25 Juil 2015 | Focolare Worldwide
« Jean-Paul fréquente la dernière année de la faculté d’ingénieur civil, et cela fait déjà quelques années qu’il a connu la spiritualité de l’unité. Le Burundi, comme beaucoup de monde le sait, traverse actuellement une situation politique difficile due aux prochaines élections. L’impasse politique a provoqué beaucoup de controverses qui donnent lieu à des manifestations et des heurts. Certaines personnes ont même perdu la vie. Et c’est dans ce contexte de grande instabilité et de souffrance que Jean-Paul, avec un ami, rentrant à la maison à pied, n’ayant pas trouvé de moyen de transport public, se trouvent tous deux face à un nouveau visage inattendu de Jésus Abandonné ». C’est Marcellus qui nous écrit cela avec toute la communauté du Burundi et du Rwanda. « C’était le soir du 2 mai lorsque les deux jeunes ont été assaillis par un groupe de malfaiteurs. Ils les ont frappés brutalement au point qu’ils en perdent connaissance. Aidés par quelques policiers qui les ont trouvés dans une bouche d’égout, ils sont conduits à l’hôpital. L’ami a de légères lésions, mais la situation de Jean-Paul est grave : fracture de la colonne vertébrale avec paralysie des membres inférieurs. Malgré la gravité de son état, Jean-Paul sourit toujours et espère guérir. Il se fie de Dieu et de Chiara [Lubich]. « Si je suis encore vivant, c’est déjà un miracle que je lui attribue » affirme-t-il. La nouvelle de ce qui est arrivé à Jean-Paul parvient en peu de temps à toute la communauté qui, en plus de prier pour lui, se met en action pour trouver l’argent nécessaire et aussi une ambulance pour l’emmener au Rwanda, où il pourrait recevoir les soins appropriés. Accompagné d’un infirmier et de Séverin, un jeune de son groupe Gen, il part le 12 mai pour Kigali au Rwanda. La chaîne d’amour et de prières pour Jean-Paul s’élargit, impliquant la famille du Mouvement des Focolari du Rwanda et dans le monde, surtout les Gen. A Kigali/Rwanda, Jean-Paul et Séverin donnent d’une manière impressionnante, un témoignage de l’amour réciproque. A l’hôpital, les gens sont très étonnés par les nombreuses visites faites à ce garçon par rapport à celles faites aux autres malades. Ils s’émerveillent encore davantage par le fait que Jean-Paul et Séverin ne sont pas frères, ne viennent pas du même village et ne sont pas non plus issus de la même ethnie. Eux expliquent à tous que le moteur de leur agissement est un autre : la spiritualité de l’unité basée sur l’amour réciproque, demandé par Jésus. Après divers examens médicaux, Jean-Paul est opéré de la colonne vertébrale et du thorax, le 10 juin, à l’hôpital »Roi Fayçal ». Le coût dans cet hôpital est très élevé, mais l’intervention de Dieu avec sa providence n’a pas manqué. Jean-Paul, qui ne s’est jamais découragé, voit dans cette expérience un véritable miracle. L’intervention chirurgicale s’est bien passée et cela représente un réel encouragement pour tous. Maintenant, Jean-Paul a été transféré dans une autre structure où il a commencé la physiothérapie, suivi de près par le médecin et par l’équipe qui l’ ont opéré. Sa santé donne des signes de rétablissement incroyables. Il recommence à ressentir la faim, les besoins physiologiques, la douleur, la sensibilité aux pieds. Il peut maintenant quitter son lit et se balader dans l’hôpital en chaise roulante. Il affirme que si ce n’était pas grâce à l’amour de cette famille élargie, il ne serait plus en vie. Jean-Paul est très reconnaissant vis-à-vis de la communauté des Focolari au Rwanda, de tous les Gen éparpillés dans le monde, des Centres Gen internationaux, de tous ceux qui ont fait parvenir leur soutien en argent et en prières. Maintenant, jaillit de notre cœur un immense merci à Dieu, pour nous avoir donné la possibilité de vivre cette forte expérience qui a suscité une attention, une communion, un amour vrai entre ses enfants, un fort témoignage de l’amour qui vainc tout ».
23 Juil 2015 | Focolare Worldwide
R
épondre à la situation de violence vécue dans les Pays Basques résultant de la lutte armée de l’ETA. Objectif: chercher à panser les blessures encore ouvertes et tenter d’assurer un avenir de paix. C’est l’axe de parcours du Mouvement politique pour l’Unité en Espagne. Il y a une dizaine d’années, des représentants du Mouvement Politique pour l’Unité (MppU), venus d’Italie, parlent de la fraternité comme catégorie politique à quelques membres du Conseil Provincial du Guipuscoa. Ceux-ci y trouvent une forte raison d’espérer : « C’est une utopie, mais c’est peut-être l’unique solution pour notre peuple ».Une perspective presque choquante en raison du climat que les activistes de l’ETA font régner dans les Pays Basques. Voulant obtenir à tout prix l’indépendance du peuple basque, les groupes armés de l’ETA entretiennent continuellement une atmosphère de violence et de terreur. La tension est en effet très forte. A cette époque – nous sommes au début de l’année 2005 – un groupe d’engagés politiques appartenant non seulement à des partis, mais aussi à des courants de pensée différents, se réunit pour commencer à chercher ensemble la voie qui puisse redonner à la politique sa vraie dimension. Une voie fondée sur l’accueil réciproque entre les peuples, sans exclusion. S’ouvre alors un espace de débat, d’acceptation mutuellement consentie qui regroupe des engagés politiques de sensibilités diverses, des fonctionnaires, des syndicalistes, de simples citoyens… tous désireux de revenir à des relations normales et assoiffés d’une paix authentique. Parmi les participants il y a ceux qui ont subi des menaces en raison de leur appartenance politique et qui arrivent escortés, ceux qui craignent de ne pas être compris au sein de leur propre parti, ou, même d’en être
exclus ; mais tous s’encouragent et, dépassant toute méfiance, veulent témoigner que la fraternité est possible, à commencer par eux. Au fil du temps, l’occasion se présente d’échanger des expériences avec des élus d’autres territoires, d’autres communautés. C’est ainsi que quelques membres du groupe se rendent à Madrid. Ils participent à plusieurs rencontres où ils connaissent d’autres expériences et invitent tout le monde à se réunir à Euskadi avec le groupe de Guipuscoa. C’est un moment historique : quatre heures de dialogue, après avoir déjeuné ensemble, pour se connaître, s’écouter, se demander pardon. Le besoin se fait alors sentir d’élaborer un document proposant une alternative à la crise : chacun le remettra à son propre parti pour l’étudier. Beaucoup éprouvent encore le besoin de partager son contenu et d’organiser des séminaires et des tables rondes dans d’autres communautés autonomes, en présentant aussi l’expérience d’une paix sociale basée précisément sur la fraternité. Avec l’arrêt de la lutte armée de l’ETA (2011), commence un nouveau processus, porteur d’une grande espérance, même si tout n’est pas simple : de nombreuses personnes, des familles, des groupes, tout en partageant la même identité, demeurent divisés, vivent des conflits permanents et ont de sérieuses difficultés à dialoguer. Le laboratoire politique – familièrement appelé « laboratoire pour apprendre la paix » – qui avait vu le jour aux moments les plus durs, poursuit son travail de réconciliation et de recherche de la paix en confrontant les divers points de vue concernant les faits historiques et en pansant les blessures encore ouvertes. Il rédige un texte intitulé « Pour un chemin vers la réconciliation de la société basque » (janvier 2013), qui fixe les bases sur lesquelles poursuivre l’avancée ; ce document est connu sous le nom de « La terre que nous foulons ». Chaque fois que le dialogue semble compromis, on cherche à le rétablir : on s’aide à croire que chaque homme est un frère et que l’on peut construire quelque chose avec tous. Cela ne signifie pas ignorer les délits ni le grand nombre de personnes qui ont payé de leur vie. Au contraire, en acceptant le passé et en reconnaissant le caractère injuste et inacceptable de la violence subie, on s’efforce de regarder l’histoire comme un lent et pénible chemin vers la réconciliation, vers la paix, où chacun peut et doit donner sa propre contribution.
Le 13 mars dernier, précisément la veille du jour anniversaire de la mort de Chiara Lubich, où, dans le monde entier on approfondissait sa vision de la politique, ce groupe s’est réuni à “Las Juntas Generales de Gipuzkoa” (le Parlement provincial) à San Sébastian, en invitant divers experts, intellectuels et personnalités politiques. Le débat portait sur « Rapport entre le bien commun et les biens communs à l’ère de la globalisation ». Le document de travail pour cet échange, envoyé à l’avance et très apprécié de tous, avait été élaboré par le « laboratoire pour apprendre la paix ». Dans un climat d’accueil réciproque, des apports conséquents ont émergé et ont été intégrés au document final qui a été ensuite diffusé en vue de promouvoir à tous les niveaux la valeur de la fraternité.
22 Juil 2015 | Non classifié(e)
Dans la salle d’attente – Notre fils et sa compagne étaient en prison pour trafic de drogue. Lors des longs moments d’attente avant les entretiens entre les détenus et leurs familles, nous avons fait la connaissance d’une jeune étrangère au visage triste. Depuis trois ans, elle faisait régulièrement un long chemin à pied pour rendre visite à son compagnon en prison. Lorsque nous lui avons dit qu’elle pouvait désormais compter sur nous pour la prendre en voiture, elle s’est enfin mise à sourire et elle n’en finissait plus de nous remercier. La fois suivante, pour rendre l’attente plus supportable, surtout pour les enfants venus avec leurs mamans, nous leur avons apporté des jouets, des gâteaux et des fruits. Quand notre fils a su ce qui se passait dans la salle d’attente où régnait un climat plus serein, il a lui aussi changé d’attitude envers nous. » (Italie) Pardon – « J’étais parti vivre avec une collègue, abandonnant ma femme et mes quatre enfants. Tandis que l’aîné l’a mal vécu et a quitté la maison, ma femme et nos autres enfants ont commencé à demander à Dieu la grâce de mon retour. Peu à peu, j’ai trouvé la force de me séparer de cette femme. Pour éviter de la revoir, car nous travaillions dans la même entreprise, j’ai quitté aussi cet emploi. Je suis retourné auprès des miens et je suis resté au chômage jusqu’au moment où j’ai trouvé un emploi tout simple. Vivre l’humilité me faisait du bien. Je remercie Dieu du soutien que j’ai reçu de la part d’autres familles, mais aussi et surtout du pardon de ma femme et de mes enfants, avec lesquels j’ai tissé une nouvelle relation. » (États-Unis) Au téléphone – « Mon fils est mort à 23 ans dans un accident de voiture, il y a plusieurs années. Depuis lors, j’éprouvais une sourde rancœur envers son ami qui était au volant et qui est resté indemne, car je le jugeais responsable de cette mort. Aujourd’hui, il est marié et il a des enfants. Mais un jour, à la messe, le prêtre a parlé de réconciliation et de pardon. Il me semblait que ces mots s’adressaient à moi. D’une main tremblante, je compose le numéro de l’ami de mon fils. C’est sa femme qui répond, surprise et embarrassée lorsque je lui explique qui je suis. Je lui ouvre mon cœur : “J’ai beaucoup pensé à vous ces derniers jours. J’ai envie de vous voir, de connaître vos enfants… Cela me ferait très plaisir que vous me rendiez visite.” Émue, elle me promet qu’ils viendront bientôt… Je me sens heureuse et j’ai le cœur léger. » (Suisse)
Le compte est bon – « Mère de cinq enfants qui connaissent des problèmes de santé, de drogue et d’alcoolisme, et qui ont presque tous fondé des familles sans se marier suite à leurs choix de vie, au milieu des tensions et des querelles, je suis aujourd’hui veuve. Seule et aux prises avec des problèmes dont les gens n’ont même pas idée parce que je leur parais toujours très sereine, je dois dire que mon caractère m’aide. Mais c’est surtout grâce au don de la foi et au soutien de mes amis que j’ai pu faire face à certaines situations. Aujourd’hui, bien que je n’aie que ma retraite pour vivre, tous les mois je parviens à aider quelques personnes dans le besoin. Parfois, je serais tentée de me dire que c’est assez, qu’au fond, j’aimerais bien mettre un peu d’argent de côté pour mes vieux jours. Pourtant, c’est plus fort que moi. Finalement, à chaque fois le compte est bon car la providence arrive toujours au bon moment. » (Italie)
20 Juil 2015 | Focolare Worldwide
« Ore aguije Papa Francisco pe, ha peeme avei pe ñembo’ehaguere ore rehe (Guaraní)« : « Notre merci au Pape François et à vous tous pour vos prières durant ces journées». “Comme nous l’avions imaginé, et plus encore, les grâces ont surabondé pour tout le peuple paraguayen lors de la présence du Saint Père parmi nous », écrivent Nelson Benítes et Margarita Avalos, responsables des Focolari au Paraguay, après la visite du Pape dans leur Pays. « Les enfants, les malades, les plus pauvres et les jeunes ont été les principaux protagonistes de cette visite. Plus de 80 000 « servidores » (presque tous des jeunes) venus de tout le pays ont travaillé jour et nuit pendant trois jours. Mais les préparatifs ont duré au moins trois mois. Un fait concret qui permet vraiment d’espérer ! » « J’ai été un servidor du Pape – raconte Nahuel Espinola – ce fut génial ! J’ai 15 ans et je ne sais pas quand je pourrai revivre une chose pareille ! J’espère que ses messages parviendront à tous les jeunes ». “Un feeling immédiat avec les gens”, et quelques images que nous ne sommes pas près d’oublier : les enfants du chœur de Luque qui accourent vers François pour une embrassade collective, les milliers de personnes descendues dans les rues, le temps d’arrêt en face de la prison des femmes. « Quand ils ont su que le Pape venait dans leur hôpital, les enfants atteints du cancer ne voulaient plus rentrer chez eux ! » Sans parler de la visite au “Bañado Norte”, un des quartiers les plus pauvres de la capitale, où le Pape s’est entretenu dans la maison d’une femme malade. « Pour l’occasion elle avait préparé la chipa et la soupe paraguayenne, des plats typiques qui plaisent au Pape. Et sans oublier son passage non programmé à la paroisse du Christ Roi, pour voir le cœur, resté intact, du premier martyr et saint paraguayen : saint Roque González de Santa Cruz». A Caacupé François a consacré à Marie tout le Paraguay. Puis ce fut la rencontre avec la société civile. Un des moments les plus forts où il donne un enseignement sur le dialogue, en invitant à dialoguer en perdant tout pour comprendre l’autre, pour entrer dans sa peau. « Des expressions m’ont frappée comme développement à visage humain, mettre la personne à la première place, ne pas instrumentaliser les pauvres », déclare Julia Dominguez, du groupe Economie de Communion du Paraguay, « désormais nous ne devons pas en rester au niveau des sentiments mais mettre chaque jour en pratique ces résolutions ». Et César Romero, engagé dans le monde de la famille, ajoute : « A travers la fraîcheur et le dynamisme de ce programme j’ai vu une Eglise qui fait un effort énorme pour renouveler ses méthodes et ses messages ». « Dans ces trois pays à la périphérie de sa chère Amérique Latine François s’est résolument rangé du côté des plus délaissés, des victimes de l’injustice et des inégalités. Mais pour cela il n’a attaqué personne si ce n’est la misère humaine, unique source des graves et dramatiques problèmes de ces pays (corruption, égoïsme, démocratie insuffisante) », écrit Silvano Malini, journaliste au Paraguay. « Les exhortations du Pape sont tombées sur le terrain bien préparé de l’Eglise du Paraguay, comme on a pu l’apprécier lors du meeting avec les représentants des 1500 organisations de la société civile ». « François – poursuit Malini – leur a dispensé un véritable cours sur comment pratiquer le dialogue, celui qui coûte mais qui permet d’avancer lentement mais sûrement vers un projet commun ».
“Au camp de Ñu Guasú au moins un million de fidèles l’ont attendu. Le soleil brille sur la foule où certains ont patienté jusqu’à 15 heures dans la boue, à cause des pluies des jours précédents. Mais rien n’arrête la fête”. “ Ni la boue, ni la fatigue ne nous ont fait perdre la joie immense que nous éprouvions”, raconte Esteban Echagüe, “ j’ai été impressionné en entendant le Pape dire que les paroisses doivent être de véritables lieux de rencontre avec le frère, des lieux d’accueil, de fraternité. Parce que s’il n’en est pas ainsi, nous ne sommes pas de vrais chrétiens”. “Après un moment bref mais intense avec les évêques du Paraguay, le Pape se reprend comme par miracle au cours de ce voyage pastoral très intense! On pouvait percevoir la fatigue normale d’un homme de 78 ans !…mais tout le monde était convaincu qu’au contact des jeunes François serait transformé ». Plus de 20000 en effet l’attendent le long du fleuve Paraguay ! Son invitation à avoir toujours un cœur libre, suivie de sa boutade « Continuez à faire du bruit…mais un bruit organisé ». Le Pape a réveillé chez les jeunes et chez tout le monde le désir d’être meilleur…parce qu’il a vu notre devoir être – confie Leonardo Navarro – et à travers son regard le monde nous a découverts. Désormais nous désirons tous refléter ce que ses yeux ont vu ! ». Sur le chemin du retour, en direction de l’aéroport, il s’émeut en bénissant un lieu qui évoque pour toute la nation le souvenir d’un grand deuil : les ruines d’un supermarché où, il y a dix ans, 400 personnes ont péri dans un incendie. “A travers Mgr Adalberto Martínez, Secrétaire Général de la Conférence Episcopale Paraguayenne, nous avons fait savoir au Pape que le Mouvement des Focolari prie pour lui. Nous lui avons envoyé comme cadeau un livre sur la culture guaraní et sur le développement de l’Economie de Communion dans le Pays”, précisent Nelson et Margarita. « Cette visite – concluent-ils – tout comme celle de Jean-Paul II il y a 27 ans, portera de nombreux fruits et bienfaits spirituels, y compris dans la société civile du Pays. François nous a parlé clairement mais avec la tendresse d’un Père ! C’est maintenant à nous de faire fructifier ces moments de grâce, de faire qu’il y ait un « avant et un après » cette visite du premier Pape latino-américain au Paraguay ».
18 Juil 2015 | Focolare Worldwide