Mouvement des Focolari
L’aventure de l’unité: Igino Giordani

L’aventure de l’unité: Igino Giordani

Igino Giordani est une figure toute particulière dans l’histoire des Focolari. Enseignant, antifasciste, bibliothécaire, marié et père de quatre enfants, c’était un écrivain critique bien connu du monde catholique, pionnier de l’engagement des chrétiens en politique, écrivain et journaliste. Défenseur de la paix à n’importe quel prix, il devint officier durant la première guerre mondiale, où il fut blessé et décoré.  Après la seconde guerre mondiale, vécue du côté de l’antifascisme contraint à l’exil, il fut élu à l’Assemblée Constituante. Député, laïc éclairé, pionnier de l’œcuménisme. C’est lui aussi qui fit entrer la dimension des laïcs mariés et de la famille au sein du focolare, l’ouvrant, en quelque sorte, sur toute l’humanité.  Chiara Lubich, pour ces différents motifs et d’autres encore, considéra Giordani, familièrement appelé « Foco », comme l’un des « cofondateurs »  du mouvement des Focolari. (suite…)

L’aventure de l’unité: Igino Giordani

Congo, au delà du silence

« Il n’est pas facile de vous raconter ce que nous sommes en train de vivre dans ma région, au Congo, où un conflit permanent secoue le pays.

J’ai connu l’idéal de l’unité quand j’étais encore une enfant et j’étais contente de faire partie d’une communauté qui vivaient l’évangile. Puis j’ai grandi et lorsque je suis entrée à l’université, j’ai rencontré un autre monde. J’ai vu des personnes qui arrivaient à se tuer pour leurs différences tribales et ethniques. Corruption, fraude, mensonge et tant d’autres maux sont le tissu de la vie quotidienne.

Quand j’ai eu mon diplôme, j’ai trouvé un travail dans une organisation non gouvernementale qui œuvre pour les droits des femmes congolaises et en particulier pour celles qui ont subi des abus sexuels. Pour cette raison j’ai fait le tour de beaucoup de régions. Je me suis trouvée devant la misère de tant de gens, même si le Congo est un beau pays et riche d’importantes ressources naturelles.

Je voyais grandir un climat général de résignation. On entendait dire : « Ce pays est déjà mort, ça ne vaut pas la peine de s’en occuper… ».

Vers le début 2012, quelque chose de nouveau s’est allumé en moi. J’ai lu un texte de Chiara Lubich où elle nous invitait à ne pas nous contenter de petites joies, et à viser haut. J’ai compris que pour moi cela voulait dire travailler  pour que change mon pays.

Nous avons fait naître un mouvement de mobilisation de jeunes en ville et nous avons commencé à diffuser les informations, nos analyses et réflexions sur la situation, nos projets pour réagir ensemble. Nous avons dénoncé le manque de travail pour tant de jeunes, frappés par un haut pourcentage de chômage. Puis à l’approche de l’anniversaire de l’indépendance du Congo, nous avons imprimé des tracts pour dénoncer les problèmes présents : la crise de la justice, le chômage très grave et le paradoxe entre les grandes ressources du pays et la pauvreté de la plupart des gens.

Dans la soirée de la veillée, alors que nous étions encore en train de distribuer les tracts, quelques policiers m’ont arrêtée pendant une semaine. Pour ne pas me laisser seule, tout de suite deux autres jeunes se sont fait arrêter avec moi, et après quelques jours deux autres. J’ai subi des dizaines d’interrogatoires. Je sentais que la menace de mort ou de condamnation s’approchait de jour en jour. Ce qui m’a soutenue même pendant ces moments terribles, c’était l’unité qui me liait aux gen de ma ville et aux jeunes qui me soutenaient par leur solidarité.

Une gen s’approchait chaque jour du lieu où je me trouvais et me criait le soutien de tous. A la pensée que Jésus, même sur la croix, n’avait pas cessé d’être Amour, j’ai continué à aimer concrètement en  préparant la nourriture pour les autres détenus et pour les geôliers.

Avec beaucoup de jeunes engagés dans ce mouvement je partage la Parole de vie. Ce qui est le plus important est que j’ai compris que pour réaliser un véritable changement, la force vient de l’amour. Agir avec amour, sans violence, veut dire se mettre du côté de Dieu pour agir.

Que voulons-nous ? Notre but n’est pas de nous opposer à un groupe politique, mais de lutter  pour construire le Congo des citoyens, conscients de leurs droits et de leurs propres devoirs afin de soutenir les nouveaux leaders qui agissent pour la justice. Et quels sont les premiers résultats ? Aujourd’hui le mouvement existe, il est connu dans notre région et en d’autres points du pays ; nous avons conduit plus de 50 actions et obtenu quelques réponses concrètes. Nous sommes encore vivants, malgré les menaces et tentative d’instrumentalisation. Dans notre ville nous sommes le premier groupe de jeunes qui, tout en respectant les lois du pays, ose dénoncer, soutenir, prendre position sur beaucoup de problèmes, même graves, comme celui des sanctions contre les militaires  qui sont impliqués dans des crimes et des extorsions. Je suis convaincue qu’une génération toujours plus nombreuse de congolais reprend confiance et s’engage pour le bien du pays ». (MM. – Congo)

L’aventure de l’unité: Igino Giordani

Les Focolari et le dialogue interreligieux/2

Interview accordée par Maria Voce à Roberto Catalano, du centre des Focolari pour le dialogue interreligieux, à l’occasion de la IX Assemblée Générale des Religions pour la Paix, qui s’est déroulée fin novembre 2013 à Vienne. (seconde partie) Chiara Lubich avait eu l’intuition que la solution aux nombreux défis de notre temps résidait dans le dialogue… « Comme j’ai eu l’occasion de le dire dans mon intervention, ici à Vienne, Chiara nous a mis face à une vision très claire et très simple : nous sommes tous fils de Dieu et donc tous frères. Au début, ce n’était pas une perspective que visait les grandes religions mais plutôt le fait de considérer l’homme. Par la suite, cette attitude a conduit au dialogue et au rapport avec les disciples des autres religions. Il me semble que ce fut prophétique. En effet, Chiara a commencé à ouvrir le Mouvement au dialogue, encore avant le Concile Vatican II. À ce moment-là, les dialogues ont été assumés comme l’une de voies de l’Église justement parce qu’ils font partie de la perspective envers l’homme. En outre, Chiara a préparé les moyens et les instruments pour ces dialogues. Au fur et à mesure que l’on faisait connaissance de personnes d’autres traditions religieuses, elle avait compris qu’il était nécessaire de se spécialiser pour ces contacts. Pour cette raison, elle a fondé des centres spécifiques, […] où l’on essaye de connaître plus profondément des chrétiens d’autres Églises, des fidèles d’autres religions et des personnes ayant une culture différente. En effet, d’une connaissance plus approfondie naît une possibilité d’amour et d’ouverture plus grande. On en découvre les valeurs et on ne se met pas en position de défense mais dans une attitude de dialogue, comme il se doit. […] Aujourd’hui des personnes bouddhistes, musulmanes et d’autres religions font partie intégrante de notre mouvement et, avec nous, elles dialoguent avec les autres. Nous avons donc dépassé la phase du dialogue pour entrer dans une phase d’unité et de collaboration pleine avec eux ». Quelles sont les perspectives du dialogue interreligieux pour le mouvement des Focolari ? « Nous constatons que lorsque nous avons des rencontres de dialogue, il y a toujours des personnes nouvelles, de différentes religions, attirées par le rapport qu’ils ont vu vivre parmi des personnes ayant une foi différente. Ce témoignage ouvre à l’élargissement du dialogue. Il s’agit de rendre possible la tolérance, la compréhension et l’amitié, aspects qui sont tous, le plus souvent compromis par de nombreux jugements. Nous devons justement faire tomber les préjugés pour faire découvrir la beauté qui existe en toute personne, mettant avant tout en lumière ce qui est vraiment le plus précieux : l’appartenance à une religion. Cela permet de mettre en lumière la relation de chacun avec Dieu. […] Les dialogues nous permettent de grandir dans la capacité, non seulement de comprendre ceux avec qui nous vivons […], mais aussi de contenir les autres qui proviennent de traditions et d’inspirations spirituelles différentes des nôtres. Notre mouvement vise […] à l’ut omnes [‘Que tous soient un’ comme Jésus l’a demandé au Père] et pour cette raison, il doit contenir – le plus possible – toutes les dimensions. Il ne peut se contenter de la dimension catholique dans laquelle il est né bien que cette dimension possède en soi une perspective universelle, car catholique signifie universel. Pour être vraiment universels, nous devons parvenir à découvrir la beauté qui existe dans l’humanité ». Lire l’intégrale de l’interview sur Città Nuova online (en italien)

L’aventure de l’unité: Igino Giordani

Maroc, la fête de l’Aïd El Kebir

Ali: “J’avais perdu mon travail et nous ne savions pas si nous aurions les moyens d’acheter un mouton, comme le demande notre tradition, pour la fête toute proche de l’Aïd El Kébir qui commémore le sacrifice d’Abraham »

 Zohour: “ Peu de temps avant, une famille des focolari d’Oran (Algérie) nous avait donné une somme d’argent pour acheter une machine à laver : elle avait vu qu’avec deux enfants en bas âge, je me fatiguais trop en lavant le linge à la main. Et j’avais justement repéré  à Tanger, la ville où nous habitons, un magasin qui proposait des prix intéressants.

En pensant à la fête de l’Aïd El Kébir, j’ai proposé à Ali d’utiliser la somme reçue pour acheter le mouton. Mais, réflexion faite, nous avons pensé que nous devions respecter la destination cet argent. Aussi nous nous sommes rendus au magasin qui offrait le meilleur prix et nous avons acheté la machine à laver. Au moment de payer, la caissière nous a proposé de participer à un tirage au sort réservé aux clients qui avaient fait des achats.

Nous sommes rentrés à la maison, heureux d’avoir pris cette décision ensemble. Pour ce qui était du mouton, nous nous en sommes remis à Dieu.

Ali: “ Dans l’après-midi  nous avons reçu un coup de fil du magasin nous annonçant que nous avions justement gagné un mouton! Trois jours après la fête religieuse, c’est avec grande joie que  nous avons pu le sacrifier, conformément à notre tradition.

Cette expérience  a été pour nous un signe de la grandeur de Dieu, de son amour, chaque fois que nous nous aimons et que nous sommes unis en son nom, prêts à donner notre vie l’un pour l’autre. Au cours de cette même semaine j’ai aussi retrouvé du travail ! »

L’aventure de l’unité: Igino Giordani

Myanmar: Au service de la communauté

Village de Kanazogone

«Dès le début de sa fondation en 1860 –raconte le curé, le p. Carolus Su Naing – la paroisse a servi l’église locale en s’intéressant surtout au développement social et pastoral des habitants du lieu et, par la suite, elle a fondé 4 autres paroisses : Aima, Pein ne gone, Myitkalay et Wakema, où vivent 8.000 catholiques. Kanazogone a toujours eu comme rôle vital de prendre soin des personnes les plus nécessiteuses de la région. Lorsqu’en 2008 le cyclone « Nargis » s’est abattu sur la région du Delta, notre village est devenu le centre des réfugiés : environ 3000 personnes frappées par le cyclone ».

Quelle est votre situation actuelle, père ?

« Kanazagone, ne reçoit pas encore d’énergie électrique de la commune, nous explique le prêtre focolarino. Tous les habitants du village doivent se procurer par leurs propres moyens toute forme d’éclairage en utilisant des bougies, des batteries, quelques maisons seulement ont leur propre générateur à essence. Avec les chefs du village nous avons récemment discuté sur la nécessité d’avoir un générateur plus fort et plus puissant pour que toutes les familles du coin aient l’électricité. L’installation d’un générateur puissant au biogaz servira à améliorer la vie du village et la capacité de travail de ses habitants »

Comment fonctionnera le générateur? Nous le demandons au suisse Rolf Infanger, des Focolari, engagé personnellement dans le projet:

«  Le générateur alimenté au biogaz, fait travailler une dynamo de 200 kw, qui suffit au village tout entier. C’est une invention du Myanmar. La nouveauté se trouve dans le fait que le biogaz est produit par la combustion de la balle de riz, un produit de rejet. La balle de riz qui, en général, est jetée, peut être utilisée de manière efficace pour produire de l’énergie électrique biogaz. En plus, le support technique sera assuré par le fabricant local du moteur. Au Myanmar beaucoup de groupes de ce genre tournent déjà et bien. Cette région est entourée de champs de riz. La rizerie où la céréale est élaborée se trouve ici dans le village. Le projet, guidé par l’ingénieur inventeur et le chef du village, a démarré en avril 2013 après l’arrivage d’un prêt de 25.000$. Il faut le rembourser dans les 5 ans mais à un taux minime. Nous faisons la forte expérience de sentir que Dieu nous guide et nous oriente à faire des choses utiles pour la vie du village ».

Quelle sont vos attentes quand le générateur fonctionnera ?

« Grâce à la fourniture de la lumière et de l’énergie produite pas l’installation au biogaz quand il sera en fonctionnement – assure p. Su Naing – les familles du village amélioreront leur vie quotidienne. Le niveau de vie des habitants montera en leur donnant la possibilité de travailler chez eux en soirée. La lumière et l’énergie fournies aideront les écoles et le dispensaire du village en temps normal et même durant les périodes d’urgence. Les enfants auront plus de facilité à faire leurs devoirs. La lumière dans la rue donnera un sens de sécurité, en favorisant la vie sociale ».

Si vous voulez soutenir le projet :

Compte bancaire Allemagne:

Maria Schregel Hilfswerk e.V.

Sparkasse Uelzen – IBAN: DE39 2585 0110 0009 0079 49

Swift: NOLADE21UEL