Mouvement des Focolari
Le Pape François: la culture de la rencontre

Le Pape François: la culture de la rencontre

« Un moment de profonde émotion, intime et serein. » Par ces paroles, Maria Voce décrit le climat expérimenté ce matin à la messe célébrée par le pape François, à laquelle elle a été invitée à participer avec le coprésident des Focolari, Giancarlo Faletti, dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe. Particulièrement touchante a été l’homélie du pape – se référant à l’Évangile du jour (Mc 9, 30-37) – dans laquelle il affirme que, pour le chrétien, progresser signifie s’abaisser, et que le pouvoir dans l’Église est celui du service: « Le vrai pouvoir, c’est le service. Comme Lui l’a fait, Lui qui est venu non pour se faire servir, mais pour servir, et son service a été un service de la Croix. Il s’est abaissé jusqu’à la mort, à la mort par la Croix, pour nous, pour nous servir, pour nous sauver. Et, dans l’Église, il n’existe aucune autre route pour aller de l’avant. Pour le chrétien, aller de l’avant, progresser, signifie s’abaisser. Si nous n’apprenons pas cette règle chrétienne, jamais, jamais nous ne pourrons comprendre le vrai message de Jésus sur le pouvoir ». Lors des salutations au terme de la messe, Maria Voce a assuré au Saint-Père les prières et la gratitude de tout le Mouvement des Focolari: « Nous sommes tous engagés à vivre à la lettre ce que vous dites, en particulier à aller à la rencontre des personnes, afin que toutes les personnes rencontrent le Christ ». « Ce qu’il faut – a répondu le Saint-Père – c’est la culture de la rencontre! »


Video: Le Pape François célèbre la messe. Casa Santa Marta 21.5.2013 http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=HquzYPDPGq0


Le Pape François: la culture de la rencontre

Maria Voce: «nouveauté» est la parole mise au défi

«Cela a vraiment été une joie de pouvoir donner au pape François la certitude qu’il y a une force vitale dans l’Eglise, même aujourd’hui malgré toutes les difficultés», affirme Maria Voce au micro de Radio Vatican, où elle explique quelles confirmations et quelles nouveautés elle a tiré de cette rencontre spéciale.

«[Nous nous sommes sentis] confirmés surement dans l’engagement à vivre notre charisme, parce qu’on sentait fortement combien la communion est la touche essentielle de l’Eglise d’aujourd’hui. Par conséquent, il me semble que notre charisme de communion venait en évidence comme une nécessité de service à l’Eglise. Cela s’est aussi confirmé en voyant avec quelle fête nous nous retrouvions, nous nous demandions des nouvelles les uns des autres, nous nous assurions de pouvoir compter sur les prières…».

«Renouvelés aussi avec courage pour affronter le monde, parce que sans doute chaque mouvement a cet élan intérieur, que le pape François souligne fortement, d’aller vers les autres, de se mettre à la disposition de l’Eglise, de servir les derniers. Se l’entendre dire avec une telle force par le Pape, nous a donné le courage de dire: nous sommes petits, nous sommes faibles, cependant malgré tout, Jésus nous guide, Jésus est avec nous, le Pape nous envoie, nous pouvons partir…».

En regardant le chemin qui attend les différents charismes et mouvements, le Pape a mis en garde du particularisme et des chemins parallèles. Il a confié trois mots: harmonie, nouveauté, mission. Qu’est-ce que cela signifie pour vous concrètement?

«Moi-même, j’ai été marquée par la parole “nouveauté”, parce que nous sommes tous tentés de nous appuyer sur les sécurités du chemin déjà parcouru, sur l’expérience accumulée. Au contraire, le Pape nous a mis au défi d’accueillir les surprises de l’Esprit, de bien écouter ce qu’Il nous demande et de le suivre sur les chemins du monde».

Source: Radio Vatican – Journal radiodiffusé du 21.05.2013, édition italienne de 19h30

http://media.vaticanradiowebcast.org/mp3_od/rg_italiano_4_1.mp3 (audio)

Le Pape François: la culture de la rencontre

Droit et société en Amérique latine

Le Docteur Gianni Caso (à droite) reçoit la distinction

Communion et Droit identifie des aspects de la spiritualité de l’unité provenant du charisme de Chiara Lubich qui aient un rapport avec le monde de la jurisprudence, et fait ressortir des pistes de réflexion et de nouveaux paradigmes. Dr Caso, président adjoint honoraire de la Cour de Cassation italienne, qui œuvre actuellement dans ce domaine du Mouvement des Focolari, est récemment rentré d’un voyage au Guatemala et en Colombie qui lui a permis de mieux connaître ces pays.

À cette occasion, une distinction honorifique lui a été conférée, attribuée par le parlement colombien au Mouvement des Focolari.

Nous lui demandons de partager ses réflexions.

Que peut apporter l’expérience de Communion et Droit à des sociétés porteuses de si graves problématiques sur le plan de la légalité?

« Le devoir de Communion et Droit en relation avec la réalité sociale, économique et politique de ces pays se développe en une double direction: dans le sens de comment œuvrer pour la transformation de cette réalité, et dans le sens de la considération de la culture dominante et du rapport réciproque de cette culture avec le système économique, politique et juridique de la société.

Le premier desdits aspects était évident au Guatemala: là, ils nous demandaient des idées sur comment œuvrer pour la création d’un État de droit au moyen duquel transformer la réalité sociale absolument injuste et sans aucune garantie de tutelle des citoyens et des communautés.

Le second aspect s’est manifesté en Colombie, où le rapport étroit entre l’instauration dans la société d’une culture individualiste et l’organisation économique, politique et juridique est évident, dans le sens où la culture individualiste sert à l’affirmation d’une structure économique basée sur le propre profit et, vice-versa, cette structure économique fomente la susdite culture individualiste. En conséquence se produit une grande division et inégalité sociale, avec la formation d’une classe de riches et l’exclusion d’une grande partie de la population des postes directifs au niveau économique, politique et culturel. »

Devant un panorama aussi difficile et âpre, existe-t-il des signaux positifs et des possibilités de changement?

« L’impression la plus forte, je l’ai eue en confrontant la situation sociale et culturelle de ces pays d’Amérique latine avec la situation existante en Italie et en Europe en général. Là, la « culture de la vie » est très forte. Même en présence de situations sociales très difficiles en raison de grandes inégalités sociales – qui génèrent pauvreté et exclusion pour une grande partie de la population – les personnes sont animées par l’envie et la joie de vivre, dues à la présence de nombreux enfants et jeunes (en général, les parents, même s’ils sont pauvres, prennent soin de leurs enfants avec beaucoup d’amour). Ici, en Europe, il semble qu’une « culture de la mort » règne: peu d’enfants, jeunesse démotivée, société vieillissante, beaucoup de personnes seules, repli sur soi-même, dépression et manque de vitalité. Tout cela est évident pour qui visite ces pays et ensuite revient ici. »

Le Pape François: la culture de la rencontre

« Allez dehors, sortez! » L’invitation du pape François

Quatre questions et quatre réponses. Les paroles du pape sont le moment le plus touchant de la veillée de Pentecôte du 18 mai 2013, qui a réuni place Saint-Pierre 200 000 fidèles de nombreuses réalités ecclésiales. « Je connaissais vos questions…, c’est la vérité! » Mais les réponses sont spontanées et plongent les personnes présentes dans une écoute attentive et silencieuse. La première question: Comment avez-vous atteint la certitude de la foi et comment vaincre sa propre fragilité? Il répond en racontant son histoire: « J’ai eu la grâce de grandir dans une famille où la foi était vécue de façon simple et concrète. C’est surtout ma grand-mère qui a marqué mon chemin de foi. » « Elle nous parlait de Jésus, nous enseignait le catéchisme. Le Vendredi Saint, elle nous emmenait à la procession aux flambeaux. À la fin, quand arrivait le Christ, grand-maman nous demandait de nous agenouiller et disait: Il est mort, mais, demain, Il ressuscite! J’ai reçu ma première annonce chrétienne par ma grand-mère! » Et il invite à abandonner la peur: « Nous sommes fragiles, nous le savons, mais Lui est plus fort. Avec le Seigneur, nous sommes en sécurité, la foi grandit avec le Seigneur… »

Quelle est la chose la plus importante que nous devons regarder? « Quelle est la chose la plus importante? Jésus. Si nous avançons avec l’organisation, mais sans Jésus, nous n’avançons pas. » Et il invite à vivre en « harmonie avec l’Esprit Saint ». Ne pas vraiment parler, mais témoigner avec la cohérence de vie.

Comment vivre une Église pauvre et pour les pauvres? Quelle contribution donner à l’Église et à la société dans cette crise qui touche l’éthique publique? « Vivre l’Évangile est la principale contribution que nous pouvons donner. L’Église n’est pas un mouvement politique, ni une structure bien organisée. Nous ne sommes pas une ONG, et lorsque l’Église devient une ONG, elle perd son sel, elle n’a pas de saveur. Elle est seulement une organisation vide. »

Il indique parmi les plus grands dangers celui de l’excès de zèle et de l’enfermement sur soi-même. Un enfermement qui provoque la maladie: « L’Église doit sortir d’elle-même vers les périphéries de l’existence ». Bien sûr, lorsque l’on sort, un accident peut se produire, mais: « Je préfère mille fois une Église accidentée, qu’une Église malade parce qu’elle est fermée. Allez dehors, sortez! » C’est l’invitation du pape pour sortir de la culture de l’affrontement et de la fragmentation, de la « culture du rejet », pour vivre au contraire la culture de la rencontre avec l’autre: avec Jésus et avec tous les frères, à commencer par les plus pauvres, en les regardant dans les yeux et en leur touchant la main, pour « toucher la chair du Christ, prendre sur nous la douleur des pauvres ».

Comment confesser la foi? « Pour annoncer l’Évangile, deux vertus sont nécessaires: le courage et la patience », comme l’a rappelé aussi le témoignage du frère de Shabhaz Bhatti, le ministre pakistanais tué en 2011. Nous sommes tous sur le chemin pour le martyre: qui donne la vie en témoignant Jésus et qui vit les petits martyres quotidiens. « Un chrétien doit toujours savoir répondre au mal par le bien. » « Nous essayons de faire sentir à ces frères et sœurs que nous sommes profondément unis à cette situation. » « Priez-vous pour ces frères et sœurs dans la prière de tous les jours? »

Sur le parvis, lors des salutations au pape François par les différents responsables des Mouvements et communautés ecclésiales, Maria Voce exprime au Saint-Père le remerciement et l’engagement des Focolari à « donner ce témoignage de christianisme courageux et joyeux ». Parmi ses premières impressions, Maria Voce confie que « son discours a fait du bien au cœur », en particulier l’insistance sur la rencontre avec Jésus et sur la prière, reprise dans toutes les réponses, soulignant « la dimension spirituelle du chrétien: la prière, la rencontre avec Jésus qui survient à travers les personnes, dans les périphéries, dehors. Il a repoussé les raisonnements, les stratégies sur le papier, sans ignorer les défis. Il faut regarder Jésus et tout le reste est une conséquence ». La présidente des Focolari a voulu souligner aussi l’atmosphère d’amitié et de joie entre les différents fondateurs et représentants de communautés et mouvements: « Je crois que le pape, en arrivant, a senti ce cœur joyeux de l’Église ». Giancarlo Faletti, coprésident du Mouvement, a lui souligné que le pape a indiqué dans l’amour de Jésus et au prochain la dynamique de vie de qui sait regarder dehors: « Il nous a regardés non pas comme une partie de l’Église, mais comme des chrétiens. Il avait devant lui la chrétienté ».

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Le Pape François: la culture de la rencontre

Les Mouvements d’Eglise se réunissent autour du pape

Plus de 120.000 personnes de 150 mouvements et associations d’Eglise, provenant de nombreux pays de tous les continents, sont attendues à Rome pour la journée des mouvements, des nouvelles communautés, des associations et des groupements de  laïcs, qui se déroulera place Saint-Pierre les samedi 18 et dimanche 19 mai.

Cette rencontre, qui s’inscrit dans les initiatives de l’Année de la Foi, a été présentée par le cardinal Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, dans une conférence tenue par le Bureau de Presse du  Saint Siège.

Le slogan choisi est très significatif: “Je crois! Augmente en nous la foi”. Le prélat explique; “L’emploi des pronoms personnels révèle la signification entendue. Dans l’Eglise, chacun est appelé à prononcer à la première personne son adhésion au Christ et à l’Eglise”. Un choix libre, personnel. Il a ajouté “De nombreux jeunes, hommes et femmes, ont non seulement retrouvé, dans ces mouvements et associations, la foi qu’ils avaient un moment perdue, mais ils ont aussi accompli une vraie conversion de vie”. Il affirme: “Les groupements d’Eglise sont l’un des fruits les plus manifestes du concile Vatican II”, paroles qui font écho à l’expression forte utilisée par Benoît XVI qui, en la fête de la Pentecôte 2006, définissait les nouvelles réalités ecclésiales comme l’“une des innovations les plus importantes suscitées par l’Esprit Saint dans l’Eglise pour la mise en œuvre du Concile Vatican II ».

Le choix de la Pentecôte,  poursuit Mgr. Fisichella, vise à faire comprendre que “dans l’Eglise d’aujourd’hui, les nouvelles réalités ecclésiales sont le signe de la présence du Christ ressuscité qui guide son Eglise dans l’œuvre d’évangélisation”.

La rencontre débutera place Saint-Pierre par l’accueil, prévu à 15 heures, qui sera suivi par une alternance de témoignages et de moments artistiques et musicaux; on prévoit la participation du groupe musical international Gen Verde et d’un chœur composé d’environ 150 personnes appartenant à différents mouvements.

Le pape François se joindra à la rencontre vers 18 heures et, après avoir écouté des témoignages d’Irlande et du Pakistan, il entamera un dialogue en répondant à quelques questions.

Le dimanche 19 mai, le pape célébrera la messe à 10 heures 30 place Saint-Pierre, qui sera suivie de la récitation du Regina coeli.

Dans ces mois de préparation, nous reviennent souvent à l’esprit les paroles prononcées par Jean-Paul II lors de la première rencontre de la Pentecôte 1998: “Il ya tellement besoin aujourd’hui de personnalités chrétiennes mûres, conscientes de leur identité baptismale, de leur vocation et leur mission dans le monde! Il y a un grand besoin de communautés chrétiennes vivantes! Et voici les mouvements et les nouvelles communautés ecclésiales: ils sont la réponse, donnée par l’Esprit Saint, à ce défi critique à la fin du millénaire. Vous êtes cette réponse providentielle”.