Mouvement des Focolari
Economie de communion : regards de miséricorde

Economie de communion : regards de miséricorde

20161112-04 MichelPochet Une centaine de participants de 14 pays européens (du Portugal à la Russie), trois jours de communion intense, présents des entrepreneurs des débuts de l’Économie de communion (EdeC), de jeunes entrepreneurs, des étudiants et des économistes. “La rencontre a commencé par l’exposition du peintre français Michel Pochet sur « Dieu Miséricorde », racontent les organisateurs. Ses œuvres d’art ont servi de toile de fond pour toute la rencontre. En particulier les tableaux du « Bon Pasteur » et du « Bon Samaritain » ont inspiré les entrepreneurs à vouloir devenir, dans leur entreprise et leurs milieux de travail, ce que ces peintures représentent ». « Je suis venu pour en savoir plus sur de l’EdeC. J’étais plutôt critique, mais ces jours-ci j’ai compris ce que cela signifie : prendre soin des autres, même sur le travail. Il s’agit de construire des rapports entre les personnes. Cela m’a fait un grand bien de vous rencontrer tous. C’est fort de voir que les entrepreneurs de l’Économie de communion sont altruistes, que vous êtes ceux qui s’occupent des nécessités des autres. J’espère que je deviendrai sous peu l’un des vôtres ». C’est l’impression à chaud de Federico (Italie), étudiant en management. 20161112-01Trois jours de communion intense. Parmi les interventions, celle de l’économiste suisse Luca Crivelli sur les nouvelles formes de Social Business, en extrayant des idées intéressantes pour l’EdeC à 25 ans de sa naissance. Celle d’Anouk Grevin, Professeur à l’université de Nantes et à l’Institut universitaire Sophia, sur « le don et la gratuité dans l’entreprise, visant à poser des regards de miséricorde en mesure de « voir » le don dans le travail chez ses propres collaborateurs, de « le reconnaître », de « le remercier » pour un acte libre que personne ne peut acheter. Regards de miséricorde en mesure de mettre chacun en condition de donner le meilleur de soi, parce qu’il sent la confiance de l’autre et arrive à s’exprimer sans peur de se tromper ». Et celle de Herbert Lauenroth, expert en interculturel auprès du Centre œcuménique d’Ottmaring (Augsbourg), sur la miséricorde appliquée à la vie économique et politique. Un entrepreneur de l’Angleterre venu pour la première fois à une rencontre EdeC, disait : « Une chose que vous avez et que vous pouvez donner à ceux qui luttent pour un monde meilleur mais qui peut-être ne voit pas la lumière, est votre joie. C’est quelque chose d’incroyable ! Un véritable capital spirituel ». Et Peter, un jeune Serbe : “Je suis venu en pensant que ce pourrait être une perte de temps. Mais j’ai trouvé des gens ouverts, chaque dialogue fut important pour moi. Je tire un grand bénéfice de cette rencontre ». 20161112-03Le professeur Luigino Bruni, coordinateur mondial du projet EdeC, a rappelé le temps où vivait Chiara Lubich à Trente, avec le premier groupe des focolarines, lorsqu’elles invitaient les pauvres à leur table chez elles, « mettant la nappe et les couverts les plus beaux », soulignant par-là que « notre première manière de faire face à la pauvreté, avant même de donner les bénéfices, est de la faire entrer chez nous, dans nos usines, et de l’aimer par des  ‘’gestes de beauté’’ ». Un autre défi mis en évidence « pour arriver vivants au 50ème anniversaire de l’Économie de communion », concerne les entreprises. « C’est l’évidence même : la communion dans les entreprises doit trouver de nouvelles expressions plus visibles et radicales – affirme-t-il – en faisant participer à la « gouvernance » et surtout aux droits de propriété. Jusqu’à maintenant nous avons eu comme point de mire la culture et les motivations des entrepreneurs, mais dans une économie qui change tellement les entreprises coïncident de moins en moins avec les entrepreneurs ». Il a ensuite ajouté : “Un des aspects forts de l’EdeC de ces années, de sa résilience, est qu’elle a respiré avec tout son corps. Ce ne sont pas des personnes individuelles qui l’ont guidée, mais de nombreux membres actifs. L’EdeC est forte lorsqu’en chaque travailleur de l’entreprise se trouve la même énergie ». Pour résumer, a conclu Bruni : « Nous avons pris conscience que l’EdeC en Europe est encore très vivante après 25 ans, qu’elle continue à porter du fruit, à se développer dans de nouveaux domaines et de nouvelles régions. La présence des premières entreprises russes a été significative, ainsi que l’incubateur des entreprises au Portugal : cette Europe de l’Atlantique à l’Oural dont tous rêvent. C’est en plus une EdC jeune, ouverte (beaucoup de leaders de l’EdeC ne viennent pas du mouvement des Focolari) et qui se projette vers l’avenir ». Flickr: Photo gallery Le prochain rendez-vous est prévu pour 2017 en Belgique.      

Au Congo naît le Mouvement Politique pour l’Unité

Au Congo naît le Mouvement Politique pour l’Unité

IMG-20161102-WA0011« Le Mouvement Politique pour l’Unité est né à Kinshasa ! ». C’est avec ces paroles que l’honorable Upira Dieudonné, samedi 29 octobre 2016, a solennellement conclu la première rencontre à Kinshasa, du Mouvement Politique pour l’Unité. « L’actuelle situation politique dans la République Démocratique du Congo est délicate, il y a de fortes tensions politiques et sociales. Il y a quelques mois, il y a eu des heurts qui ont causé la mort de différentes personnes. Le pouvoir constitué et l’opposition radicalisent quelquefois leurs positions » écrivent-ils. On se demande alors comment on en est arrivés à concrétiser ce rendez-vous. « Cela s’est passé  après la participation au congrès de Rome, en juin dernier, avec des politiciens du monde entier : l’honorable Dieudonné Upira (député national de l’opposition dans la RDC) et Madame Georgine Madiko (député honoraire membre du Bureau de l’Assemblée Nationale, actuellement responsable politique d’une cellule d’un parti de la majorité présidentielle) ont décidé de faire quelque chose pour leur pays, expliquent-ils. Au-delà des différences politiques, les deux députés, à leur retour de Rome, approfondissent leur amitié, en échangeant sur leurs différentes opinions. Maintenant ensemble, ils rêvent de former des jeunes pour qu’ils soient leader en politique. Comme ils l’affirment, il s’agit « d’une formation à la véritable politique, qui porte en soi des valeurs ». C’est lors de leurs échanges qu’ils décident convaincus que le premier pas à faire pour un tel projet à Kinshasa, c’est le lancement du Mouvement Politique pour l’Unité. « Ceci permettrait de mettre en réseau différents acteurs qui travaillent en politique, qui font ou voudraient faire du bien par le biais de la politique », disent-ils. Ils organisent l’événement mais ils se demandent incertains : « les personnes invitées auront-elles le courage de venir, viendront-elles ? ». Ce sentiment d’incertitude grandit lorsque le samedi, jour fixé pour la rencontre, une pluie torrentielle s’abat quasiment d’une façon ininterrompue sur Kinshasa. A cause des routes en mauvaises conditions et du mauvais état des moyens de transport, les gens évitent le plus possible de sortir quand il pleut ! Malgré cela, trente personnes répondent à l’invitation, parmi lesquelles : députés et dirigeants de différents partis politiques, personnes de l’administration publique, professeurs de sciences politiques, étudiants, membres des mouvements  citoyens, avocats et journalistes. Le débat prévu donne lieu à un échange profond qui se passe dans un climat d’écoute réciproque. « Nous avons écouté des phrases telles que : »Nous voulons rester en contact avec vous, multiplier les échanges » ;  »Face à la perte des valeurs, nous devons travailler pour instiller le positif dans notre système éducatif, pour former des personnes qui demain seront de bons politiciens » ;  »Je sens que si je n’agis pas, Dieu me demandera ce que j’ai fait de tout ce qu’il m’a donné » ;  »Nous sommes jeunes et nous voulons apprendre de vous, les anciens. Ne nous oubliez pas » ». Les impressions, nées spontanément des participants, expriment la pensée des organisateurs et font de celle-ci un moment sacré. Dans la conclusion, Madame Georgine Madiko affirme : «  A travers notre agir, nous devons être une lumière dans un monde obscur. Nous devons prêcher avec l’exemple. Et à ceux qui, touchés par  notre comportement, demandent si nous faisons de la politique ou de la religion, nous répondons qu’une politique sans valeurs est la ruine des Nations ». Avant de nous quitter, un des participants propose : « Nous devons oublier nos titres, nous contacter régulièrement même seulement pour nous demander comment ça va. Je voudrais que chacun de nous parte d’ici avec la liste de tous les participants pour pouvoir les contacter par la suite ».  Le prochain rendez-vous a été programmé pour le 3 décembre. Gustavo Clariá

UNESCO: « Réinventer la paix »

UNESCO: « Réinventer la paix »

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STREAMING  10-13, 15-18 (CET, UTC+1)http://live.focolare.org/unesco   DISCOURS OFFICIELS: « Réinventer la paix » – discours de Maria Voce « Unité de la famille humane et culture de paix » – discours de Jesús Morán   Message du Papa François   SIF – Service de presse: Communiqué de presse – 10 novembre 2016 Communiqué de presse – 26 octobre 2016   Programme –  « Réinventer la paix »  Déclaration – « Réinventer la paix »    Chiara Lubich, 17/12/1996 –  Discours prononcé à l’UNESCO Video (italien)

Dialogue : parole-clé de ma vie

Dialogue : parole-clé de ma vie

Mons.Machado_FotoRaulSilvaMgr. Felix Machado est un passionné du dialogue interreligieux. L’amitié qui le lie à de nombreux leaders de différentes religions en témoigne dont une en particulier, la grande spécialiste hindoue Dr. Kala Acharya. Chacun parle de l’autre en l’appelant  »mon frère Félix » et  »ma sœur Kala », confirmant ainsi le profond partage qui les a amenés à considérer la fraternité universelle comme un point commun. Monseigneur, comment expliquez-vous votre propension au dialogue ? « J’ai grandi dans un culture rurale et cosmopolite. Vasai, en effet, siège actuel de mon ministère est aussi ma ville natale. Après avoir étudié la théologie en France et aux États-Unis de 1999 à 2008, j’ai presté un service auprès du Conseil pour le Dialogue Interreligieux au Vatican. Là j’ai pu acquérir beaucoup d’éléments en la matière et comprendre que la clé réside dans le fait d’établir des rapports réels et authentiques avec les personnes qui sont différentes de nous. Et donc, qu’ils soient leaders ou spécialistes, paysans ou pêcheurs, il est de mon devoir de chrétien de voir chacun comme mon frère ou ma sœur dans le Christ. Le véritable dialogue peut jaillir seulement d’une profonde écoute, du fait d’accepter l’autre et puis, si c’est nécessaire, on peut offrir les propres idéaux comme un cadeau. Voilà pourquoi j’apprécie le travail interreligieux réalisé par le Mouvement des Focolari, ici en Inde. Il s’agit d’une action basée sur l’authenticité, sur la confiance et la bonne volonté avec nos frères et sœurs hindous ». Machado2_FotoRaulSilvaAprès son voyage en Inde au début de cette année, Maria Voce, présidente des Focolari, a raconté qu ‘elle avait reçu un accueil chaleureux de votre part. « J’ai été heureux de lui souhaiter la bienvenue dans mon diocèse de Vasai et de me souvenir avec elle des premiers contacts que j’ai eus avec le Mouvement à travers deux focolarine qui travaillaient auprès du Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux. J’avais été impressionné par le grand amour qu’elles mettaient dans les activités les plus simples. C’est ainsi que je fus intéressé à connaître de plus près les Focolari et j’ai eu bien vite le privilège de rencontrer Chiara Lubich. Elle était simple, directe et croyait dans l’unité. Cette voie vers l’unité, elle l’a offerte à l’humanité à travers l’Église, en restant profondément fidèle à celle-ci et en travaillant pour l’unité de la famille humaine. Je suis heureux de voir comme en Inde, les Focolari portent de l’avant cet héritage par le biais du dialogue entre les religions, les cultures et les générations ». Face aux très nombreux défis que la famille humaine doit affronter en divers points du globe, dans quelle mesure est-ce important de poursuivre sur la voie du dialogue ? « Il s’agit d’un processus qui demande temps et dévouement et il arrive que le dialogue semble inutile lorsque nous nous heurtons à des épisodes de violence, dans la pauvreté et la discrimination sociale. Mais ce n’est pas comme ça. Personnellement, j’essaie de m’inspirer du Pape Jean XXIII, qui avait l’habitude de s’agenouiller en prière après une longue et dure journée, en disant :  »Seigneur, j’ai fait de mon mieux. Voici ton Église, maintenant c’est toi qui diriges ». En tant qu’êtres humains, nous avons la tendance à être impatients, mais Dieu ne l’est pas. Par conséquent, il est de notre devoir d’être semblables au Christ dans la façon d’aimer, de pardonner et de continuer à croire dans la fraternité universelle aussi et surtout lorsqu ‘elle semble inadéquate pour résoudre les problèmes actuels. Nous devons nous rappeler que nous ne pouvons pas imposer notre idée du temps à Dieu ».   Interview d’Annabel D’Souza

Accueil : une opportunité pour aller plus loin

Accueil : une opportunité pour aller plus loin

20161109-aLa ville de Como est revenue sur le devant de la scène dans les journaux pour l’important flux de réfugiés qui, contraints à cause des murs et des fils barbelés, doivent se diriger vers d’autres routes, en essayant de traverser la Suisse pour rejoindre les pays du nord de l’Europe, à la recherche de la chance ou du regroupement avec la famille qui les a précédés. Le trajet à parcourir, à pied ou avec les moyens du bord, est assez court mais à la frontière, les contrôles sont rigoureux et les refoulements, la règle. Le nombre de personnes qui campent augmente donc, dans l’attente de l’occasion propice pour éluder les contrôles : ce sont des hommes et des femmes, des familles avec des enfants en bas-âge, des mineurs non accompagnés. L’évêque, Mgr Coletti, dans un appel adressé à la ville, a demandé à tous de relever le défi de l’accueil et, en particulier, il s’est adressé aux communautés ecclésiales pour qu’elles mettent en pratique les œuvres de miséricorde, au cours du Jubilé de la Miséricorde. Une occasion de croissance, de développement. « Nous avons senti que cette invitation nous était aussi adressée – racontent les membres de la communauté locale des Focolari – et nous nous sommes tout de suite mobilisés en nous mettant à la disposition de Caritas au niveau diocésain qui est en première ligne dans l’organisation des aides. A travers le réseau de nos communautés, une réponse en cascade a émergé, réponse qui implique des personnes qui nous sont proches : les membres de nos familles, les amis, les connaissances. Il s’agit de récolter des aliments, des couvertures et d’autres objets de première nécessité, de couvrir les permanences de service dédiées à l’accueil des migrants, à l’accompagnement aux douches et à la cantine, à la distribution des vivres, à la cuisine, au nettoyage. Le soir, on sert jusqu’à 500 repas. On croise des regards perturbés, épouvantés, reconnaissants, parfois encore méfiants. C’est difficile de communiquer avec celui qui parle une langue inconnue. Mais le fait seulement d’être là, fatigués et en transpiration comme tout le monde, à déposer une assiette avec le sourire, en essayant de comprendre avec des gestes si le repas plaît, coude à coude avec les autres volontaires qui comme nous, se sont lancés dans l’aide des frères réfugiés, cela nous ressentons ainsi de faire partie d’une grande famille ». Une personne de la communauté au service dans la cantine écrit : « J’ai été touchée par la foi, par l’intensité de la prière de remerciement avant et après les repas des chrétiens coptes ». Et puis : « Dans le frère réfugié que nous accompagnons aux douches et que nous servons à table, en le regardant dans les yeux, nous reconnaissons Jésus qui nous répond : »C’est Moi… ! ». Et encore : « Après une soirée passée à servir, en partageant l’expérience avec d’autres volontaires des origines les plus variées, on en sort le cœur plein de sentiments et de résolutions ». Lors des festivités pour le saint patron de la ville de Como, on a vécu un après-midi tout spécial dans une basilique bondée, avec la présence de l’évêque et des autorités de la ville, avec la participation des migrants chrétiens érythréens, éthiopiens, somaliens et une représentation des plus de 500 volontaires. « La lecture du passage de l’Évangile sur le jugement dernier, en italien, anglais et espéranto , a suscité une grande émotion – racontent-ils. Le Père Claudio, missionnaire combonien de notre communauté, qui a passé plus de 30 ans dans ces pays et en connaît les langues et dialectes, se donne depuis des semaines pour assister les personnes qui campent dans les environs de la gare. L’évêque lui a confié la mission de les accompagner spirituellement, en leur mettant la basilique à la disposition. Jésus est venu aujourd’hui nous rendre visite dans ces frères migrants et nous voudrions, non seulement les accueillir mais répondre d’une manière concrète et avec une vision du futur ». Source : Movimento dei Focolari Italia