[:it]Per un Natale di pace[:de]Damit die Menschheit am Leben bleiben kann, müssen wir den Mut haben, „den Frieden zu erfinden“.
Pour que l’humanité puisse continuer à vivre
nous devons avoir le courage « d’inventer la paix »
Nous nous sommes sûrement demandé
comment les kamikazes peuvent en venir à sacrifier leur vie pour la cause du errorisme.
Nous devrions être capables de donner notre vie
Pour la cause de cet immense idéal qu’est l’amour pour Dieu et pour nos frères.
Un amour à la portée de tous,
parce que l’amour fraternel est inscrit dans le cœur de tout homme
On verrait alors fleurir partout cette fraternité que Jésus a apportée sur la terre
en se faisant notre frère et en nous faisant frères les uns des autres.
Peut-être la providence divine se sert-elle aussi des destructions et des catastrophes
pour susciter un sursaut inattendu des consciences
et des énergies insoupçonnées
afin de construire une paix nouvelle et de « redonner souffle » à l’humanité.
Bon Noël,
un Noël de Paix !
Chiara Lubich
(Extrait de l’Editorial du n° 24/2003 de Città Nuova)
Syrie: une guerre longue
Celui qu’on attend (Igino Giordani)
La merveille de la Rédemption débute avec la naissance du Rédempteur: le roi de la création ne trouve pas une pièce pour venir au monde, tout comme il ne trouvera pas, par la suite, une pierre où faire reposer sa tête.
Il fut l’homme par excellence. Il se présente à l’humanité pour laquelle il était venu, sous le visage d’un bébé, couché dans une mangeoire.
Même les Romains attendaient le Sauveur du monde sous les traits d’un jeune homme qui aurait inauguré un nouveau cycle, une nouvelle Ère. De même les grecs, et aussi les Perses.
Quant aux Juifs ils l’attendaient à la Lumière des prophéties, projetant sur Celui qui viendrait les espérances messianiques d’une renaissance du passé avec un renversement des choses.
Un renversement déjà signifié par cette humble naissance : elle mettait le Fils de Dieu au rang des victimes des guerres et des inondations, au milieu des sans-abris, des pauvres, au niveau le plus bas de la misère universelle, tout comme serait sa mort sur le gibet de la plus grande ignominie.
Quelle présentation insolite du divin: une nuée d’anges au-dessus et au-dessous des bergers en petits groupes. Mais plus stupéfiantes encore furent les célestes mélodies entonnées par les anges entourant cette singulière naissance: Gloire à Dieu dans le Ciel! Paix sur la terre aux hommes!
La gloire pour Dieu va de pair avec la paix pour les hommes, c’est en substance l’écho de ce message. La paix de Dieu c’est sa gloire. La gloire des hommes c’est leur paix.
C’est un lien vital qui intègre en lui-même le rapport des valeurs divines et humaines induites par l’Incarnation: grâce à elle la nature divine et la nature humaine s’unissent en une seule personne qui relie alors l’infini à ce qui est fini, l’éternel à ce qui est transitoire, la gloire à la paix.
C’est un lien si fort qu’on ne peut séparer la gloire de Dieu de la paix des hommes. Si l’une existe, l’autre aussi, et inversement.
Mais qu’elle est grande et riche de conséquences cette première annonce évangélique, elle qui précise par avance l’effet de l’amour sur les personnes et sur la société : ce fils de prolétaire est porteur d’une loi d’amour qui instaure un monde nouveau. Cet effet c’est la paix. Et s’il y a la paix, cela veut dire que dans l’esprit de chacun et dans les relations avec tous, agit cette lumière divine qui est la charité ; cela signifie que les hommes se sentent frères parce qu’ils respirent la présence d’un unique et même Père.
La plus grande gloire que les hommes peuvent rendre à Dieu au plus haut des cieux c’est d’assurer, avec bonne volonté, la paix entre les êtres raisonnables de notre planète, l’une des plus basses, débordante de la méchanceté des uns envers les autres.
Grâce à la paix, notre vie terrestre se divinise. Si au lieu de perdre notre temps à nous haïr on se met à le gagner en nous aimant, on abrite en nous le Très-Haut qui demeure ainsi dans son essence, dans son milieu : l’amour. Dieu – nous enseignent les mystiques – ne demeure que dans la paix.
Voilà comment, en raison de la présence du Christ, une étable se transforme en paradis; une simple cabane peut devenir une église ; un bureau aussi, et même un Parlement !
(Igino Giordani, Parole di vita, SEI, Torino, 1954, pp. 21-23)
Justice, un exercice continu
“Je travaille dans la justice pénale (province de Santa Fe) depuis vingt ans. Ma profession n’est pas une bonne carte de visite dans l’Argentine d’aujourd’hui où les relations se sont dégradées: avec ou sans raison, institutions et fonctionnaires font l’objet de soupçons permanents.
Depuis ma première expérience avec les Gen (jeunes du mouvement des Focolari), la spiritualité de l’unité éclaire ma vie et donne sens à ma présence dans ce milieu où le délit, la violence, le non-amour sont plus présents que « l’amour, qui est la plénitude de la loi », comme le dit Saint Paul. Au cours de ces années de défis permanents, j’ai cherché à orienter la formation professionnelle, l’éthique, les plans de carrière, les relations sociales au service des personnes et certaines avancées laborieuses dans cette direction ont jalonné mon parcours de façon déterminante.
Lorsque, mon épouse et moi, avons décidé d’adopter un enfant, nous n’avons pas voulu recourir à des connaissances qui auraient pu accélérer nos démarches d’adoption, alors que d’autres couples, renvoyés à leur solitude, souffraient de voir les leurs suspendues. Nous avons été enfin convoqués : la fonctionnaire de service, qui me connaissait, resta très surprise de notre attitude durant toutes ces années d’attente. Avec l’arrivée de notre fille adoptée, nous avons eu la confirmation que les plans de Dieu sont parfaits et ne se réalisent que si nous faisons Sa volonté.
J’ai dû une fois m’occuper d’un procès où l’accusé était prêt à se faire justice lui-même en cas de verdict défavorable. Par ailleurs je continuais à recevoir des lettres anonymes inquiétantes évoquant le caractère dangereux de ce prévenu et ses liens étroits avec le pouvoir local. Malgré tout, je suis resté fidèle aux exigences juridiques du procès et à plusieurs reprises j’ai dû lui rappeler fermement les obligations que la procédure exigeait. Le verdict final ne lui a pas été favorable, mais j’avais construit avec son avocat une relation de confiance qui dure encore aujourd’hui. Le procès une fois terminé, cette personne est venue me saluer : elle tenait à me dire qu’elle reconnaissait avoir eu des attitudes violentes et que, dans certaines situations où elle sentait monter la violence en elle, elle confiait à son fils la solution de problèmes qu’elle ne pouvait pas résoudre elle-même.
Comme les procès font l’objet d’une instruction écrite, il en résulte une montagne de papiers dont la consultation s’avère difficile. Aussi arrive-t-il souvent de voir que les accusés et leurs proches en souffrent, sans pouvoir rien faire. C’est dans ces moment-là que la mise en place d’espaces de partage permet de mettre en valeur la dignité de chacun, premier pas vers l’espérance d’une vie meilleure.
Parfois le seul fait d’écouter une personne de tout son esprit et de tout son cœur, peut nous apporter un éclairage qui dépasse le cadre formel de la procédure et de l’interrogatoire d’un détenu : il peut alors arriver que l’accusé confie le drame qu’il vit et que, grâce à une juste connaissance des faits, le juge puisse prendre une décision vraiment humaine. Cela m’est arrivé très souvent, par exemple lorsque j’ai ordonné un examen psychiatrique pour un détenu que j’avais écouté en profondeur. Il courait en fait le risque d’une tentative de suicide et ce choix fut déterminant pour qu’il retrouve son équilibre.
Vous le savez mieux que moi: ce qui fait la différence, toujours et partout, c’est l’amour, y compris dans l’exercice de la justice”
(M.M. – Argentine)
