Mouvement des Focolari
Une femme aux commandes

Une femme aux commandes

Interview de Maria Voce, présidente des Focolari, par Lucetta Scaraffia (Osservatore Romano)


Depuis juillet 2008, Maria Voce est la présidente du mouvement des Focolari. Fondé par Chiara Lubich en décembre 1943, le but de ce mouvement laïc est de réaliser l’unité entre les personnes, comme Jésus l’a demandé. En 1962, Jean XXIII a donné la première approbation au mouvement, dont les statuts ont été approuvés par Jean-Paul II en 1990. En même temps, les Focolari ont obtenu du pape le rare privilège de pouvoir être toujours dirigés à l’avenir par une femme. Présents sur tous les continents, les membres des Focolari sont aujourd’hui environ deux millions de personnes. Nous tenions à ce que vous soyez la première personne interviewée pour inaugurer ce nouveau supplément mensuel de L’Osservatore Romano consacré aux femmes : vous êtes la seule femme à la tête d’un mouvement d’une telle importance. Cette singularité vous pèse-t-elle dans les contacts avec la hiérarchie ecclésiastique ?  Non seulement elle ne me pèse pas, mais elle est une particularité de plus en plus reconnue par le pape, par les cardinaux et les évêques, selon le sens originel exprimé par Jean-Paul II : être signe et garantie de ce profil marial qui dit la primauté de l’amour surnaturel, de la sainteté, co-essentiel au profil apostolico-pétrinien. Dimensions qui concourent, a dit Jean-Paul II, « à rendre présent le Mystère du Christ et son œuvre salvifique dans le monde ». Il n’en a pas été ainsi durant les vingt premières années de notre histoire : c’était une telle nouveauté ! Derrière cela, il y a un long parcours assez douloureux. La succession de Chiara Lubich a été elle aussi différente de la pratique courante : pas de désignation, mais un vote démocratique. Dans le mouvement, les décisions semblent elles aussi être prises selon un processus démocratique. Est-ce qu’il en allait de même du vivant de Chiara ? La succession s’est déroulée au moyen d’une élection, mais on ne peut pas dire que l’on ait suivi un processus démocratique. Si cela avait été le cas, nous aurions dû accepter un compromis pour composer avec des avis différents, ce qui aurait été en contradiction avec notre charisme qui demande l’unité. Depuis ce moment, nous avons mieux compris le sens de l’héritage de Chiara : Jésus qui se rend présent quand « deux ou trois se trouvent réunis en mon nom » (Mt 18,20). A cette heure capitale, nous en avons expérimenté la force transformante et la lumière qui est guide. Il nous est demandé cet amour réciproque qui ne mesure pas, ou plutôt, qui vise à la mesure même de Jésus : donner sa vie. Aujourd’hui, nous ne connaissons pas d’autre manière de prendre des décisions : ce qui veut dire écoute, partage des fardeaux, conquêtes, expériences, points de vue, prêts à tout perdre dans l’autre. Surtout fidélité à l’Époux, Jésus crucifié, pour transformer douleur, doutes, divisions, et recomposer l’unité. Lorsqu’Il est présent, les dons de l’Esprit resplendissent : paix, force nouvelle, lumière ; l’égalité resplendit, sans invalider « le don de l’autorité ».  Il me semble que parmi les mouvements, vous êtes les plus réticents à la publicité : « humilité et discrétion, ne jamais se mettre en avant », disait Chiara. Les personnes vous connaissent lorsqu’elles entrent en contact avec l’un de vous dans une relation personnelle. Cette modestie vous rend peu connus à l’extérieur : cela a-t-il quelque chose à voir avec le fait que la responsable soit une femme ? Nous sommes réticents à la publicité, pas à la communication ! Il est significatif que Chiara ait voulu que la grande parabole pour nos liaisons intercontinentales soit installée dans son jardin : c’était pour elle le « monument à l’unité ». C’est vrai, il y a eu une longue période de silence, quand le mouvement était à l’étude de la part de l’Église. Mais dans les années qui ont suivi, il y a eu plusieurs grandes manifestations internationales diffusées dans le monde par satellites, les revues et sites web se sont multipliés et nous avons un service de presse. Ce qui nous motive, ce n’est pas la recherche de notoriété, c’est la parole de l’Évangile qui dit de ne pas garder la lampe sous le boisseau, mais de la mettre sur la table pour éclairer la maison. L’esprit des Focolari se ressent de sa matrice féminine. Quelles autres caractéristiques féminines peut-on trouver dans votre charisme ? Le focolare a une matrice féminine parce qu’il est « œuvre de Marie ». Marie, la plus haute expression de l’humanité sauvée, « type » du chrétien et de l’Église tout entière, comme l’a établi le Concile. C’est elle qui a imprimé sa marque à tout le mouvement : intériorité qui laisse place à Dieu et aux frères, force, foi sans tergiversations, Parole vécue, chant du Magnificat qui annonce la plus puissante révolution sociale et cette maternité possible aujourd’hui dans le fait d’engendrer partout la présence mystérieuse, mais réelle, du Ressuscité qui fait toutes choses nouvelles. Il y a dans votre mouvement, en tant que membres ou sympathisants, des représentants des hiérarchies ecclésiastiques. Comment résolvez-vous la confrontation entre autorité de la responsable du mouvement et autorité des hiérarchies qu’ils représentent ? Dans les relations avec les évêques, il n’y a jamais eu de conflit d’autorité, mais un échange de dons : dans le charisme de l’unité, les évêques puisent cette spiritualité encouragée par les papes, pour donner à l’Église le visage tracé par le Concile, l’Église communion. Dans le charisme propre aux hiérarchies ecclésiastiques, nous reconnaissons la parole de l’Évangile : « qui vous écoute, m’écoute » (Lc 10,16). A part les écrits de la fondatrice, dont vous vous inspirez évidemment, quelle relation avez-vous avec les saintes et les textes qu’elles ont écrits ? Deux exemples : Chiara a pris le nom de la sainte d’Assise parce qu’elle était fascinée par sa façon radicale de vivre l’Évangile. Pendant des années, pour la fête de sainte Claire, nous avons approfondi des aspects parallèles des deux spiritualités. Thérèse d’Avila nous a éclairés pour lire, dans le nouveau charisme donné à l’Église, un chemin authentique de sainteté, qui a pour but d’édifier non seulement le « château intérieur », mais aussi le « château extérieur », au centre duquel se trouve la présence  de Jésus dans la communauté. « Le sourire est notre devise » est une de vos maximes inspiratrices. Le modèle de référence, Chiara, semble  mieux réalisé par les femmes, qui toutes lui ressemblent, par leur façon de s’habiller et de se coiffer, mais surtout par la luminosité affectueuse de leur visage. Pour les hommes, est-ce que cela semble plus difficile ? Ce n’est pas une question de difficulté, mais de différence : « homme et femme il les créa ». Appelés à être don l’un pour l’autre, pour que se réalise la « plénitude de l’humain » possible seulement dans la « complémentarité entre féminité et masculinité ». Le mouvement lui-même peut être vu comme un exemple de cette unité : si la présidente est une femme, et bien qu’elle ait une fonction spécifique vis-à-vis de tout le mouvement, elle a à ses côtés un co-président. Tous les autres niveaux de responsabilité sont partagés en pleine parité. Ce n’est que dans la pleine unité entre les deux que le charisme s’exprime dans son authenticité. C’est une dimension d’unité qui a sa racine en Jésus crucifié et exige une mesure d’amour qui sait contenir les différences sans les annuler. Cette lumière qui transparaît sur les visages en est aussi une conséquence. Vous établissez des relations fraternelles avec des croyants d’autres religions dans lesquelles les femmes sont souvent opprimées et privées de liberté : avez-vous déjà abordé ce sujet avec eux ? La question est très complexe, parce qu’enracinée dans des cultures millénaires. Et nos catégories occidentales n’ont pas toujours cours. Plus que les paroles, c’est la vie qui importe. Voici un épisode significatif. A Fontem, au cœur de la forêt camerounaise, la polygamie est encore en vigueur. Une des femmes du chief d’un village n’avait pas obéi à un ordre de son mari. La réaction a été violente et publique. Juste après, le chief participe à une rencontre où l’on parle de la parole de l’Évangile : « Ce que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». (Mt 25,40). En totale contradiction avec la tradition, le chief réunit la famille élargie et, devant tous, il se met à genoux aux pieds de sa femme pour lui demander pardon. Un fait éclatant qui a eu un grand écho hors du village et une influence sur le changement. Chiara vous a donné ce beau nom d’Emmaüs. Le nom d’un lieu, d’une rencontre. De quelle manière vous semble-t-il le réaliser ? Emmaüs est le nom d’un lieu, d’une rencontre qui coïncide avec le cœur du charisme : ma tâche spécifique est de le garder vivant. Mon premier engagement est de chercher à vivre la première les exigences de l’amour qui le rendent opérant. C’est avec un étonnement toujours nouveau que je touche du doigt une grâce qui me dépasse tant. Ces dernières années, l’Eglise a dû traverser des moments de grandes difficultés. Croyez-vous qu’un rôle et une présence différente des femmes en aurait  facilité la résolution? C’est difficile à dire. Je dirais qu’il faut regarder le présent, alors qu’une profonde crise traverse non seulement l’Église, mais toute l’humanité. Si, comme le répète le pape, à la racine de la crise, il y a une crise de la foi, la femme, où qu’elle soit, a la vocation spécifique d’être porteuse de Dieu, de cet amour surnaturel qui est la valeur la plus grande et la plus efficace pour renouveler l’Église et la société. Lire le texte complet en pdf Éditorial Osservatore Romano

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Milan 2012 : VIIe Rencontre mondiale des Familles

« La famille : le travail et la fête. » C’est le thème de la VIIe Rencontre mondiale des Familles, qui se déroule du 30 mai au 3 juin 2012, à Milan (Italie). Promue par le Saint-Siège à travers le Conseil Pontifical pour la Famille et l’archidiocèse de Milan, l’organisation du Congrès mobilise des dizaines d’associations, œuvres et mouvements actifs dans le domaine de la famille. La rencontre s’est ouverte le 30 mai par le Congrès théologique pastoral, avec une introduction du professeur Luigino Bruni, de l’Université Bicocca de Milan, sur le thème porteur de l’événement. Durant la soirée du 1er juin, aura lieu un concert à la Scala sous la direction du maestro Daniel Barenboim. Les familles du Mouvement des Focolari collaborent dès le début à l’organisation de l’événement, comme membres du Conseil Pontifical pour la Famille ou par une présence de longue date dans les institutions religieuses et civiles lombardes, actives dans le domaine familial. Pour préparer la rencontre commune avec Benoît XVI en soirée, elles se sont donné rendez-vous le matin du samedi 2 juin au Carroponte de Sesto San Giovanni, d’où elles rejoindront ensemble l’Aéroport de Bresso. Au programme, les « témoignages des familles, en attendant le pape ». La rencontre prévoit la participation et l’intervention de la présidente des Focolari, Maria Voce, et des conjoints Anna Maria et Danilo Zanzucchi, parmi les initiateurs du Mouvement Familles Nouvelles. Pour Benoît XVI, cette édition de la Rencontre mondiale des Familles est « une occasion privilégiée de repenser le travail et la fête dans la perspective d’une famille unie et ouverte à la vie, bien insérée dans la société et dans l’Église, attentive à la qualité des relations ainsi qu’à l’économie de la cellule familiale elle-même ». de radiodiffusion directe

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Espagne, terre de rencontre des peuples et des cultures

L’Espagne a une longue histoire. En 218 avant JC. L’Empereur romain jette les bases pour une unité culturelle et territoriale entre les populations celtique et ibérique, installées déjà depuis quelques siècles. Le peuple basque, dans la zone nord-occidentale du pays, ne subit pas cette influence. La langue latine évolue en castillan – langue officielle -, en catalan et en galicien, qui, avec le basque constituent les trois autres langues co-officielles. Dans les siècles qui ont suivi, l’islam arrivera à conquérir pratiquement toute la Péninsule. La vie en commun des cultures musulmane, chrétienne et hébraïque (les juifs étaient aussi présents) a déterminé les conditions nécessaires à la transmission du patrimoine scientifique et culturel de l’antiquité et de la science arabe à l’Occident chrétien.

Aujourd’hui l’Espagne se présente comme une société qui veut tenir compte de la diversité de ces cultures, rassemblée dans la Constitution, mais qui a encore tellement de défis à résoudre, comme les fortes tensions entre les communautés autonomes et l’Etat. Une société qui a eu dans les dernières années un grand développement économique et social, mais qui subit maintenant les conséquences de la crise économique et sociale actuelle.

Une des premières Mariapolis à Seo d’Urgell

Le Mouvement des Focolari arrive à Barcelone en 1959, à travers Piero Pasolini, focolarino italien. « Dieu est tellement présent dans cette nation – dira-t-il – et il me semble qu’Il l’aime d’un amour tout particulier. » Ensuite, de nombreuses personnes de tous les âges, dans toute l’Espagne, sont attirées par la spiritualité de l’unité : les Mariapolis se succèdent, à Solsona, Seo d’Urgell, Avila… Quelques pionniers laissent une profonde empreinte de leur passage sur cette terre. Pour en citer seulement quelques-uns, rappelons les italiens Nunziatina Cilento et Gino Bonadimani, et les argentins Margarita Bavosi et Carlos Claria.

La vie évangélique des Focolari s’incarne durant les années, dans de nombreux domaines sociaux et culturels, donnant naissance au Mouvement politique pour l’Unité et à des entreprises qui adhèrent à l’Economie de Communion. Dès la publication en 1964 du premier livre de Chiara Lubich, ‘’Méditations’’, se développe l’activité éditoriale avec deux revues : Ciutat Nova (en catalan) et Ciudad Nueva (en castillan), en plus d’une nombreuse collection de livres dans divers secteurs de la spiritualité, de la théologie, de la patristique, des témoignages.

Actuellement en Espagne, environ 25.000 personnes, à titres divers font leur la Spiritualité de l’unité.

Les étapes fondamentales pour la vie et le développement du Mouvement des Focolari en Espagne, sont les deux visites de Chiara Lubich en 1989 et en 2002 : la première à Santiago de Compostelle à l’occasion des JMJ, où elle a tenu une des catéchèses devant des milliers de jeunes ; la seconde avec une visite aux villes où ont vécu de grands mystiques qui ont  tellement influencé Chiara : Thérèse d’Avila, Jean de la Croix (Ségovie) et Ignace de Loyola (Manresa). Au monastère de Montserrat, elle affirme : « Les Mouvements peuvent offrir l’exemple de la fraîcheur évangélique et charismatique… De leur côté, les Mouvements peuvent apprendre beaucoup du témoignage de la vie consacrée, qui garde de multiples trésors de sagesse et d’expérience ». Toujours durant ce voyage, Chiara lance un défi à tous les membres des Focolari : « Pour l’Espagne, il faut miser sur l’unité parce qu’il y a déjà la distinction » (justement de par la variété des peuples, des cultures et des langues).

Ainsi surgissent les cités-pilotes en Espagne  ‘’Loreto à Castell d’Aro (Girona) et Castello Esteriore’’ (Château Extérieur) à Madrid. De même croissent le désir et la disponibilité pour se connaître et vivre les uns pour les autres, comme le sens d’appartenir à la même famille. Le ‘’Château Extérieur’’ devient bien vite un espace de rencontres pour tous, où se rend visible le témoignage de l’unité dans la diversité et la multiplicité typiques de la spiritualité de l’unité.

En 2011, durant la visite de Maria Voce, présidente des Focolari, et du co-président Giancarlo Faletti, elle rappellera comment « chacun de ces peuples qui forment l’Espagne a quelque chose à donner à tous les autres », les encourageant tous à être un don les uns pour les autres, justement grâce à la particulière identité de chacun.

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La Miniera, entreprise espagnole ÉdeC

« La Miniera » est née en 2003 avec le désir d’adhérer aux principes de l’Économie de Communion lancée par Chiara Lubich en 1991. C’est elle qui a donné le nom au projet, « La miniera d’oro » (La mine d’or), en référence à la valeur des personnes auxquelles il s’adressait : les personnes âgées. C’est avec cette conscience que l’on travaille. « Nous essayons de faire en sorte que les personnes soient au centre de notre travail, non pas le profit – racontent Elena Bravo et José Alonso, respectivement directrice et administrateur de l’entreprise dont, avec Miguel Muñoz et Ana Vera, ils sont les fondateurs. Nous faisons tout notre possible pour que chaque personne qui arrive se sente accueillie et valorisée au-delà de ses conditions physiques ou psychiques. »

L’importance centrale de la personne âgée se vit concrètement en de nombreuses occasions : « Une fois – se souvient José Alonso – un de nos employés nous a fait remarqué que deux de nos résidents auraient été mieux dans une maison de retraite. Même si, à ce moment-là, la perte de deux places représentait un vrai problème économique, nous nous sommes dits : « Nous devons penser à eux avant nos propres intérêts », et nous avons cherché et trouvé une nouvelle résidence pour eux. »

« Nous avons traversé des moments difficiles – continue Elena Bravo –, des maladies aux problèmes familiaux, mais l’amour réciproque nous a toujours fait aller de l’avant, en faisant, lorsqu’il est nécessaire, le travail les uns des autres. » Et c’est vrai, entre les 18 employés de La Miniera, on ressent un climat de partage et de joie.

Cette atmosphère se transmet aux 50 personnes âgées du Centre et à tous ceux qui viennent : « Dernièrement – raconte encore Elena – différents groupes de jeunes sont venus avec leurs professeurs d’économie. » « Certains d’entre eux – continue José – ont été touchés par la joie des personnes âgées, par l’atmosphère de famille et par l’enthousiasme des employés. Précisément les choses qui sont importantes pour nous. »

L’existence et le développement de La Miniera sont dus en grande partie à « son Associé caché », grâce à qui ils ne manquent de rien. En effet, la divine providence arrive précisément au moment où ils en ont le plus besoin : matériel de bureau, tissu, nappes, mannequin pour apprendre à s’habiller… et même des outillages spécialisés. « Nous avions besoin d’une machine pour soulever les personnes âgées – nous expliquent-ils – mais nous n’avions pas l’argent pour la payer. Nous avons tout de même décidé de l’acquérir, en pensant à la peine ressentie par le personnel et aux personnes âgées. Le vendredi, on nous livre une machine à l’essai. Le dimanche, nous recevons un appel : le directeur d’un centre pour handicapés psychiques, qui sait comment nous travaillons, voulait nous donner une machine électrique. Je vais la chercher et, à notre grande surprise, elle était identique à celle qu’ils nous avaient laissée à l’essai! »

Après presque dix ans de fidélité aux principes de l’Économie de Communion et à la «  culture de la légalité », en mettant toujours au centre de leurs actes la personne, aussi dans les moments difficiles, Elena et José peuvent affirmer que « malgré toutes les difficultés, même en partageant les profits avec les plus nécessiteux, les entreprises ÉdeC croissent et se maintiennent sur le marché, dans les moments de crise aussi ».

 

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Un réseau d’espérance en Europe

« Nous avons expérimenté que notre diversité n’est pas  un motif de division, mais qu’elle représente  une multiplicité  de dons et de potentiel » C’est un   extrait du Manifeste qui a été lu au Square  Meeting Center de Bruxelles, à la fin de la journée Ensemble pour l’Europe 2012.

Plus d’un millier de personnes rassemblées à Bruxelles, en provenance  de toute l’Europe, et des dizaines de milliers reliées par satellite dans 22 pays, ont envoyé un message d’espoir, d’unité et de paix à l’Europe.

« Ensemble pour l’Europe » a une caractéristique inédite, qui la rend originale au regard de toutes les autres manifestations européennes: – en simultané avec celui de Bruxelles- un réseau capillaire d’événements organisés dans 144 villes de toute l’Europe

Petites et grandes manifestations réalisées en des lieux de haute signification symbolique pour les pays et les villes. Elles ont tracé des chemins  de collaboration entre mouvements et communautés ecclésiales. Des rapports qui ouvrent des  spirales d’espoir pour de futures initiatives à promouvoir ensemble, pour le bien commun des communautés locales.De  Wroclaw, en Pologne, à Belfast, en Irlande. D’Oslo, en Norvège, à Valetta  (Malte). Nombreuses ont été  les initiatives qui ont impliqué des personnes de tout âge, de toutes les conditions et convictions

A Augsbourg, en Allemagne, le programme a commencé par un flashmob sur la place centrale de la ville où  l’on a fait décoller sept ballons géants . Chacun représentait un des sept « OUI » qui  ont caractérisé jusqu’à aujourd’hui  l’engagement des mouvements et des communautés pour la famille, la vie, la paix et une économie plus juste .

A Wroclaw, en Pologne, l’initiative a voulu mettre l’accent sur le délicat processus de rencontre et de réconciliation entre les peuples de la Pologne et de l’Allemagne ( une blessure de la Deuxième Guerre mondiale) . La manifestation avait pour titre : « Les chrétiens de l’Allemagne et de la Pologne ensemble pour l’Europe ».

A Ischia, en Italie, une chaîne humaine « a embrassé » le  périmètre de l’île, telle un symbole de protection pour l’environnement et d’accueil. Toujours en Italie, à Florence, c’est dans la Salle des Cinq cents, au Palazzo Vecchio, que s’est déroulée la « directe » avec le Square Meeting Center de Bruxelles.

Si, pour quelques-uns des Mouvements et des Communautés chrétiennes, le chemin de fraternité de «Ensemble pour l’Europe » est une expérience de plusieurs  années, pour d’autres, l’édition de 2012 a été l’occasion d’expérimenter sur le vif  la signification de se connaître mieux et  de travailler ensemble. C’est ce que dit un couple de  Landau, en Allemagne: « Bruxelles 2012 a été l’occasion de mieux se connaître, de s’intéresser à des  mouvements dont on ne connaissait même pas le nom. On ressent un grand enthousiasme et le désir de concentrer nos forces pour renforcer l’âme chrétienne de l’Europe en commençant dans notre ville. »

Ces expériences de coopération et de fraternité  permettent de croire aujourd’hui  qu’il est possible de donner à l’Europe cette espérance dont Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, a parlé dans son intervention à Bruxelles: « la plus grande misère européenne est l’absence d’espérance ». C’est pour cela  qu’ « il nous faut créer un climat de sympathie et de solidarité, le sens d’une communauté de destin doit renaître, les réseaux sociaux doivent se reconstruire. »

« Ensemble pour l’Europe – comme l’a souligné Maria Voce dans son discoursest une entreprise  fascinante ; nous avons la possibilité, avec la manifestation d’aujourd’hui, de témoigner ceci aux femmes et aux hommes de notre temps : habiter la terre dans un esprit de communion  ouvre un avenir de fraternité et de paix pour les personnes , les peuples, pour notre continent et  toute l’humanité. »


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