Mouvement des Focolari
Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Le rendez-vous annuel des Jeunes Pour un Monde Uni (JPMU) à leur Rassemblement international est très attendu. Quelques-uns d’entre eux se sont réunis à Loppiano, cité-pilote internationale du Mouvement proche de Florence, pour en élaborer ensemble le contenu. La préparation a déjà commencé en décembre 2010, avec les JPMU de plusieurs pays du monde, par des contacts via Internet et des messages sur les ateliers sociaux, dans un échange nourri de propositions, pour que le Rassemblement soit le fruit d’une communion de vie et de sensibilités diverses. « Make visible change ». Le thème central se déclinera en trois parties : « acteurs aujourd’hui d’une culture de fraternité et de paix », « à la recherche de relations authentiques », et « construire des ponts… », après avoir exploré l’an dernier les nombreux chemins pour un monde uni. Le 29 avril, en direct sur Internet, s’ouvrira la quatorzième édition de la « Semaine Monde Uni », au cours de laquelle sera lancé le Genfest 2012, avec un éventail d’initiatives pour concrétiser dans la vie quotidienne l’engagement des jeunes pour la fraternité. Un message de Chiara Lubich unira en un seul cœur des jeunes de toutes les latitudes. Le Rassemblement se conclura le 1er mai avec la participation des JPMU à la béatification de Jean-Paul II (http://www.karol-wojtyla.org/). Pour info et inscriptions : sgmu@focolare.org

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

En ligne directe du Japon / 4

Nichiko Niwano avec Maria Voce

Chers amis des Religions pour la Paix et des communautés religieuses internationales,

Au nom des Religions pour la Paix au Japon, je voudrais vous exprimer ma sincère gratitude  pour vos messages de profonde douleur, préoccupations, et de soutien actif  suite au tremblement de terre catastrophique que nous avons vécu au Japon. Les prières, le partage de nos privations et souffrances et la solidarité généreusement exprimée par les responsables religieux au network international des religions pour la paix, sont pour nous une source de grand encouragement. Je vous suis vraiment reconnaissant de ces liens forts d’amitié, qui donnent une dernière preuve que tout existe dans un état d’interrelation et interdépendance, comme partie d’une grande source de vie, et pour cela, je suis encore plus profondément reconnaissant.

Nous n’avons pas encore un tableau complet des dommages et de la perte des vies humaines, et la situation reste dangereuse, mais Religions pour la Paix / Japon continuera à faire tous les efforts possibles pour offrir un soulagement aux victimes.

J’ai déjà invité tous les membres de Religions pour la Paix / WCRP Japon à contribuer aux efforts de première assistance, et nos jeunes sont en train de recueillir des fonds sur les lieux publics dans tout le pays.

Je suis inspiré et encouragé par les leaders religieux du monde entier, qui ont montré le chemin pour surmonter tout genre de défi, dont les conflits armés et les désastres naturels.  Comme le peuple du Japon qui travaille à surmonter la tragédie récente, je vous demande humblement de continuer à offrir intuitions et coopération.

Nchiko Niwano, président des Religions pour la Paix / WCRP Japon – 18 mars 2011

Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

Au revoir Canada, terre appelée à l’accueil

Pas même ceux de Québec étaient pressés de partir. Alors qu’ils avaient encore 250 km à faire pour rentrer chez eux, ce n’était pas non plus très tôt dans la soirée et de plus le thermomètre affichait déjà des valeurs négatives. Ne parlons pas de ceux d’Ottawa, à seulement 150 km de là. Et comment dire des nombreux de Montréal, qui jouissaient d’être sur place. Plus que d’en parler, il n’y avait qu’à constater les visages satisfaits, les sourires jusqu’aux oreilles, les paroles enthousiastes, les petits groupes de personnes, où dominaient ici les confidences et là on éclatait de rire, alors que les flash témoignaient le désir d’immortaliser une soirée inoubliable.

Plus de trois cent personnes avaient cueilli le caractère unique du rendez-vous avec Maria Voce et Giancarlo Faletti. Ne manquait pas celui qui, ayant connu les premiers focolarini arrivés à Montréal il y a 40 ans, avait tenu à venir pour connaître cette femme qui avait remplacé la fondatrice Chiara Lubich et renouer un lien jamais vraiment coupé. Là, dans la province du Québec, les personnes sont particulièrement ouvertes et expansives, mais à la soirée du 23 mars, elles ont exprimé le meilleur d’elles.

Stéphanie Lamothe, 10 ans, longs cheveux noirs et doux traits asiatiques, a la responsabilité d’ouvrir la danse, c’est-à-dire de commencer la série d’une dizaine de questions préparées pour le dialogue avec Maria Voce et Giancarlo Faletti. La demande est candide et amusante et fait sourire la salle: «Chiara a été la première à vivre la spiritualité de l’unité et elle a fait naître tout le Mouvement. C’est normal qu’elle ait été présidente. Toi, qu’est-ce que tu as fait pour être présidente après elle?». L’interpellée est amusée et répond en français pour rester en dialogue direct avec l’adolescente.

Aux questions suivantes, Maria Voce explique que, en raison des traductions pour la diffusion ensuite de la vidéo dans le monde, elle doit parler en italien. L’approbation du public lui permet de démarrer, mais elle continue à parler en français sans s’en rendre conte. Eclat de rire dans la salle. Elle s’arrête, sourit et décide de ne pas changer continuellement d’une langue à l’autre. Donc, ce sera seulement le français, pour la joie des présents.

Une joie qui trouve son apogée à la fin de la soirée, quand la présidente donne son impression sur le pays: «Je remercie Dieu de m’avoir fait faire ce voyage au Canada. C’est Lui qui m’en a suggéré l’idée». Puis elle explique: «les caractéristiques de cette terre sont l’ouverture, la générosité, l’accueil envers les personnes les plus variées qui arrivent ici alors qu’elles sont dans le besoin. J’imagine les difficultés, mais vous prouvez qu’on peut les surmonter».

S’adressant aux présents, Maria Voce ajoute: «le témoignage que vous donnez est grand. Vous faites voir les liens de famille entre personnes de cultures différentes. C’est le plus beau don que vous faites au Mouvement. Le Canada è un tremplin où on expérimente l’unité pour ensuite se lancer vers les autres».

C’est une constatation et en même temps une consigne: «Continuez à faire comme vous le faites déjà, avec la joie d’avoir reçu un tel don de Dieu et offrez-le aux autres». L’intense applaudissement manifeste la satisfaction générale et cache l’émotion de beaucoup. Personne ne partira aussitôt et certains se feront interprètes d’une proposition: «Il faut suggérer à Maria et à Giancarlo de revenir plus souvent».

De notre envoyé Paolo Lòriga


Rassemblement des Jeunes Pour un Monde Uni

En ligne directe avec le Japon/3

© Centro Santa Chiara

Le 11 mars à 14h46, je préparais le goûter dans la garderie d’enfants où je travaille. J’ai senti une forte secousse tellurique, et j’ai tout de suite réuni les enfants pour les mettre à l’abri. J’ai attendu que le tremblement de terre finisse, mais – étant donné que les secousses ne semblaient pas finir – même moi qui suis habituée aux tremblements de terre, j’ai commencé à avoir peur. Dans cette situation, nous avons tous senti le désir de nous aider pour affronter ensemble les choses qui suivraient.

Vers le soir les parents sont venus chercher leurs enfants : à cause de la paralysie des  transports, ils ont du marcher longtemps pour arriver, et ils pleuraient de joie en voyant que leurs petits étaient en sécurité. Quand tous les enfants furent rentrés chez eux, j’ai poussé un soupir de soulagement et j’ai ouvert la TV de la crèche et j’ai entendu la nouvelle du tsunami. Parmi les zones touchées il y avait aussi celle de ma ville, Miyako.

A partir de ce moment et pendant six jours, j’ai continué à essayer de téléphoner à la maison, sans y réussir. Plus les nouvelles arrivaient, plus je me rendais compte de la portée du séisme, et plus je sentais en moi les souffrances physiques et spirituelles des victimes. C’était la première fois que j’éprouvais une douleur aussi grande.

A ce moment, au-dedans de moi, je me suis sentie interpelée par Dieu : « Est-ce que tu M’aimes vraiment ? Est-ce que tu crois vraiment en Mon Amour ? » Et moi : « Oui Seigneur, je crois en ton Amour. Tu le sais que j’y crois. » J’ai compris que le moment était arrivé de vivre avec courage les vertus de la foi, de l’espérance et de la charité : qu’il faudrait aimer tout le monde en vivant pleinement l’amour réciproque.

© Centro Santa Chiara

S’est maintenue en moi la foi profonde que tout ce que Dieu permet est sûrement pour un dessein d’amour. Je Lui ai alors confié ma préoccupation pour la famille, décidant de faire moment par moment ce qui me semblait être Sa volonté.

J’ai cherché à porter un climat de sérénité au travail : soutenir la collègue qui, à cause des retards des trains, arrivait au travail fatiguée, après trois heures de voyage. Prêter des vêtements chauds aux collègues qui – à cause des économies d’énergie – avaient froid. Surtout en cherchant à me consacrer aux enfants qui, à cause du danger de nouvelles secousses, ne pouvaient pas jouer dehors. J’ai senti la paix revenir en moi !

Dans ce même temps je cherchais à contacter ma famille par tous les moyens, mais sans résultat. « Pendant le tsunami, ma belle-sœur devait être au travail dans le grand magasin de la ville ; ma nièce devait être à l’école qui est à côté du port », pensais-je en moi-même, et cela me préoccupait. Mais justement à ces moments-là, arrivait par des amis un téléphone ou un mail qui me soulevaient le cœur. Alors mes collègues souffraient avec moi et cela me remplissait de reconnaissance.

© Centro Santa Chiara

Dans l’Evangile du 17 mars, il y avait cette phrase de Jésus : « Demandez et vous obtiendrez ». Justement ce jour-là on célébrait l’anniversaire de la fin de la persécution des chrétiens de la ville de Nagasaki, il y a environ 250 ans. J’ai prié Marie de me faire savoir où était ma famille, et je suis rentrée à la maison le cœur plein de paix. Peu de temps après, le téléphone a sonné : c’était mon père. « Nous allons tous bien, et la maison n’est pas sinistrée », m’a-t-il dit d’une voix sereine.

Cette expérience m’a enseigné tellement de choses, en particulier à vivre et à embrasser les souffrances des autres,  à transmettre autour de moi, l’amour et la lumière reçus de Dieu.

Petit intermède

« Une heure de retard! » s’exclame Georges.

Oui, malheureusement, l’écran de la salle d’attente donne un message clair. Même si on répète souvent que 97% des vols sont à l’heure, cette fois, on se trouve dans les 3% restants! Heureusement, nous avions prévu pas mal de temps pour arriver à Manchester, notre destination.

Les personnes de la file cherchent un siège. Les enfants commencent à être plus bruyants. Je réussi à percevoir que la tension est en train de monter dans le hall de départ.

Je pourrais faire quelque chose d’utile, prendre l’ordinateur portable et trier le courrier.

Dans mon dos, quelque part, un enfant commence à pleurer. Pas seulement à pleurer, mais à brailler. Je n’arrive plus à me concentrer! Malheureusement, je n’ai pas mes bouchons d’oreille anti-bruit…

J’en ai assez! Le bruit stridulent commence à me taper sur les nerfs.

Oui, mais n’est-ce pas une occasion? Une invitation à mettre un peu en pratique la Parole de vie et à voir en chaque évènement, situation ou personne la volonté de Dieu? A être patient, à ne pas être irrité, mais à aimer?

Cette pensée m’apaise, et curieusement les cris de l’enfant ne me dérangent plus. A l’improviste, je vois toute la scène avec d’autres yeux: des personnes qui cherchent à voir comment rentrer chez eux, l’enfant, qui a senti le tension, est fatigué, il a besoin de distraction.

Qu’est-ce que je peux faire?

J’ai une idée! Fermer l’ordinateur, prendre une feuille et un crayon dans ma valise et aller vers l’enfant qui pleure.

Le petit gesticule dans les bras de son père.

« Veux-tu que je fasse un dessin pour toi? » La sirène hurlante s’arrête d’un seul coup.

Deux grands yeux noirs tout surpris me regardent.

« Regarde bien, je dessine un animal pour toi. Dès que tu devines quel animal c’est, tu me le dis ».

Le crayon se déplace lentement sur la feuille.

« Un éléphant! » crie une enfant derrière moi. C’est sa sœur qui a quatre ans. « Ephant » repète le petit.

« C’est juste! Maintenant, un autre animal ».

« Un papillon! » « Un train! »

E puis, tout à coup, ils courent tous les deux vers la fenêtre.

Nous échangeons quelques mots avec le père marocain et je reviens à ma place. « Mission accomplie ».

« Tu aurais dû voir le visage des personnes quand tu es allé vers elles »  dit Georges: « Elles ont sans doute pensé: qui sait ce qu’il va se passer maintenant! »

D. R. (Danemark)