9 Août 2015 | Non classifié(e)
« Travailler dans les champs, subvenir à la vie des plantes, être associé, au cœur des amples silences rythmés par les cycles du soleil et de la lune, à l’œuvre créatrice de la nature, est une action, elle aussi, presque sacerdotale, qui exige recueillement et sacrifice : elle suppose le courage de se sentir à l’unisson avec sa propre âme, au cœur de l’attente de l’univers et, au contact de la nature, cette prodigieuse source de vie, de savoir se tenir, sans fléchir, en présence de Dieu ». (FIDES, juillet 1938) « Pour que l’homme s’élève jusqu’à la contemplation de Marie, il lui faut l’aide d’une beauté et d’une pureté supérieures. C’est Elle qui a permis cette élévation de l’âme humaine d’où jaillirent les plus belles aspirations: les œuvres d’art qui en sont nées ont rejoint des sommets jamais atteints. La maternité, la tendresse féminine, l’effacement et la piété ont trouvé en Marie leur modèle, et aussi un aliment qui nourrit la plus belle passion de l’homme lorsque, élevé au-dessus de sa brutalité, il se laisse aspirer par un élan qui divinise ». (FIDES, mars 1938) « La révolution chrétienne ne fit pas de complots, elle ne renversa pas les institutions, elle ne tua pas les tyrans : mais elle introduisit dans l’organisation délabrée de la société antique, dans la famille abîmée, dans les instances juridiques gangrénées, dans les relations sociales perverties par la cupidité, un ferment nouveau, celui de l’amour qui les régénéra : grâce à lui, d’un seul coup, l’esclave eut un nouveau visage aux yeux de son maître, la femme une valeur nouvelle aux yeux de l’homme et, aux yeux du grec ou du romain, s’amenuisa la distance infinie qui les séparait du barbare ou du travailleur» (FIDES, février 1943) “Le chrétien qui a conscience de l’être – le saint – est quelqu’un qui vit en prenant soin de chaque instant, en réalisant le plus d’actions possibles en peu de temps, pour l’honneur du Maître de maison, pour la bonne réputation des siens, pour la santé de ses frères. Dans le langage courant le mot « apostolat » pour désigne cette contribution, cette façon d’agir. Un chrétien qui s’en dispense lorsqu’il en a le temps et le moyen, est un chrétien qui ignore sa place dans l’Eglise : il ignore l’Eglise. Celle-ci agit à chaque instant de sa vie: elle réalise une action. Aussi nous parlons d’action catholique. Celle-ci peut advenir de mille façons : il y a de la place pour tous. Elle est aussi bien à la portée d’un poète que d’un handicapé, d’un anachorète que d’un cénobite, d’un père de famille que d’un chef de service, du passager qui est dans le métro que du cordonnier dans sa boutique ». (FIDES, octobre 1938) Source : Centre Igino Giordani.
8 Août 2015 | Focolare Worldwide
Genève, 3 rue de Montbrillant. Comme chaque vendredi je me rends au “Jardin de Montbrillant”, un lieu d’accueil et de rencontre pour les personnes en situation de précarité dans cette ville cosmopolite. Elles peuvent y prendre des repas. Aujourd’hui, comme à l’accoutumée, nous accueillons environ 150 personnes de toutes nationalités. La salle est déjà pleine et tout semble se passer au mieux. Parmi les habitués de cette assistance bigarrée, je remarque toujours quelques nouveaux visages. Mon travail consiste à trouver une place pour chacun, à négocier avec l’un ou l’autre la présence d’un nouveau voisin de table, à éviter que les tensions dégénèrent pour que le repas puisse être pris en toute tranquillité, ce qui n’est pas toujours facile compte tenu de l’état physique et psychologique de la majeure partie de nos hôtes. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est de réussir à créer un contact fraternel, conforter celui qui semble triste, déprimé, écouter celui qui se sent angoissé, redonner l’espérance…En somme créer un climat de famille afin que tous se sentent aimés tels qu’ils sont, au-delà de la diversité des âges, des nationalités et des religions. Tandis que nous sommes à table, la porte de la salle s’ouvre et arrivent trois de nos amis arabes, accompagnés de deux nouveaux venus. Je remarque tout de suite l’expression dure et menaçante de leurs visages. A peine entrés, ils hurlent en disant qu’ils veulent égorger tous ceux qui sont là et mettre le feu au local. Le motif : ils se sentent gravement offensés par les caricatures du Prophète publiées dans la presse les jours précédents, à la une des journaux. L’atmosphère devient soudainement tendue et des propos violents circulent. Je vois déjà les assiettes voler en l’air et les coups pleuvoir. Il faut intervenir sans tarder parce que la situation peut dégénérer dangereusement. Mais que dire, que faire ? Je me sens impuissante, mais je reconnais dans cette souffrance ainsi que et dans notre société qui défend la liberté absolue, aux dépens des valeurs profondes, le cri de l’Homme-Dieu sur la croix : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». C’est Lui qui se présente maintenant, à travers la réaction de ces deux fidèles de l’Islam. Je remets tout entre ses mains et je me lève pour aller à leur rencontre. Je leur dis que je partage leur peine et leur propose de parler, mais après avoir mangé, s’ils pensent que c’est important. Après cette invitation paisible, ils se laissent convaincre de se mettre à table; l’agressivité diminue d’un coup et la tranquillité revient, comme si chacun avait compris les motivations qui avaient causé cet accès de colère.Le repas se termine dans le calme. Je reste auprès des deux pour leur faire faire sentir toute la chaleur humaine dont je suis capable. Après le repas ils s’excusent pour les mots prononcés et manifestent leur regret pour leurs propos vengeurs. On poursuit un moment notre échange sur notre foi respective, dans un respect total et une compréhension réciproque. Avant de partir ils m’embrassent, pleins de reconnaissance pour avoir été écoutés. Leurs visages désormais détendus expriment des sentiments tout autres qu’au début. (Paquita Nosal – Genève) Source: Città Nuova – n° 13/14 – 2015
6 Août 2015 | Senza categoria
Il en est ainsi de l’éditorial du 20 avril 1958. Dans cet écrit incisif et efficace, Chiara Lubich décrit à grands traits les impressions qu’elle a reportées de sa visite à l’« Expo » de Bruxelles au printemps de cette année-là. Chiara s’était rendue en Belgique pour la semaine de Pâques : le Mouvement commençait alors à faire ses premiers pas au-delà de la ceinture des Alpes, au cœur de l’Europe. On comprend alors la forte impression que cette visite a suscitée en Chiara. «Le 17 avril – elle écrit –, s’est ouverte l’exposition internationale de Bruxelles. […] C’est quelque chose de colossal. Les plus grandes puissances, les plus grands États des cinq continents se sont efforcés de déployer ce que leur génie avait de meilleur. […] On ne peut que demeurer admiratifs en voyant ces constructions très modernes, aux lignes, aux couleurs et aux lumières très audacieuses, mais bien souvent assemblées en un équilibre harmonieux, dans des expressions architecturales les plus variées, les plus étranges aussi. […] Cependant, le pavillon qui a attiré notre attention d’une manière toute particulière, fut celui du Saint-Siège. Il se dresse presque en face du pavillon soviétique et à côté du pavillon américain. Il est appelé : « Civitas Dei » (Cité de Dieu). Au centre de ce pavillon se dresse une Église au style élancé et harmonieux, peut-être parce que riche de contenu, élégant et très moderne. […] Au-dessous, se dresse un autel où seront célébrées des messes en continu. […] Jésus vivant, donc, qui s’immole continuellement pour tous, et la Parole de vérité d’un Roi qui n’est pas de ce monde ; ce sont les richesses exposées à Bruxelles par la « Cité de Dieu », alors qu’à côté, entre autre, un brise-glace atomique, le Spoutnik II, une monumentale statue de Lénine occuperont le Pavillon soviétique. Et pour le Pavillon américain, un théâtre gonflable et de nombreuses expressions de l’art moderne. Oui, Jésus à l’Exposition de Bruxelles, comme un jour, Jésus aux noces de Cana. Le Fils de l’Homme ne dédaigne pas de se mêler à toutes les affaires humaines et, à travers le son harmonieux des cloches, il fera arriver le souvenir de l’éternel et du divin à tous ceux qui se sont réunis là, pour mettre en valeur les capacités des peuples qu’Il a créés. Jésus qui meurt sur l’autel pour tous, y compris pour ceux qui ne s’intéressent pas à Lui, fiers peut-être de leur science, de leurs découvertes ou même qui Le combattent. Jésus, qui enseigne encore la Vérité à travers ceux dont Il a dit : « Qui vous écoute, m’écoute ». Voilà les dons, le « produit » offert par l’Église Catholique qui continue l’œuvre de Jésus. Jésus Eucharistie, fruit de l’Église, comme autrefois Jésus de Nazareth, fruit du sein très pur de la Vierge Marie. Là, à l’« Expo ’58 », comme dans toutes nos églises, Jésus cherchera à étancher la soif de lumière, d’amour, de courage, de puissance, qu’ont les hommes. Jésus s’expose Lui-même, ou mieux, son amour concret ; Il s’offre pour sauver les hommes là aussi où tout parle d’énergie atomique, de technique, d’inventions, de nouveauté. C’est Lui la plus grande nouveauté, l’éternelle découverte, jamais découverte. Il demeurera, même lorsqu’au cours des siècles personne ne se rappellera plus de détails de l’Expo de Bruxelles, de même qu’aujourd’hui, personne ne connaît le nom des époux de Cana. Il est là pour que les personnes ne restent pas déçues, pour remplir le vide qui se créera en elles – malgré toute la divulgation des richesses les plus belles qui existent actuellement – lorsqu’elles feront l’expérience de la vanité de tout, même du meilleur, s’il n’est pas enraciné en Dieu. Sources : Centre Chiara Lubich. Lire le texte intégral.
5 Août 2015 | Non classifié(e)
Avec la réalisation de la seconde partie s’est conclu le Cours pour Éducateurs dans les Séminaires de la session 2014-2015 à Loppiano, fréquenté par une vingtaine de prêtres du Brésil, Kenya, Nigéria, Tanzanie, Indonésie, Thaïlande, Italie, Pays-Bas, Espagne et Malte. « En regardant l’ensemble du cours, je peux dire que l’objectif de projeter la lumière du charisme de l’unité sur le monde de la formation dans les séminaires a globalement réussi. » « La participation au cours m’a rendu plus attentif à la signification et à la valeur de mon service spirituel comme formateur, particulièrement dans la perspective d’une église-communion: le visage de l’Église de demain dépend aussi du type de formation que l’on vit dans les séminaires. » « Ce cours m’interpelle pour vivre ce modèle de vie contemplé ensemble; pour me laisser façonner par les circonstances, par les frères, pour changer ma manière de prier, de penser. Rester lié spirituellement et autant que possible concrètement dans les échanges virtuels et directs avec l’équipe qui le promeut et avec tous les participants. » Ce sont quelques impressions des participants. Le Cours était structuré en quatre semaines étalées sur deux ans. Dans la seconde partie, réalisée cette année, la formation est passée au concret, en la subdivisant en sept grands points: Don de soi et communion; Ouverture à l’autre: dialogue et témoignage; Union avec Dieu: intériorité et sanctification; Vie à corps mystique et corporéité; Harmonie personnelle et édification de la communauté; Sagesse, étude et culture; Communication et médias au service de la communion. En gardant toujours comme fil conducteur du cours le trinôme prière-vie-pensée, les participants et les intervenants ont travaillé avec un engagement réciproque. En outre, de tels cours ont eu lieu à Bangkok, en 2013, avec une soixantaine de participants provenant des pays au sud de la Chine. Et d’autres sont prévus aux Philippines, Kenya, Côte d’Ivoire, Brésil et Colombie. Ces huit dernières années, environ 200 formateurs de séminaires, provenant d’une trentaine de pays de quatre continents, ont suivi ces cours.
3 Août 2015 | Focolare Worldwide, Senza categoria
Baobab est l’un des nombreux centres d’accueil pour réfugiés, près de la gare de Rome-Tiburtina. Il accueille environ 400 Érythréens, Somaliens et Soudanais, hommes et femmes, chrétiens et musulmans. « Là, le bénévolat est libre, heureux, chaleureux, chaotique et anarchique – raconte S.: chacun arrive quand il veut, voit ce qu’il faut, aide, appelle des amis… Et cela fonctionne très bien! Une fois l’approbation des Responsables de la Banque alimentaire de Rome obtenue, avec un jeune qui coordonne tout le bénévolat du Centre Baobab, nous sommes allés à Fiano Romano et nous avons chargé environ deux tonnes d’excellente nourriture (pâte, sucre, huile, viande en conserve, 600 yaourts, 120 ananas, 30 caisses de pêches et de nectarines, 100 morceaux de parmesan, et plus encore). À 10h, il faisait déjà 40°C environ! Nous sommes arrivés au Centre vers 13h, où au moins 500 jeunes filles et garçons faisaient la queue pour le repas, alignés et patients, à majorité des Erythréens, tous arrivés à bord de ces tristement célèbres bateaux que nous voyons au journal télévisé. Il faisait au moins 42°C à cette heure-là. En une dizaine de minutes, les jeunes, sans avoir eu besoin de leur demander, ont fait une chaîne humaine et ont déchargé, de manière très coordonnée, la camionnette surchargée, apportant tout le matériel dans le dépôt. Aucun yaourt ni boisson n’a disparu, le tout parfaitement déposé au bon endroit. Ensuite, tous sont retournés dans la file d’attente pour le repas. On m’a aussi servi une assiette, que j’ai partagée avec beaucoup de joie avec eux. Le Centre d’accueil ne vise pas que l’assistance, mais surtout l’engagement et l’intégration des réfugiés mêmes. Cela garantit le respect de la dignité de chacune et chacun des personnes accueillies. Ensuite, dès qu’ils peuvent, beaucoup rejoignent parents et amis dans d’autres pays européens. Le nombre de citoyens romains qui apportent de l’aide en tout genre est constant et aussi touchant. Tant d’aide arrive que, souvent, nous apportons des caisses de marchandises à d’autres centres d’assistance. Alors que je serrais des mains et liait connaissance, la première fillette née d’une jeune réfugiée accueillie dans le Centre est arrivée de l’hôpital, âgée de 20 jours. Médecins, infirmiers, bénévoles, tous autour d’elle pour lui faire un sourire et au moins la voir. Un signe que la vie continue, toujours. Je suis rentré chez moi fatigué, suant comme jamais… Mais, dans mon cœur et dans mon âme, une joie très spéciale, une sérénité inestimable, la vraie récompense pour un petit geste en faveur de ces magnifiques personnes qui en ce moment sont appelées « réfugiés »… À la fin du mois, nous sommes déjà d’accord de supporter une autre charge. En effet, grâce à un ami dont la famille gère cinq supermarchés, nous organisons aussi une récolte régulière de produits bientôt périmés qui, amenés au Centre, peuvent être en revanche consommés les jours suivants. Je remercie les réfugiés érythréens et les bénévoles du Camp Baobab de m’avoir donné l’opportunité de vivre un moment vraiment beau, précieux, qui, j’en suis sûr, se répétera ces prochains jours et dans le futur. Je me sens privilégié et je le suis vraiment! » (S.D. Italie)