueil pour environ 184.000 personnes déplacées. Pour aider : DESTINATION : Urgence Tremblement de terre Équateur
| Azione per un Mondo Unito ONLUS (AMU) | Azione per Famiglie Nuove ONLUS (AFN) |
| IBAN: IT16 G050 1803 2000 0000 0120 434 Auprès de la Banca Popolare Etica | IBAN: IT55 K033 5901 6001 0000 0001 060 Auprès de la Banca Prossima |
| Code SWIFT/BIC: CCRTIT2184D | Code SWIFT/BIC: BCITITMX |
Les aides versées à cet effet sur les deux comptes courants seront gérées conjointement par AMU e AFN. Pour ces dons, il est prévu une déduction fiscale dans beaucoup de pays de l’Union européenne et d’autres pays du monde selon les différentes réglementations locales.
Œcuménisme vécu, avec une souffrance portée ensemble : celle de la tragédie humanitaire la plus grande après la seconde guerre mondiale, comme a été définie la crise des migrants par le pape François en parlant avec les journalistes lors du vol aller. Un voyage, celui du 16 avril sur l’ ile grecque de Lesbos, marquée par la tristesse. Après l’accord UE- Turquie, le camp de réfugiés du Moria semble être devenu un camp de détention, entre les protestations et le désaccord des organisations humanitaires. Et, dans les bras du pape François, du patriarche œcuménique de Constantinople Bartolomé, de Jérôme, l’archevêque orthodoxe d’Athènes et de toute la Grèce, les marginaux de l’histoire, les rejetés des décisions politiques, deviennent le centre du monde. « Celui qui a peur de vous ne vous a pas regardés dans les yeux », affirme avec force Bartolomé. « Ne perdez pas l’espérance ! » est le message que le pape François souhaite laisser aux réfugiés, « Le plus grand cadeau que nous puissions nous offrir réciproquement est l’amour : un regard miséricordieux, le souci de vouloir s’écouter et se comprendre, une parole d’encouragement, une prière ».
Reconnaissance pour le peuple grec, exprimée avec différentes nuances par les trois leaders religieux : dans un moment de grande difficulté à cause de la grave crise économique, les gens réussissent à trouver les ressources pour ouvrir les bras et le cœur à celui qui est en fuite vers un futur ; il en est ainsi des nombreux volontaires qui sont venus de tous les coins d’Europe et du monde. Pauline, originaire de l’Afrique du Sud, de la communauté des Focolari, vit depuis des années entre Athènes et Lesbos. Plus d’une fois, elle a assisté aux débarquements et a secouru les réfugiés : « Le Pape a donné aussi un message politique à propos de l’ouverture des frontières. Je me demande pourquoi il n’est pas allé à Idomeni. Peut-être cela aurait-il été un geste politique trop explicite ». Chiara, de l’association Pape Jean XXIII : « Il a dit ce que je sens depuis longtemps : arrêtons de classifier ces gens seulement comme ‘réfugiés’, comme des numéros. C’est l’heure des contacts personnels, de connaître les histoires » ; tandis qu’ Eugenio, du Corps Italien de Secours de l’Ordre de Malte, déclare : « J’ai été ému lorsqu’il a parlé des enfants morts dans la mer, parce que j’ai moi-même vu ces scènes. J’ai pu lui serrer la main et j’ai reçu de la force pour mon travail ». Cristina est catholique et ses grands-parents ont fui comme réfugiés, de la Turquie à Losbos : « Cela a été un événement historique, impensable pour cette ile. Cela me semble être un rêve ».
Le Père Maurice, coordinateur du JRS (Jesuit Refugee Service) en Grèce, déclare : « Tout a été important : les paroles, les gestes, le silence. Tout parlait de soi. Le moment le plus fort, dans les »carcere (prisons) » : le contact personnel du Pape avec chacun ». « Un message commun a été envoyé aux réfugiés – affirme encore le religieux, engagé en première ligne pour l’accueil – Ils sont en majorité d’origine ou de foi musulmane. Ils découvrent une terre dont les racines sont chrétiennes. Il est donc important qu’ils voient l’unité des leaders chrétiens et le rapprochement que ceux-ci désirent leur témoigner ». « Émouvant. C’est très important du point de vue œcuménique et politique, pour la rencontre avec le premier ministre, Alexis Tsipras », commente Vasileios Meichanetsidis, de Apostoli, une ong de l’Église orthodoxe. « Le Pape a reconnu tout ce que les Grecs ont fait, et les Grecs l’ont accueilli avec joie ».
« Nous sommes tous des migrants » a affirmé encore François dans la prière au port de Lesbos, où, comme à Lampedusa en 2013, il a jeté, en souvenir des morts dans la Méditerranée, une couronne de fleurs, dans ce qui a été plus d’une fois défini comme étant un cimetière. Quelles attentes pour le monde politique ? « Il s’agit d’un supplémentaire et fort appel avant tout à l’Europe, de considérer la question des migrations et des réfugiés non seulement en termes de politique interne et d’urgence mais comme un nouveau front sur lequel on joue le même avenir du continent , et sa crédibilité dans la cohérence entre les principes et les les politiques concrètes », déclare Pasquale Ferrara , auteur du récent volume »le monde de François. Bergoglio et la politique internationale », et membre de l’École Abba pour les Sciences politiques. Ferrara est entre autres Consul d’Italie à Athènes. « Le Pape, en se rendant là, n’a pas fait une visite humanitaire, mais a souligné cette dimension profonde », continue Ferrara. « Et qu’il l’ait fait d’une manière œcuménique représente un signal encore plus fort : presque pour dire, la politique ne réussit pas à résoudre ce sujet, nous nous mettons dans le jeu, non dans des termes de substitution mais pour souligner que cela soit un point prioritaire dans l’agenda politique mondial. Le fait que les réfugiés emmenés au Vatican sont tous musulmans, souligne que l’on ne protège pas seulement les chrétiens persécutés, objet d’extermination de la part de l’Isis. Ce n’est pas un problème de religion, mais de mettre fin à la guerre, à toutes les guerres ». Déclaration commune Maria Chiara De Lorenzo
“Les historiens calculent que des populations en provenance du Sud-est asiatique sont arrivées sur le continent américain environ 3000 ans avant JC. Il s’agit du peuple Guaranì, (mais pas seulement), composé de nombreuses ethnies, et qui, au cours des siècles, s’est disséminé des Caraïbes jusqu’à l’extrême sud du continent”, explique Diana Durán, paraguayenne, sociologue spécialisée dans l’étude des peuples originaires d’Amérique. La rencontre avec une petite communauté Avà Guaranì et Mbya a lieu lorsque, il y a deux ans, une grande inondation du fleuve Paraguay oblige le groupe indigène composé de 33 familles (115 personnes) à abandonner ses habitations précaires en bordure du fleuve, où ils vivaient du ramassage des déchets d’une décharge voisine. Au début nous cherchions à leur procurer des vêtements, de la nourriture, des médicaments, des aides sanitaires, comme l’hospitalisation d’un diabétique ou l’opération de l’un d’entre eux blessé par une arme à feu; ou bien la location de toilettes mobiles lorsqu’ils ont dû se déplacer sur un terrain sans aménagements; ou bien encore lorsque, après une tempête, nous leur avons trouvé des tentes et de l’eau potable… mais nous voyions que ces aides n’étaient pas suffisantes. Il leur fallait un terrain où ils se sentent chez eux, à l’abri des risques et en sécurité. Après une longue recherche on trouve un lieu qui convient: 5,5 hectares, à 4,5 km de la ville Ita, à proximité d’une école et d’un dispensaire; l’ensemble est en pleine nature. Surtout il y a la possibilité de travailler un jardin potager communautaire pour subvenir à leurs propres besoins et aussi de quoi construire un local pour des cours de formation. Il s’agit alors de trouver les fonds nécessaires pour acquérir le terrain.
“Nous frappons à de nombreuses portes – raconte Diana -. Un professionnel nous facilite les démarches pour obtenir le statut juridique de la Communauté Indigène, de façon à mettre la propriété à son nom. Par ailleurs, un ami de la communauté Mennonite se propose d’avancer l’argent pour payer le terrain, chose qui nous aurait été impossible. Nous nous engageons, avec nos amis Avà, à lui restituer cette somme petit à petit”. “Dieu nous a regardés avec un amour particulier”, dit Bernardo Benítez, le chef de la communauté. Un Dieu qui pour eux est le “Père premier géniteur”, dont la mission principale est l’amour réciproque. Il est présent au cours des actes de la vie quotidienne et donne la terre, lieu sacré dont il faut prendre soin et sur lequel on construit des relations fraternelles. “Accompagner le communauté de Yary Mirì ne va pas sans difficultés – affirme Diana – , à cause de la discrimination qui résulte de préjugés ancestraux et aussi de la misère à laquelle ils sont acculés. Mais c’est aussi une joie de connaître et de partager leurs valeurs communautaires et leur sens de la solidarité qu’ils ont conservés au cours des siècles. Et bien sûr de vivre avec eux un amour et une confiance toujours plus grands. Aujourd’hui nous ne sommes pas seuls: beaucoup d’amis nous aident, deux associations liées aux Focolari (Unipar et Yvy Porà qui est chargée de suivre le jardin potager communautaire), deux évêques, quelques fonctionnaires travaillant dans des établissements bancaires, deux chrétiens mannonites et la Pastorale Indigène. Nous avons obtenu quatre bourses d’étude en Sciences de l’Education pour leur responsable et pour trois jeunes. Eux-mêmes ont choisi cette branche “parce que, disent-ils, notre population a besoin d’instruction”. “En ce moment je suis en train d’écrire un livre sur l’histoire de leur communauté – conclut Diana Durán – pas seulement pour plaider leur cause et leur donner la parole, mais comme un devoir envers eux pour tout ce qu’ils ont souffert et tout ce que nous leur devons. Je considère que c’est un pas vers la fraternité universelle, l’idéal qui nous anime”.
« Je suis originaire de Sarajevo, en Bosnie Herzégovine, où pendant des siècles des musulmans bosniaques, des catholiques croates, des orthodoxes serbes, des juifs, des roumains et autres minorités ont vécu ensemble. La guerre des années 90, qui voulait nous convaincre du contraire, n’a rien fait d’autre que des milliers de victimes, un million de réfugiés, détruisant des villes, des lieux de culte et des monuments historiques. Dans notre immeuble habitaient des croates, des serbes, des bosniaques musulmans, mais nous partagions tout entre nous, jusqu’à la dernière cigarette, le peu d’huile et de farine qui nous restait et aussi la douleur de la mort. Mon mari qui travaillait comme radio-technicien au service des institutions de l’Etat a installé une radio pour permettre de mettre en lien des personnes qui pendant des mois, à cause des coupures des lignes téléphoniques, ne savaient plus rien de leurs proches. Le conflit une fois terminé, je me suis engagée en politique, dans le parti social démocrate et je me suis présentée aux élections municipales. Les conséquences de la guerre étaient terribles. C’est au cours de cette période que le maire de Sarajevo a été invité à participer à la rencontre “Ensemble pour l’Europe” à Stuttgart. Ne pouvant s’y rendre, il m’a délguée. C’est à cette occasion que j’ai connu le Mouvement des Focolari: des personnes qui vivaient pour porter l’unité dans le monde. Vous pouvez imaginer ce que cela a été pour moi qui venais de vivre plusieurs années de guerre. En rentrant chez moi j’ai senti un fort désir de vivre et de lutter pour diffuser les idéaux que je venais de connaître. Aujourd’hui dans notre ville, vingt ans après, nous pleurons encore nos morts, nous reconstruisons ce qui a été détruit, mais nous construisons aussi des ponts entre les personnes. Et nous le faisons ensemble, sans haine. Et Sarajevo fête précisément ces jours-ci le 20 ème anniversaire de la fin du siège de la ville qui a duré 1425 jours, au cours duquel furent tués 12000 civils, dont 1500 enfants. La ville a désormais cicatrisé ses plaies et retrouvé son esprit d’autrefois. Les cloches sonnent, l’appel à la prière lancé depuis les minarets des mosquées résonne sur les places. Comme je ne suis pas croyante, je me suis retrouvée dans le groupe de dialogue lancé par Chiara Lubich, avec des personnes sans références religieuses. Je m’engage à tisser ce filet de communion, de compréhension réciproque dans ma ville, avec mes voisines musulmanes, avec les catholiques, – par exemple à l’occasion de la visite du pape François – , avec des personnes de convictions différentes. Il y a en ce moment à Sarajevo un groupe de jeunes, eux aussi de convictions et de cultures différentes, qui continuent à diffuser la culture du dialogue.
Depuis quelques années déjà nous animons diverses activités et l’idée est née de fonder une association pour transmettre aux nouvelles générations des valeurs universelles. En 2014, lors de la commémoration du centenaire du début de la première guerre mondiale, qui est partie de Sarajevo, nous avons organisé, avec le Groupe international GEN ROSSO, un workshop pour des jeunes venus de divers Pays d’Europe. L’an dernier nous avons collaboré avec cinq autres associations de la Région, animées par des objectifs semblables aux nôtres: 7 jours de séminaires et de chantiers sur le thème des minorités ethniques, en ciblant des projets concrets. Cette année nous avons au programme de travailler auprès des adolescents et des chômeurs. Notre désir est que Sarajevo, après la tragédie vécue ces dernières années, devienne une ville qui sache retrouver ses valeurs, où la population, de différentes nationalités, croyante ou non, puisse construire petit à petit une humanité réconciliée”.. Témoignage donné au congrès OnCity, Réseaux de lumière pour habiter la planète, Castel Gandolfo 1-3 avril 2016.