26 Sep 2015 | Non classifié(e), Parole di vie
C’est le signe distinctif, la caractéristique des chrétiens. Ou, du moins, ce devrait l’être, car c’est ainsi que Jésus a conçu sa communauté. La Lettre à Diognète , un texte passionnant datant des premiers siècles du christianisme, prend acte du fait que « les chrétiens ne se distinguent du reste des hommes ni par leur pays, ni par leur langage, ni par leur manière de vivre. Ils n’ont pas d’autres villes que les vôtres, d’autre langage que celui que vous parlez ; rien de singulier dans leurs habitudes. » Les chrétiens sont des personnes ordinaires, semblables aux autres. Et cependant ils possèdent un secret qui leur permet d’exercer une profonde influence sur la société, dont ils deviennent en quelque sorte l’âme (cf. chap. 5-6). Ce secret, Jésus l’a donné à ses disciples, peu avant sa mort. Comme les sages d’Israël, ou un père à l’égard de son fils, lui, le Maître de la sagesse, leur a laissé en héritage l’art de vivre, comme lui-même l’avait appris de son Père : « Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jn 15,15), et c’était le fruit de sa relation avec Lui. Ce secret consiste à s’aimer les uns les autres. C’est sa dernière volonté ; c’est la vie du ciel, qu’il a apportée sur la terre et partagée avec nous afin qu’elle devienne notre vie. Il veut qu’elle constitue l’identité de ses disciples, qu’on les reconnaisse comme tels à leur amour réciproque : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres. » Les disciples de Jésus sont-ils reconnus à leur amour réciproque ? « L’histoire de l’Église est une histoire de sainteté ». Cependant, elle a aussi « enregistré bon nombre de faits qui constituent un contre témoignage pour le christianisme », a écrit Jean-Paul II . Au nom de Jésus, pendant des siècles les chrétiens se sont combattus dans des guerres interminables et leurs divisions persistent. De nos jours, certains continuent d’associer les chrétiens avec les Croisades, ou les tribunaux de l’Inquisition, ou bien comme les défenseurs acharnés d’une morale dépassée, ou encore hostiles à la science. Il n’en était pas ainsi des premiers chrétiens, au sein de la communauté naissante de Jérusalem. Les gens s’émerveillaient de la communion des biens que l’on y pratiquait, de l’unité qui y régnait, de « la joie et de la simplicité de cœur » qui la caractérisaient (Ac 2,46). « Le peuple louait hautement » cette communauté, nous disent encore les Actes des Apôtres, et « le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, augmentait de plus en plus » (Ac 5,13-14). Par son témoignage de vie, cette communauté exerçait un grand pouvoir d’attraction. Pourquoi alors, ne nous reconnaît-on pas, aujourd’hui, comme ceux qui se distinguent par l’amour ? Qu’avons-nous fait du commandement de Jésus ? « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres. » Dans le monde catholique, le mois d’octobre est traditionnellement celui de la «mission», et donc de la réflexion sur le mandat, donné par Jésus, d’aller annoncer l’Évangile dans le monde entier, et aussi de la prière pour soutenir ceux qui y sont en première ligne. Cette parole de vie peut nous aider à retrouver la dimension fondamentale de l’annonce du message chrétien, qui exclut tout prosélytisme, ou aide intéressée en vue de conversions. Ce n’est pas essentiellement, non plus, la défense intransigeante des valeurs morales, ni une prise de position ferme face aux injustices et aux guerres, même si ces attitudes s’imposent au chrétien qui ne peut s’y soustraire. Le message chrétien est, avant tout, un témoignage de vie que tout disciple de Jésus doit donner personnellement : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres » . Même les plus hostiles à l’Église se montrent souvent sensibles à l’exemple donné par ceux qui consacrent leur vie aux malades, aux pauvres, qui n’hésitent pas à quitter leur patrie pour aller vers des terres lointaines et apporter aide et compassion aux plus déshérités. Cependant, le témoignage que Jésus demande est surtout celui d’une communauté qui rende visible la vérité de l’Évangile. Cette communauté doit montrer que la vie, que Jésus a apportée, peut réellement faire naître une société nouvelle, où l’on vit des relations de vraie fraternité, d’aide et de service réciproque, et où tous ont le souci des personnes les plus fragiles et les plus démunies. L’Église, au cours de sa vie, a connu de tels témoignages ; citons, par exemple, les villages construits par les franciscains et les jésuites pour les autochtones en Amérique du Sud, ou, en Europe, les monastères autour desquels des bourgades naissaient. Et, de nos jours, des communautés et des mouvements d’Église créent des lieux de témoignage où l’on peut voir les signes d’une société nouvelle, fruit de la vie de l’Évangile et de l’amour réciproque. « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres. » Si nous vivons entre nous cette unité pour laquelle Jésus a donné sa vie, et ceci, tout en conservant notre cadre de vie, nous pourrons créer un mode de vie habituel et semer autour de nous des germes d’espérance. Une famille qui, chaque jour, décide de vivre concrètement l’amour réciproque, peut devenir un rayon de lumière dans son quartier ou dans son voisinage, où les rapports sont marqués par l’indifférence réciproque. Une petite “cellule”, constituée de deux ou plusieurs personnes qui se mettent d’accord pour vivre de façon radicale les exigences de l’Évangile, que ce soit sur un lieu de travail, dans une école, au sein d’un syndicat, dans les bureaux d’une administration, ou au cœur d’une prison, peut briser la logique de la lutte pour le pouvoir et introduire un climat de collaboration, et, contre toute attente, y faire naître la fraternité. N’est-ce pas ce que faisaient les premiers chrétiens, sous l’empire romain ? N’est-ce pas ainsi qu’ils ont diffusé le christianisme qui a transformé le monde ? A nous d’être aujourd’hui, ces “premiers chrétiens” ; comme eux, nous sommes appelés à nous pardonner, à nous regarder sans cesse d’un regard nouveau, à nous aider réciproquement ; en un mot, à nous aimer avec la même intensité avec laquelle Jésus nous a aimés, sûrs que sa présence au milieu de nous a la force d’en entraîner beaucoup d’autres dans la logique divine de l’amour. Fabio Ciardi
26 Sep 2015 | Non classifié(e)
Le fils disparu « Mon fils, à l’âge ingrat de l’adolescence, a disparu sans donner de nouvelles, peut-être en raison de mauvaises influences. Le soir, je sortais le chercher au milieu des clochards. Mon désespoir a créé de l’incompréhension pour mon mari. Je risquais de le négliger non seulement lui, mais aussi nos deux autres enfants. Un jour, j’ai raconté qu’en allant faire un tour, j’avais rencontré beaucoup de jeunes seuls qui, à cause de la drogue, s’étaient retrouvés à la rue. Mes autres enfants ont proposé de m’accompagner pour apporter à manger et des vêtements. Dès lors, la vie en famille a changé. Cette tragédie nous avait ouvert les yeux. » (M.J. – Suisse) À l’hôpital « L’homme gravement malade dans le lit d’à côté me confie qu’il n’est pas croyant. Il espère mourir rapidement. Je l’écoute longuement, ensuite je lui dis: ‘Je pense que nous, humains, devons valoriser la vie à chacune de ses étapes, être sains (avec le travail et les autres engagements), être malades (avec les soins, les douleurs, les thérapies, le rapport avec les infirmiers, vous et les autres malades). La mort pourra ensuite venir, mais nous serons ce que nous avons fait en valorisant la vie qui nous est donné’. Il semble plus serein. Le soir même, il accueille sa fille avec un sourire, lui qui est d’habitude renfermé. Peut-être que cette nuit, il dormira plus détendu. » (D.B. – Trentin, Italie) En prison « Rosa devait aller enseigner le lendemain dans une prison militaire hors de la ville et n’avait pas de voiture. J’ai proposé de l’emmener, déplaçant divers rendez-vous. Le jour suivant, durant le trajet, j’ai essayé de calmer mon amie: j’allais offrir mon temps d’attente à l’extérieur de la prison comme prière pour elle. C’est ce que j’ai fait pendant qu’elle y était. Après quelques heures, je l’ai vue sortir radieuse, en raison du rapport établi avec ses nouveaux élèves. Elle avait ressenti le soutien de ma prière. Maintenant, elle se rend en prison par ses propres moyens, mais l’expérience de partage vécue reste forte. » (C.D. – Campanie, Italie) Le militaire de la garde présidentielle « Corneille est étudiant à l’université de Kinshasa. La semaine dernière, il était là, sur le campus, avec ses amis. Un militaire de la garde présidentielle s’approche. Il demande de l’aide pour son enfant gravement malade. Les étudiants se regardent, les mains dans les poches. Corneille aussi met les mains dans les poches. Il trouve: à gauche la feuille de la Parole de Vie, à droite un peu d’argent. Il y pense un instant, ensuite il tend l’argent au militaire. Restés seuls, les amis réagissent: ‘Tu es fou, donner ton argent à lui!’ Alors Corneille leur donne la Parole de Vie. Ils la lisent, ensuite l’un d’eux déclare: ‘Tu es vraiment cohérent. J’apprécie’. » (C. – République démocratique du Congo)
24 Sep 2015 | Non classifié(e)
« Le rêve du »monde uni », nous l’avons fortement senti en ces jours de grâce de la présence du Pape François à Cuba. Son passage a littéralement laissé une traînée de lumière ! La préparation de sa visite a déjà été riche en enthousiasme et nouveautés. Dans les trois diocèses qu’il allait visiter, toutes les communautés de l’Église se sont activées avec des initiatives variées : veillées dans les églises, dans les »maisons de mission », groupes de jeunes dans les parcs, réunions du voisinage pour faire connaître le Pape ; en somme, une Église heureuse, en attente ! Et, comme cela ne s’est jamais produit jusqu’à présent, les moyens de communication (de l’État) ont offert une ample couverture médiatique pour préparer le peuple cubain à cette visite tellement importante – aussi du point de vue politique, pour l’apport bien connu du Saint Père au rétablissement des rapports entre Cuba et les États-Unis. Radio, télévision, presse, donnaient continuellement des nouvelles sur la visite, petites »catéchèses » sur le Pape et l’Église, documentaires sur la vie du Pape François et aussi des deux autres Papes qui avaient visité l’Île. Surprise et joie, pour une Église qui a eu les portes des moyens de communication fermées pendant des années ! » Le Pape est arrivé en tant que »missionnaire de la miséricorde » ; avec des gestes et des paroles simples – souvent délicats mais incisifs – il a dit aux cubains et au monde, que sans le pardon, sans pratiquer la culture de la rencontre et du dialogue, il est impossible d’avoir de l’espérance pour le futur. Ses premières paroles nous ont déjà ouvert de nouveaux horizons : »Géographiquement, Cuba est un archipel ayant un rôle extraordinaire de ‘clé’ entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. Sa vocation naturelle est d’être un point de rencontre pour que tous les peuples soient réunis par l’amitié(…). Nous sommes témoins d’un événement qui nous remplit d’espérance : le processus de normalisation des rapports entre deux peuples, après des années d’éloignement. C’est un signe de la victoire de la culture de la rencontre, du dialogue ». Il a invité tout le monde à »continuer à avancer sur cette voie-là et à développer toutes ses potentialités, comme preuve de l’important service en faveur de la paix et du bien-être de ses peuples et de toute l’Amérique, comme exemple de réconciliation pour le monde entier ». Au cours de la Messe sur la Plaza de la Revolucion, à La Havane, il a entre autre dit : »…la vie authentique se vit dans l’engagement concret avec le prochain, c’est-à-dire en servant », rappelant surtout le service rendu aux plus faibles. »Tous nous sommes appelés par vocation chrétienne, au service et à s’aider mutuellement à ne pas tomber dans la tentation du service qui se sert a-t-il signalé.
Dans sa rencontre avec les jeunes, l’empathie a été immédiate. Au désir exprimé par un d’entre eux de »ne pas vouloir lui présenter seulement nos rêves mais de lui demander quelque chose de spécial, qui renouvelle en nous l’espérance… », François a répondu avec force : »Rêve, que si tu offres le meilleur de toi-même, tu aideras à ce que le monde soit différent. N’oubliez pas : rêvez. Rêvez et racontez vos rêves. Racontez parce que les grandes choses, il faut les raconter ! »
« Beaucoup parmi nous – continuent-ils – avons eu l’occasion de le saluer personnellement, en commençant par les focolarine qui travaillent à la Nonciature, mais aussi des familles, des jeunes, dans les différentes villes où il s’est rendu ». Le Focolare est présent à Cuba depuis 1998 et le service qu’il essaie d’offrir à l’Église et à la société est celui de tisser un réseau de fraternité, d’apporter l’ »amitié sociale » que le Pape a présenté aux jeunes et de favoriser »la culture de la rencontre », à parcourir comme chemin d’espérance. »Nous avons été nombreux dans les services concrets avant et pendant la visite : il y a ceux qui ont aidé avec les moyens de communication, dans les organisations des événements, ceux qui se sont laissés interviewer par les moyens de communication nationaux et internationaux, ou simplement en étant là, dans les endroits où le Pape allait passer, pour le saluer. En accord avec notre vocation à l’unité, ensemble avec croyants et non croyants, nous avons vécu et participé à ces jours de grâce ». Dans le Sanctuaire de la Madonne de la Charité, le Pape François nous a laissé un programme : »Nous voulons être une Église qui sort des maisons pour construire des ponts, casser les murs, semer la réconciliation. Comme Marie, nous voulons être une Église qui sache accompagner dans les situations difficiles, les personnes qui nous sont confiées, en s’engageant avec la vie, la culture, la société, ne nous mettant pas à part, mais en cheminant avec nos frères. Tous ensemble, tous ensemble ».
24 Sep 2015 | Non classifié(e)
« Nous avons des possibilités de réagir à la situation actuelle en mettant en acte des formes de réorganisation, même si elles sont imparfaites, mais qui rassemblent les pays, et les personnes de différents milieux. En Europe nous avons le problème d’une unité imparfaite ; il faut la faire grandir et aujourd’hui avec l’émigration nous sentons qu’elle est indispensable pour notre futur ». C’est ce que déclare Romano Prodi, deux fois Président du Conseil des ministres de la République italienne puis Président de la Commission Européenne, économiste, académicien et politicien, dans une interview en marge de la rencontre des délégués des Focolari dans le monde. Nous avons donc besoin d’énergies qui viennent d’en bas. Au Moyen Orient il est cependant nécessaire que les puissants de la terre dialoguent entre eux sinon rien ne peut se résoudre ». C’est le 21 septembre que débute au Centre international de Castel Gandolfo la seconde semaine de travail, par une session au titre : « le monde tend vers l’unité. Un regard socio-politique ». Sujet de poids, mais cohérent et intégré dans le thème de l’unité, que les Focolari approfondissent cette année, et qui transparaît dans tout le programme.
Avec Romano Prodi, se trouve Pasquale Ferrara, diplomate, secrétaire général de l’Institut universitaire européen de Florence, qui a aussi des activités académiques et de recherche au niveau des relations internationales. « La mondialisation a des effets positifs – affirme-t-il – mais elle pose problème : elle n’est pas universelle, elle représente un essai d’étendre au monde entier un modèle unique d’économie, le modèle libéral, et un unique modèle, celui de la démocratie libérale dans le domaine politique ». A partir de là son invitation à « écouter les exigences de tous les peuples de la terre », parce qu’il n’existe pas de « peuples de série A et de série B, des membres du Conseil de Sécurité et tout le reste. Nous devons tenir compte de toutes les exigences exprimées par tous les peuples ». Une proposition ? « Partir de la base, construire la société civile, internationale. Nous avons trop confiance dans les institutions, les gouvernements, les organisations, les autorités, qui sont importantes. Mais dans beaucoup de situations, surtout dans des sociétés divisées à l’intérieur, de pays qui doivent affronter, par exemple, des processus de réconciliation, il est fondamental que cette œuvre parte de rapports interpersonnels, de rapports intercommunautaires, sachant bien que l’on est en train de faire une œuvre de reconstruction politique, civile, sociale et institutionnelle ». Des interventions stimulantes et en dialogue avec un parterre vraiment représentatif de toutes les régions du monde, avec leurs propres attentes, défis et ressources. Les deux experts ont offert une lecture documentée sur la situation sociopolitique mondiale actuelle, complexe et en continuelle mutation. Une contribution qui a enrichi la réflexion à propos de l’apport réel de ceux qui vivent les idéaux des Focolari et désirent contribuer à la réalisation de la fraternité universelle et à la construction de la paix. Vous pouvez suivre l’interview complète en italien – Transcription en français https://vimeo.com/140062041
23 Sep 2015 | Focolare Worldwide
« Depuis le jeudi 17 septembre, – jour du coup d’Etat – nous sommes tous à la maison : les écoles, bureaux, magasins, tout est fermé. Nous épargnons l’essence et la nourriture, et si on réussit à trouver quelque chose, les prix sont doublés », explique Aurore De Oliveira du Focolare de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso. Là, on sent venir la contestation mais pas aussi forte que dans la capitale Ouagadougou (1.500.000 hab.), théâtre des principales tensions de la dernière semaine où il y a eu plus de cent blessés et au moins 10 morts. « C’est une population déterminée qui ne veut plus être assujettie. Dans toutes les grandes villes du Burkina Faso, ils ont tous manifesté, mais pour la paix. Il y a aussi beaucoup de peur, il ne faut pas le nier, parce que la guerre peut éclater d’un moment à l’autre ». » Les activités à Ouaga – où l’armée est entrée – se sont ralenties », écrit Jacques Sawadogo, de la communauté des Focolari dans la capitale. »Les banques, les magasins, les gares sont fermées. De petites activités de subsistance vont de l’avant. En tant que membres du Mouvement à Ouagadougou, nous essayons de rester en contact via e- mail ou avec le téléphone. Nous essayons d’être des artisans de paix dans les actions et dans les paroles ». Nous rejoignons aussi par téléphone, le père Sylvestre Sanou, vicaire général du diocèse de Bobo-Dioulasso. La situation est en évolution continuelle et on craint qu’elle puisse dégénérer. »Il y a grève générale dans tout le pays – explique père Sylvestre – En réalité, il ne s’agit pas d’un véritable coup d’Etat, mais de l’irruption d’un petit groupe de la Garde Présidentielle, guidé par le général Gilbert Diendéré, proche de l’ex- président Blaise Compaoré, monté au pouvoir avec un coup d’état en octobre 1987 et contraint de fuir après 27 ans, seulement en octobre 2014, après de nombreux jours de contestation populaire. Depuis lors, il s’est réfugié en Côte d’Ivoire. »le général Diendéré a tenté de négocier son immunité, d’après ce que l’on comprend, après avoir agi pendant de longues années comme main droite du président Compaoré ». Il ne s’agit donc pas de conflits religieux, entre musulmans (50%), chrétiens (30%) ou religions traditionnelles (20%) mais bien de nature politique. »L’armée semble prendre position en faveur de la population et aussi les gouverneurs des différents pays sont contraires au »coup d’Etat » ; cela va même jusqu’au village natal de Diendéré où on a brûlé sa maison. »La violence appelle à la violence », continue le père Sylvestre. »Le 22 septembre, nous sommes restés le souffle coupé à cause de l’ultimatum de l’armée, arrivée de 4 villes vers la capitale. Le futur politique du pays est incertain, malgré la médiation des présidents du Bénin et du Sénégal, au nom du CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et le retour du président de la transition du Burkina Faso, Michel Kafando et aussi du premier ministre Isaac Zida (arrêtés et puis relâchés) ». » J’étais à peine rentré d’un séjour dans la cité-pilote »Victoria » du Mouvement des Focolari en Côte d’Ivoire et je me suis retrouvé dans cette situation » conclut le P. Sanou. »Le processus en cours a été bloqué, celui qui trouvait les différents partis en dialogue et qui était en train d’arriver à un certain consensus. Mais maintenant tout est en l’air. Prions pour qu’une solution soit trouvée, sans effusion de sang et rapidement. Entre-temps, avec les prêtres, religieuses/religieux et catéchistes du diocèse, nous avons commencé avec notre évêque, la rencontre pastorale programmée avant ces événements. Il nous semble important d’aller de l’avant et de prier pour les nôtres et pour notre pays ». « Comment sommes-nous en train de vivre ? Au début, nous étions furieux, déçus – confie Aurora De Oliveira – parce qu’après les faits survenus en 2014, la situation politique était en train de bien évoluer. A un pas des élections, prévues initialement le 11 octobre (et maintenant déplacées au 22 novembre) arrive un groupe armé et tout est compromis. Voilà notre première réaction qui nous faisait sentir le besoin de protester. Le pas successif a été celui de reconnaître dans cette douleur un visage de Jésus abandonné et donc de chercher à reconsolider l’unité entre nous pour pouvoir transmettre la paix et le pardon. Nous avons essayé de contacter ceux qui partagent la spiritualité de l’unité, car l’amour doit vaincre ». « Continuons à prier et à vivre dans l’unité plus étroite avec vous tous, certains de la protection de Marie » écrit la présidente des Focolari Maria Voce, à la communauté du Burkina Faso, alors que se déroule la rencontre des délégués des Focolari de différentes nations, qui rend plus proches les attentes et les souffrances de tellement de parties du monde. https://vimeo.com/140074710