Mouvement des Focolari
Sportmeet dans les Balkans : quand le sport unit

Sportmeet dans les Balkans : quand le sport unit

Krizevci_2015_007Le sport peut-il aider à la réalisation d’un monde plus uni ? Peut-il créer un champ d’action et un instrument d’unité entre les personnes et entre les peuples ? Voilà quelques questions qui ont déclenché l’expérience des fondateurs de Sportmeet, en partant de leur passion commune pour le sport qu’ils se sont communiquée. “ Nous n’avons pas la prétention d’avoir la vérité en poche, nous nous sommes mis à chercher les personnes, les expériences dans le monde sportif qui pourraient nous aider dans ce travail. De là ont surgi ces année-ci, de manière synthétique, trois éléments qui déterminent l’identité de Sportmeet : la haute considération pour le sport en tant que phénomène significatif de la société ; la capacité et le but de réunir les personnes des catégories les plus diverses intéressées par le sport ; le défi de conjuguer théorie et pratique dans un contexte qui a tendance à séparer ceux qui étudient et ceux qui pratiquent le sport ». Voilà quelques extraits de l’intervention de Paolo Cipolli, président de Sprotmeet for a United World, à l’occasion de l’ouverture du septième congrès organisé par le réseau de Sportmeet à Krizevci (Croatie). Considérer le sport comme un dialogue avec la culture contemporaine, avec la conviction qu’il est possible d’apporter une aide spécifique, stimulante et positive à la culture, à la construction d’une citoyenneté active et responsable. Krizevci_2015_006Une centaine de participants – directeurs, enseignants de sciences de la motricité, pédagogues, athlètes, responsables de club sportifs, arbitres, éducateurs, étudiants universitaires, journalistes sportifs presque tous de conviction non religieuse – se sont donné rendez-vous du 2 au 4 octobre à la cité pilote « Mariapoli Faro » en Croatie. Ils venaient de différentes régions de Croatie et de Serbie. Etaient aussi présentes les institutions régionales et locales qui ont parrainé et financé le congrès, la télévision nationale, la radio locale et l’athlète Branko Zorko, coureur de demi-fond, trois fois champion olympique mondial sur 1500 mètres, natif du lieu et depuis longtemps en contact avec Sportmeet. Le thème “Temps libre comme ressource pour les jeunes générations”, a mis en évidence les grands changements et les risques qui viennent de l’utilisation massive d’internet et de la diffusion des nouvelles technologies, comme l’a souligné avec une préoccupation claire et passionnée Mirna Andrijašević de la faculté des sciences de la motricité de Zagreb. Alexandar Ivanosky de la faculté privée de Sport et Santé de Belgrade (Serbie), a souligné l’importance de la présence des adultes, appelé au défi de chercher avec les jeunes une approche créative – souvent seuls face aux puissants stimulants de la technologie et des réseaux sociaux. Milan Čapalija, psychiatre et Majda Fajdetić, pédagogue au ministère de l’éducation de Zagreb, ont mis en lumière les différentes méthodes de promotion pour une action pédagogique qui puisse remettre en valeur la contribution du jeu et du sport. Pour témoigner du climat d’estime et de confiance qui s’est accru ces dernières années, Alexandar Ivanosky (Serbie) mettait en lumière la capacité du sport croate d’exceller dans les jeux d’équipe et demandait une interaction plus étroite encore afin de partager l’esprit de fraternité qui anime ce groupe des Balkans ainsi que d’autres. En fin de rencontre, ils ont annoncé la prochaine Summer School 2016 qui se déroulera du 14 au 17 juillet, dans la ville de Krizevci.

Rome – Congrès mondial sur l’Education catholique

A l’occasion du cinquantième anniversaire de la Déclaration conciliaire Gravissimum educationis se tiendra à Rome le Congrès mondial «Eduquer Aujourd’hui et Demain. Une passion qui se renouvelle », promu par la Congrégation pour l’Education Catholique. Ce Congrès est ouvert à tous ceux qui sont concernés par la mission éducative dans les écoles et les Universités catholiques du monde entier. A partir d’une approche globale, il propose une réflexion sur l’apport que la communauté chrétienne peut offrir dans le cadre de contextes multiculturels et religieux qui évoluent rapidement. Les urgences actuelles, en matière éducative et sociale, exigent la mise en œuvre de   nouvelles propositions de formation, capables de transformer la réalité, d’être à la portée et de répondre aux exigences des enfants, des adolescents et des jeunes. Sont prévus des exposés, des témoignages et des tables rondes avec des experts de divers pays. Le Congrès s’articule autour de trois sessions:

  • La session inaugurale (18 novembre, dans la Salle Paul VI, Cité du Vatican)
  • La session centrale, subdivisée comme suit : « Ecole et Université » (19-20 novembre, au Centre Mariapoli de Castelgandolfo) et le « Congrès IOEC » (à l’Auditorium de la via de la Conciliazione _ Rome)
  • La session de conclusion (21 novembre, dans la Salle Paul VI, Cité du Vatican), avec la participation et l’intervention du Pape François.

Au cours de la session de conclusion, en présence du Saint Père, sera présentée la pédagogie de Service-Learning, une approche qui puise dans la Pédagogie de Communion de Chiara Lubich quelques uns de ses fondements philosophiques et méthodologiques. C’est un des parcours de formation qui a fait ses preuves et que la Congrégation pour l’Education Catholique conseillera aux instances éducatives du monde entier.

Istanbul – 34ème Congrès d’évêques de différentes Eglises.

“Dans un mois je recevrai à Constantinople les évêques amis du Mouvement » : c’est le Patriarche œcuménique de Constantinople lui-même, Bartholomée 1er, qui annonce à la presse la prochaine Rencontre d’Evêques de diverses Eglises amis des Focolari qui se tiendra à Istanbul du 25 au 30 novembre prochains. C’était à Loppiano, le 26 octobre dernier, au cours de l’interview qu’il a accordée aux journalistes, juste après avoir reçu le Doctorat honoris causa en Culture de l’Unité que lui a décerné l’Institut Universitaire Sophia. « Nous aurons une rencontre à Halki – poursuit-il – à l’Ecole de théologie où nous aurons l’occasion de nous souvenir tous ensemble de Chiara Lubich et de prier pour le repos de son âme. Nous pourrons aussi partager nos expériences et notre volonté de travailler à l’unité des Eglises. En tant qu’Eglise de Constantinople, nous sommes prêts à les accueillir, à donner nos expériences et échanger à nouveau le baiser de paix entre Orient et Occident ».

Protagonistes dans la construction d’un monde en paix

Protagonistes dans la construction d’un monde en paix

S’accueillir l’un l’autre, de la peur à la confiance. C’est le titre mais aussi le souhait de l’Assemblée européenne des Religions pour la paix ( RfP), l’organisme qui réunit au niveau mondial les leaders religieux pour cheminer ensemble dans la recherche de la paix et de la justice, et dont Maria Voce est parmi les coprésidents. En cette période Religions for Peace est engagée – entre autre – dans une campagne mondiale, le projet Faiths for Earth (Religions pour la terre). « Une initiative très importante » – déclare-t-elle – car « l’humanité se trouve face à un défi au niveau planétaire et avec très peu de temps disponible. Les religions sont appelées à descendre sur le terrain une fois encore, afin de convaincre les puissants des nations à intervenir. Je vois-là une situation providentielle en phase avec la lettre encyclique du pape François  »Laudato si », qui a suscité un grand intérêt mondial ». Dans son intervention lors de l’ouverture des travaux le 29 octobre, la présidente des Focolari parcourt à nouveau les événements récents qui ont transformé le visage de l’Europe. Face à « l’océan de  »réfugiés » sans précédent », phénomène qui de loin dépasse, numériquement parlant, les millions d’apatrides de la Seconde guerre Mondiale », Maria Voce met en évidence la situation dramatique qui « provoque en nous toujours plus d’effroi, perplexité, malaise ». Parmi les choses ciblées, également les  »dramatiques et discutables interventions militaires qui ont bouleversé des nations entières du Nord de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Afrique subsaharienne et d’autres conflits encore en cours. Et les pays européens ne sont certainement pas innocents face à ces conflits ». « La profonde crise d’identité du continent soulève des préoccupations, elle empêche d’affronter ces urgences d’une façon coordonnée et unitaire » et la constatation que « souvent ces personnes en fuite de la faim et de la guerre sont au centre des disputes qui suscitent des réactions nationalistes » et sont « instrumentalisées pour des calculs stratégiques ». Et voici qu’entrent en ligne de compte les « croyants, appartenant aux fois religieuses les plus variées, ensemble avec toutes les femmes et les hommes de bonne volonté ». « Nous sommes indubitablement différents – affirme Maria Voce – mais restons tous rapprochés par le même impératif, par le biais de la Règle d’or, disséminée et répétée dans toutes nos Écritures :  »Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent » ! Une référence éthique et spirituelle trop souvent oubliée, que le pape François a proposée comme véritable paradigme politico-social dans son discours au Congrès des Etats-Unis ». Une Règle qui « nous interpelle devant ces drames, nous invitant, en tant que leaders en tant que communautés, en tant qu’individus, à un engagement commun, concret, constant, héroïque si nécessaire, pour aller à la rencontre des foules d’humanité souffrantes ». Puis elle ouvre un interstice sur le rôle des religions, parce que, affirme-t-elle « justement la religion, reléguée depuis des siècles dans la sphère privée de la vie des individus et des communautés, est revenue à la mode à l’intérieur de la vie publique de nos pays », comme « protagonistes dans la construction d’un monde en paix ». « Voilà l’extraordinaire aventure qu’il nous est donné de vivre aujourd’hui et Religions for Peace est une plate-forme providentielle. Chacun de nous a un rôle bien précis dans son vaste engrenage. Nous sommes une très belle communauté internationale, interculturelle et interreligieuse, devenue une famille aussi et surtout par l’idéal commun », appuyé sur quelques points fondamentaux : l’unité dans la diversité, la réciprocité des rapports, l’égalité dans la dignité humaine commune. Sur cette « solide base », ce sera possible « d’offrir une contribution efficace pour la paix et la réconciliation en Europe et se donner « un point d’aboutissement, une ligne d’arrivée, un objectif qui se rejoint après un long et souvent laborieux chemin. La ligne d’arrivée est : l’humanité dans le dessein de Dieu réalisé, c’est- à- dire la fraternité universelle ».

Parole de Vie – Novembre 2015

C’est la dernière prière de Jésus au Père, celle où il Lui demande ce qui Lui tient le plus à cœur. En effet Dieu a créé l’humanité comme sa propre famille, avec qui il partage sa vie divine elle-même. Or, quel plus grand désir peuvent avoir des parents pour leurs enfants, sinon qu’ils s’aiment, s’aident et vivent unis ? Et la plus grande peine sinon de constater leurs divisions (…) ? De toute éternité, Dieu a rêvé l’unité de sa propre famille en une communion d’amour de ses enfants avec lui et entre eux. Cependant, le récit dramatique des origines (dans le Livre de la Genèse) nous met en face du péché et de la dislocation progressive de la famille humaine : l’homme accuse sa femme, Caïn tue son propre frère, Lamech se vante de sa vengeance démesurée, la Tour de Babel engendre l’incompréhension et la dispersion des peuples… Le projet de Dieu semble avoir échoué. Pourtant, (…) Dieu poursuit la réunification de sa propre famille. L’histoire repart avec Noé, l’appel d’Abraham, la naissance du peuple élu. Puis Dieu décide d’envoyer son Fils sur la terre, avec mission de rassembler en une seule famille les enfants dispersés, (…) d’abattre les murs de séparation et de haine entre les hommes, afin de créer un peuple nouveau et unique (cf. Ep. 2, 14-16). Dieu ne cessant de rêver d’unité, Jésus la Lui demande comme le don le plus grand qu’il peut implorer pour nous tous : je te prie, Père, « Que tous soient un ». Chaque famille porte l’empreinte des parents. De même pour celle que Dieu a créée. Dieu est Amour non seulement parce qu’il aime sa créature, mais parce qu’Il est Amour en Lui-même, dans la réciprocité du don et de la communion de chacune des trois Personnes divines entre elles. En effet, quand Il a créé l’humanité, Il l’a modelée à Son image et à sa ressemblance, y imprimant sa propre capacité de relation, afin que chaque personne vive dans le don réciproque d’elle-même. La phrase entière de la prière de Jésus que nous voulons vivre ce mois-ci dit en effet : « que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi ». Ainsi donc, le modèle de notre unité n’est autre que l’unité qui existe entre le Père et Jésus. Cela semble impossible, tant elle est profonde. Elle est cependant rendue possible par ce comme, qui signifie aussi parce que : nous pouvons être unis comme sont unis le Père et Jésus, justement parce qu’ils nous font participer à leur propre unité, ils nous en font le don. « Que tous soient un » C’est vraiment cela l’œuvre de Jésus : faire que nous soyons tous un, comme il l’est avec le Père, que nous soyons une seule famille, un seul peuple. C’est pour cela aussi qu’il s’est fait l’un de nous, se chargeant de nos divisions et de nos péchés, les clouant sur la croix. Il nous a indiqué lui-même la voie qu’il devait parcourir pour nous mener à l’unité : « Pour moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12,32). Comme l’avait prophétisé le Grand Prêtre, « il fallait que Jésus meure (…) pour réunir dans l’unité les enfants de Dieu qui sont dispersés » (Jn 11,52). Dans son mystère de mort et de résurrection, il a tout résumé en lui (cf. Ep 1,10), il a recréé l’unité brisée par le péché, il a reconstruit la famille autour du Père et nous a rendus de nouveau frères et sœurs entre nous. Sa mission, Jésus l’a accomplie. Maintenant, ce qui reste à faire, c’est notre part, notre adhésion, notre « oui » à sa prière : « Que tous soient un » Comment contribuer à la réalisation de cette prière ? Tout d’abord, la faire nôtre. Prêtons nos lèvres et nos cœurs à Jésus pour qu’il continue à adresser ces paroles au Père, répétons chaque jour avec confiance sa prière. L’unité est un don d’en-haut, à demander avec foi, sans jamais nous lasser. Et puis, maintenons ces paroles au centre de nos pensées et de nos désirs. Si l’unité est un rêve de Dieu, qu’elle soit aussi le nôtre. Nous pourrions aussi nous demander : tel choix, telle décision, telle action, sont-ils les meilleurs pour construire l’unité ? Enfin n’hésitons pas à agir partout où règnent les désaccords les plus évidents. Comme Jésus, prenons-les sur nous. Il peut s’agir de heurts en famille, entre voisins, de tensions entre voisins, au travail, en paroisse ou entre Églises. Ne restons pas indifférents aux litiges, aux incompréhensions. Mettons-y tout notre amour fait d’écoute, d’attention à l’autre, du partage de la souffrance née de cette blessure. Surtout vivons en unité avec ceux qui sont disposés à partager l’idéal de Jésus et sa prière, sans nous attarder aux malentendus et aux divergences d’idées, plus heureux du « moins parfait, vécu en unité, que du plus parfait, vécu dans la désunion ». Acceptons avec joie les différences, bien plus, considérons-les comme une richesse, pour parvenir à une unité qui n’est jamais une réduction à l’uniformité. Bien sûr, cela nous mettra parfois sur la croix, mais c’est justement la voie que Jésus a choisie pour restaurer l’unité de la famille humaine et c’est le chemin que nous voulons nous aussi parcourir avec lui. Fabio Ciardi