Mouvement des Focolari
IVe Symposium International du Dialogue Judéo-Chrétien

IVe Symposium International du Dialogue Judéo-Chrétien

“c’est un honneur pour nous –ont dit les promoteurs du symposium- qu’aient été choisies pour organiser ce symposium l’Argentine et en particulier la cité pilote Lia Brunet du Mouvement des Focolari (située à 250 km de Buenos Aires), lieu de rencontre annuelle de Juifs et de Chrétiens. Cette année le symposium a été précédé de plusieurs Journées consacrées à diverses activités qui ont débuté le 15 août avec la “Journée pour la Paix”, toujours à la cité pilote du Mouvement des Focolaris. Ces Journées sont organisées depuis 1997, avec une participation croissante des membres des communautés juives et chrétiennes de l’Argentine et de l’Uruguay. Chaque année les deux communautés  abordent un même thème, qui est ensuite approfondi lors de moments de reflexion, de témoignages, de dialogue et de récréation. Ces Journées sont l’expression des liens établis par le Mouvement des focolaris avec les membres de la communauté juive argentine. Une Journée s’adressant spécifiquement aux jeunes s’est déroulée en parallèle avec la “Journée pour la Paix”. Elle avait pour titre “J’ai connu des personnes qui veulent construire un monde uni…. viens toi aussi avec nous pour les connaître”. Elle a été organisée par les mouvements Juniors pour l’Unité et Jeunes Pour un Monde Uni, branches du Mouvement des Focolaris, et par le Centre Anne Frank de l’Argentine. Les jeunes et adolescents des deux organismes se sont impliqués activement les mois précédents pour mettre sur pied cette Journée. Le programme a été très dynamique, caractérisé par des work-shop, des jeux, des débats, des moments de partage et des expositions. L’objectif était de promouvoir dans le respect de chacun un échange culturel, social, politique et religieux, avec tout ce que cela implique et d’affronter les problèmes des jeunes, comme la violence, la discrimination et l’exclusion. Cette Journée s’adressait aux jeunes provenant de toute l’Argentine, mais aussi d’autres pays dont le Chili, l’Uruguay, le Mexique, les Etats Unis, l’Italie, et même de Jérusalem. Cette série d’événements s’est terminée du 21 au 25 août par le IVe Symposium International du Dialogue Judéo-Chrétien, placé sous l’égide du ministère des Cultes de l’Argentine. D’éminents intellectuels juifs et chrétiens, venus du monde entier, ont apporté leur contribution pour approfondir l’argument qui avait été choisi : “Identité et dialogue : une expérience qui avance”. L’évènement s’est clôturé au Ministère des Affaires Etrangères.

IVe Symposium International du Dialogue Judéo-Chrétien

Vivre le charisme: spiritualité et vie de prière

Natalia Dallapiccola, la première du petit noyau initial de  jeunes filles qui ont suivi Chiara Lubich dans son aventure au focolare, raconte : « Un soir, autour d’une table, unique rescapée de quelques meubles, à la lumière d’une bougie (on n’utilisait pas l’électricité à cause du couvre-feu), Chiara lut ce passage : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,34-35). Ces paroles nous enflammèrent – poursuit Natalia – Nous voulions savoir quel était le désir le plus profond de Jésus, une parole qui nous dise une fois pour toutes ce qu’il voulait vraiment de nous. Et voilà que nous l’avions trouvée, la parole-synthèse, l’eurêka de notre recherche ». Elle concluait : « Alors, avant d’aller à l’école ou au bureau, avant de faire un achat, même avant d’aller voir les pauvres, avant de prier, il fallait qu’il y ait entre nous l’amour-même de Jésus, parce que c’est ce qu’il veut : voilà ce que nous nous sommes dit. Quand nous sommes sorties, nous sentions que notre vie avait changé, elle avait une saveur différente, elle avait trouvé sa raison d’être ». La vie de prière personnelle est une sève vitale pour qui adhère à la spiritualité de l’unité. La relation avec Dieu est à la base de chaque action. Mais cette vie de prière est aussi une expérience profondément communautaire : depuis les chants que l’on entonnait pendant les vacances en commun dans les montagnes du Trentin dans les années 50, aux musiques très actuelles des groupes Gen Verde et Gen Rosso, la participation vivante à la liturgie, la prière du soir dans les communautés dispersées dans le monde, les focolarini mettent en pratique la spiritualité de communion dans chacune de leurs actions. Cette communion ne se limite pas à une prière intimiste, elle a des conséquences dans la vie professionnelle et sociale. Chiara Lubich écrit : « Nous avons une vie intérieure et une vie extérieure. L’une naît de l’autre, l’une est racine de l’autre, l’une est pour l’autre la ramure de l’arbre de notre vie. « La vie intérieure est alimentée par la vie extérieure. Dans la mesure où je pénètre dans l’âme de mon frère, je pénètre en Dieu qui est en moi. Dans la mesure où je pénètre en Dieu qui est en moi, je pénètre dans l’âme de mon frère. « Dieu-moi-mon frère : tout un univers, tout un royaume… » Et encore : « Plus notre amour pour nos frères grandit, plus notre amour pour Dieu augmente ».

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Slovénie : conclusion de la visite de Maria Voce

Mercredi 3 août. Sous un ciel limpide, Maria Voce et Giancarlo Faletti ont visité le centre historique de Ljubljana et le Parlement, dans le souvenir de la visite effectuée par Chiara Lubich en 1999, puis ils ont rencontré le vice-président, docteur Vasja Klavora. Il les a accueillis avec une charmante cordialité, il les a ensuite fait visiter les salles de l’Assemblée nationale et du Conseil national : un regard sur l’histoire passée et présente de la Slovénie. Par la suite, Maria Voce et Giancarlo Faletti ont rencontré le pasteur évangélique Geza Filo. Il les a remerciés pour la contribution des Focolari à la cause œcuménique et sociale dans le pays, en définissant Chiara Lubich, au nom de son évêque, comme une personne « envoyée par Dieu ». Un moment de grande importance a été la rencontre au Palais des Sports de Medvode, à quelques kilomètres de la capitale, avec environ 1200 personnes, provenant de toutes les régions du pays, d’où se détachaient de nombreux jeunes couples avec une multitude d’enfants vifs. C’est une preuve de la diffusion et de la vitalité de tant de communautés locales. Un « peuple » ordonné et soigné s’est présenté à Maria Voce et à Giancarlo Faletti avec des chants et avec le récit de l’histoire des Focolari en Slovénie : une histoire lumineuse, qui a aussi connu des étapes difficiles. Rien de superflu dans les témoignages offerts par les représentants des différentes générations, avec la chaleur d’une famille qui se rassemble pour célébrer la fête, longtemps attendue. Puis, au tour de Maria Voce et de Giancarlo Faletti de nouer un dialogue avec les personnes présentes à travers de nombreuses questions exprimées par les jeunes et les adultes, par les prêtres et les couples. Leurs réponses ont offert des contributions riches en expérience et en sagesse. « Courage ! », a commencé Maria Voce, en slovène. Et ses interventions ont été sous l’enseigne de cette exhortation. Peut-être ce sont les nations de l’Europe de l’Est, a-t-elle dit, « qui ont expérimenté un type d’unité, avec certaines valeurs, mais qui s’est effritée parce qu’elle n’est pas construite sur Dieu ». Ce sont justement elles, face à l’agressivité matérialiste, qui doivent « faire découvrir aux autres nations européennes qu’on ne peut construire une vraie unité si elle ne repose pas sur Dieu ». « Vous – a-t-elle ajouté – avec votre expérience, vous pouvez dire que la seule révolution avec des résultats positifs est celle de l’Évangile. » De là, la nécessité de « vivre et parler », de « s’améliorer » en témoignant avec la vie et la parole la radicalité de l’Évangile : sans crainte. C’est une authentique consigne que Maria Voce offre au peuple slovène, dans cette terre où elle a trouvé tant d’harmonie. « Que cette vie de communion – conclut-elle – que nous avons sentie dès notre arrivée, et qui a caractérisé cette visite – fruit de l’amour réciproque –, soit totale avec tous et avec chacun. Portons-la au monde entier. » Le lendemain, 4 août, la présidente des Focolari a rendu visite à Mgr Anton Stres, archevêque de Ljublajna et président de la Conférence épiscopale slovène. Puis elle a rencontré les prêtres du Mouvement et les religieux qui vivent la spiritualité de l’unité, avec en conclusion une messe au Sanctuaire de Brezje, à 50 km de la capitale. Au revoir Slovénie ! Une visite sous l’enseigne du « vivre la parole évangélique, avec la radicalité des origines du Mouvement, et la faire connaître à tous ». Une consigne enthousiasmante pour ce petit peuple courageux. De l’envoyé Mario Dal Bello

IVe Symposium International du Dialogue Judéo-Chrétien

Igino Giordani : implanter Dieu dans l’âme

(…) De nombreux jeunes aujourd’hui se rassemblent pour récupérer cette valeur qu’est la religion, et tirent de leur collaboration des énergies de renouveau dans les opérations ordinaires, sociales, menacées par des aberrations multiples, comme l’usage homicide de l’énergie nucléaire, les tyrannies et la guerre, la drogue et la pratique de la pornographie.

On dit que la nouvelle conscience des jeunes est ‘accrochée’ par des corpuscules qui réduisent la foi à un reliquaire d’idéologies prônant la violence, forme typique de l’extériorisation de la force, sous les pressions de la superficialité. Ces corpuscules, dans un méli-mélo de politique et d’anarchisme, peuvent apprendre la substance de la foi rien qu’en observant la conduite des évêques dans les pays menacés dans leur liberté, dans leur vie même ; celle de croyants sereins et forts qui mettent en mouvement une réaction faite de  convictions, quand la luxure et la terreur de dirigeants violents et entretenant la peur ont apporté la démonstration puissante que, sans la foi en Dieu, on ne vit plus : on meurt. On meurt spirituellement et souvent physiquement, comme on l’observe avec angoisse dans les pays du tiers-monde.

La tâche de l’évangélisation consiste donc à « implanter » Dieu dans l’âme (…) Si Il est tout, toutes nos actions dans notre existence, que ce soit pour nos frères ou pour nous-mêmes, se ressentiront de son inspiration.

(…) La journée alors n’est plus faite de seuls actes de travail et de rapports humains,  de culte de sa propre personne ; mais elle est enrichie d’une vie intime plus élevée, celle de l’Esprit, de qui nous vient une dignité égale à la liberté qui nous est assurée par notre filiation au Tout-Puissant. Toute la journée est une intime présence de cet Esprit qui nous donne force dans les épreuves, joie dans les fatigues. De cette présence naît une évangélisation spontanée dont a besoin une grande partie de la société, laquelle n’est pas athée, mais ignore l’Evangile.

(…) L’existence du chrétien peut être regardée par lui-même comme par le plus grand nombre comme une existence extérieure pour gagner, grandir, apprendre, se divertir, et peut-être aussi une opération intérieure pour développer les vertus et s’approcher de Dieu. Mais plus il ressent le besoin de focaliser toutes les actions de la journée vers la relation à Dieu, et pour cela de les accomplir en les considérant comme différents moyens de poursuivre l’incarnation du Christ, plus il vivra.

Chacun, et donc aussi la plus humble créature, malade, misérable, impotente, peut assainir, enrichir l’humanité, fortifier ses frères. Ainsi rien n’est perdu : chaque pensée, chaque parole, chaque acte entre dans cette vision de la vie créée par Dieu, sert à fournir le matériau nécessaire à la construction de son règne ; et toute la journée prend une valeur sacerdotale, d’association faite par l’homme de la vie du ciel aux besoins de la terre.

(…) L’intériorisation du christianisme dans l’âme moderne est, par conséquent, non pas tant un problème de réformes institutionnelles (…) qu’un problème de métanoia, c’est-à-dire de renaissance quotidienne dans l’approfondissement du mystère de Dieu, où l’âme est immergée dans Sa puissance qui est l’amour.

Città Nuova, n° 13, 10/07/1977, p. 29

IVe Symposium International du Dialogue Judéo-Chrétien

Entre bancs d’école et compétition sportive : un mensonge non dit

J’étais plus au moins au milieu de l’année scolaire, en plein dans les activités extra- scolaires que l’école organisait l’après-midi, mais pour moi qui pratique l’athlétisme, j’étais aussi dans la préparation d’un stage de compétitions qui allait commencer. En même temps la professeur d’italien avait organisé une rencontre avec l’auteur d’un livre que nous avions lu. Quelques jours avant le rendez-vous, mon entraîneur me propose des matchs qui auront lieu justement le jour de la rencontre littéraire. Commence alors le dilemme entre deux choix, entre ce que je préférais faire et la chose juste à faire. J’ai cherché de porter mon attention, non seulement sur mes désirs mais aussi sur ceux de ma professeur de français et de mon entraîneur, de baser mon comportement sur les conséquences qu’aurait eu celui-ci sur ces deux personnes. Puisque dans la rencontre avec l’auteur je n’étais pas impliquée activement dans aucun rôle autre que celui d’auditrice, je décidais d’aller aux compétitions. Ce serait cependant, dans le fait de communiquer ma future absence à ma professeur, que mon choix de ‘’chercher à aimer’’ se serait présenté plus fortement. Je craignais en fait qu’elle puisse avoir de la peine parce qu’elle tenait beaucoup à cette rencontre, alors, avec aussi la suggestion de quelques amies, j’ai pensé inventer une excuse, une visite médicale ou autre chose, pour me libérer de ce rendez-vous en évitant les risques. Mais peut-être grâce à la façon dont j’avais construit l’événement depuis de début, en plus de sentir clairement combien ce choix aurait été faux, je trouvai le courage pour affronter ce pourtant petit défi. A ma grande surprise et celle de la classe entière, ma professeur n’a eu aucune réaction négative, au contraire, elle m’a raconté son passé sportif en m’encourageant pour la compétition. Les matches qui suivirent furent pour moi les plus beaux que j’aie jamais joués, pour la joie expérimentée et parce que cet événement m’a démontré comme il était important que chaque petit choix soit fait dans l’amour, choix que Dieu recueille et multiplie dans le bonheur qu’Il donne. Une petite attention à respecter le prochain et un petit mensonge qui n’a pas été dit pour faire triompher la sincérité, la loyauté – et ensuite aussi la liberté –, m’ont fait sentir être ce jour-là  une véritable gen3 ! Qui sont les gen3 pour Elena ? « Des jeunes qui cherchent à vivre l’Evangile et porter l’unité avec leurs actes. La vie gen3 est une vie quotidienne normale, mais d’une quotidienneté qui fixe chaque acte dans l’éternité, d’une normalité dans laquelle chaque geste est rendu exceptionnel parce que tourné vers Dieu et tendu à la conquête du Paradis ».