10 Août 2013 | Non classifié(e)

« Je me souviens, au début, c’était notre cœur rempli d’amour pour Dieu qui faisait déborder l’Évangile redécouvert sur beaucoup de personnes. Comment faire en sorte qu’aujourd’hui aussi cela soit ainsi partout? En étant fidèles, aujourd’hui comme hier, au style de vie que nous a suggéré l’Esprit Saint: être avant tout des chrétiens ‘doc’, authentiques, qui vivent en premier ce que l’Évangile enseigne, des personnes dont on peut dire, comme des premiers chrétiens: « Regardez comme ils s’aiment et ils sont prêts à mourir l’un pour l’autre ». Des chrétiens, ensuite, qui aiment tout le monde sans distinctions, d’un amour concret. Des chrétiens qui, seulement après avoir aimé ainsi, parlent, en annonçant l’Évangile à tous.
Même si on ne peut pas toujours parler avec la bouche, on peut toujours le faire avec le cœur, en appelant par son nom la personne que nous rencontrons, par exemple, en saluant d’une certaine manière, de façon à ce que les autres ressentent qu’ils sont importants pour nous, qu’ils ne nous sont pas indifférents, qu’il existe déjà un lien avec eux, fait peut-être seulement à travers un silence respectueux.
Ces paroles sans bruit, comme peut l’être un sourire, vous le devinez, ne peuvent pas ne pas ouvrir un passage vers les cœurs. Et dès que le passage s’ouvre, il ne faut pas attendre, il faut parler, aussi dire peu de mots, mais parler. En commençant, par exemple, par notre expérience avec Jésus, parler de Lui.
Essayons de remplir notre journée de ces paroles, de gestes nouveaux que nous n’avons jamais faits, totalitaires, complets. Nous porterons dans le monde la fascination de Jésus et nous rendrons les personnes amoureuses de Lui, si bien que le royaume de Dieu s’étendra au-delà de toute attente. Il grandira de telle façon que l’on peut regarder loin, comme Jésus, lorsqu’Il a appelé tout le monde à la fraternité universelle en priant le Père: « Que tous soient un ».
Ce rêve peut sembler fou, mais il est possible, parce que c’est un rêve de Dieu. »
9 Août 2013 | Non classifié(e)

Quelle est votre impression sur la rencontre du CELAM avec François, le premier pape de l’Amérique latine? Que pouvez-vous nous dire sur cette rencontre?
Je crois que c’était historique. De plus, c’était aussi la première fois qu’un pape rencontrait tout le groupe de la Coordination (tous les évêques de ce quadriennat et nous tous qui travaillons dans la coordination). Cette rencontre pourrait être définie par deux caractéristiques: paternelle, parce que le pape agit au nom de Pierre, comme évêque de Rome, dimension paternelle de l’Église et, en même temps, il était frère évêque avec les évêques. C’est ce qu’il a dit qu’il voulait faire et qu’il a fait. Ses gestes et tout ce qu’il exprimait allaient dans cette direction. En outre, il ne faut pas oublier que le pape est fils de l’Épiscopat latino-américain.
Son discours a été très fort, mais prononcé avec paternité et fraternité, accentuant certaines choses qu’il avait déjà dites, dans lesquelles, justement, il a mis en garde contre certaines tentations. Il a montré une photographie des réalités qui existent dans l’Église et, en même temps, il a proposé un profil, une figure d’évêque qui soit serviteur, à la fois paternel et maternel. Il a dit que la pastorale, s’il devait la définir, serait Marie Mère, l’Église Mère. Il a clairement parlé aussi de l’importance de la conduite: il est nécessaire que les évêques guident, mais pas « en imposant ». Il a utilisé exactement ces mots. Il propose aux évêques la pauvreté comme style de vie. Il a, en outre, aussi mentionné l’importance qu’a la pauvreté, au sens psychologique, pour ne pas avoir une mentalité aristocratique. Je crois que le message que le pape a donné hier aux évêques présents dans le CELAM était de quelqu’un qui, connaissant très bien la réalité, et de l’intérieur, chemine avec l’Église de l’Amérique latine derrière lui. Comme disant: « Je peux lui dire cela et je dois le lui dire! Nous sommes en retard dans certaines choses, mais nous allons de l’avant, nous nous améliorons, nous changeons, nous nous renouvelons ». Mais c’était aussi un message de grande espérance. Le pape parle toujours de conversion. Il dit: fixons-nous de manière permanente dans les processus de conversion. Je crois que tout cela est un grand témoignage que le pape François donne à l’humanité. C’est-à-dire que personne dans le christianisme ne peut donner des leçons sans se soumettre à un processus de conversion.
Quelles sont les perspectives d’accueil du Document d’Aparecida après cette rencontre avec le pape?
Je crois qu’il y a déjà eu un certain accueil du Document ces dernières années, il est évident que toute l’Amérique latine s’est mobilisée. Le pape a sans doute réveillé une sensibilité nouvelle sur ce qu’il s’est passé à Aparecida. Nous espérons que cela puisse devenir toujours plus un « itinéraire » à parcourir par tous nos peuples et que se fassent les pas que l’épiscopat a évalués et vus là. Je crois que le pas le plus important que le pape François nous aide à faire est justement celui d’une profonde dimension de conversion pastorale, c’est-à-dire nous mettre tous à la suite du Christ. Cela signifie prendre l’Évangile dans les comportements, dans les gestes, dans les discours, dans toutes nos expériences, et cela signifie la transformation de la réalité. S’il y a quelque chose que ce pape possède comme un don particulier, c’est d’être absolument conscient que l’Évangile nous donne une possibilité unique, non seulement de nous créer une conscience comme de bons chrétiens, mais aussi de transformer la réalité sociale, politique et culturelle.
Voudriez-vous nous dire quelque chose de plus sur le pape au Brésil?
Je crois que le pape a fait un grand pas avec les jeunes, parce qu’il leur a proposé l’Eucharistie et la prière comme des voies pour suivre le Christ et, comme troisième point, il leur a indiqué d’aider le frère. Je crois que c’est la route pour les jeunes et pour toute l’Église, pouvoir travailler pour les autres, pour les frères, pour ceux qui sont en difficulté. Une autre très belle chose que pape a dit au CELAM est que Dieu est partout. Pas seulement dans l’église, dans le temple, dans les institutions religieuses. Cette lecture du passage de Dieu dans l’histoire de l’humanité me semble fondamentale pour nous chrétiens, sinon il pourrait se passer comme à l’époque de Jésus, où pas tous ne l’ont reconnu.
* Dr Susana Nuin Núñez, Uruguayenne, membre du Mouvement des Focolari, Consultrice du Conseil pontifical pour les Communications sociales, Secrétaire exécutive du Département de Communication et Presse du CELAM.
8 Août 2013 | Non classifié(e)

La dott.ssa Susana Nuin Nuñez
Dr Núñez a fait partie de l’équipe de la Conférence d’Aparecida (2007), qui a eu comme président de la Commission pour le Document final le cardinal Jorge Mario Bergoglio. En outre, elle a participé aux travaux de Coordination de la Conférence de l’Épiscopat latino-américain (CELAM), qui vient d’avoir lieu à Rio, du 29 juillet au 2 août 2013.
Durant les JMJ, le Document d’Aparecida a été souligné de nombreuses fois. De votre point de vue, y-a-t-il un point du Document qui a été particulièrement mis en lumière?
Pour le pape, Aparecida a une grande valeur concernant la manière de dialoguer avec l’Église, comme proposé lors de Vatican II, en commençant par le point de vue des peuples du continent sud-américain, de ce qu’ils ressentent. En particulier, il a mis en évidence la proposition des « disciples missionnaires ». Ces deux réalités qui vont ensemble exigent un échange de vie, exigent une conversion pastorale pour tous. Que cela signifie-t-il? Cela signifie nous mettre à suivre Jésus, même si nous nous sentons faibles, fragiles… « en chemin » vers la conversion.
Le pape répète des concepts comme: « culture de la rencontre », « dialogue », « relation entre les générations ». Sont-ils fondés sur le Document?
Je crois que oui. Le pape se base sur l’ecclésiologie de Vatican II, une ecclésiologie du dialogue dans toutes ses dimensions: avec les autres Églises, avec les autres religions, avec les personnes qui ne croient pas, mais aussi le dialogue à l’intérieur de l’Église catholique et le dialogue avec la culture, avec la politique. Ici aussi, quelques présidents du Cône Sud de l’Amérique ont participé aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Donc, je crois que le pape a fait une chose très intéressante: lier le monde des jeunes à celui des personnes âgées. Cela m’a semblé totalement révolutionnaire: plus que chercher les différences entre les générations, il en a souligné le potentiel et la même réalité. Il a été très clair: les jeunes de nos sociétés sont exclus, tout comme les personnes âgées. Pour cette raison, ils peuvent être pleinement solidaires et s’enrichir les uns les autres de manière beaucoup plus forte. Il m’a semblé révolutionnaire que, pendant des JMJ, le pape parle de la valeur et de la dimension des personnes âgées.
Nous avons lu une de ses récentes interviews où il parle d’“étincelles de l’Esprit”, se référant à la contribution qui peut venir de la proposition d’Aparecida aussi pour les États-Unis. Pourrait-on supposer que cela est aussi valable pour le monde entier?
Je crois que chaque continent exprime une culture: Aparecida exprime la culture de l’Amérique latine et des Caraïbes. Je dirais plutôt qu’Aparecida peut être un bon témoignage pour pousser les différents continents à se réunir en communion et collégialité, pour pouvoir créer leurs propres instances de communion. Il me semble que ce qui est le plus important, c’est de motiver l’Église continentale – c’est déjà le cas en Afrique et sous d’autres latitudes – à se réunir et à comprendre ce que signifie l’Évangile aujourd’hui pour ces peuples (à suivre).
* Dr Susana Nuin Núñez, Uruguayenne, membre du Mouvement des Focolari, Consultrice du Conseil pontifical pour les Communications sociales, Secrétaire exécutive du Département de Communication et Presse du CELAM.
6 Août 2013 | Focolare Worldwide
Mario travaille depuis des années dans une entreprise qui a employé ces derniers temps beaucoup de bengalais. Il raconte : « Au début ce n’était pas facile, mais par la suite les choses se sont améliorées : ils se sont engagés à bien apprendre leur métier et on les a aidés lorsque la langue devenait une difficulté. Toutefois, quelque méfiance est restée, surtout en atelier ». Mario ne parle pas beaucoup, mais il observe attentivement les personnes et réussit toujours à comprendre ce qu’elles pensent, il capte leurs difficultés, écoute avec intérêt et pour cela ses compagnons de travail l’aiment bien.
Puis un jour, à propos d’un compagnon de travail, une nouveauté dérange Mario qui en parle à sa femme Silvia : « Hossain doit rentrer pour les vacances au Bengladesh et il demande quelqu’un pour l’accompagner à l’aéroport, il serait compensé par une contrepartie. Si tu savais combien ont grogné à l’usine : les autres critiquent sa requête et disent qu’il peut se débrouiller tout seul, ils devraient perdre une journée de vacances pour lui faire ce plaisir ? ». Mario hésite et toussote un peu, alors que Silvia s’occupe des assiettes et des verres qui tintent joyeusement entre la table et la cuisine. « Vas’ y toi, si tu penses que tu peux le faire » conseille sa femme. « Si c’était toi dans le besoin, tu serais content de trouver quelqu’un de disponible, non ? ». « C’est vrai, j’y avais pensé. C’est un voyage un peu long, mais je ne veux pas me faire rembourser ». « C’est bon comme ça et ne te préoccupe pas des critiques des autres ».
Le jour prévu arrive. Tout le monde salue Hossain avec une certaine euphorie et ils plaisantent: “Ne te fie pas à celui-là – dit l’un d’eux – on ne sait jamais où il peut t’emmener!”. « Vas’ y … – explique un autre – toi tu n’as même pas voulu l’accompagner alors que Mario, si, lui au moins je peux avoir confiance, c’est sûr ! » Mario part et l’accompagne sur les 200 km prévus, et à Hossain qui veut le rembourser pour la journée qu’il a passé ainsi que la voiture, il rétorque : « Je ne veux rien, je t’ai accompagné volontiers et je te souhaite bon voyage. Je sais que ce sera fatigant, mais tu seras content de revoir tes enfants et ta famille ! ».
Hossain est ému, ça se voit, il ne s’attendait pas à ce geste généreux! Une salutation rapide et après avoir fini les papiers d’embarquement, Mario reprend le chemin du retour. Un mois environ se passe. Un mois tranquille, où l’on parle souvent de Hossain à table et de son prochain retour. « Et comment rentrera-t-il ? », se demandent-ils en famille. Le retour est plus sûr, dit Mario, parce que les autres compatriotes l’accompagneront chez lui. Quand Mario revient à l’usine, Mario s’attend à le rencontrer pour écouter le récit d’un voyage au bout du monde, si lointain et pourtant si proche, où la fatigue quotidienne, au coude à coude, peut se transformer aussi en partage des fatigues émotives de laisser et de retrouver sa propre famille.
Il n’a pas à attendre longtemps, et lorsqu’il le rencontre il le voit ému et heureux. Il lui raconte son voyage, les enfants qui ont grandi, la fête avec les parents… Puis il déroule devant l’italien un grand tapis multicolore qui a survolé les continents. Mario l’observe curieux et ne s’attend évidemment pas à entendre cette phrase : « Un tapis pour toi ». Mario écarquille les yeux et pense déjà à la surprise de Silvia : un cadeau comme celui-là, il n’en avait jamais reçu en vérité ! Il ressemble au tapis volant des histoires qu’on lui racontait étant enfant, quand il rêvait lui aussi de voler sur le tapis magique dans les pays lointains : et maintenant, il ferme les yeux, il a vraiment l’impression d’avoir rêvé et pourtant non le tapis de Hossain est bien là, pour le remercier et sceller une amitié au goût de fable.
De Annamaria Gatti
5 Août 2013 | Non classifié(e)

Chiara les appelait « popetti », c’est-à-dire « enfants » en dialecte trentin. C’étaient les jeunes qui, en contact avec le Mouvement des Focolari naissant au début des années 50, entrèrent dans l’orbite de la première communauté, suivirent de près les événements, partagèrent en tant que protagonistes joies et souffrances et aussi de grands moments comme les Mariapolis, durant la période estivale dans les Dolomites, autour du premier groupe de focolarini et focolarines.
Luigi Liberati, romain, a connu la spiritualité de l’Unité fin 1953. « Toute personne qui a reçu le cadeau de se trouver près de Chiara a la certitude qu’elle l’a aimée en exclusivité. J’ai toujours dans l’esprit et dans l’âme l’expérience forte de me sentir toujours aimé et mis à la première place », commence-t-il. Son récit offre un cadre tant inédit et vivant qu’intense et profond. « En août 1954, j’ai participé à ma première Mariapolis. Puisque nous n’étions pas nombreux, le contact avec Chiara était très facile. » Luigi se souvient d’une petite anecdote: « L’Évangile de la messe disait « …qui accueille un de ces petits… » et, aussitôt, à la sortie, Chiara déclare: « Popetti, tous en voiture! On va au refuge pour manger des fraises à la crème ». Immédiatement, nous nous serrons tous dans la Fiat 103. Chiara portait les plus petits sur ses genoux et, ensuite, en route pour nous régaler de crème et de fraises! ».
Durant ces premières Mariapolis, Chiara a confié le groupe de jeunes constamment en augmentation à Vincenzo Folonari, familièrement appelé Eletto: « Là ressort toute la valeur spirituelle d’Eletto. Avec lui, j’ai expérimenté des grâces jamais vécues auparavant: il a ouvert avec nous un dialogue qui était complémentaire à celui de Chiara. Elle nous aimait, nous formait et enseignait, et Eletto nous aidait à traduire tout cela en action ».
Au fil du temps, le groupe de jeunes augmentait, et Chiara a créé un petit centre pour qu’ils restent liés: « Presque chaque jour, certains d’entre nous se rencontraient là après l’école. Nous maintenions la correspondance avec d’autres jeunes de différentes parties de l’Italie. Chiara venait souvent, nous donnait des conseils et nous encourageait. » Le rapport avec elle était direct et filial: « Lorsqu’en 1957 elle a eu un accident de voiture et s’est cassé l’épaule, Paolo Carta et moi allions presque tous les jours à la clinique où elle était hospitalisée et nous laissions un billet sur sa voiture parquée pour lui faire parvenir tout notre amour ».
« À un certain moment, nous avons senti le besoin d’organiser une rencontre nationale, tellement nous avions grandi. Ce jour-là, nous avons ressenti une responsabilité qui faisait nous sentir complètement à égalité avec les adultes, et nous avons vécu le tout avec sacralité. » Les bases de la diffusion de la spiritualité de l’Unité dans les nouvelles générations étaient donc jetées: « Malgré tout – conclut Luigi – Dieu nous préparait pour ce qui allait ensuite sortir de manière explosive avec les “Gen” durant la décennie suivante ». Mais c’est un autre chapitre.
