Mouvement des Focolari

Février 2007

Y a-t-il une manière plus intelligente de vivre que de placer notre propre vie dans les mains de Celui qui nous l’a donnée ? Il est Amour et veut notre bien. Ne pouvons-nous donc pas nous fier à Lui aveuglément ?
En proclamant cette « bénédiction » le prophète Jérémie utilise une image chère à la tradition biblique, celle d’un arbre planté au bord d'un ruisseau. Il ne craint pas la saison chaude, ses racines sont bien alimentées, son feuillage reste vert et il porte du fruit en abondance.
Tandis que celui qui place son espérance en dehors de Dieu – par exemple dans le pouvoir, la richesse, les amitiés influentes – est comparé à un arbuste planté en terre aride, rabougri, qui a du mal à grandir et ne porte pas de fruit.

« Béni, l'homme qui compte sur le Seigneur »

C’est dans les situations désespérées que nous pensons à nous tourner vers le Seigneur : maladie incurable, insolvabilité, danger de mort… Il ne peut en être autrement puisque l’impossible aux hommes est possible à Dieu. Mais si Dieu peut tout, pourquoi ne pas avoir recours à Lui à chaque instant de notre vie ?
C’est à une communion constante avec le Seigneur, bien au-delà des situations de crise, que nous invite la Parole de vie de ce mois, car nous avons toujours besoin de l’aide de Dieu. Et il est donc béni, c’est-à-dire qu’il a trouvé la joie et la plénitude de vie, celui qui maintient un rapport de confiance jaillissant de la foi en son amour.
Lui, le Dieu proche, plus intime à nous que nous-mêmes, chemine avec nous. Il connaît les moindres battements de notre cœur. Nous pouvons tout partager avec Lui : joies, douleurs, préoccupations, projets… Il ne nous laisse pas seuls, même dans les moments les plus durs. Ayons donc pleinement confiance en Lui. Il ne nous décevra jamais.

« Béni, l'homme qui compte sur le Seigneur »

Et si, pour exprimer cette confiance, nous pensions à « travailler à deux », comme nous y invite Chiara Lubich ?
Nous portons parfois le souci de situations ou de personnes pour qui nous ne pouvons rien faire directement. Notre inquiétude à leur sujet nous empêche de bien accomplir ce que Dieu désire de nous dans le moment présent. Nous voudrions par exemple nous trouver auprès de cette personne qui nous est chère et qui souffre dans l’épreuve. Ou bien, nous ne voyons pas comment résoudre telle situation inextricable, venir en aide aux populations en guerre, aux réfugiés, aux affamés…
Nous nous sentons impuissants… Voici le moment de faire confiance au Seigneur, dans une attitude qui peut parfois aller jusqu’à l’héroïsme. Chiara nous indique plusieurs exemples : « Je ne peux rien faire pour ce cas.  Eh bien je ferai ce que  Dieu désire de moi en cet instant : étudier le mieux possible, balayer ma chambre, prier, bien m’occuper de mes enfants… C’est Dieu qui veillera à démêler cette affaire, à réconforter celui qui souffre, à trouver une solution à l’imprévu. »
Chiara conclut : « Ce travail à deux, réalisé en parfaite communion, nous demande une grande foi dans l'amour de Dieu pour ses enfants, et permet à Dieu d’avoir confiance en nous pour nos actions.
Une telle confiance réciproque fait des miracles. Là où nous ne pouvons agir, un Autre agit véritablement, qui fait immensément mieux que nous.
L’acte héroïque de confiance sera récompensé. Notre vie, limitée à un seul domaine, acquerra une nouvelle dimension. Nous serons au contact de l'Infini. Il nous semblera plus évident, pour l’avoir touché du doigt, que nous sommes vraiment les enfants d’un Père qui peut tout. » 

« Béni, l'homme qui compte sur le Seigneur »

Écoutons Rina, contrainte par l’âge à rester toujours à la maison. Le téléphone sonne. Au bout du fil, une vieille dame à qui elle envoie la parole de vie depuis longtemps. Son frère est mourant et elle est anxieuse et agitée. En période de vacances, où trouver quelqu’un pour les aider, d’autant que son frère vit en clochard… « Je sens la douleur de mon amie, et je me sens aussi impuissante qu’elle. Que puis-je faire, moi, si loin, immobilisée dans mon fauteuil ? Mes paroles de réconfort ont du mal à venir. Je me sens incapable même de cela. Je peux tout au plus lui affirmer que je pense à elle. Et surtout que je prie.
Le soir, au retour des personnes avec qui j’habite, nous confions ensemble cette situation à Dieu à qui nous remettons nos peurs et nos incertitudes. La nuit, je me réveille et ce clochard seul en train de mourir me revient à l’esprit. Je me rendors et, à chaque réveil, je me tourne vers le Père : “C'est ton enfant, tu ne peux l'abandonner. Occupe-toi de lui.” Quelques jours plus tard mon amie m’appelle et me dit que ce jour-là, après notre conversation téléphonique, elle s’était sentie pacifiée. “Sais-tu que nous avons pu l'emmener à l'hôpital ? Il a été pris en charge et soulagé de ses douleurs. Il s'est éteint sereinement, après avoir reçu l'Eucharistie. Il était prêt, la souffrance l’avait purifié.” Dans mon cœur une impression de gratitude, et de plus grande confiance dans le Seigneur. »

Préparée par P. Fabio Ciardi et Gabriella Fallacara

40e anniversaire du Mouvement Gen – « Toujours en chemin »

40e anniversaire du Mouvement Gen – « Toujours en chemin »

« Le Mouvement Gen est né pour faire espérer à nouveau le monde en quelqu’un qui ne nous trompe jamais. » Par ces paroles, Chiara Lubich a rappelé aux jeunes des Focolari, dans un message relayé en direct par satellite, ce qui constitue l’objectif du Mouvement Gen » – ‘’Génération nouvelle ‘’ des Focolari -, né il y a 40 ans, en pleine contestation des jeunes.

2007, année du 40e anniversaire, n’est pas une simple commémoration pour les Gen mais marque une nouvelle étape, avec la consigne que leur donne Chiara L. : « Soyez en chemin. ‘’ Toujours en chemin. ‘’ Mais Jésus est le Chemin. Que ce 40e anniversaire engage encore plus le Mouvement Gen à vivre avec Jésus comme compagnon de route. » « Vous donnerez ainsi, depuis le point du monde où vous vous trouvez, l’élan indispensable et décisif au tournant qui doit être pris par l’humanité. »

Un événement vécu au niveau de la planète a relié en un réseau les jeunes qui vivent la spiritualité de l’unité : Terre Sainte, Philippines, Brésil, Afrique du Sud, Corée, Etats-Unis, Egypte, Ouganda, Tanzanie et de nombreux autres. En tout 44 pays étaient présents au rendez-vous grâce à une liaison par satellite. 23 congrès ont eu lieu en même temps dans le monde, avec à Rome plus de 2000 jeunes provenant de tous les pays d’Europe, avec des représentants des continents extra européens.

Les Gen de tous les pays ont répondu avec enthousiasme et générosité au défi qui leur était lancé de devenir des « athlètes de Dieu, héros de l’Evangile, témoins de la vérité, démonstration que Dieu est plénitude, bonheur, paix, beauté, richesse, abondance, amour, miséricorde, confiance ».

Quelques flashs – Du Caire : « C’est la première fois que j’assiste à un événement historique tel que celui-ci ! » du Venezuela : « Mon cœur se dilatait en voyant le monde ainsi relié, pas seulement par satellite mais spirituellement. » De Hong Kong : Je veux dire mon ‘oui’ à Jésus, même si humainement ça m’est difficile, je veux lui dire oui, toujours, tout de suite, avec joie. » D’Italie : « Il remplit chaque vide. Mais il demande en contrepartie tout le cœur, toute l’âme : quel Idéal que celui-ci ! » La salutation du Pape Benoît XVI à un groupe de Gen qui a participé à l’audience du mercredi 10 janvier, à la conclusion du congrès, a donné à tous une grande joie.

Jalons historiques – La naissance du Mouvement Gen remonte à 1967. Il propose aux jeunes du monde entier une révolution pacifique, qui transforme les cœurs et, à partir de là, a une incidence sur la vie sociale, renouvelant les structures, apportant partout la vie de l’Evangile. Un des slogans fondateurs du Mouvement Gen a été : « C’est la révolution que nous voulons faire : ni l’occident ne nous plaît, ni l’orient ne nous plaît, ni le capitalisme, ni le communisme, c’est le christianisme qui nous plaît, le capital de Dieu nous plaît. »

Pas seulement des chrétiens – Avec le temps et avec le développement du Mouvement des Focolari, des jeunes de plusieurs Eglises chrétiennes et des croyants de différentes religions sont arrivés parmi les Gen. Nous les retrouvons dans des régions de conflits comme la Terre Sainte, l’Iraq, la Colombie, prêts à témoigner par leur vie d’une culture de paix. Ils sont aujourd’hui 18 000 dans le monde entier. Animateurs du mouvement Jeunes pour un Monde Uni, avec eux et avec de nombreux autres jeunes, ils s’engagent à construire partout des « fragments de fraternité », ils donnent vie à des actions qui ont une incidence sur l’opinion publique et ils s’engagent pour essayer de trouver des réponses aux inégalités sociales qui existent dans leurs pays respectifs.