Mouvement des Focolari
Chiara Badano et les jeunes consacrés

Chiara Badano et les jeunes consacrés

« La rencontre avec d’autres charismes est quelque chose qui me fascine. La réaliser dans les lieux où Chiara Luce Badano a vécu l’Évangile avec radicalité lui a donné une pointe de nouveauté et de jeunesse. » C’est ce qu’a écrit Alessandro, jeune religieux des Oblats de Marie Immaculée, un des 22 jeunes qui se sont donné rendez-vous à Sassello, village natal de la jeune bienheureuse, du 19 au 23 août.

La rencontre « De Lumière en Lumière – Chiara Luce pour les jeunes consacrés » a été un espace pour jeunes religieuses et religieux de différents charismes. C’était un laboratoire dans lequel les participants ont découvert ce qu’ils ont en commun et se sont interrogés sur leur jeune vocation à la vie consacrée.

Sept congrégations étaient représentées: Frères mineurs, Oblats de Marie Immaculée, Sœurs franciscaines des Pauvres, Missionnaires de sainte Paola Frassinetti, Frères et Sœurs franciscains missionnaires, Petits Frères de Jésus ressuscité des Nouveaux Horizons et Missionnaires de la Joie. « C’était une expérience forte, écrit frère Andrea. Nous nous sommes laissé « bouleverser par l’Esprit », qui nous poussait à créer une communion entre nos charismes pour faire resplendir avec une beauté nouvelle le visage jeune de l’Église. »

« Une splendide occasion d’échange, en tant que jeune consacrée proche de la spiritualité des Focolari, commente sœur Cinzia, des Franciscaines des Pauvres. Une très riche expérience de communion et une excellente formation, une occasion pour réfléchir sur la sainteté du quotidien à laquelle nous sommes tous appelés. J’ai vraiment expérimenté que si l’on vit en relation d’amour et connaissance réciproques entre différents charismes, on s’approche de Dieu. »

La rencontre était structurée autour des trois mots qui ont composé le slogan de la béatification de Chiara Luce: life, love, light.

Durant la journée life, le père Theo Jansen a illustré comment la vie du Christ, qui anime l’Église, est florissante dans les différents charismes et comment elle les pousse maintenant à la communion et à l’amour réciproque. Dans les ateliers, nous nous sommes interrogés sur la façon dont les charismes répondent à la mission de Jésus: « Je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante » (Jn 10, 10). Face au mal-être des jeunes et à la crise économique, deux expériences enrichissantes: Matteo Zini (Nouveaux Horizons) a montré comment le charisme de la joie, comme vie en plénitude, apporte la résurrection dans l’enfer de la rue (drogue, alcool, prostitution, délinquance…) et Livio Bertola, entrepreneur ÉdeC, comment la vie de l’Évangile renouvelle aussi le monde de l’économie. Le soir, place aux talents: une très sympathique soirée-talent, composée de jeux, chansons et cabaret.

Durant la journée love, frère Andrea Patanè a parlé de la découverte de l’amour et de ses implications, comme ressenti et vécu par Chiara Lubich et par ses compagnes. Le père Jacopo Papi a essayé d’actualiser l’expérience de Chiara Luce dans la vie de jeunes consacrés. Quant au père Donato Cauzzo, secrétaire du Préfet de la Congrégation des Religieux, il a souligné la force de l’Esprit qui pousse les charismes à la communion pour faire resplendir encore plus le visage du Christ.

Durant la journée light, ont eu lieu les témoignages de Silvia, qui a vécu l’expérience gen avec Chiaretta; de Lorenza, du groupe des familles nouvelles; et de Giuliano, gérant de bar, un de ses grands amis. Un moment fort: la visite guidée de Sassello avec Simona, camarade de classe de Chiara, et l’intense moment de prière devant la tombe de la jeune bienheureuse.

Frère Andrea, des Frères franciscains missionnaires, résume les cinq jours intenses vécus ensemble: « Un moment de Ciel, au-delà de toute attente. Le Seigneur et Chiara Luce nous ont tant transformés durant ces journées! Et la communion entre nous était très vivante, aussi dans la diversité de nos appels! »

Les participants sont partis avec ce désir de communion, pour apporter à beaucoup le « flambeau » que Chiara Luce a voulu passer aux jeunes. Prochain rendez-vous: Loppiano 2014.

Chiara Badano et les jeunes consacrés

17 années de rencontres entre juifs et chrétiens

Dans la ville pilote argentine des Focolari, les 18 et 19 août, 70 juifs et chrétiens ont vécu deux journées intenses d’étude et de dialogue à l’occasion de la XVII Journée de la Paix.

Le thème de cette année : « l’amour envers le prochain dans la tradition juive et dans la tradition chrétienne ». L’ouverture des travaux s’est faite autour de témoignages présentés par 6 juifs et 6 chrétiens, qui avaient participé à une rencontre interreligieuse organisée pas les Focolari à Castelgandolfo (Rome) en mai dernier. Leurs expériences ont mis en évidence les pas importants dans le développement de la compréhension réciproque.

Quel est le secret du succès de la continuité de ces Journées de la Paix ? Laissons parler les participants eux-mêmes : « l’espace d’échange sincère qui se crée, où règnent l’affection et le respect réciproque, où l’on est sûr de la confiance, de l’écoute et de l’accueil des autres ».

De nombreux moments saillants. En tout premier le rappel de la rencontre avec le Pape François qui a suscité une grande émotion.

Lidia Erbetta, focolarine théologienne, et la rabbine Silvina Chemen de la communauté Bet El, ont proposé ensuite, l’étude du texte tiré du chapitre 4 du Livre de la Genèse.

Il s’agit du passage bien connu de Caïn et Abel, et la question fatidique : « Où est ton frère ? »  Erbetta et Chemen ont proposé une dynamique de groupe dans le style de la « hevruta », c’est-à-dire l’étude entre égaux, selon la tradition de l’école talmudique pour l’analyse des textes bibliques. Une hevruta  qui – cette fois – ne s’est pas déroulée entre deux membres mais bien entre six membres : une étude de groupe et de communion, avec une réflexion finale très intéressante des exposants.

Le schéma s’est répété le jour suivant: cette fois avec Francesco Canzani, des Focolari et le rabbin Ernesto Yattah, sur le texte de l’évangile de Marc 12,28-33; ce passage évangélique où Jésus rappelle que ce qui compte le plus est d’aimer Dieu et le prochain.

La Journée s’est conclue par la bénédiction autour de l’olivier, apporté de Nazareth il y a 15 ans par un ami juif, Ignazio Salzberg. Cet arbre est devenu un symbole du dialogue juif-chrétien dans l’enceinte de la ville pilote Mariapoli Lia.

Cette année aussi, selon l’opinion de beaucoup, il s’est créé un certain enthousiasme, fruit d’un dialogue respectueux, qui a comme conséquence le désir de le revivre dans le contexte social où chacun œuvre quotidiennement.

Chiara Badano et les jeunes consacrés

A “Ensemble pour l’Europe” va le Prix Européen S. Ulrich 2014

«Nous sommes heureux et reconnaissants pour cet honneur», a commenté Gerhard Pross, porte parole du comité allemand du projet : « C’est pour nous un nouvel élan pour faire resplendir l’esprit de l’Ensemble, de la communion et des valeurs chrétiennes dans la société et dans les Eglises ». Les années passées, ont été récompensés, entre autres, l’ex-chancelier allemand Helmut Kohl, l’archevêque émérite polonais Alfons Nossol et la Communauté de Sant’Egidio.  « Ensemble pour l’Europe » nait à Ottmaring (Augsbourg, Allemagne), le 31 octobre 1999, après la signature historique de la même matinée de la « Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification ». Ce même jour, de fait, dans le Centre œcuménique de Ottmaring, se déroule la première rencontre de quelques mouvements et communautés catholiques et évangéliques, pour vivre ensemble l’évangile. Avec le temps la physionomie de « Ensemble pour l’Europe » se définit, elle se présente comme « une libre convergence des mouvements chrétiens –catholiques, évangéliques, réformés, anglicans et orthodoxes – qui, tout en maintenant chacun sa propre autonomie, agissent ensemble à des occasions déterminées pour des buts partagés, mettant à disposition l’aide de son propre charisme et de sa propre spiritualité ». L’objectif principal, donc, est celui de travailler ensemble pour « développer l’âme chrétienne de l’Europe ».  Le Prix S.Ulrich a été institué en 1993 par la Fondation européenne de S. Ulrich, à Dillingen, la ville natale du saint, en souvenir des mille ans de sa béatification. Dans la ville et la région, de fait, on sent un élan très fort pour travailler en faveur de la paix et pour la construction d’une Europe fondée sur les valeurs chrétiennes. Le Prix est assigné tous les deux ans à des personnes, initiatives ou institutions engagées dans le domaine politique, religieux, culturel, scientifique, économique et social, dans l’esprit de S. Ulrich pour l’unité de l’Europe. Dans la motivation du Prix 2014 on affirme que « la toile de ‘Ensemble pour l’Europe’ s’engage pour  une culture de la communion et une grande communauté solidaire en Europe fondée sur les valeurs chrétiennes. Elle favorise le développement de la liberté et du sens humanitaire minés par la crise financière et économique en Europe ». Doté de 10.000 Euro, le Prix sera offert au Comité international d’Orientation de « Ensemble pour l’Europe » au mois de mai 2014 à Dillingen.

Le secret de l’amour vrai

Video:

Erik Hendrik: Quel est, selon toi, le secret du véritable amour ?

Chiara Lubich: L’amour véritable, le secret du véritable amour (…) consiste en ceci : l’amour dont nous parlons est celui que nous avons retenu de l’Évangile. Or, l’Évangile est la bonne nouvelle que le Christ a apportée sur la terre. C’est donc un amour qui a été conçu en Dieu et non sur la terre. Un amour donc que vivent les personnes de la Sainte Trinité. Par exemple : (on voit que) le Père aime tout le monde : il fait tomber la pluie et lever le soleil sur les méchants et sur les bons. Il aime tout le monde.

C’est donc un amour qui nous met dans l’attitude d’aimer tous nos frères, et pas seulement les membres de notre famille, nos amis ou les personnes qui nous plaisent, car il nous faut aimer tout le monde. Au cours de la journée, il nous faut prendre en considération chaque personne que nous rencontrons (afin de l’aimer).

Une deuxième exigence de cet amour – exigence qui n’existe pas sur la terre car, justement, elle vient du ciel – est celle d’aimer en premier, de ne pas attendre d’être aimés. En général, on attend d’être aimés pour aimer (à notre tour), alors qu’au contraire, il faut aimer en premier. Jésus, la deuxième Personne divine, faite homme, nous le montre : il est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs, ce qui signifie à coup sûr que nous n’aimions pas.

C’est aussi un amour concret, comme celui de Jésus justement, lui qui a donné sa vie. Ce n’est pas un amour sentimental, platonique, car il va jusqu’à être concret. (…) En effet, c’est un amour qui ‘se fait un’ avec l’autre, aussi bien avec celui qui souffre qu’avec celui qui est dans la joie : il partage cette souffrance et cherche à la soulager, ou bien il partage la joie.

Si l’on met en pratique cet amour dans le monde (…) – et c’est le secret du Mouvement qui l’a mis en pratique dans tous les pays du monde – généralement cet amour devient réciproque ; parce que les personnes se sentent aimées, se trouvent bien avec nous et nous demandent : « Pourquoi (agis-tu ainsi) ? » Nous leur expliquons pourquoi nous aimons. Alors s’établit un dialogue entre nous (…). Et les personnes ne sont pas toutes chrétiennes (…), très souvent elles appartiennent à d’autres religions ou sont non croyantes ; les non croyants, eux aussi, ont dans leurs gènes le concept d’aimer, la force d’aimer, car ils ont été créés par Dieu qui est amour.

Voilà un peu ce qu’est l’amour.

Chiara Badano et les jeunes consacrés

France: réconcilier pauvres et entreprises

« Le Village St-Joseph (au nord de Nantes, France) ouvre ses portes à ceux qui ont besoin de faire une pause… Les personnes souffrant de solitude, les familles, les exclus, les oubliés, les blessés de la vie… Sachant que nos pauvretés peuvent revêtir différents aspects: matériel, financier, spirituel, affectif, psychologique, culturel… » C’est ainsi que se présente, sur son site web, l’endroit original choisi pour passer une semaine d’atelier, en juillet dernier en France, organisée par les entrepreneurs français qui adhèrent à l’ÉdeC.

Créer des entreprises d’Économie de Communion est le titre choisi. « C’étaient des jours intenses – racontent Chantal et José Grevin – durant lesquels nous avons travaillé sur quelques projets de création d’entreprises selon l’esprit de l’ÉdeC à l’intérieur du village. Nous avons commencé par des activités déjà existantes: laboratoires de mosaïque, fabrication de produits pour le jardinage.

Notre équipe était composée de jeunes participants à l’atelier et de quelques résidents du village. Pendant toute la semaine, nous avons travaillé en adhérant pleinement aux rythmes de la vie quotidienne du village: moments de prière, repas en commun, veillées accompagnées de témoignages.

Les résidents du village sont des personnes blessées à l’intérieur, qui ont vécu la dépendance à l’alcool ou à la drogue, ou qui ont vécu dans la rue. Maintenant, ils reconstruisent leur vie, grâce à l’esprit de fraternité que l’on trouve à St-Joseph et à la vie de prière ensemble qui rythme la journée. Les jeunes aussi, venus pour l’atelier, souffrent à cause de ce qu’ils vivent dans leur entreprise. Nous avons tous vécu une forte communion qui nous a comblés.

L’atelier nous a fait découvrir quelques aspects essentiels de l’ÉdeC concernant les pauvres et la relation nécessaire de communion entre entrepreneurs et pauvres. Voici quelques points:

– Le travail comme outil indispensable pour mettre sa vie sur la voie de la guérison et pour retrouver sa dignité.

– Pour de nombreux résidents, entreprise est synonyme de souffrance. La société, en effet, a des blessés là; en conséquence, ils se sentent exclus et éprouvent répulsion et rejet.

– Ils considèrent l’ÉdeC comme un projet attirant qui les réconcilie avec le monde du travail.

– Dans les nouvelles entreprises à créer, le travail de chacun devra être considéré d’égale valeur, parce que chacun s’efforce de donner sa propre contribution. Et ainsi la communion fraternelle entre tous devient vraiment réelle.

L’ÉdeC, donc, ne peut reposer seulement sur des entrepreneurs avec une vision nouvelle de l’économie, mais aussi sur des « pauvres » qui ont le même mode nouveau de vivre les rapports de travail. Au Village St-Joseph, nous avons justement rencontré ces « pauvres », rétablis et sauvés par la vie de l’Évangile. Certains d’entre eux se sentent fortement attirés par les valeurs proposées par l’ÉdeC, comme les entrepreneurs, mais ne veulent pas devenir comme eux, et voient dans l’Économie de Communion une possibilité pour rentrer dans le système économique, celui qui les a écartés.

La collectivité de ce village participe pleinement au projet ÉdeC, pas vraiment à travers le partage des profits, mais parce qu’ils mettent en évidence les richesses des pauvres: le style de vie sobre, la qualité des relations fraternelles, le pardon, la confiance en la Providence, l’égale dignité de la contribution de chacun.