Le Ressuscité parmi ceux qui s’aiment
Vous souhaitez que j’adresse mes vœux à ce pays splendide : l’Argentine.
Je ne vous souhaite pas quelque chose que j’ai moi-même imaginé mais quelque chose qui est dans l’air de l’histoire d’aujourd’hui.
Comme on le sait, au-delà de notre façon de voir les choses, il en existe une autre : celle de celui qui conduit l’histoire, celle de Dieu.
De temps en temps il nous donne des signes qui nous montrent sa volonté : les signes des temps.
L’un d’eux, au jour d’aujourd’hui s’appelle unité.
Malgré les guerres qui existent dans le monde, malgré les calamités, les inégalités, beaucoup de choses disent que le monde tend à l’unité.
Dans le monde civil et politique les états nous le disent : ceux de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie, ou de l’Amérique qui tendent à s’unir sous des formes différentes et en fonction d’objectifs variés.
Des administrations ou des organisations mondiales nous le disent, telles que l’ONU.
Le monde religieux nous le dit. C’est pour cette raison que nous parlons d’œcuménisme, de dialogue interreligieux, interculturel.
Et c’est l’unité que je souhaite aussi à ce pays. Elle existe déjà. Mais elle peut être approfondie.
Comment ? Par l’amour fraternel entre tous, entre les familles, entre les générations, entre les villes, entre les provinces dans le respect de leur identité, pour transformer cette société en une seule et grande famille.
Si nous vivons ainsi, le Ressuscité fêté à Pâques, sera au milieu de tous, parce que lui-même l’a dit.
Et il améliorera toute chose dans tous les domaines de la vie humaine ;
Il sera la chance de l’Argentine, sa grande chance, son avenir assuré.
Tous mes vœux à tous, grands et petits !
Et en particulier, tous mes vœux, de tout mon cœur à tous ceux qui souffrent de quelque façon que ce soit.
Chiara Lubich
(Buenos Aires, avril 1998)
Pâques 2011 : avec Jésus ressuscité sur les routes du monde
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« Chers tous et toutes,
La bonne nouvelle que nous sommes appelés aujourd’hui encore à annoncer, c’est que Jésus est ressuscité et qu’il est vivant au milieu de nous par l’amour réciproque. C’est l’évangélisation d’il y a 2000 ans. Elle est toujours actuelle et nous invite tous à un nouvel engagement de vie et de témoignage. Le vœu que je désire faire arriver à chaque membre de notre grande famille est de cheminer toujours avec Jésus ressuscité sur les routes du monde ». Maria Voce |
République Dominicaine: La générosité des jeunes

Un samedi spécial pour la grande famille des Focolari en République Dominicaine. Dans la Maison Saint Paul de l’Eglise catholique dominicaine, environ 700 personnes affluent de tout le pays. Deux cent kilomètres sur trois cent, une douzaine de provinces, ce pays est petit, mais riche de beautés locales, de “patriotisme régional”, avec tous ses cotés positifs et à l’opposé ceux négatifs liés aux traditions.
On le constate lors de la rencontre de Maria Voce et Giancarlo Faletti avec 150 jeunes proches du Mouvement en République Dominicaine: une variété considérable, une richesse d’expressions. Priscilla, par exemple, raconte son déménagement de sa région, Santiago Rodriguez, rurale et réputée pour ses gigantesques cultures de bananes, vers la capitale pour étudier Psychologie. Cela ne lui a pas été facile de changer de milieu, d’amis et de façon de vivre. Cependant la proximité des jeunes des Focolari lui a permis de bien s’insérer dans cette nouvelle réalité, jusqu’à devenir un leader pour beaucoup d’autres amis.

Le parterre de jeunes est particulièrement silencieux: c’est curieux, étant donné la vivacité exubérante de ces jeunes dominicains cependant capables de grande générosité et profondeur de vie. Leurs questions soulignent leur désir de radicalité. Aussi Maria Voce insiste, parlant de “vocation”, d’aspiration à quelque chose de grand: «A votre âge, ça en fait partie, on aime le risque, l’esprit d’aventure, l’envie de faire quelque chose d’autre. C’est justement à cet âge qu’on a la grâce de faire quelque folie! Et c’est une folie pour Dieu que de suivre son éventuel appel, même si on n’est pas complètement sûrs. Et ça en vaut la peine». Et Giancarlo Faletti souligne comment «la jeunesse est par nature en recherche, en recherche d’études, de travail, de sport, d’affections, d’engagement. C’est là que ressort le potentiel de chacun et aussi sa capacité d’écoute. Non seulement d’écoute de voix extérieures, mais surtout de la voix intérieure qui me pose la question du pourquoi de tout ce que je fais. Je ne peux pas me cacher derrière plein de choses, derrière une vie frénétique : je dois savoir écouter la voix qui me demande où va ma vie».
Ressortent aussi les pulsions de l’égoïsme et du peu de transparence, du bruit de la ville et aussi du péché, de la tentation, qui ont une forte incidence sur les jeunes: «Notre amplificateur – répond Maria Voce – est la présence de Jésus au milieu de nous, qui fait entendre sa voix et la fait devenir forte et même plus forte que tous les autres bruits». Chiara Luce Badano, cette jeune du Mouvement récemment béatifiée, est pour eux un exemple qui les aide à affronter les difficultés même quand, par rapport à la vie qui peut paraître la normalité, on est critiqué en raison d’une vie chrétienne engagée ou de toute manière à contre-courant. «Mais est-ce plus important de se préoccuper que Dieu soit satisfait de toi ou seulement qu’un ami ou une amie le soit ?», leur demande Maria Voce. Puis «c’est cependant nécessaire que ces amis perçoivent la joie qui existe entre vous». Il n’est pas question de s’isoler, mais de promouvoir la beauté de la vie “avec Jésus”, pour faire expérimenter la beauté de ce qui se fait “ensemble”.

Marguerita, une jeune du nord du pays, commente: «Quand Maria Voce nous a parlé de Jésus qui a crié son abandon sur la croix, j’ai compris qu’il n’y a pas seulement la douleur; Le vivre, ne veut pas dire rester dans la souffrance, mais avoir la joie de vivre avec Lui et pour Lui». Tandis que Pablo, de Saint-Domingue, souligne que «la joie simple que j’ai éprouvée aujourd’hui, doit devenir un virus qui contamine mes amis».
«Vous êtes généreux – conclut Maria Voce –, et vous m’avez prouvé que vous savez l’être. Par conséquent vous êtes capables de grandes choses. Continuez sans crainte à donner davantage».
De Michele Zanzucchi
République dominicaine : « Café con leche »

On sait que la République dominicaine est la « Suisse des Caraïbes ». Les quartiers du centre de la capitale, Saint-Domingue, font pâlir d’envie Miami ou Houston, sans parvenir cependant à cacher les graves inégalités sociales qui affectent la société du pays. Rien à voir avec les voisins d’Haïti et leur situation dramatique qui les réduit presque à la survie, même si un million de Haïtiens vivent en République dominicaine et y effectuent souvent les travaux les plus durs, comme celui de maçon, de déchargeur de marchandises sur les ports ou d’ouvrier dans les plantations de bananes. Mais on ne peut pas parler non plus de petites zones de pauvreté, car il existe des quartiers entiers où il est bien difficile de vivre dans des conditions décentes.
Herrera est un de ces quartiers. Maria Voce s’y est rendue, dans le secteur El Café, pour découvrir une des œuvres sociales développées par le mouvement des Focolari. Il s’agit d’une école qui porte le nom de « Café con leche » (café au lait), une allusion à la situation typique des mulâtres – ni café ni lait –, qui constituent l’immense majorité de la population de la République dominicaine. L’école compte aujourd’hui plus de 500 élèves, les uns fréquentant les cours du matin et les autres ceux de l’après-midi, dans des locaux qui se sont agrandis peu à peu, à partir de l’année 1990, considérée comme le début de l’aventure de « Café con leche ».

C’est par Marisol Jiménez que tout a commencé. En voyant l’extrême pauvreté du quartier et les enfants à-demi abandonnés, elle a commencé par créer une chorale dans la paroisse, avant d’organiser un séjour en camping au cours de l’été, qui a rassemblé 500 enfants durant deux années consécutives. Puis il lui est apparu clairement qu’il fallait faire quelque chose pour améliorer le niveau d’éducation des enfants, qui restaient analphabètes pour la plupart. Peu à peu, Marisol a entraîné d’autres amis et amies, et c’est ainsi qu’en 1995, l’école a été fondée, avec trois institutrices et quelques dizaines d’enfants.
Dans une atmosphère de joie et de partage, au milieu des jeunes qui s’étaient hissés un peu partout pour la voir, tandis que des familles entières s’étaient réunies sur les toits des maisons adjacentes pour participer à la fête, Maria Voce a pu constater les progrès du projet, qui s’est développé grâce aux « adoptions à distance » de Familles Nouvelles et à la générosité enclenchée par la fondation Igino Giordani-Foco, à présent dirigée par une autre passionnée, Margarita Rodriguez de Cano.

Une incroyable série d’actes héroïques et de miracles, mais aussi l’épanouissement spirituel et l’amélioration des conditions matérielles des enfants, ont permis à l’école d’accompagner des centaines d’enfants de El Café jusqu’à ce qu’ils soient tout à fait mûrs pour travailler. Un exemple d’« épanouissement total », qui réussit à associer les familles, à les soutenir et à les valoriser, afin de faire naître en elles une espérance de promotion humaine. Pour soutenir l’école financièrement, des objets en bois sont fabriqués par les jeunes, des vêtements sont confectionnés par des jeunes filles et d’autres articles sont commercialisés sur place et aux États-Unis. Le gouvernement de la République dominicaine et le président de la République lui-même ont apporté leur contribution à cette initiative.
« Même si tout cela peut sembler bien petit, on sent qu’ici, l’amour a construit quelque chose de grand, a dit Maria Voce dans la cour de l’école. Cela reste, car l’amour reste toujours. »
Michele Zanzucchi


