24 Oct 2017 | Non classifié(e)
Les bus chargés de jeunes manœuvraient difficilement sur les routes étroites qui montent d’Incisa Valdarno (Florence) vers Loppiano. Une queue interminable et inattendue qui risquait de faire sauter toutes les organisations prévues : mais qui aurait cru que 10.000 jeunes seraient venus pour cette manifestation qui est devenue une grande fête à répétition chaque année et dans différentes villes de la planète ? Une véritable invasion qui a laissés bouche bée et le regard ébahi les quelques habitants du petit village de Toscane. J’ai encore sous les yeux cet amphithéâtre naturel de Loppiano, plein à craquer de jeunes de toute l’Italie et de quelques pays européens (portant sur leurs épaules des heures et des heures de voyage) et des représentants de nombreux pays du monde : comme moi, qui venais d’Argentine.
La fête de cette « génération nouvelle » (dont provient le nom Genfest), qui se rassemblait pour suivre l’invitation de Chiara Lubich à vivre pour construire un monde uni, nous l’avons ouverte par une chanson du Gen Rosso, dont je faisais partie. Chants, danses, témoignages, prises de paroles… tout était occasion de fêter, alors que s’installait dans nos cœurs la certitude que le monde un jour sera uni, grâce aussi à l’apport de chacun de nous. Parmi ces interventions, celle de Pasquale Foresi qui nous lisait un message de PaulVI où le pape se félicitait du Genfest et exprimait le souhait que l’événement « contribue à former une conscience toujours plus claire de la responsabilité que comporte l’évangile dans la vie de chacun ».
C’étaient les années de la contestation des jeunes et don Foresi présenta l’évangile comme la plus grande « révolution » sociale. J’ai pensé à mes cousines qui s’étaient elles aussi engagées dans une révolution sociale, sur les pas de Che Guevara, et quelques années après « desararecidas » (on parle de 30.000 « disparus » en Argentine, la plupart, des jeunes). Sans doute à cause de cela, une chanson me touchait tout particulièrement. Elle avait été composée et chantée au même endroit deux ans auparavant par Paolo Bampi, un jeune de Trente mort peu de temps avant d’une maladie grave. Même si je ne l’avais pas connu personnellement, à travers sa chanson, une relation spirituelle s’était créée qui me semblait me relier au Ciel : « Que voulez-vous, que cherchez-vous… vous voulez un Dieu ?, Je le suis ! Vous voulez un Homme ? Je le suis !”. Il me semblait avoir trouvé, comme lui, en Jésus, la Voie.
À un certain moment, Je me souviens d’une femme, sourire triste aux lèvres, presque tremblante devant le micro. Son silence se répandit comme une tache d’huile sur la pelouse et les 10.000 jeunes semblaient s’être transformés en une seule personne. Elle commença à parler avec une force incroyable : « Dieu est Amour, et nous aime immensément » ; C’était Renata Borlone, parmi les premières à suivre cette route du focolare, aujourd’hui servante de Dieu. Avec Antonio, lui aussi argentin, nous avons chanté humanidad : « Une aube nouvelle se dessine à l’horizon… réveille-toi Humanité, salue le nouveau soleil qui se lève… » . Et nous finissions en nous tournant vers Dieu par un « Adresse-nous ton cri bien fort : croyez en l’Amour ». Les visages rougis par le soleil, malgré les chapeaux chinois que nous avions improvisés en un temps record, rendaient visible la « marque » laissée dans nos cœurs. Nous sommes partis avec la certitude qu’ « une aube nouvelle se dessinait », qu’un monde uni était possible parce que nous en avions déjà fait l’expérience entre nous en ce 1ier mai 1973 historique. Gustavo Clariá
23 Oct 2017 | Non classifié(e)
Retour « Papa est mort quand j’avais 14 ans. Notre maman, beaucoup plus jeune que lui, nous faisait fort souffrir nous, les enfants : elle sortait avec ses amis, elle buvait… Jusqu’à ce qu’elle nous abandonne pour aller vivre avec une personne qui partageait sa vie entre elle et une autre famille. Lorsque mes frères se sont mariés, je me suis retrouvée seule et j’attribuais à ma mère, la faute de toutes mes souffrances. Je ne réussissais pas à lui pardonner. Et pourtant, je me disais chrétienne. Quand j’ai identifié qu’elle ne pouvait pas me donner ce qu’elle-même n’avait pas reçu, j’ai clairement compris que comme j’avais moi reçu la grâce de l’Évangile, c’était donc à moi à prendre l’initiative. Ce processus a pris du temps. J’ai commencé à lui téléphoner de temps en temps, à lui rendre visite en lui apportant un petit cadeau ou l’autre, à prier pour elle. Si auparavant, je me sentais victime des circonstances, maintenant je découvrais que le véritable bonheur consiste à aimer sans rien attendre en retour. Aussi avec son compagnon, la relation est devenue petit à petit plus sereine et j’essaie de ne pas le condamner. Je fais maintenant le lien entre mes frères et maman, avec la certitude que peu à peu, eux aussi reviendront vers elle ». (Alenne – Brésil) Une tasse de thé « J’étais dans un bar et j’avais remarqué qu’une dame âgée était en train de demander une tasse de thé. Elle était très pauvre et le barman, imaginant bien qu’elle n’allait pas savoir payer, refusa de lui donner le thé. J’avais quelques pièces en poche qui auraient suffi : Jésus aurait fait comme ça, ai-je pensé. J’ai alors dit au barman : « Donne le thé à la dame, je paierai ». A ma grande surprise, il a répondu : « Ce ne serait pas juste. Ta générosité m’a fait comprendre que c’est beaucoup plus simple pour moi, qui suis le propriétaire du local, de la lui offrir ». Il suffisait de commencer ! » (John Paul – Pakistan) Amour multiplié par cent « Depuis plusieurs années, je travaille dans un centre pour toxicomanes, pour les plus jeunes, qui malgré leur fragilité et leurs souffrances, luttent pour se réinsérer dans une vie normale. Nous travaillons ensemble dans la cuisine, chaque jeudi, pour préparer le repas. Je pensais que je leur étais utile. Au contraire, j’expérimente que l’amour donné m’est restitué au centuple. J’ai compris que si nous nous efforçons d’accueillir le frère tel qu’il est, avec ses faiblesses et son parcours douloureux, comme Jésus le ferait avec l’œil de la miséricorde, nous pouvons expérimenter l’espérance dans un futur plus serein ». (Graziella – Italie) Ma limite « Quand je parle en public, mes mains tremblent et je suis complètement troublée. J’ai essayé de l’accepter et de faire au contraire, quelque chose de concret pour les autres. J’ai commencé avec de petits gestes : aider ma mère dans le ménage ou mes frères pour leurs devoirs, ou bien je téléphone à ma grand-mère qui vit seule et je vais lui rendre visite avec un bouquet de fleurs ou un petit gâteau. A l’université, j’essaie de m’intéresser à celui qui a de moins bons résultats aux examens. En faisant ainsi, ma vie n’a pas seulement changé mais j’en ai aussi presque oublié ma limite ». (J.M. – Allemagne)
21 Oct 2017 | Non classifié(e)
“ Entre les religions, un effort commun de collaboration est nécessaire pour développer l’écologie intégrale. Elles disposent de ressources pour faire avancer ensemble une alliance morale qui accroisse le respect de la dignité de la personne humaine et l’attention à la création ». Par ces mots, le pape François, avant de se montrer à la fenêtre de la place S Pierre pour l’audience générale du mercredi, a salué les 80 délégués de Religions for Peace (RfP) accompagnés par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux. Le pape a exprimé son « estime et sa gratitude pour ce que fait Religions for Peace ; Vous rendez un précieux service autant à la religion qu’à la paix, parce que les religions sont destinée de par leur nature à promouvoir la paix, par la justice, la fraternité, le désarmement, l’attention à la création ».
Parmi les nombreuses interventions sur “une écologie intégrale”, celle de la Rev. Kosho Niwano, Présidente Désignée du mouvement bouddhiste Rissho Kosei-kai; du Prof. Anantanand Rambachan, hindou ; de l’Em. Shaykh Abdallah Bin Bayyah, président du “Forum for Promoting Peace in Muslim Societies“; du Rabbin David Rosen, Directeur de l’Interreligious Affairs, American Jewish Committee et celle de Maria Voce, Présidente du Mouvement des Focolari et Coprésidente de Religions for Peace. «Je représente un mouvement qui met une forte spiritualité à la racine de son engagement sur de multiples fronts de la vie humaine. Une telle égalité de base entre tous les hommes nous pousse à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour construire le plus possible une véritable fraternité là où nous trouvons ».
Et de continuer : “Sur plus de soixante-dix ans nous avons fait l’expérience que toute personne de bonne volonté peut partager cet engagement et cette sensibilité, parce qu’en toute culture, en toute religion il existe cette Règle d’Or qui nous invite à ‘faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous’ et à ‘ne pas faire aux autres ce qu’ils ne voudraient pas nous faire’. » Cela veut dire « traiter les personnes d’une autre ethnie comme nous voudrions être traités nous aussi, regarder ceux d’une autre religion comme nous voudrions être regardés nous, valoriser et apprécier les autres pays comme nous voudrions que le nôtre soit valorisé et apprécié et œuvrer pour la sauvegarde de l’environnement de notre milieu et des autres comme si cet endroit était vraiment notre maison, partout dans le monde. Ces attitudes peuvent imprégner notre vie autant individuelle que communautaire, au niveau local qu’international, pour faire naître un courant positif dans un monde parcouru de tensions et de divisions de tous genres. De fait nous voyons que pratiquer profondément la foi amène les jeunes de différentes religions, qui vivent la compréhension réciproque, à découvrir la fraternité, à partager les biens, à travailler pour le développement des régions plus pauvres, à respecter la nature et à ne pas gaspiller les ressources. « En tant que membres du mouvement des Focolari – conclut Maria Voce – nous désirons continuer à œuvrer avec d’autres groupes, organisations, mouvements et communautés, de manière nouvelle, selon les exigences du moment, mais toujours avec le même esprit, celui de l’amour, de la miséricorde et de la compassion, qui inspire nos croyances ». Lire le message du pape en italien Intervention de Maria Voce
20 Oct 2017 | Non classifié(e)
D’heure en heure le bilan dramatique s’alourdit après l’attaque suicide de samedi dernier à Mogadiscio, en Somalie. Les dernières nouvelles font état d’au moins 300 morts et de centaines de blessés. Parmi les victimes une vingtaine d’élèves qui se trouvait à bord d’un bus scolaire. L’attentat du 14 octobre est le plus grave de ces dernières années, où l’on a assisté à une véritable escalade de la terreur. « Je voudrais exprimer ma douleur profonde pour le carnage qui a eu lieu », a dit le pape François lors de l’audience générale du 18 octobre, place St Pierre. « Cet acte terroriste mérite la plus ferme réprobation, aussi du fait qu’il s’acharne sur une population déjà tellement éprouvée ». Et il conclut : « Je prie pour les défunts et pour les blessés, pour leurs parents et tout le peuple de Somalie J’implore la conversion des auteurs de la violence et encourage ceux qui, avec d’énormes difficultés, travaillent pour la paix sur cette terre tellement martyrisée. »
20 Oct 2017 | Non classifié(e)
Un mois à l’enseigne du dialogue, de la rencontre et de la découverte de la valeur de l’ ‘’autre’’. Dans un pays à forte connotation multiethnique, le rythme et la musique ont eu un pouvoir coagulant. Le 9 septembre, dans la petite ville de Stadthagen, région de la Basse-Saxe à l’occasion des festivités pour le jubilé de la Réforme, le Gen Verde (composé de 22 personnes originaires de 14 pays) a apporté une note d’internationalité avec le spectacle On the Other Side. Un voyage d’un coin à l’autre de la planète par le biais de récits personnels ou d’un peuple entier, pour mettre en lumière la richesse de la diversité et de la potentialité de qui se trouve de l’ ‘’autre côté’’. Le 15 septembre, à Boppard, dans la Fazenda da Esperança locale, communauté qui lance un défi à la toxicomanie dans la perspective d’une renaissance, le concert La vita LIVE est devenu une occasion de rencontre personnelle entre les participants de la band et les expériences des jeunes. Opportunité pour comprendre que chacun peut faire un ‘petit mais très grand pas’ pour changer quelque chose et pour se découvrir tous frères.
Les jours suivants, la caractéristique artistique typique du Gen Verde a pu s’exprimer dans l’atelier Start Now : un workshop intense, d’une durée de cinq jours pour chacune des trois étapes, en travaillant côte à côte avec des groupes d’adolescents et de jeunes. Durant le processus créatif, qui se renouvelle chaque fois d’une manière nouvelle et imprévisible, les jeunes travaillent en équipe, en développant les propres talents et potentialités, ensemble protagonistes d’une expérience créative captivante, basée sur l’écoute réciproque et la transparence. Après deux jours de travail intense, soutenus par la confiance et le respect du groupe, les jeunes s’exhibent avec la band durant le spectacle final dans un crescendo d’émotions.
Parmi les étapes de l’atelier-spectacle : à Dortmund, où le groupe a travaillé avec 170 adolescents, à Duderstadt, avec les étudiants de trois écoles, parmi lesquels un grand nombre d’immigrés, et enfin à Mannheim, avec des femmes et des hommes accueillis dans un énorme camp de réfugiés. Dans chaque ville, au cours du spectacle final, s’est répété, avec des nuances différentes, le même miracle : changements de vie, atmosphère de profonde fraternité, participation aussi de ceux qui étaient plus réticents au départ. « C’est incroyable ce qu’on peut faire en deux jours ! » s’est exclamée encore incrédule une adolescente. Et un jeune : « Les erreurs ne nous ont pas bloqués, au contraire, nous avons été encouragés à continuer ». Particulièrement lors de l’étape de Mannheim, le Gen Verde a rencontré des personnes qui ont vécu des souffrances déchirantes, subi des atrocités, tout perdu. Les membres du groupe racontent : « Nous sommes allées les trouver là où ils vivent, ils nous ont fait don de leurs histoires. Pendant la soirée, dans la chanson ‘’Qui pleure pour toi’’, beaucoup se sont retrouvés dans ces plaies des tragédies qu’ils ont vécues ». Et les paroles ‘’No one is a stranger to me’’ (personne n’est étranger) n’ont jamais résonné d’une manière aussi vraie. Fotogallery
Regarde la vidéo https://vimeo.com/236654355