Mouvement des Focolari
L’Argentine honore la mémoire de Chiara Lubich

L’Argentine honore la mémoire de Chiara Lubich

20150407-a“ Chiara Lubich a prodigué délicatesse et douceur, mais fondamentalement elle nous a transmis, à travers sa simplicité, un grand courant d’amour envers le prochain. Vivre ensemble, savoir partager, travailler au bien commun, et réussir à construire la fraternité même à travers la diversité des opinions politiques, tel est son message ». Ce sont les propos d’Alicia Monica Pregno, vice gouverneur de la Province de Cordoba (Argentine), dans le cadre de la reconnaissance, toutes nations confondues, de l’héritage que nous laissent la pensée et l’action de Chiara Lubich. Au cours de la session parlementaire du 25 mars 2015, la Chambre de cette Province a approuvé le décret de reconnaissance posthume de l’Œuvre de la fondatrice du Mouvement des Focolari.

La cérémonie s’est déroulée au Parlement, dans la même salle, en présence d’un public venu nombreux : des députés de divers courants politiques, des représentants du Comipaz (Comité Interreligieux pour la Paix), des jeunes participant aux Ecoles de formation du Mouvement Politique pour l’Unité, des universitaires, des membres d’organisations sociales etc.…

dsc0035es responsables des Focolari à Cordoba ont présenté le profil de Chiara Lubich et tout de suite après le Vice-gouverneur a invité les députés des diverses formations à accomplir un geste symbolique en leur remettant le décret accompagné de la plaque commémorative.

Alicia Monica Pregno a ensuite expliqué les motifs de cette reconnaissance: la contribution qu’offre la spiritualité de l’unité à la construction de la communauté et elle a ajouté que « le message de Chiara Lubich fait surgir des questions qui nous poussent à réfléchir sur la raison des conflits et de notre incapacité à penser ensemble. Je crois que le monde est appelé à cheminer vers un destin meilleur, dans la mesure où nous laissons de côté nos intérêts personnels et où nous sommes disposés à résoudre les problèmes avec un regard commun. Il s’agit d’un grand défi à une époque caractérisée par beaucoup d’individualisme ».

Ont suivi les interventions du Pasteur Raffa, représentant du Comipaz, qui a souligné la contribution du Charisme de Chiara Lubich « à la naissance de cette commission depuis ses débuts » et celle de Soher El Sucaría, aujourd’hui militant politique, qui a découvert, à travers l’expérience vécue dans le Comité Interreligieux pour la Paix – sa valeur de service.

dsc0043Il faut ajouter quelques expériences de citoyens qui ont raconté leur évolution personnelle et leur engagement au service du bien commun, que ce soit en se mettant d’accord entre voisins pour résoudre les problèmes de quartier ou à travers un engagement politique au niveau d’une province ou de la nation. Cette partie du programme s’est déroulée sous la forme de deux tables rondes. La première s’intitulait : « Fraternité, semence de transformation sociale », à laquelle ont participé Estela Daima, directrice de la Caritas dans le département du Rio III, où l’on gère une entreprise de production de pain qui emploie quarante femmes, Paola Chávez, secrétaire de l’association Fazenda de la Esperanza (avec le témoignage d’Augustine, une jeune sortie d’affaire grâce à la Fazenda) et Riccardo Galli, économiste et entrepreneur de l’Economie de Communion.

Lors de la table ronde intitulée “Contribution de la fraternité à la politique. Expériences et défis », Laura Blanco, militante socialiste, a présenté les Ecoles de formation à la Politique réalisées dans ce Parlement, une façon pour lui de s’engager à vivre la fraternité dans l’action politique. Sont ensuite intervenus Julio Bañuelos, maire de Mina Clavero et Guillermo Castillo, fonctionnaire militant dans la Démocratie Chrétienne.

Chez tous les participants une conviction s’est fait jour : la fraternité vécue comme “catégorie politique” peut donner des réponses aux défis actuels pour favoriser la construction de sociétés plus justes et plus fraternelles. En conclusion le Vice Gouverneur s’est félicité de ce que le Parlement de Cordoba soit le siège d’Ecoles de formation à la Politique pour les jeunes et il a souligné les efforts déjà en cours pour mettre en œuvre cette fraternité au sein même de ce Parlement.

La force généreuse de Pâques!

La force généreuse de Pâques!

20150403-02

“ Lumière de Pâques… Je souhaite que nous ayons tous un regard,

Capable de scruter

La mort jusqu’à voir la vie,

La faute jusqu’à voir le pardon,

La séparation jusqu’à voir l’unité,

Les blessures jusqu’à voir la gloire,

L’homme jusqu’à voir Dieu,

Dieu jusqu’à voir l’homme,

Notre Moi jusqu’à voir l’Autre.

Et de surcroît, la force généreuse de Pâques ! »

(Pâques 1993)

Klaus Hemmerle, La luce dentro le cose (La lumière au-dedans des choses)

Città Nuova, Roma 1998 p. 110.

Une lumière avec des clous dessus

Une lumière avec des clous dessus

26“Oh, une lumière avec des clous dessus!.

S’exclame un enfant devant le cierge pascal.

Les clous nous les sentons.

Mais la lumière, nous la voyons ? Et nous, sommes-nous lumière dans ce monde?

Nous, nous sommes cloués :

À nous-mêmes et aux autres,

À notre temps et à notre responsabilité.

Quelqu’un s’est laissé clouer sur notre croix

Et c’est d’elle qu’Il a été descendu.

Cloué jusqu’à ce qu’Il meure.

C’est de cette façon qu’Il est devenu lumière pour tous.

Lumière qui passe à travers les portes closes.

Il est Ressuscité

Et Il montre la trace des clous

Lumière qui était clouée.

Les clous, nous les sentons

Mais la lumière, nous la voyons? Et nous, sommes-nous lumière dans ce monde ?

Pâques 1984, lettre pastorale (extrait)

Klaus Hemmerle, La luce dentro le cose (La lumière au-dedans des choses)

Città Nuova, Rome 1998, p.109.

Giordani : Le mystère pascal

Giordani : Le mystère pascal

20150401-01« Dans la liturgie pascale, on remercie Dieu pour avoir fait resplendir « en pleine lumière, Christ, qui, après avoir sauvé les hommes avec son mystère pascal, remplit l’Église d’Esprit Saint et l’enrichit admirablement de dons célestes », parmi lesquels le sacerdoce royal conféré à tous les fidèles. L’Église donc est sainte, car pleine d’Esprit Saint ; c’est le corps du Christ qui est la sainteté totale. Christ l’a instituée pour continuer avec elle à racheter et il en a fait l’instrument de libération du mal et de l’attraction au bien. L’Évangile réalisé, l’humanité récupérée, la vie avec Dieu en unité éternelle, la grâce communiquée d’une façon ininterrompue : voilà l’Église.

Et l’Église, c’est nous, coéquipiers, avec les sacrements et la doctrine, autour du pape et des évêques composant un corps social, dont les artères portent le sang du Christ, dont l’âme est l’Esprit Saint, origine de sanctification. Ainsi l’Église est la digne chambre de la Trinité sur terre. Manzoni l’appelle « mère des saints, image de la ville éternelle ».

Sa tâche est notre sanctification. Et le mystère pascal résume le but pour lequel nous sommes sur cette planète et le but pour lequel il est descendu sur cette planète, à être crucifié, lui, le Fils de Dieu ».

Giordani continue en soulignant combien l’homme a soif de sainteté et de vérité et refuse de traîner une existence insignifiante et sans couleur : il veut vivre et non se languir. C’est pour cette raison que nous nous trompons si nous proposons un christianisme illuminé, ambigu, en se faisant des illusions d’attirer ainsi les personnes.

« Ce fait de dire et de ne pas dire génère un  »no man’s land », une zone désertique.

Ce n’est pas un service au Seigneur, dont la parole fut toujours explicite ; cela ne sert pas à Dieu et provoque le dégoût de ceux-là mêmes auxquels on pense rendre l’idée religieuse plus appétissante .

Celui qui a rendu la vérité plus molle, celui qui a camouflé la croix avec des décorations, a soustrait au peuple la beauté et la puissance du commandement divin, qui invite à donner à Dieu le corps, l’âme, tout, en prenant position pour Christ, jusqu’à se faire Lui. Que ton oui soit oui et ton non soit non, voilà ce qu’enseigne l’Évangile et exige l’Église.

Le  »ni oui ni non » défigure la foi et rend nulle l’Église. Sanctifie-les dans la vérité ; ta parole est vérité ! C’est ce que Jésus demanda au père alors qu’il était en train de consumer le sacrifice suprême. Dans la vérité, non dans la neutralité ou la médiocrité ou dans la banalité…

Si on accueille Jésus entier, alors toute la journée, pour n’importe quel travail que nous fassions, celui-ci sert à professer la foi. La vie alors devient une opération merveilleuse, presqu’une liturgie ininterrompue, où les riches et les pauvres, les malades et les personnes saines, les hommes ou les femmes, les vieux ou les jeunes, tous ont à faire ; tous peuvent édifier. Édifier un destin éternel avec des matériaux de l’époque.

Voilà la sanctification. Celle-ci n’est pas une désertion de la vie. C’est la vivre, la vie, entière et saine, en éliminant les toxines.

Christ demanda à tous, aussi à toi et à moi, de le suivre en rompant les ponts avec le passé, avec ce qui est mort, nous retrouvant dans une jeunesse éternelle. Ça c’est la liberté.

Regardée de cette façon, l’église, avec laquelle le Sauveur donne la santé, un divin ministère de la santé apparaît : sacrement qui résout la mort en résurrection ».

 

De Igino Giordani, Le mystère pascal, Città Nuova, Rome, n.6 du 25.3.1977, pp 24-25