De Nairobi (Kenya), l’histoire de Millycent
https://vimeo.com/171607957
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Les attentes étaient très grandes autour de ce rendez-vous en gestation depuis 1961 (lorsque s’est réunie la première conférence panorthodoxe lancée par le Patriarche Athénagoras). Son titre est très significatif : « He called all to unity », « Il les a tous appelés à l’unité », extrait de l’hymne de Pentecôte dans le rite byzantin. De fait les différentes églises orthodoxes partageaient le désir de s’acheminer vers une synodalité et une communion plus explicite et de confirmer l’unité de l’Église orthodoxe. Nécessité aussi pour elles de se confronter ensemble aux nouveaux défis du millénaire. Cet événement marque un pas vers de nouvelles ouvertures : aussi bien pour ce qui est de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux que des découvertes scientifiques et technologiques ; il a consacré du temps à la question écologique, au drame des migrants, aux chrétiens persécutés au Moyen-Orient ; il étend son « horizon sur le monde actuel multiforme ». Ce Synode, convoqué après une décision synodale prise à l’unanimité par les chefs des quatorze Églises orthodoxes au cours de leur rencontre à Chambésy en janvier dernier, a été marqué dès son ouverture par une grande épreuve : l’absence physique de quatre églises sur les quatorze. L’Église orthodoxe russe ne s’est pas encore exprimée à ce sujet et attend la réunion du Saint Synode de juillet pour se prononcer au sujet de l’événement qui vient de se dérouler. Au Synode étaient aussi présents quinze observateurs, délégués des diverses Églises chrétiennes, qui ont pu participer aux sessions d’ouverture et de clôture du Concile. Par ailleurs, dans le monde entier, des chrétiens d’autres confessions ont accompagné de leurs prières cet événement important de l’Église orthodoxe : « Tous nous prions aussi pour le Concile panorthodoxe, je vous le confie comme si c’était le Concile de mon Église, parce que c’est mon Église en ce moment », avait dit Maria Voce à un groupe de focolarini de diverses Églises réunis à Rocca di Papa à la fin du mois de mai. Ce qui est souligné par plusieurs instances, ce n’est pas seulement l’aspect des délibérations finales au sujet des six documents signés par les patriarches [sur la mission dans le monde d’aujourd’hui, sur l’importance du jeûne, sur la relation de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien, sur le mariage, sur la diaspora Orthodoxe et sur l’autonomie des Églises] mais surtout le caractère propre de ce Synode, autrement dit le fait qu’il ait eu lieu et que l’occasion de cette rencontre soit enfin advenue. Avec la perspective que ce Synode ne reste pas un événement isolé, mais puisse se répéter et devenir une pratique au service de l’avancée de l’Église. Au retour de son voyage en Arménie, le pape François répond à un journaliste qui lui demande son avis au sujet du synode panorthodoxe : « Un avis positif ! Un pas en avant a été fait : non pas à cent pour cent, mais il y a eu un pas en avant. Les choses qui ont justifié, entre guillemets, [les absences] sont sincères, mais elles peuvent se résoudre avec le temps ». « Le seul fait que ces Églises autocéphales se soient réunies, au nom de l’Orthodoxie (…) est très positif. Je remercie le Seigneur. Au prochain synode ils seront plus nombreux. Béni soit le Seigneur ! » Et, en parlant à la délégation orthodoxe présente à la célébration de la fête des saints Pierre et Paul, François cite le Concile Panorthodoxe en souhaitant « des fruits abondants pour le bien de l’Église ». Maria Chiara De Lorenzo
“A ceux qui se sont déjà donnés à Dieu de tout leur esprit, de tout leur cœur, de toutes leurs forces et même au-delà de leurs propres forces, Dieu demande à un certain moment de Le choisir à nouveau. La première fois nous avons compris que Dieu devait être aimé par-dessus tout. Mais si l’on pouvait mesurer ce premier choix, nous trouverions qu’en réalité il contient 30% d’amour envers Dieu, 30% de rejet de la vie médiocre et vide que nous menions, 15% de joie et d’enthousiasme pour le fait de se donner pour une cause très belle et sainte, et pour l’un ou l’autre 10% de remord à cause des péchés commis antérieurement (…) En fait la première fois que nous avons sérieusement choisi Dieu, il est pratiquement impossible que nous ayons eu un amour total et plein envers Lui. Cependant, comme la perfection réside uniquement dans la charité, tous ces motifs secondaires qui au début nous ont aidé parce qu’ils étaient enveloppés par notre bonne volonté et par notre élan d’amour envers Dieu, réapparaissent petit à petit et nous freinent. Il est logique qu’ils resurgissent, parce qu’ils étaient déjà là avant, comme l’ivraie qui a poussé en même temps que le bon grain, comme le dit l’Évangile de Matthieu. Il s’agit de petits attachements, de défauts, de comportements qui ne reflètent pas une sainteté authentique, aussi ne construisent-ils pas le royaume de Dieu mais au contraire ils nous dérangent et dérangent les autres. Ce ne sont peut-être même pas des péchés véniels, mais ils ne sont pas non plus dictés par un amour pur. Que devons-nous faire à ce point ? Un nouveau choix de Dieu. Autrement dit vouloir que notre raison de vivre ne soit que l’amour de Dieu, l’amour pur et absolument rien d’autre. (…) Il s’agit de faire un saut qualitatif: je choisis d’aimer Dieu pour Dieu, non pas pour ce que j’éprouve, ni pour les fruits que cela engendre; mais de l’aimer pour Lui-même, pour répondre avec mon amour personnel à l’Amour personnel qu’Il a pour moi. Je dois trouver dans cette union avec Dieu ma raison d’exister, celle de ma vie quotidienne. Quand on parvient à cette relation avec Dieu, on devient des personnes libres, affranchie des conditionnements. Quoi qu’il arrive, calomnie, difficulté, préoccupation, motif d’amertume, rien n’altère la paix, parce que l’on vit comme greffés en Dieu. Et l’on trouve en Lui cette unité, cette joie, cette sérénité, que seul l’amour de Dieu peut donner (…) Une chose certaine est que le choix de Dieu est toujours à renouveler. Nous serons sans doute appelés à faire un troisième choix et puis un autre encore, parce que la vie en Dieu est toujours nouvelle, inépuisable et pleine de surprises ». Pasquale Foresi Source: Pasquale Foresi, Colloqui, Città Nuova Editrice, 2009
Ce que nous pouvons offrir – en engageant notre vie – est la nouveauté de l’Évangile. Avant de mourir, Jésus a prié : « Père que tous soient un ». Il a montré que nous sommes tous frères, qu’une unique « famille humaine » est possible, que l’unité est possible, des ue l’unité est notre destin. Aujourd’hui, ici, nous nous engageons à être des instruments de ce tournant, des instruments d’une nouvelle vision de l’Europe, des instruments d’une accélération sur le chemin vers l’unité en ouvrant un dialogue profond avec tous et pour tous les hommes et les femmes de notre planète. Dialogue possible grâce à la « Règle d’or », qui dit : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse » [« Comme vous voulez que les hommes agissent envers vous, agissez de même envers eux »] (cf. Lc 6, 31). Règle d’or qui, au fond, veut dire : aime. Et si l’amour devient réciproque, il fait fleurir, entre tous, la fraternité. Dans le fraternité universelle l’Europe peut redécouvrir sa vocation. Chiara Lubich écrivait déjà dans les années cinquante : « Si un jour, les peuples sauront se placer eux-mêmes après les autres, mettre de côté l’idée qu’ils se font de leur patrie (…) en vertu de l’amour réciproque entre les États que Dieu demande comme il demande l’amour réciproque entre les frères, ce jour-là sera le début d’une ère nouvelle ». Vivons donc en vue de cette ère nouvelle ! L’unité est possible ! » Maria Voce Manifestation Ensemble pour l’Europe Munich (Bavière), 2 juillet 2016