Mouvement des Focolari

Aimer Jésus dans l’autre

Sep 28, 2018

L’expression peut poser question. Une réflexion de Klaus Hemmerle (1929-1994), alors évêque d’Aix-la-Chapelle, l’explique. Aimer Jésus dans le frère ne signifie assurément pas “instrumentaliser” le prochain, mais mettre en lumière sa dignité la plus profonde.

“Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait” (Mt 25, 40): cette Parole exprime de façon définitive qui est l’homme et quelle est sa réalité. Cette façon de voir  l’homme est certes un scandale, non moindre que celui que Jésus suscitait en se déclarant fils de Dieu. Au nom de sa propre liberté, de son identité et de sa particularité, l’homme pense pouvoir contester  le fait qu’on l’identifie à Jésus-Christ. L’homme veut être aimé pour lui-même, pour ce qu’il est, il ne veut pas en arriver à être déguisé en Jésus. Il craint que ce surplus d’amour qu’il reçoit par amour pour Jésus soit quelque chose qui ne tient pas compte de lui, qui le dépouille de l’amour qu’il désire pour lui-même, et dont il a besoin. Mais celui qui pour aimer Jésus dans l’autre néglige l’autre comme personne, néglige aussi Jésus en agissant de la sorte. Et celui qui considère que reconnaître la présence de Jésus dans l’homme revient à diminuer sa propre réalité n’a pas du tout compris la présence de Jésus dans le prochain. Étant donné que Jésus s’est identifié à l’homme, Dieu lui-même, qui est Amour, s’est identifié à lui. Mais l’amour n’est pas une affirmation de soi qui absorbe l’autre et l’annule: l’amour se donne et en se donnant il offre à l’autre la liberté de pouvoir être lui-même. Jésus ne me laisse pas seul. Il est de mon côté, il m’accepte tel que je suis et ce qui me concerne le concerne aussi. Je demeure moi-même, bien plus, je deviens pleinement moi-même, précisément parce que je ne reste pas seul. Le mystère du Christ est celui de chaque homme. Qu’est-ce-que cela signifie pour la personne que je rencontre et qu’est-ce que cela signifie pour moi et pour ma vie? En référence à l’autre, cela signifie que je n’ai jamais à faire à quelqu’un qui est simplement le maillon d’une chaîne, le rouage d’un engrenage ou un simple numéro dans la grande quantité de personnes existantes. Chaque fois que je rencontre un visage humain, je rencontre Dieu dans sa réalité absolue, je rencontre cette voix qui prononce encore sur chaque visage humain ce qu’elle a dit de Jésus sur le mont de la Transfiguration:” Celui-ci est mon fils bien aimé!” (Mc 9,7). Sans exception aucune. L’homme ne peut pas se soustraire à sa propre ultime dignité. Qu’il soit un criminel ou une crapule, je ne pourrai jamais plus le considérer comme un cas perdu. En chacun je rencontre le Christ, non parce qu’il est bon ou qu’il le mérite, et ni même parce qu’il a eu recours à la lumière de Dieu au cours de sa vie, mais parce que Dieu l’a adopté comme fils de façon irrévocable. L’homme est assurément introduit dans la vie divine par la grâce de Dieu qu’il a laissé entrer en lui, par le choix de croire personnellement, advenu à travers le baptême au nom de Jésus. Appartenir à Jésus n’est pas quelque chose “d’automatique”. Lorsqu’une personne naît, le Christ a déjà assumé en lui sa vie et sa mort, ses fautes et ses égarements: tout est assumé dans la vie et la mort du Christ, qui a donné sa vie pour chacun. C’est pourquoi nous rencontrons Jésus en chacun de nos prochains.. Et nous le rencontrons de manière particulière dans les petits, dans ceux qui semblent les plus éloignés de Lui, dans les personnes où son visage semble obscurci. Comment cela? Sur la croix, en vivant l’abandon de Dieu, en allant jusqu’à se faire péché (2 Cor 5, 21), Jésus s’est identifié à ce qu’il y a de plus éloigné de Dieu,  à ce qui semble le plus opposé à Lui. C’est seulement en découvrant le Christ présent en chaque prochain et en offrant à chacun de nos frères cet amour humain qui s’adresse de façon inséparable à chacun d’eux et au Christ lui-même, que chacun de nos prochains pourra découvrir sa propre identité en celle de Jésus, sa proximité  avec Lui et le fait d’être pleinement incorporé à Lui”.   (extrait de: Klaus Hemmerle “Offene Weltformel”, Neue Stadt, p. 31-33)

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