Mouvement des Focolari

Allemagne : Jour de la Réforme

Oct 31, 2012

Tandis que dans le monde luthérien est célébré le « Jour de la Réforme », nous proposons quelques extraits du discours que Chiara Lubich a fait, le 27 octobre 2002, dans la cathédrale réformée St Pierre à Genèvre.

Le 31 octobre, les chrétiens luthériens allemands et les protestants du monde entier célèbrent le «Jour de la Réforme». Il rappelle le début de la Réforme de Luther qui, en 1517, selon une tradition, a affiché 95 thèses sur la porte de l’église du château de Wittenberg (Germania). De nombreuses célébrations liturgiques, lectures bibliques, concerts sont organisés ce jour-là.  En Suisse, au contraire, on le fête le premier dimanche de novembre.

Le 27 octobre 2002, Chiara Lubich est invitée à parler dans la cathédrale St Pierre à Genèvre, berceau de la Réforme protestante de Calvin. Elle est introduite par le président de l’Eglise protestante de Genèvre d’alors, le pasteur Joël Stroudinsk: «Dans quelques jours, le protestantisme, dans sa diversité, fêtera la Réforme. A part ce qui constitue  sa spécificité, elle est aujourd’hui partagée par les autres confessions chrétiennes, représentées ici, ce matin, dans leur diversité. C’est la passion de l’Evangile. La volonté d’inscrire la force d’une parole qui transforme le monde dans sa propre existence et dans le quotidien, dans ses multiples aspects sociaux, économiques, politiques. C’est le défi que Madame Chiara Lubich… a mis en relief. C’est avec reconnaissance et en esprit de communion que nous l’accueillons ce matin en ce lieu».

Chiara Lubich à Genève dans la cathédrale réformée de St Pierre (27.10.2002)

Devant la cathédrale pleine avec plus de 1500 personnes, Chiara commence son discours avec ces mots: «Le 3 novembre prochain se célèbrera ici à Genèvre l’anniversaire de la Réforme, une fête religieuse que je souhaite pleine des meilleurs dons spirituels pour tous les chrétiens, mes bien-aimés frères et sœurs des Eglises Réformées. Ce jour-là, donc, résonnera fort, un mot: « réforme », justement. Réforme, expression qui dit le désir de renouvellement, de changement, de renaissance presque. Mot spécial, attirant, qui signifie vie, plus de vie. Mot qui peut susciter aussi une question: le substantif « réforme », l’adjectif « réformé », sont-ils valables uniquement pour l’Eglise qui a son centre à Genèvre? Ou ne sont-ils pas des mots applicables, d’une certaine façon, à toutes les Eglises?  Au contraire, n’étaient-ils peut-être pas typiques de l’Eglise de toujours?».

«Le décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II – poursuit Chiara – dit: « L’Eglise pérégrinante,  en tant qu’institution humaine et terrestre, est appelée par Christ à cette continuelle réforme dont elle a toujours besoin [1]». Or, si nous observons bien l’histoire de l’Eglise – et en particulier les années pendant lesquelles nous, chrétiens, étions encore unis – nous voyons que Jésus, avec l’Esprit Saint, a toujours pensé, voulu, orienté son Epouse vers une continuelle réforme, en sollicitant un constant renouvellement. Pour cette raison, il a envoyé sur la terre, de temps en temps, des dons, des charismes de l’Esprit Saint qui ont suscité des courants spirituels nouveaux ou de nouvelles familles religieuses. Et par elles, il a de nouveau offert le spectacle d’hommes et de femmes menant une vie évangélique totalitaire et radicale».

Elle conclut: «Bien chers frères et sœurs, nous l’avons compris: le temps présent demande à chacun de nous d’aimer, demande l’unité, la communion, la solidarité. Il appelle aussi les Eglises à recomposer l’unité lacérée depuis des siècles. C’est celle-ci la réforme des réformes que le ciel nous demande. C’est le premier et l’indispensable pas vers la fraternité universelle avec tous les autres hommes et femmes du monde. Le monde, en fait, croira si nous sommes unis. Jésus l’a dit: « Que tous soient un (…) afin que le monde croie… » (Jn 17,21). C’est cela que Dieu  veut! Croyez-moi! Il le répète et le crie avec les circonstances actuelles qu’il permet. Qu’il nous donne la grâce, si ce n’est pas de le voir réalisé, au moins de le préparer [2]».


[1] Unitatis Redintegratio 6.

[2] Chiara Lubich, Il dialogo è vita, Città Nuova Editrice, Roma, 2007, p.37, 43-44

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'abonner à la lettre d'information

Mot du jour

Articles connexes

Chiara Lubich : « Sais-tu où nous sommes ? »

Chiara Lubich : « Sais-tu où nous sommes ? »

16 juillet 1949, Chiara Lubich se trouve à Tonadico, dans les Dolomites, en Italie du Nord de l’Italie, pour une période de repos avec quelques-uns de ses premiers compagnons et compagnes. Ils y sont rejoints par l’Honorable Igino Giordani, que Chiara appelait Foco. Ce jour-là, Chiara et Foco scellent un Pacte d’unité, prélude à l’expérience spirituelle et mystique que Chiara vivra entre 1949 et 1951. Une période connue sous le nom de « Paradis de 1949 », dont les textes ont récemment été publiés. Dans l’introduction de cet ouvrage, le théologien Piero Coda propose quelques approfondissements « pour une lecture théologique » du texte. Nous en publions un extrait, lié précisément au Pacte du 16 juillet. Il est accompagné d’une courte vidéo de Chiara Lubich datant du 20 décembre 1999, dans laquelle elle raconte aux Gen – les jeunes des Focolari -, cette expérience de lumière.

Évangile vécu : de la semence au fruit

Évangile vécu : de la semence au fruit

La Parole de Dieu est comme une semence qui, lorsqu’elle est accueillie avec un cœur ouvert et persévérant, en surmontant toutes les difficultés, porte du fruit. Jésus nous invite non seulement à l’écouter et à la comprendre, mais surtout à la mettre concrètement en pratique chaque jour. En vivant sa Parole, nous laissons le Christ transformer notre manière de penser et d’agir, rendant notre vie féconde, ainsi que celle des autres.