14 Nov 2010 | Non classifié(e)
Marcin Zygmunt, Polonais, est un mathématicien spécialisé dans la théorie des jeux et enseigne à l’université de Cracovie :
« Nous, mathématiciens, nous sommes habitués à raisonner dans notre seule discipline. Ici, nous mesurons l’importance de l’interdisciplinarité. » Maria Do Socorro Malatesta, professeur de psychologie et de sociologie, vient de recevoir un prix de l’Université de Cabo Frio (Rio de Janeiro) récompensant la recherche qu’elle a menée dans un endroit pauvre de la région pour étudier les facteurs socio-anthropologiques qui influent sur l’usage de substances psycho-pharmaceutiques. Le père Gennaro Cicchese, qui passe 7 mois de l’année en Italie et les 5 autres au Sénégal, fait la navette depuis plus de 5 ans entre les deux continents pour enseigner l’anthropologie philosophique à Rome et à Dakar. Yukiko Yamada, 31 ans, Japonaise, vit en Espagne où elle s’occupe de coopération internationale.
Ce sont quelques-uns des visages et quelques-unes des voix des trois cents participants venus de pas moins de 26 pays (y compris d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Australie). Venus représenter différentes disciplines, ils se sont réunis ces derniers jours en Italie, au centre d’études interdisciplinaire des Focolari, fondé par Chiara Lubich en 1990 et portant le nom d’école Abba.
L’objectif de ce centre d’études consiste à approfondir, par une approche scientifique, les intuitions originelles du charisme de l’unité, en lien avec l’expérience mystique vécue par Chiara Lubich au cours de l’été 1949. En utilisant une méthodologie qui lui est propre : l’« immersion » totale dans la pensée les uns des autres, afin de parvenir à pénétrer les arguments et le patrimoine culturel de chacun et, ainsi, à « penser » en nous laissant éclairer par la présence de Jésus au milieu de ceux qui sont unis en son nom (Mt 18, 20).
C’est donc sur cette « méthode » que se fonde l’expérience culturelle originale faite par les 300 participants venus d’horizons totalement différents, des chrétiens appartenant à diverses Églises et spécialisés dans 22 domaines disciplinaires : littérature et arts figuratifs, architecture et droit, médecine et politique, psychologie et sciences de la communication, économie, pédagogie et sciences de la nature, sans compter toutes les disciplines se rapportant à la philosophie et à la théologie, ou encore au dialogue œcuménique et interreligieux.
Le programme s’est déroulé en faisant alterner une série de « cours » donnés par Chiara Lubich elle-même aux membres de l’école Abba entre 2002 et 2004, centrés notamment sur l’aspect anthropologique, et des panels au cours desquels plusieurs chercheurs ont approfondi certains aspects de leur discipline. La philosophe Anna Pelli a par exemple présenté des « Pistes de réflexion sur le noyau ontologique de la personne », le théologien irlandais Brendan Leahy a évoqué l’« Anthropologie ecclésiale dans la pensée de Chiara Lubich en 1949 », le spécialiste des médias Michele Zanzucchi s’est penché sur le thème « La personne communique à la fois par le silence et par la parole », et Simonetta Magari a étudié « La personne en tant que relation dans une perspective psychologique ».
D’autres réflexions originales ont abordé l’aspect linguistique, avec Maria Caterina Atzori : « Du langage à l’anthropologie de Chiara Lubich », l’aspect économique, avec Luigino Bruni et ses « Suggestions d’idées autour du sujet en tant qu’agent économique », ainsi que l’aspect artistique, avec la compositrice Thérèse Henderson : « La créativité de la personne, écho de la créativité de Dieu », pour ne citer que quelques exposés. Les panels ont été entrecoupés de moments de réflexion en groupe, interdisciplinaires mais aussi par thèmes.
Maria Voce, présidente des Focolari, membre pendant des années de l’école Abba et chargée du droit – elle est avocate –, a invité les 300 chercheurs à travailler pour définir les lignes doctrinales qui se dégagent de ce charisme, « sans avoir la prétention de finir, mais de commencer, en étant bien conscients d’avoir entre les mains un don pour le bien de l’humanité ». « Un engagement sérieux » dont les résultats se verront, parce que c’est aussi le fruit de la vie vécue dans tout le mouvement des Focolari. Un lien indispensable entre vie et pensée.
Une proposition vraiment accessible à toutes les cultures ? Philippe Hu, Chinois de Hong Kong, professeur de linguistique générale à la Fu-Jen University de Taïwan, a entrepris, ces derniers mois, de traduire certains textes de Chiara Lubich, datant de 1949. « C’est accessible, mais il faut une méthode. Et la méthode est celle qui se pratique au sein de cette communauté de chercheurs. Ainsi, le miracle arrive : nous parvenons à nous comprendre. Cela, les Chinois le savent bien et l’apprécient. » La composition internationale et multiculturelle de l’assistance le confirme.
10 Nov 2010 | Non classifié(e)
« J’ai 34 ans, je suis brésilien, marié et père de deux enfants, et je travaille au service des plus pauvres en les aidant à faire valoir leurs droits fondamentaux. » Anisio Caixeta Junior, jeune adhérent au mouvement des Focolari, se présente par ces mots. Il exerce le métier de défenseur public, une fonction prévue par le système brésilien pour assurer la défense même de ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un avocat. On comprend bien vite qu’Anisio ne se contente pas de faire son travail avec professionnalisme, il est aussi animé de grands idéaux : « Depuis que je suis petit, l’idéal d’unité de Chiara Lubich m’a toujours enthousiasmé et j’ai toujours cherché à aider mon prochain gratuitement, et je voyais que je m’y réalisais. Encore maintenant, je continue à faire la même chose dans mon métier. Cet idéal m’aide à me remettre présent à l’esprit, avant chaque audience, que ce n’est pas une simple procédure bureaucratique qui m’attend mais que, face à moi, j’ai avant tout une personne à respecter et à aimer. » Et ses convictions morales n’entrent pas seules en ligne de compte : « Dans l’histoire du droit, à la reconnaissance de certains droits fondamentaux les plus inaliénables, tels que le droit à la vie et à la propriété, se sont ajoutés, par la suite, le droit à la liberté et à l’égalité, proclamés à la Révolution française, affirme Anisio. La Déclaration universelle des droits de l’homme a mis de nouveau en évidence un autre pilier : vivre dans un esprit de fraternité. La Constitution brésilienne a voulu elle aussi reprendre le principe de fraternité, qui n’est donc pas une simple aide apportée de temps à autre aux nécessiteux, mais un pilier que même la Constitution s’engage expressément à protéger et à défendre. Donc, lorsque j’agis poussé par cet idéal de fraternité, au fond, je ne fais rien d’autre qu’appliquer une loi fondamentale de ma Constitution ! » Les expériences qu’Anisio a l’occasion de vivre tous les jours « en appliquant simplement la loi » sont très nombreuses. Voici une de celles qu’il aime le plus raconter : « Un jour, alors que je me trouvais à l’extérieur du tribunal près d’un feu rouge avec un collègue, un petit garçon s’est approché de nous pour quêter. Imaginez sa tête quand nous lui avons répondu : “Mais nous, nous pouvons faire bien plus que te donner quelques pièces ! Si, par exemple, tu n’as pas de famille, nous pouvons t’aider à trouver une structure sociale prévue pour cela, et ce sera la même chose si tu vis dans la rue et que tu n’as pas d’argent. Voilà les droits que l’État doit s’engager à te garantir, parce que c’est la Constitution qui exige de créer des institutions capables de protéger tous ces droits qui sont les tiens. Et moi, je travaille justement dans une de ces institutions ! » Une figure héroïque que celle du défenseur public ? Anisio n’est pas de cet avis : « Bien sûr, je ne pense pas pouvoir changer le monde avec mon travail. Mais en même temps, l’idée que même un verre d’eau n’est pas donné en vain me fascine beaucoup, et je suis convaincu que ce simple geste peut contribuer à créer cette nouvelle humanité, tournée vers la fraternité, que le droit peut certes encourager, mais que nous devons d’abord construire nous-mêmes ! »
9 Nov 2010 | Non classifié(e)
Samedi 6 novembre ont eu lieu, en présence de plus de 600 personnes, les obsèques de Christopher, gen3 de dix-sept ans et un des animateurs du « club du don », un projet éducatif soutenu par les Juniors pour un monde uni dans plusieurs écoles du Panama.
Christopher a été victime d’un vol à main armée le 31 octobre dernier. Il rentrait chez lui lorsqu’un malfaiteur l’a poignardé en plein cœur pour s’emparer de son téléphone portable. Peu avant de mourir, il a réussi à parler à sa mère et, même s’il se rendait bien compte qu’il était sur le point de partir pour le ciel, il a essayé de la rassurer et lui a souri.
Sa vie, bien que brève, l’avait préparé à ce moment. Toujours disponible lorsqu’il s’agissait de venir en aide à quelqu’un, il affichait invariablement ce sourire qui lui était caractéristique.
Sa mère raconte qu’elle n’était pas croyante ; c’est Christopher qui lui a donné la foi et l’envie de participer à la vie de la paroisse. De plus, il était une référence et un point d’appui pour ses deux parents, même après leur séparation.
En 2005, il entre en contact avec le « club du don » et y adhère aussitôt, devenant très vite une des personnes les plus engagées dans les différentes initiatives destinées à diffuser la culture du don et à aider les plus pauvres. Au bout d’une année d’essai, il reçoit, au cours d’une cérémonie officielle, la carte de membre du club. C’est une grande joie pour lui, une joie pourtant empreinte de gravité, car il est conscient d’avoir fait un choix de vie. Il s’engage à vivre l’Évangile avec les gen3 de sa ville.
Malgré la douleur, ses obsèques se sont déroulées dans une ambiance de fête. Il y avait de très nombreux jeunes, qui avaient préparé des chansons, des vidéos et des banderoles, et toutes les personnes présentes – des membres du mouvement des Focolari, des salésiens, des paroissiens, des camarades de lycée et des amis – étaient conscients que Christopher continuait à sourire du ciel et leur passait à présent le flambeau de l’amour inconditionnel de Dieu et du prochain.
On pourrait écrire une infinité d’épisodes pour raconter la vie de Christopher, qui était un don permanent, à tel point que même la presse nationale a tenu à souligner ce trait de sa personnalité, affirmant qu’il avait le « don d’être personne ». Ses amis ont organisé une manifestation pour prôner la non-violence. Lucy Molinar, ministre de l’Instruction publique, y a participé, et a présenté Christopher comme un modèle pour les jeunes d’aujourd’hui. D’autres journaux ont également parlé de lui, et deux chaînes de télévision se sont rendues dans son établissement lors de la manifestation.
La présidente des Focolari, Maria Voce, a écrit à la mère de Christopher pour l’assurer de ses prières et de sa sympathie, au nom de chacun. En outre, en rappelant qu’une autre jeune du mouvement, Chiara Luce Badano, a été récemment déclarée bienheureuse, elle laisse entendre qu’« à travers ces événements, le Seigneur semble vouloir mettre en avant des exemples de jeunes qui L’ont choisi de façon radicale, dans ce monde aujourd’hui si tourmenté ».
Christopher laisse derrière lui un témoignage d’amour concret et de nombreux jeunes bien décidés à suivre son exemple.
8 Nov 2010 | Non classifié(e)
Le samedi 6 novembre, le pôle entrepreneurial de l’Économie de communion (ÉdeC) portugais a été inauguré à la cité-pilote des Focolari, dans la commune d’Abrigada-Alenquer.
250 personnes étaient présentes, dont le maire d’Alenquer, quelques députés, entrepreneurs et économistes.
Le Pr. Luigino Bruni, économiste, et l’entrepreneur Alberto Ferrucci, de la commission centrale de l’ÉdeC, ont relevé, lors de leur intervention, l’importance d’un pôle de l’ÉdeC dans une cité-pilote du mouvement des Focolari (il en existe actuellement 35, répartis sur les 5 continents), pour témoigner d’une culture économique nouvelle, capable de faire s’écrouler les murs du capitalisme et de l’individualisme d’aujourd’hui.
Mme le Pr. Manuela Silva, économiste, a souligné l’importance vitale de ce pôle, mettant en évidence la vision prophétique de Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, à propos de l’Économie de communion. « Quand elle est mise en actes, elle est appelée à devenir une lumière qui porte loin, comme un phare dans la nuit de la société d’aujourd’hui », a-t-elle ajouté. Elle a donc mis chacun au défi de rester fidèle à l’intuition première de Chiara sur l’ÉdeC.
Quelques entrepreneurs adhérant au projet ont retracé l’histoire de la construction de ce pôle, qui a débuté en 2004 et pour laquelle de nombreuses personnes ont uni leurs efforts, jusqu’à ce que ce rêve devienne réalité. Il y a eu des actes de générosité, petits et grands, des souffrances, des renoncements sur le plan matériel et spirituel. Ils ont été de vraies « pierres » apportées à cette « cathédrale », comme quelqu’un a défini le nouveau pôle, destiné à témoigner de la présence de Dieu dans le monde de l’économie.
Actuellement, 3 entreprises sont installées au pôle « Giosi Guella », et beaucoup d’autres, qui ont adhéré à ce projet et sont réparties dans tout le pays, y sont reliées. Il s’agit de petites et moyennes entreprises commerciales qui, grâce à l’idéal de l’Économie de communion, œuvrent pour le bien commun.
À l’issue du programme, une liaison internet a été assurée avec le pôle Lionello Bonfanti, à Loppiano (Italie), ce qui a donné une plus grande envergure à cet événement. On a rappelé, entre autres, une phrase prononcée par Chiara au sujet du pôle installé en Italie : « Une lueur au milieu des ténèbres, qui, même faible, se voit de loin. » Un encouragement à relever ce défi.
Le maire d’Alenquer, Jorge Riso, a procédé officiellement à l’inauguration. Au cours de sa brève intervention, il a remercié le mouvement et la cité-pilote Arco-Iris de leur apport positif sur le terrain, non seulement à travers le centre de physiothérapie, mais aussi pour les rapports qu’ils ont su établir avec la population. « Ce pôle est une chance pour la commune d’Alenquer. C’est un projet qui va bien au-delà des limites de notre commune », a-t-il dit.
4 Nov 2010 | Non classifié(e)
« Les Focolari : une prophétie d’unité. » Ainsi s’intitule l’article de 32 pages paru dans cette revue de culture et d’actualité religieuse publiée par la maison d’édition italienne San Paolo. Il cherche à comprendre les raisons du succès du mouvement, désormais présent dans les milieux les plus divers. Ce dossier retrace les étapes de l’histoire du mouvement, la vie des Focolari aujourd’hui, leur engagement dans le domaine social et leur foi vécue au quotidien. « En faisant parler les simples militants comme les responsables du mouvement, à commencer par Maria Voce », peut-on lire dans introduction de l’article signé de la plume de Vittoria Prisciandaro. Le numéro de novembre de cette revue fondée en 1979 et tirant à 37000 exemplaires, est accompagné d’un supplément – le premier d’une série de cinq livres audio – consacré pour l’occasion à Chiara Lubich. Il s’agit de l’anthologie « L’Amour triomphe de tout », où sont réunies quelques pensées de Chiara, lues par des acteurs italiens. Les Focolari, un idéal de fraternité. Outre la présentation des lieux importants, des étapes de l’histoire du mouvement et des « petits faits » du quotidien inspirés par l’Évangile, ces 32 pages consacrées aux Focolari rapportent les questions posées au coprésident et à la présidente, comme par exemple : « Quelle est la place des prêtres, des paroisses et des évêques au sein du mouvement ? », ainsi que la synthèse des questions posées à Giancarlo Faletti. Mouvements ecclésiaux, fédéralisme, éducation, inculturation, réforme de la justice, dialogue interreligieux et société pluriethnique, sont, en revanche, quelques-uns des sujets abordés dans l’interview de Maria Voce, « Emmaus, la théologienne avocate qui a pris la suite de Chiara ». La revue mensuelle Jesus est en vente en kiosque. En outre, d’ici quelques jours, une interview enregistrée de Maria Voce, qui reprend l’article dans ses grandes lignes, sera disponible sur le site http://www.stpauls.it/jesus/default.htm. Vous trouverez également, sur les pages du site focolare.org – et cela s’adresse en premier à ceux qui ne lisent pas l’italien –, un résumé de quelques points particulièrement intéressants du dossier. Bonne lecture !