13 Avr 2018 | Non classifié(e)
« Nous ne serons jamais capables de mesurer l’aide que nous apportent nos frères. Quel courage imprime en nous leur foi, quelle chaleur leur amour et combien leur exemple nous entraîne ! » (Chiara Lubich 1920-2008), auteure de ces lignes, est connue comme celle qui a su entraîner à la suite du Christ des centaines de milliers de personnes, qui a tissé des liens avec des bouddhistes, des musulmans, a été suivie par des personnes sans convictions religieuses et a redonné souffle à la politique, à l’économie. Ce qui, entre autres choses, a valu à Chiara Lubich d’être tout simplement « Chiara », c’est bien sûr l’amitié vécue avec ses premières compagnes. Tout a commencé par son choix de Dieu et sa consécration dans la virginité en 1943 à Trente. Mais très vite ce n’est plus une seule personne, mais un sujet collectif qui se mobilise, agit, prie et aime: Chiara et ses premières compagnes auraient pu rester des personnes ordinaires, mais elles ont été au contraire des phares dans les cinq continents. Cette histoire a quelque chose d’inouï, et pourtant elle est simple. Elle s’éclaire si l’on ouvre l’Évangile de Jean au chapitre 13 : « Je vous donne un commandement nouveau : que vous vous aimiez les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres » (Jn, 13, 34) Un commandement réalisable que si l’on est ensemble. Lorsque, dans les refuges, elles écoutent ce passage elles échangent un regard complice, tout en mesurant l’engagement demandé. Elles n’hésitent pas à se déclarer réciproquement : « Je suis prête à t’aimer jusqu’à donner ma vie pour toi ». Chiara le considérera comme la pierre angulaire sur laquelle reposera l’ensemble du Mouvement des Focolari. Ce n’est certes pas une chose inédite dans l’histoire de l’Église. Mais il y a peut-être quelque chose de nouveau. Chiara partage avec ses compagnes ce qu’elle vit et tout ce que l’Esprit Saint lui suggère. Entre elles existe un lien solide comme le roc, et je voudrais ici illustrer la qualité de cette relation qui met en valeur, libère les potentialités et construit une œuvre de Dieu.
Nous sommes en 1954. Dix ans se sont écoulés. A Rome, Giosi, Graziella, Natalia, Vittoria (appelée Aletta), Marilen, Bruna, Giulia (Eli) vivent dans le focolare de Chiara. Un jour, tandis qu’elle s’arrête et les regarde, lui revient à l’esprit une phrase du livre des Proverbes: “La sagesse a taillé ses sept colonnes » (Proverbes, 9, 1) Elle voit sept jeunes femmes, chacune avec un talent, unies et bien enracinées en Dieu. Voilà les sept colonnes de la sagesse, les sept couleurs de l’arc-en-ciel jaillies d’une seule lumière, l’amour. Sept aspects de l’amour, interdépendants, qui procèdent l’un de l’autre et se fondent l’un dans l’autre. A Giosi, Chiara confie la gestion de la communion des biens et des salaires, mais également les personnes dans le besoin : c’est le rouge de l’amour. A Graziella reviennent « le témoignage et le rayonnement », exprimés par la couleur orange. Natalia avait été sa première compagne : à elle d’incarner le cœur de cet idéal, étreindre Jésus abandonné dans son cri de douleur sur la croix. Elle emportera ce secret au-delà du rideau de fer. Voilà qui nous renvoie à la couleur jaune de l’arc-en-ciel, « la spiritualité et la vie de prière ». On se souviendra d’Aletta comme de celle qui sut insuffler aux membres du Mouvement l’intérêt qu’on doit porter à la santé, pour former une communauté unie dans l’amour : c’est ce qu’elle fit au Moyen-Orient meurtri par la guerre. Chiara lui confia tout ce qui se rapporte à « la nature et la vie physique », exprimé par le vert de l’arc-en-ciel. Marilen, qui vécut quinze ans dans une tribu de la forêt camerounaise en témoignant d’un respect inconditionnel pour sa culture, fut chargée du bleu : l’harmonie et l’environnement domestique. Bruna était une intellectuelle. Chiara vit en elle celle qui devait veiller aux études: l’indigo. A Eli, qui était toujours à ses côtés, attentive à ce que tous les membres du Mouvement dans le monde vivent à l’unisson, elle confia le violet, « l’unité et les moyens de communication ». Parmi ses compagnes, d’autres assumeront successivement des tâches particulières : ce fut le cas de Dori, Ginetta, Gis, Valeria, Lia, Silvana, Palmira.
Chiara voulut elle-même préciser : « La « philadelphie » (l’amour fraternel) est plus qu’une réalité. Tout de suite après mon union personnelle avec Jésus, c’est en elle que je puise la force pour affronter les croix. Chacune se soucie en effet des besoins de l’autre. Ici on passe de la sagesse partagée […] aux conseils pratiques concernant la santé, l’habillement, l’aménagement de la maison, l’alimentation, aux entraides continuelles. Ici on peut être sûr de ne jamais être jugé, mais aimé, excusé, aidé. Entre nous circule un sang domestique, mais d’origine céleste. Quand je veux vérifier si j’ai d’une inspiration, si un article est à corriger, je le leur lis en leur demandant seulement de taire tout jugement. Elles le font et alors en moi s’amplifie la voix de Jésus: « Là ça va, ici reviens à la ligne, ici explique mieux ». Je relis le texte avec elles et nous le trouvons comme nous le souhaitions ». Il n’est pas surprenant que Chiara nous ait laissé cette phrase comme testament : « Soyez toujours une famille ».
13 Avr 2018 | Focolare Worldwide
La guerre civile et les continuelles tensions ont fait de la Syrie un pays ravagé. Il y a ceux qui ont perdu leur travail et qui sont contraints à dépenser leur épargne pour survivre et se soigner. Médecins, enseignants, et beaucoup de praticiens ont émigré à l’étranger. Celui qui est resté a bien souvent perdu la maison et a rejoint des quartiers déjà bien surpeuplés. Les secteurs pour lesquels il faut agir d’urgence pour la reconstruction future sont ceux qui soutiennent le revenu, l’instruction et l’assistance médicale. Activités du programme : 1. Soutien à l’étude et à la formation scolaire – Homs et Damas – École des devoirs, assistance à l’étude, repas et fournitures matérielles didactiques pour 220 jeunes ; 2. École EHIS pour sourds et muets – Alep – Cours scolaires et activités extra pour 75 enfants ; 3. Cours professionnels – Alep – Cours d’artisanat traditionnel syrien ; 4. Assistance sociale et sanitaire – Homs et Kafarbo – Accès aux soins médicaux pour les malades du cancer (chimiothérapies et compléments alimentaires), soutien pour l’exécution d’interventions chirurgicales, soutien pour les malades qui souffrent d’insuffisance rénale, soutien économique pour d’autres services médicaux (radiographies, analyses…), soutien psychologique ; 5. Soutien au revenu familial – Kafarbo, Homs, Alep et Damas -. Octroi mensuel de subsides financiers pour l’alimentation, les dépenses du loyer/de la restructuration, support de soins médicaux. Le déroulement des activités garantit le travail d’ environ 70 personnes entre enseignants, opérateurs sociaux, formateurs et assistants et implique environ 50 volontaires. Lieux Kafarbo – Homs – Alep – Damas Bénéficiaires 200 familles pour le soutien au revenu – 114 malades pour assistance médicale – 295 jeunes pour l’assistance à l’étude et à la formation Coûts du programme Coût total € 293.138,33 – Contribution demandée à l’AMU : € 241.586,20 Pour soutenir le programme : Actions pour un Monde Uni ONLUS (AMU) – Banca Popolare Etica IBAN : IT16 G050 1803 2000 0001 1204 344 Code SWIFT/BIC : CCRTIT2184D Actions Familles Nouvelles ONLUS (AFN) – Banca Prossima IBAN : IT55 K033 5901 6001 0000 0001 060 Code SWIFT/BIC : BCITITMX Communication : Programme Urgence Syrie Les montants versés sur les deux comptes courants pour Urgence Syrie seront gérés conjointement par AMU et AFN.
12 Avr 2018 | Focolare Worldwide
« Depuis trois ans environ, nous, Jeunes pour un Monde Uni de Rome, nous travaillons avec les éducatrices, l’administration pénitentiaire et le “Comité G9”, un groupe de huit détenus du même secteur de la prison de Rebibbia qui, bien que sans enfants, se sont engagés à favoriser les occasions de rencontre entre les autres détenus et leurs familles respectives ». C’est Raffaele Natalucci, un jeune romain de 29 ans, qui nous raconte cette aventure. « Trois fois par an nous montons des stands où parents et enfants ont un espace pour rester ensemble, jouer et dessiner avec les plus petits. Environ trois cents personnes participent à ces événements organisés sur l’espace vert, la cour intérieure de la prison: des détenus, leurs familles et de nombreux bénévoles venus de l’extérieur. Au cours d’une de ces animations, nous avons recueilli le témoignage d’un détenu : « La privation de liberté nous rend étrangers à la réalité. A force de rester dans une cellule, entre quatre murs, la vue elle aussi diminue. Ceux qui ont bénéficié de permissions de sortie racontent qu’ils avaient de la difficulté à regarder au loin, en direction de l’horizon. La possibilité d’accomplir des travaux à l’intérieur de la prison veut dire beaucoup pour moi. Avant j’utilisais mes talents pour mener des actions illégales, mais ce que je faisais fondait comme neige au soleil. En revanche travailler à l’organisation de manifestations sportives ou à des initiatives en faveur des autres détenus en vaut cent fois la peine ». Raffaele poursuit: « En tant que Jeunes pour un Monde Uni nous sommes en train de vivre une expérience très forte: l’ordre de la police, qui veut qu’on laisse tout objet personnel à l’entrée de la prison, résonne chaque fois comme une invitation à abandonner aussi nos préjugés, en allant au-delà des barrières qui la sépare du monde extérieur, pour construire une relation authentique avec les personnes détenues, au point que désormais nous nous appelons le « comité externe ». Nous avons mis en route un « Projet sur la légalité » avec une série de rencontres thématiques à l’intérieur de la prison. En plein accord avec les éducatrices, les détenus et avec l’aide d’experts, nous avons choisi d’approfondir quelques sujets, par exemple les relations interpersonnelles, l’intégration entre les cultures, la « légalité du nous », la redécouverte des aptitudes personnelles et la réinsertion professionnelle ». « A l’occasion de la Fête des pères, le 19 mars, nous avons invité le psychologue Ezio Aceti pour parler de la « paternité» à environ 70 détenus dans le théâtre de l’institution pénitentiaire. Une intervention centrée sur les attentes et les besoins de l’enfant. « Prendre acte des pensées de l’autre, se présenter dans la vérité, montrer une image positive – a expliqué Aceti – sont les préalables nécessaires afin que la rencontre entre les détenus et leurs enfants soit fructueuse ». Au cours du débat un prisonnier a demandé : « Que peut dire à sa fille un père condamné à la prison ? ». « Que son père s’est trompé, mais qu’il est en train de faire toute sa part » a été la réponse. « Si la fille perçoit chez son père de la cohérence et le courage de se relever, elle gardera cette image de lui ». Et d’ajouter : « Être père consiste à maintenir un lien vital. Il faut transmettre aux enfants cette relation filiale. Ils vivront ainsi une expérience positive et se souviendront de leur père en prison ». Le psychologue a enfin encouragé les détenus : « Éduquer un enfant ne veut pas dire qu’on ne se trompe pas, mais faire toute sa part malgré ses erreurs. L’enfant apprendra ainsi à être tolérant. Vous pouvez être de bons pères même si vous vous êtes trompés. Au fond, il nous arrive à tous de nous sentir découragés, mais aussi d’entendre dans notre cœur une autre voix nous dire : relève-toi, recommence. Ce qui est important, ce n’est pas le nombre d’erreurs commises, mais toutes les fois où vous vous relevez. Le miracle c’est qu’à force de se relever le changement arrive ».
11 Avr 2018 | Non classifié(e)
La première édition de ‘’Gen Rosso Music and Arts Village’’ s’est à peine conclue à Loppiano (25 mars- 1er avril 2018), expérience résidentielle d’approfondissement artistique à la lumière du charisme de l’unité, adressée aux jeunes entre 18 et 30 ans, avec des professionnels et des étudiants en musique, danse, chant et théâtre. Avec une méthodologie didactique envisagée comme projet par le tuteur du Gen Rosso , le programme a été élaboré avec des ateliers pratiques suivis par des échanges d’expériences avec des experts de réputation nationale et internationale. Parmi ceux-ci, Gabriel Ledda, danseur, parmi les huit champions mondiaux de hip hop ; Pierluigi Grison, danseur et chorégraphe de réputation internationale, expert en théâtre-physique et théâtre-danse ; Antonella Lombardo, danseuse et enseignante, promotrice du Festival de l’Harmonie entre les Peuples et d’un projet en Terre Sainte avec des jeunes musulmans, chrétiens et juifs. Ils ont dit : Jorge Santana, tuteur, professeur de l’art théâtral à l’université de Madrid : « Un réel rapport s’est créé entre nous, qui a abouti en art et beauté ». Emanuele Chirco, poly-instrumentiste et tuteur : « La rencontre avec des jeunes qui proviennent de contextes et d’ethnies différentes crée de nouvelles habitudes, dynamiques qui jusqu’à l’instant avant sont une inconnue. C’est le miracle de la musique mais aussi de l’unité ! ». Quelques participants : «La semaine la plus belle de ma vie ». « Je suis arrivée en pensant rejoindre un Talent Show pour comprendre ce que je vaux, et je me retrouve avec une nouvelle et inattendue expérience de ce que je vaux et de mes talents ». « J’ai redécouvert l’art comme don».