4 Nov 2011 | Non classifié(e)

Jésus, ressuscitant de la mort, apparaît aux femmes venues au sépulcre et leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères… » (Mt 28,10). Avant de mourir, il donna à ses disciples le nom de frères. Comme alors, il se présente de la même façon encore aujourd’hui : comme un frère aîné.
En ressuscitant, il avait vaincu la mort et restauré la fraternité. Il était venu sur terre pour rétablir la paternité du Père; il était descendu aux enfers pour vaincre l’ennemi des hommes. Désormais il annonçait la fraternité reconstituée des enfants, au sein de la famille de Dieu.
Le monde d’aujourd’hui est dominé par la peur et l’égoïsme. Quel en est le résultat ? […] L’humanité souffre parce qu’entre un peuple et un autre, une classe et une autre, un individu et un autre individu, la vie ne circule pas ou circule à peine : la vie, ce sont les richesses et la religion, la science et la technique, la philosophie et l’art… A l’inverse, la philosophie et l’art, la technique, la science et les biens économiques ne circulent pas si l’amour ne donne leur pas l’impulsion, s’il n’ouvre pas les routes et ne permet pas d’aller au-delà des divisions. Mais la religion, elle-même, doit être libérée à chaque instant des scories, des limites et des fractures laissées par les fautes des rachetés. La circulation des biens ne se produit pas autant qu’elle le devrait, ni comme elle le devrait, parce que les hommes ne se reconnaissent plus frères et donc, ne s’aiment pas comme tels.
La personne qui nous bouscule dans le métro ; celle qui passe à côté de nous, hautaine, distraite ou énigmatique ; celle que nous exploitons au bureau ou aux champs et que nous privons de justice et d’argent, nous ne les voyons pas comme des frères. Celui que nous repoussons parce qu’il est d’une autre classe ou d’une autre religion, ne nous apparaît pas comme fils de notre Père : au mieux, nous le considérons comme un fils illégitime qui mérite notre pitié. L’homme sur lequel nous tirons à la guerre ou qui nous tire dessus, ne nous apparaît pas comme frère : il en résulte un engrenage meurtrier. La créature que nous vendons pour satisfaire aux besoins de la luxure, nous ne la considérons pas comme notre sœur : ce n’est que de la viande qui se vend et vaut moins que l’argent qui sert à l’acheter. Vue ainsi, la société ressemble à un mouroir ou à une prison.
Chaque division, chaque discorde est une barrière au passage de l’amour. Et l’amour est Dieu, et Dieu est la vie. Et si la vie ne passe pas, la mort s’installe.
[…] Si Dieu avait été exclusivement Force, Honneur, Crainte, il serait resté une seule personne ; il n’aurait pas engendré un Fils, ni suscité une création. Il se serait fermé sur lui-même, ne se serait pas ouvert. Mais l’amour est trinitaire : c’est une circulation entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.
[…] La Trinité est à la fois Trois et Une : Trois qui s’aiment, et ne font qu’Un ; Un qui se distingue en Trois pour aimer. Jeu infini d’amour. A l’image et ressemblance de la Trinité, les créatures rationnelles découvrent aussi dans l’amour une impulsion qui engendre une autre vie. […] L’amour est l’expression de Dieu envers la création et il est, en quelque sorte, le retour du Moi à Dieu, à travers le frère. […] Ce mouvement est un aller-retour : il part de la source (de Dieu) et il y retourne (à Dieu) comme le fleuve se déverse dans la mer.
On va à Dieu s’il y a le Frère, on va au Frère s’il y a Dieu. J’existe s’il y a Dieu et le Frère ; sans eux, je n’aurais pas de raison d’être puisque ma raison d’être est d’aimer.
[…] Le Christ a remis en circulation tous les trésors de la vie, dans le creuset de l’amour, avec lequel il nous transmet la chaleur, la lumière, l’intelligence, pour nous ouvrir à nouveau le chemin qui mène à l’unité, là où se trouve Dieu.
Il a rendu cela possible en venant parmi nous, en habitant parmi nous, en se faisant l’un des nôtres, jusqu’à mourir pour notre rédemption. Cette rédemption nous a libérés des divisions et nous a ainsi réunis à Dieu. Le Christ a remis Dieu en nous et nous a remis en Dieu. Pour cela, il nous a commandé de nous aimer, parce que là où est l’amour, là est Dieu. « Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4,16).
Igino Giordani : Il Fratello, Città Nuova, 2011, pp.29-30, 34, 36, 37-38.
1 Nov 2011 | Non classifié(e)
Projetés vers l’infini
Les saints sont des grands.
Ils ont vu leur grandeur dans le Seigneur et,
enfants de Dieu, ils jouent pour lui
tout ce qu’ils ont.
Ils donnent sans demander,
leur vie, leur âme, leur joie,
tout ce qui les lie à la terre, toute richesse.
Libres et seuls,
projetés vers l’infini,
ils attendent que l’amour les introduise
dans les royaumes éternels.
Mais, dès ici-bas,
leur cœur s’emplit d’amour,
du véritable amour, du seul amour
qui rassasie et console,
l’amour qui brise
toute résistance et fait jaillir
des larmes nouvelles.
Ah ! Aucun homme ne sait ce qu’est un saint.
Il a donné, maintenant il reçoit,
et un flot incessant
passe entre ciel et terre,
lie la terre au ciel,
coule des abîmes,
ivresse rare, source céleste
qui ne s’arrête pas au saint,
mais déborde sur ceux qui sont fatigués, mortels,
aveugles et paralysés
et pénètre, irrigue,
soulage, attire et sauve.
Si tu veux connaître l’amour, demande-le aux saints.
dans Pensée et Spiritualité, Nouvelle Cité, 2003, p.168
29 Oct 2011 | Non classifié(e)
Cela fait un an qu’a eu lieu sa béatification, vécue par plus de vingt mille jeunes présents à Rome à cette occasion, et de beaucoup d’autres qui ont suivi l’évènement en direct, dans toutes les parties du monde. Aujourd’hui, ils sont nombreux à vouloir la connaître et l’imiter. Ce super témoignage de Chiara Luce Badano, la gen de Gênes (Italie) que l’Eglise a béatifiée, semble avoir remis en vogue la sainteté. Ses « dix-neuf ans remplis de vie, d’amour, de foi » (Benoît XVI), réveillent chez tant de jeunes et pas uniquement chez eux, le désir de consacrer leur vie à faire de grandes choses. Ils découvrent que la sainteté peut être vécue dans le quotidien. « Chiara Luce nous a appris que nous aussi nous pouvons aimer toujours et inconditionnellement ». C’est une des impressions recueillies au Brésil, dans l’une des très nombreuses soirées qui, à travers le spectacle « Life Love Light », se sont multipliées dans le monde : De l’Italie à l’Espagne, -durant les JMJ- et dans d’autres pays d’Europe ; du moyen orient à l’Asie ; elles se sont développées dans les Amériques, en Australie et en diverses nations d’Afrique. Les demandes qui ont été faites aux parents, Maria Teresa et Ruggero Badano, de raconter son histoire ne se comptent plus. Chacun la sent vivante, c’est une personne avec laquelle on peut établir une relation. Mais, comme l’a si bien exprimé une jeune : «Chiara Luce m’a enseigné une chose très forte : je ne peux me faire sainte toute seule, nous devons être saints ensemble ». Chiara Lubich, la fondatrice des Focolari, s’est exprimée ainsi en présentant la splendide figure de cette jeune fille béatifiée : « La finalité du Mouvement des focolari est de coopérer avec l’Eglise afin de réaliser le testament de Jésus « Que tous soient un ». Chiara Luce avait découvert déjà toute petite que les souffrances étaient des perles précieuses qu’on pouvait cueillir à longueur de journée … pour cela elle a vécu avec le Christ, avec Lui elle a transformé sa passion en un chant nuptial. Oui, Chiara Luce est une gen réalisée, témoin cohérent de notre idéal déjà arrivé à maturité en elle à 18 ans. Son histoire se répand par tous les media : Plus de 30000 tirages du livre “Io ho tutto” et 15000 “Dai tetti in giù” éditées en différentes langues. Des milliers de copies de DVD et de CD musicaux sur sa vie et sur la fête de sa béatification. Mais c’est surtout sur internet que se manifestent beaucoup de ceux qui la connaissent, ou bien ils la découvrent dans des circonstances inopinées, et veulent vivre comme elle. Sa page sur face book compte de nombreux amis qui inter agissent en insérant des messages, des commentaires, des photos. Le site “Life Love Light” est devenu un point de référence pour tous ceux qui veulent communiquer leur propre découverte du pourquoi de la vie de Chiara Luce et de son bonheur comme elle-même l’a exprimé par ses dernières paroles : » Maman, au revoir. Sois heureuse parce que je le suis « . Canal officiel sur You Tube : http://www.youtube.com/user/ChannelChiaraLuce
23 Oct 2011 | Senza categoria
L’Eucharistie a toujours eu un rôle important dans la vie de Chiara Lubich, dès son enfance. Tant sa vie personnelle que celle de ses premières compagnes – ainsi que par la suite celle de tout le Mouvement qui se constituera au fil des décennies – ont été marquées par l’Eucharistie. Il ne pouvait en être autrement, si l’on pense que Jésus Eucharistie est l’âme, le cœur de la vie même de l’Église. L’action de l’Esprit Saint, par son charisme de l’unité, provoquait en Chiara et en ses premières compagnes une forte attirance, à tel point qu’elles avaient hâte d’aller à la messe, pour partager toute leur vie avec Jésus Eucharistie. Plus tard, quand elles commencèrent à voyager à travers l’Italie, les premières focolarines cherchaient avec passion par les fenêtres du train les clochers dans le paysage et se tournaient vers eux : là était l’Eucharistie, là était leur amour. Il existe un lien merveilleux entre l’Eucharistie et la spiritualité de l’unité.
Chiara a écrit : « Le fait que le Seigneur, pour donner naissance à ce vaste Mouvement, nous ait concentrées sur la prière de Jésus pour l’unité signifie qu’il devait nous pousser avec force vers celui qui seul pouvait la mettre en œuvre : Jésus dans l’Eucharistie. En effet, comme les enfants nouveau-nés se nourrissent instinctivement au sein maternel, sans savoir ce qu’ils font, de même, depuis le début du Mouvement, on a pu faire cette constatation : ceux qui nous fréquentaient commençaient à communier chaque jour. Comment l’expliquer ? Ce qui est l’instinct pour le nouveau-né est l’Esprit Saint pour l’adulte, nouveau-né à la nouvelle vie qu’apporte l’Évangile de l’unité. Il est poussé au “cœur” de l’Église mère et se nourrit de son nectar le plus précieux, dans lequel il trouve le secret de la vie d’unité et de sa propre divinisation. « En effet, le devoir de l’Eucharistie est de nous faire Dieu par participation. En mélangeant les chairs vivifiées par l’Esprit Saint et vivifiantes du Christ avec les nôtres, il nous divinise dans l’âme et le corps. L’Église elle-même pourrait être ainsi définie : l’ “un” provoqué par l’Eucharistie, parce que composée d’hommes et de femmes divinisés, faits Dieu, unis au Christ qui est Dieu et entre eux. Ce Dieu avec nous est présent dans tous les tabernacles de la terre et a recueilli toutes nos confidences, nos joies et nos craintes. « Quel réconfort Jésus Eucharistie nous a-t-il apporté dans nos épreuves, quand personne ne nous donnait audience parce que le Mouvement devait être étudié ! Il était toujours là, à toutes les heures, à nous attendre, à nous dire : au fond, le chef de l’Église, c’est moi. Dans les luttes et les souffrances de tout genre, qui nous aurait donné la force, au point de penser que nous serions mortes bien des fois si Jésus Eucharistie et Jésus au milieu de nous, qu’il alimentait, ne nous avaient pas soutenues ? ».
9 Oct 2011 | Non classifié(e)
L’aventure des jeunes filles de Trente réunies autour de Chiara ne pouvait laisser indifférente la population de la ville, qui comptait alors quelques dizaines de milliers d’habitants, pas plus que l’Église du lieu. Le comportement des jeunes filles de la « maisonnette » de la place des Capucins, siège du premier « focolare », laissait stupéfaits grands et petits. Dans ce modeste appartement, les pauvres étaient chez eux. Les problèmes sociaux de la ville, saignée à blanc par la guerre, ces jeunes filles les faisaient leur. Elles pensaient vraiment réussir à les résoudre, en croyant simplement à la vérité des paroles de l’Évangile. En aimant chaque « frère », chaque prochain, l’un après l’autre. Chiara écrivait : « Parmi toutes les Paroles, notre charisme nous souligna immédiatement celles qui concernaient spécifiquement l’amour évangélique envers chaque prochain, et pas seulement envers les pauvres, lorsque nous avons lu dans l’Évangile ces paroles de Jésus : “Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères – c’est-à-dire à tous, ajoute Chiara – c’est à moi que vous l’avez fait !” (Mt 25,40). Alors, notre vieux mode de concevoir le prochain et de l’aimer s’est écroulé. Si le Christ était d’une certaine façon en tous, on ne pouvait faire de discriminations, on ne pouvait avoir de préférences. Les concepts humains qui classifiaient les hommes ont volé en éclat : compatriote ou étranger, vieux ou jeune, beau ou moche, antipathique ou sympathique, riche ou pauvre, le Christ était derrière chacun, le Christ était en chacun. Et chaque frère était réellement un “autre Christ” – si la grâce enrichissait son âme – ou un “autre Christ”, un Christ en devenir – s’il était encore loin de lui. « En vivant ainsi, nous nous sommes rendu compte que le prochain était pour nous la route pour arriver à Dieu. Bien plus, le frère nous est apparu comme une arche sous laquelle il était nécessaire de passer pour rencontrer Dieu. Nous avons expérimenté cela dès les premiers jours. Quelle union à Dieu le soir, pendant la prière ou dans le recueillement, après l’avoir aimé toute la journée dans les frères ! Qui nous donnait cette consolation, cette douceur intérieure si nouvelle, si céleste, sinon le Christ qui vivait la phrase : “Donnez et on vous donnera” (Lc 6, 38) de son Évangile ? Nous l’avions aimé toute la journée dans les frères et voici que lui nous aimait à son tour. Et de quelle utilité nous a été ce don intérieur ! C’étaient les premières expériences de la vie spirituelle, de la réalité d’un royaume qui n’est pas de cette terre. Ainsi, dans le merveilleux chemin que l’Esprit nous montrait, l’amour du prochain fut un nouveau fondement de notre spiritualité ».