16 Avr 2011 | Non classifié(e)

L’entrée de Jésus à Jérusalem, entre les applaudissements et les rameaux, a une signification politique, non seulement parce que la foule reconnaît d’instinct, en lui, le chef du peuple, mais aussi parce qu’il est lui-même, chef pacifique, à affirmer en cette circonstance une valeur politique à son message.
En ce jour donc, tandis que les foules (aujourd’hui nous dirions : les masses) l’acclamaient Roi d’Israël, Jésus Christ, dans la descente du Mont des Oliviers, en voyant Jérusalem avec ses petites maisons blanches rassemblées autour du Temple resplendissant, au milieu de la joie de tous se mit à pleurer, et gémit : « Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix…! Mais hélas ! cela a été caché à tes yeux ! Oui, pour toi des jours vont venir où tes ennemis établiront contre toi des ouvrages de siège ; ils t’encercleront et te serreront de toutes parts ; ils t’écraseront toi et tes enfants au milieu de toi ; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu as été visitée (Luc 19-44) ».[1]
Mais au contraire en ce jour, les chefs de la nation, contre le sentiment du peuple, ont rejeté son programme de paix pour confirmer leur programme de guerre. Ce jour-là, ils se résolurent définitivement à se débarrasser du Messie de paix, qui arrivait à Jérusalem chevauchant un petit âne, parce qu’ils lui préférèrent le héros écarlate de leur messianisme de guerre.
L’entrée avec les rameaux fut donc la célébration du messianisme pacifique, c’est à dire d’une politique sui generis qui fut aussitôt renversée par la politique de l’ancien genre : celle qui croyait (et même croira) en Dieu et en sa loi, mais faisait (et fera) encore plus confiance dans l’épée de ses propres soldats ; plus dans les chars armés que dans les annonces du Sinaï : cette politique folle et décadente qui inocule la guerre même dans les tractations de paix et qui transforme le peuple en armée, et la terre à labourer en champs de bataille.
La politique messianique de Jésus peut se résumer sous le nom de royaume de Dieu : c’est à dire un régime dont la constitution soit la loi de Dieu, et dont la fin comme le principe, reste Dieu. En elle, il organise le peuple en royaume : son propre royaume, et il le dirige sur le chemin de la paix. Ce royaume de Dieu se traduit aussi en une constitution sociale : sa loi est l’Evangile et comporte l’unité, la solidarité, l’égalité, la paternité, le service social, la justice, la raison, la vérité, avec la lutte contre la guerre, les vexations, les inimitiés, les erreurs, la stupidité…
Chercher le royaume de Dieu c’est donc chercher les conditions les meilleures pour l’expression de la vie individuelle et sociale. Et l’on comprend : là où règne Dieu, l’homme est comme un fils de Dieu, un être d’une valeur infinie, il traite les autres hommes et est traité par eux comme un frère, il fait aux autres ce qu’il voudrait qu’on fasse pour lui ; et les biens de la terre sont fraternellement mis en commun, l’amour circule avec le pardon, les barrières ne valent rien, parce qu’elles n’ont pas de sens dans l’universalité de l’amour. Chercher d’abord le royaume de Dieu, signifie donc élever le but de la vie humaine. En ce sens, pour nous aussi, Christ « a vaincu le monde ».
En dehors de cette signification, Jésus ne s’occupe pas de politique, les apôtres non plus. Mais dans leur enseignement sont inclus des principes qui, s’ils ne sont pas de politique concrète, immédiate ni de parti, sont assurément des lignes directrices de grande sagesse qui soutiennent le grand art universel de gouvernement de tout temps. Jésus ne touche pas les institutions existantes, mais il en change l’esprit, en changeant les sentiments des hommes. Il ne dit pas aux soldats de déserter, ni aux publicains de laisser la perception, ni aux membres du sanhédrin de démissionner du Grand Conseil : il leur dit d’accomplir leur fonction avec un esprit nouveau. Il ne fait pas de l’agitation, il fait la révolution. Et il la fait en l’esprit, là où précisément elle doit être faite.(Igino Giordani, Le Feste, SEI, Torino, 1954, pp. 104-110).
[1] Trad. TOB 2010
15 Avr 2011 | Non classifié(e)
14 Avr 2011 | Focolare Worldwide

Du 1er au 3 avril, à la cité-pilote “Paix” à Tagaytay aux Philippines, une session a été organisée par la School for Oriental Religions (SOR) – l’Ecole des Religions Orientales – rassemblant 250 participants de différents pays d’Asie. Ils venaient du Pakistan et de l’Inde, mais aussi de Thaïlande, de Myanmar, du Vietnam et, plus loin de Hong Kong et Taiwan, jusqu’à la Corée et le Japon. La plupart provenaient toutefois de diverses îles des Philippines, en particulier de Manille et Cebu et des environs.
Les sessions de la SOR ont été fondés par Chiara Lubich durant son premier voyage en Asie qui ouvrit le dialogue avec les bouddhistes mahayana du mouvement Rissho Kosei kai. Depuis 2009, ils ont lieu tous les deux ans et se donnent comme objectif de former des chrétiens des différents pays d’Asie à un esprit de dialogue avec les disciples des grandes traditions religieuses de ce continent. Autant en 2009 que cette année, ces moments sont, non seulement formateurs, mais aussi de rencontre et d’échange d’expériences.

Il s’agit d’une véritable agora (carrefour), où émergent les défis et problématiques de différents contextes – par exemple du Pakistan –, mais aussi les expériences prophétiques comme celle du dialogue avec le bouddhisme monastique de la tradition theravada de Thaïlande. Surtout après les semaines qui ont suivi le tremblement de terre et la crise nucléaire du Japon, on ne peut passer sous silence à quel point ces années de dialogue ont permis au Mouvement des Focolari et à celui du Rissho Kosei kai de vivre ces terribles événements dans un climat de profonde amitié et d’aide réciproque. Le dialogue universitaire et social vécu en Inde avec des hindous de diverses organisations gandhiennes et les institutions universitaires est tout aussi prometteur.

En Asie, les caractéristiques spirituelles communes viennent en relief à coté des différences et des traditions spécifiques de chaque pays et mouvance culturelle. Diverses formes de rapport sont mises en évidence entre chrétiens et disciples de l’indouisme, de l’islam, du bouddhisme ou des cultures telles que le confucianisme et le taoïsme.
Les Focolari vivent en première ligne les défis que l’Eglise catholique perçoit dans ces communautés. Dans la restitution des travaux de l’Ecole vient clairement en évidence comment dialogue et évangélisation sont différentes facettes de la même mission de l’Eglise, qui doit être avant tout témoignage tant personnel que surtout communautaire, pour garantir une présence constructive et crédible de l’annonce de Jésus Christ. D’autre part, les cultures asiatiques saisissent souvent du christianisme occidental des aspects non encore approfondis ni valorisés.
La School for Oriental Religions s’est concentrée cette année sur l’amour dans les différentes traditions. Il faut souligner la présence de l’archevêque de Bangkok, Mgr Francis Xavier Kriegesak, doyen de l’Ecole, et les apports du moine Phramaha Sanga Chaiwong, prieur d’un important temple des environs de Chiang Mai au nord de la Thaïlande, et ceux du professeur philippin Julkipli Wadi, musulman, titulaire de la chaire d’Islamologie à l’University of the Philippines.
Trois jours de dialogue et de confrontation qui, à long terme mais déjà dès à présent, ne pourront que produire – comme cela a été dit – “des remèdes appropriés aux fondamentalismes et aux abus”.
Roberto Catalano
Source: Città Nuova
13 Avr 2011 | Focolare Worldwide
« Je te montrerai la voie de la Sagesse. » Cette devise en latin est inscrite sur les murs de la De Paul University, fondée à la fin du XIXe siècle par la congrégation des Missions de Saint Vincent De Paul, pour assurer une formation adéquate aux enfants des émigrants catholiques de la ville de Chicago. Aujourd’hui, avec ses vingt-cinq mille étudiants, elle est la première institution Universitaire de l’Illinois et figure dans les dix premières des USA. Le passage, tiré du Livre des Proverbes, semble prendre une signification particulière ces jours pendant lesquels l’Université a organisé la semaine annuelle de réflexion World Catholicism Week intitulé Catholic Spirituality : a global communion. Des interventions de personnalités de premier plan sont prévues durant toute la semaine A la journée d’inauguration, le 11 avril, caractérisée par diverses tables rondes, certaines ayant lieu en même temps, des experts du Mouvement des Focolari ont été invités à présenter divers aspects de la dimension communautaire de la spiritualité de Chiara Lubich. Le professeur Judith Povilus a présenté l’expérience interdisciplinaire, interethnique et interculturelle de l’Institut Universitaire Sophia de Loppiano. Le professeur Donald Mitchell a proposé l’aspect de l’écologie conjugué avec le dialogue interreligieux, pendant que le professeur Paul O’Hara a abordé l’aspect du profil marial. Enfin, Maria Voce a parlé de La spiritualité et la théologie trinitaire dans la vie et dans la pensée de Chiara Lubich. Dans une salle remplie de personnalités académiques et de représentants du monde catholique, la présidente du Mouvement des Focolari a mis en évidence quatre points de la spiritualité de communion – Dieu amour, l’amour pour le frère, l’amour réciproque et Jésus abandonné, clé pour réaliser l’unité – s’arrêtant en particulier sur le mystère de Jésus abandonné, comme secret pour guérir toutes les blessures provoquées par les divisions et les fractures.
Faisant référence à l’expérience de lumière vécue par Chiara Lubich durant l’été 1949 et à ses intuitions sur la spiritualité de communion, comme reflet de la vie trinitaire, Maria Voce a lu quelques passages des notes de la fondatrice des Focolari, montrant qu’il s’agissait bien d’une expérience communautaire. Elle a conclu en soulignant la profonde consonance entre la spiritualité de communion et la pensée exprimée dans la lettre Novo Millennio Ineunte, et en présentant l’enjeu de l’Institut Universitaire Sophia, qui désire « fournir les fondements et les perspectives d’un savoir global, d’une culture née du charisme de l’unité, fruit d’une spiritualité communautaire profondément vécue comme reflet de la vie trinitaire ».
A Maria Voce ont répondu deux théologiens : le professeur Tom Norris, membre de la Commission Théologique Internationale, et le professeur David Schindler, directeur de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille à la Catholic University of America. Tous deux ont indiqué, avec des perspectives différentes, l’actualité de la pensée trinitaire de Chiara Lubich et le courage de sa proposition à l’Eglise et à la réflexion théologique contemporaine. T. Norris rappelait, en fait, comme un théologien l’avait récemment affirmé, que la Trinité est la grammaire de toute théologie. D. Schindler a mis l’accent sur le profil marial de la spiritualité communautaire de Chiara et sur sa capacité à réponde de façon positive à la Philosophie des Lumières. Impossible à la fin de la soirée de ne pas penser à un lien entre cette Voie de la Sagesse que l’Université De Paul se propose d’offrir à ses étudiants et le charisme de communion de Chiara Lubich, don de Dieu pour cheminer sur cette route.
De notre envoyé Roberto Catalano
[viaggio-nord-america]
12 Avr 2011 | Focolare Worldwide

La Synagogue Kehilath Anshe Maarav (KAM) de Chicago, construite en 1847, a offert un cadre idéal pour la rencontre entre deux cent fidèles de différentes religions. Située à Hyde Park, sur la 50ème Avenue, elle a été la première synagogue du Mid-West (Etats du Centre-Ouest des USA). Son architecture parait s’inspirer des valeurs du dialogue. L’événement a rassemblé des luthériens, arméniens, presbytériens, catholiques, mais principalement des juifs, musulmans, indous, bouddhistes, sikhs et zoroastriens.
Une trentaine de personnes présentes se sont alternées sur la scène pour partager des moments de communion spirituelle. Ceux-ci ont été vécus au cours de ces trente dernières années dans l’esprit de fraternité semé par Chiara Lubich et du fait de sa rencontre avec des représentants de différentes religions en divers points du monde : des moments prophétiques qui se sont petit à petit réalisés au fil des années. Les rencontres entre Chiara Lubich et l’Imam W.D.Mohammed, à la Mosquée Malcolm Shabazz de Harlem en 1997 et à Washington D.C. en 2000, ont été revécues avec beaucoup d’émotion. On a évoqué le pacte d’amour réciproque conclu entre les deux leaders et toujours d’actualité. La représentante du Mouvement bouddhiste de la Rissho Kosei Kai a rappelé également la rencontre de leur fondateur, Nikkyo Niwano, avec Chiara. Les témoignages de nos ‘frères et soeurs aînés’ ont été émouvants: Emily Soloff, co-directrice pour les Relations Interreligieuses de l’American Jewish Committee, et une des présentatrices de la journée, a confessé que les moments de dialogue avec des membres des Focolari lui rappellent la célébration du shabbat juif du fait de la solennité et de l’esprit de famille qu’ils portent. Sister Laila Mohammed, fille de l’Imam W.D. Mohammed, lui a fait écho en confessant pour sa part combien l’expérience des rencontres islamo-chrétiennes à Rome a eu l’intensité spirituelle et porté les fruits spirituels autant qu’un pèlerinage à la Mecque.

Le Prof. Donald Mitchell, avec l’Imam Mikal Saahir et l’Imam Kareem Irfan, a proposé l’expérience de dialogue vécu entre universitaires et leaders religieux au cours d’un voyage d’étude en Asie. Les moments de partages aux Philippines et Thaïlande ont été fondamentaux pour le succès de la mission. Là, l’esprit de fraternité universelle expérimenté au Centre des Focolari a donné espoir et courage dans le dialogue comme solution aux conflits avec des minorités islamiques dans le sud des deux pays asiatiques. N’ont pas manqué non plus, les interventions de jeunes qui travaillent sur des projets de collaboration sociale pour aider des personnes en difficulté.
A la fin du programme, Maria Voce, présidente des Focolari, a salué l’assemblée avec le co-président Giancarlo Faletti, en répondant à des questions posées par une chrétienne, un musulman et une juive.
Cela a été manifeste de voir comment le dialogue, dans lequel les Focolari sont engagés, part du rêve de Chiara Lubich de contribuer à l’unité de la famille humaine et comment ce n’est jamais seulement une partie du Mouvement qui dialogue, mais tous, ensemble : jeunes et adultes, personnes âgées et enfants. L’intervention de Giancarlo Faletti a été particulièrement précieuse. Il a souligné comment, d’un côté, l’évènement du jour a donné l’occasion de feuilleter l’album de famille permettant de revenir sur des moments vécus en commun, et de l’autre, il a encouragé à ne pas céder à la nostalgie, mais à grandir dans l’amour envers tous.
Enfin Maria Voce, a proposé une comparaison efficace: «Souvent les religions ont été comme des sphères qui se frôlaient. Il a fallu le courage de quelques-uns pour percer ces sphères, de sorte que les richesses de l’une puissent être partagées par l’autre. Cela a été le rôle prophétique de Chiara Lubich, Nikkyo Niwano, Dadaji du Mouvement Swaydhaya, l’imam W.D.Mohammed et d’autres. Grâce à eux, nous avons pu découvrir des richesses que nous ne connaissions pas. La peur a été dépassée. Maintenant nous devons continuer sur ce chemin». L’invitation finale est accueillie par un applaudissement debout: «Portons à nos communautés les richesses que nous avons découvertes. Vous, aidez le Focolare, et ensemble, aidons l’humanité».
Roberto Catalano
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