Mouvement des Focolari
D’une mangeoire à la Croix

D’une mangeoire à la Croix

20180217-01

Foto: Pixabay

Jésus est ce pauvre dont la vie débute dans une mangeoire et se termine sur une croix – et, comme fils de charpentier, quand il débute sa grande activité publique, il n’a pas de lieu où demeurer, ni d’endroit où reposer sa tête. Ni rien à manger. Il n’agit pas sur la douleur et sur les détresses des hommes en leur restant extérieur: il y entre personnellement, porte nos poids, et cela jusqu’au moment de l’abandon et de la mort. Il n’anéantit pas par un éclair la puissance écrasante de ses propres ennemis, mais il se laisse flageller et bafouer, tout en pardonnant à ceux qui lui font du mal. Il ne transforme pas les pierres en pain pour apaiser sa propre faim, mais il fait naître en nous la soif de la Parole de Dieu, de la vie, de la justice, de la vérité… qui sont beaucoup plus essentielles que tout  ce qui vient satisfaire momentanément  notre  bien-être. Lorsqu’il rencontre les petits, les pauvres et ceux qui souffrent, Jésus ne les évite pas parce qu’il a  des choses plus importantes à faire  que de les aider. L’enfant, le malade, le pécheur, la mère éprouvée bousculent ses programmes, touchent son cœur. Jésus ne poursuit pas de sombres intérêts, il n’a pas d’arrière-pensées secrètes, ni mystérieuses, il est entièrement clair et transparent. Qui le voit voit en lui le Père. En présence du péché du monde, en présence de notre misère, Jésus ne dit pas: «Regardez-moi ça !»; il prend au contraire tout sur  lui ; et il installe ainsi la paix dans et par son propre sang. Jésus n’esquive pas les contradictions, mais il les supporte jusqu’à l’extrême : c’est le premier de l’incommensurable foule des persécutés et des déshérités. Voilà qui est Jésus : les hommes et les femmes qui le suivent expérimentent dès à présent, dans leur propre humanité, une liberté, une joie et une profondeur qu’ils n’ont jamais trouvée ailleurs.  (Extrait d’une homélie du 01 11 1979)  Klaus Hemmerle – La luce dentro le cose (La lumière au-dedans des choses) – Città Nuova 1998 p. 49-50

Nouvel An chinois

Nouvel An chinois

ChineseNewYear_Loppiano_03La fête du printemps (春節, 春节, chūnjié) ou nouvel an lunaire ( 農曆新年, 农历新年, nónglì xīnnián), en Occident connu comme nouvel an chinois, est une des festivités traditionnelles chinoises les plus importantes et les plus senties, au cours de laquelle on célèbre le début de la nouvelle année selon le calendrier chinois. Les célébrations commenceront le 16 février et se poursuivront pour environ deux semaines, jusqu’à la Fête des Lanternes, avec de nombreuses activités, des spectacles et des marchés. La veille du Nouvel An, les familles se réunissent pour le ‘’dîner des retrouvailles’’, le repas le plus important de l’année. A cette occasion, plusieurs générations s’asseyent autour de tables rondes en savourant la nourriture et le temps ensemble. Chaque route, chaque maison ou immeuble est décoré de rouge, la couleur principale des festivités. Prier dans un temple pendant le Nouvel An s’avère être de très bonne augure pour la nouvelle année qui commence. A Shanghai, des milliers de personnes se rendent au Temple Longhua, le plus grand de la ville. A Loppiano, citadelle internationale des Focolari, où plusieurs habitants proviennent de l’Extrême Orient, on fêtera l’entrée dans l’année du Chien avec une fête, le samedi 17 février, pour entrer dans les cultures de l’Asie à travers des jeux, l’art, la musique et les danses.

Fiancés : la force du témoignage

Fiancés : la force du témoignage

P1320454La session internationale pour fiancés, organisée par Familles Nouvelles des Focolari, à laquelle ont participé 65 couples, s’est terminée depuis peu à Castel Gandolfo (Rome).  En plus des exposés sur le choix du conjoint, sur la façon d’identifier et de surmonter les crises relationnelles, d’amples développements ont eu lieu sur la communication, l’affectivité et la spiritualité,  et aussi des moments de partage. Les histoires  vécues ont eu un grand succès.  Une parmi d’autres ? Massimo et Francesca vivent à de Rome et sont  mariés depuis 17 ans, lui est manager dans une société de télécommunications, elle enseigne l’italien à des étrangers. Francesca : selon les médecins, nous n’aurions ni pu ni dû avoir des enfants et en cas de grossesse, celle-ci ne serait pas arrivée à terme. Une condamnation sans appel. A l’inconfort des premiers moments, suit une rassurante conviction : la fécondité ne réside pas seulement dans la capacité biologique mais dans le fait de savoir générer de l’amour autour de soi. Aussi continuons-nous  à porter de l’avant, avec le même enthousiasme, les initiatives qui avaient accompagné nos choix de jeunesse. Ouverts à la vie, malgré les épouvantails en série et les avortements traumatisants. P1320237Au bout de deux ans à peine, nous découvrons que nous attendons un enfant. Comme prévu, c’est une grossesse difficile, qui se fraie un chemin malgré les verdicts des médecins qui ne manquent pas de rappeler les graves risques que nous encourons et toutes les précautions que nous devons prendre. Au cours des nombreux moments difficiles, nous nous en remettons à Dieu, auteur de la vie, qui nous rend encore plus conscients du caractère précieux de ce petit paquet qui veut grandir en moi malgré les avis sévères des médecins. Notre tendresse réciproque s’intensifie, chassant les peurs et donnant du sens à notre souffrance. Alessandro naît à terme, tout-à-fait sain, quant à moi je vais bien, au grand étonnement des médecins qui néanmoins persistent dans leurs mises en garde :’’Maintenant vous avez un fils, ne vous hasardez pas plus loin’’. Massimo : Au contraire, nous restons ouverts à la vie, et après deux ans environ une nouvelle grossesse s’annonce, suivie d’une nouvelle vague d’incrédulité, de scepticisme, et de recommandations de la part des médecins. La grossesse avançant, il y a suspicion du syndrome de Down, à certifier avec l’amniocentèse. Une fois encore, malgré cette nouvelle traumatisante, nous sentons encore plus fort la certitude de l’amour de Dieu pour nous et pour notre fils, à qui nous voulons donner un accueil sans conditions. Nous renonçons ainsi au test et aux risques que celui-ci comporte et nous vivons dans le doute jusqu’à la naissance. Ce sont des mois de peur et d’inconfort que nous surmontons en misant à nouveau sur le fait de ne pas rester enlisés dans la souffrance, mais de vivre ces moments comme des occasions d’amour entre nous et avec tous. Lorsqu’il naît, Matteo n’a pas le syndrome de Down, mais présente une malformation cardiaque : il doit rester à l’hôpital jusqu’à l’intervention qu’il subira à  l’âge quatre mois. P1320257Francesca : Quatre mois durant lesquels la fatigue, et surtout l’impuissance face à la souffrance innocente nous mène à des moments d’incompréhension. Cette tension à vouloir s’aimer semble parfois s’évanouir, aussi parce que je dois rester à l’hôpital avec Matteo tandis que Massimo est à la maison avec Alessandro ou au travail ; on ne se voit que dans le service de pédiatrie et souvent, une phrase de travers suffit à faire hausser le ton. Massimo : Un soir, après avoir été à l’hôpital, tandis que nous nous saluons dans le couloir, nous ressentons tous les deux l’exigence d’un dialogue sincère, bénéfique, de cœur à cœur. Nous comprenons que parmi toutes nos préoccupations, la seule qui doit trouver de l’espace, est celle de nous aimer. Et maintenant aussi, quand les inévitables tensions du quotidien semblent reprendre le dessus, nous nous souvenons de ces moments de lumière où notre famille, éprouvée par la souffrance, a retrouvé  un amour plus vrai.    

De la Syrie à la Syrie

De la Syrie à la Syrie

Focolare_AleppoRobert Chelhod est né en Syrie à Alep en 1963. Il se trouve maintenant en Italie au siège de l’AMU (Actions pour un Monde Uni), près de Rome, pour faire le point sur les projets sociaux et sur l’organisation des aides. En 1990, il est retourné dans son pays d’origine pour ouvrir le premier centre des Focolari et est resté à Alep pendant 18 ans, avant d’aller au Liban en 2008. Quel est ton souvenir de la Syrie ? « Le régime n’a pas empêché le progrès. J’ai assisté à une floraison à tous les niveaux : la Syrie était pleine de touristes, l’économie était au maximum de son développement. Avant la guerre, le salaire minimum était de 500$, maintenant pour donner une idée, il est de 50$. L’apogée a été en 2010. Avec le printemps arabe en 2011, les problèmes internes ont commencé et s’en est suivie la guerre ». Comment as-tu vécu les années de la guerre en Syrie tout en étant au Liban ? « J’aurais voulu être proche de mon peuple, mais ce n’était pas possible pour moi de quitter le Liban à ce moment-là. La souffrance la plus grande était de voir des réfugiés syriens arriver au Liban. Ces personnes que je connaissais ! Des gens honnêtes, qui travaillaient bien, qui auraient été une ressource pour le pays ». En janvier 2017, tu es retourné en Syrie, un mois après la libération d’Alep. « Je suis resté trois mois ‘’à la maison’’, dans un cercle restreint. C’est seulement après trois mois que j’ai trouvé le courage de sortir et d’aller voir la partie la plus belle de la ville, rasée au sol. Revoir les lieux desquels je me suis toujours ‘’vanté’’, ou mieux, voir qu’ils n’existent plus cela m’a fait un grand choc. Quand je suis allé pour la première fois au vieux Suk, où tu ne trouves que des ruines, quelqu’un m’expliquait :’’ici les rebelles sont entrés, ici l’armée est venue…’’. Je pensais au nombre de personnes mortes à cet endroit. Et je sentais que je ne devais même pas juger celles qui ont détruit ma ville ». 20180214-03Comment as-tu trouvé les personnes à ton retour ? « Découragées et désillusionnées. Mais aussi désireuses d’aller de l’avant. Il y a une fatigue des années passées, des conditions de vie, mais en même temps, la volonté de repartir ». Que peut-on faire pour la Syrie aujourd’hui ? « Pour celui qui n’a pas la foi, continuer à prier. Et puis parier avec les Syriens que le pays est vivant. En Syrie, nous avons besoin de soutien. Pas seulement du point de vue économique, certainement important, mais de croire avec nous que ce pays, berceau de la civilisation, peut renaître. Que la paix est encore possible. Nous avons besoin de sentir que le monde sent notre souffrance, celle d’un pays qui est en train de disparaître ». Tu coordonnes sur place, les projets sociaux soutenus par l’AMU. Comment procédez-vous ? « Les projets varient entre l’aide pour la nourriture à l’aide pour la scolarisation. Ensuite il y a les aides sanitaires, car la santé publique, par manque de médecins, de médicaments et de matériel, ne réussit pas à répondre aux normes minimales d’accessibilité. En plus des aides faites aux familles, quelques autres projets plus stables se sont structurés : deux ‘écoles des devoirs’ à Damas et à Homs avec chacune 100 enfants, chrétiens et musulmans ; deux projets spécifiques pour la santé, pour les soins du cancer et pour la dialyse ; et une école pour enfants sourds et muets, active déjà avant la guerre. Ces projets offrent une possibilité de travail à de nombreux jeunes qui vivent sur place. La question du travail est fondamentale. Nous rêvons que dans un futur proche, il y ait la possibilité de travailler avec le microcrédit afin de faire repartir les activités. Alep était une ville pleine de commerçants, qui repartiraient aujourd’hui, mais il manque le capital de départ ». 20180214-02Beaucoup au contraire continuent à partir... « L’exode, surtout des chrétiens, est inarrêtable. La raison en est l’incertitude, le manque de travail. L’Église souffre, il s’agit historiquement de la terre des chrétiens, avant l’arrivée de l’islam. Et elle tente de faire tout ce qui est possible de faire pour aider et soutenir. Mais il y a trop peu de ressources. La majorité des jeunes se retrouve dans l’armée. Tu peux trouver l’un ou l’autre universitaire ou des adolescents. Mais la tranche d’âge de 25 à 40 ans est absente. Dans la ville d’Alep, on calcule une baisse des chrétiens de 130 mille à 40 mille, alors que beaucoup de musulmans sont arrivés, refoulés de leurs villes détruites ». Quel incidence cela a-t-il sur le dialogue interreligieux ? « A Alep, les chrétiens se considéraient un peu du pays . Avec la guerre, vu que les zones musulmanes ont été touchées, beaucoup se sont réfugiés dans les zones chrétiennes. Et donc les chrétiens se sont ouverts aux musulmans, ils ont dû les accueillir. L’évêque émérite latin d’Alep, Mgr. Armando Bortolaso, durant la guerre m’a dit :’’ C’est maintenant le moment d’être de vrais chrétiens’’. En même temps, les musulmans ont connu les chrétiens de plus près. Ils ont été touchés par l’aide concrète. Il y a le positif, il y a le négatif. Le positif est que cette guerre nous a unis davantage entre syriens ». Source : Città Nuova