22 Juil 2006 | Focolare Worldwide
La communauté du Mouvement au Liban nous a envoyé un nouveau témoignage, un aperçu du drame que vit la population chrétienne et musulmane de ce petit pays, et de l’engagement en faveur de la paix et de la solidarité qui l’emporte sur la peur, la haine et la violence.
Les dons en espèces peuvent être adressés pour la France à l’Association Humanité Nouvelle (voir ci-dessous)
Témoignage
Je suis en voiture. La circulation est très lente. Les gens sont massés autour des supermarchés. Ils ont le regard éteint ou plein de révolte. Seule dans ma voiture, je revois ce que je croyais oublié.
L’attention suspendue à la radio, qui nous prévient du danger qui peut surgir d’un instant à l’autre, j’entends à nouveau l’indicatif musical de Flash information radio Liban, celui-là même que nous entendions aux moments les plus graves de la longue guerre, que nos oreilles ont enregistré pour toujours et qui nous donne encore la chair de poule : « Ici la rédaction : les villages Sud de Kleya, Debl, Marjehyoun et d’autres sont dans une situation très critique. Les habitants sont entassés dans les églises et dans le hall des mairies, en grande précarité. Ils lancent un appel à l’aide pour évacuer les malades, les handicapés, les personnes âgées, les blessés… Ils n’ont ni vivres, ni médicaments, ni eau, ni électricité. C’est une urgence humanitaire, la situation ne peut durer… ».
Quelques secondes plus tard, la même musique, la même voix grave : « La périphérie de Zahlé a subi un intense bombardement, la centrale électrique est endommagée… Appel à tous : ne circulez qu’en cas d’extrême nécessité ».
Mon portable sonne : c’est une amie qui habite Achrafieh, à Beyrouth. Elle me demande de trouver un endroit sûr pour sa mère…
La guerre, cette fois, présente un nouveau danger, celui d’anéantir un pays et un peuple. La bataille consiste à détruire les ponts, les routes, toutes les infrastructures publiques et privées. Toutes les régions sont visées, aucune n’est épargnée : le sud, la Bekaa, le nord, la côte, Beyrouth. Le danger est partout. Les habitants sont épuisés. Et on comprend que la fin n’est pas pour demain…
Mais…
… dans cet enfer et cet état de désolation générale, il existe toujours un rayon de lumière, de nouvelles énergies, pour donner l’espoir, pour motiver et redonner courage.
Par exemple à l’IRAP (école de sourds-muets), où les gens ont envahi la grande salle et les couloirs et où les classes deviennent des chambres de fortune.
Nous essayons d’établir des contacts avec les institutions sociales pour coordonner l’aide. Papier hygiénique, couvertures, stocks de vivres, médicaments pour les enfants en proie à de violentes diarrhées sont envoyés vers un centre d’accueil à Bourg Hammoud. Des matelas et des vêtements sont donnés par les Libanais eux-mêmes pour les familles avec de jeunes enfants.
Nous essayons de contacter nos amis du sud, isolés sans aucun secours. Mais beaucoup de lignes téléphoniques sont détruites.
La volonté de vivre et de faire vivre est la plus forte même si les possibilités sont limitées.
Chrétiens, musulmans chiites et sunnites, tous subissent le même sort et sont unis à cause de la violence qui se déchaîne sur eux sans distinction. Ils sont unis parce qu’ils sont Libanais, parce qu’ils aiment leur pays, parce qu’ils sont fidèles à leurs racines.
C’est cet esprit de solidarité que nous voulons garder vivant. La paix pour laquelle nous nous mobilisons, soutenus par la prière, nous devons la construire en nous à chaque moment et recommencer, recommencer. Pour vaincre les sentiments de peur, de haine et de violence qui voudraient nous abattre.
Un groupe de jeunes a quitté notre Centre pour aller aider d’autres personnes. L’un d’eux m’a dit : « Nous avons vécu ici des moments de paradis ». Je lui ai répondu : « Que chacun de vous porte le paradis là où il va ».
C’est le bien le plus grand que nous essayons de donner à ceux qui sont autour de nous. Nous avons besoin de beaucoup de choses. Certains ont tout perdu. Mais nous avons surtout besoin d’amitié, de solidarité, de prière.
Le Pays du cèdre renaîtra une fois encore, il vivra ! L’espérance de Claudel et des grands saints est vive en nous. Notre Dame d’Harissa veille sur ce petit pays, jardin de Dieu, « morceau de ciel sur la terre » que chacun voudrait posséder, comme le proclame un chanteur libanais.
Nous lançons un appel à tous nos amis, aux organismes qui ont déjà collaboré avec nous : mettez en place une chaîne de prière, un réseau d’aide. Mobilisez l’opinion publique en faveur de la souveraineté du Liban. Tout geste de solidarité sera le bienvenu !
Janine et Mona, de l’équipe de l’IRAP
Comment aider
En plus de l’aide aux organismes humanitaires présents au Liban, il est possible de contribuer à la solidarité avec la communauté Focolari. Vos dons (qui peuvent faire l’objet d’une déduction fiscale) sont à envoyer par chèque libellé à l’ordre de « Association Humanité Nouvelle – Opération Liban », 6 rue de la Ferme, 91390 Morsang-sur-orge.
30 Juin 2006 | Non classifié(e), Parole di vie
« Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent vraiment. »
Le poème (ou psaume) d’où est tirée cette Parole de vie est tout entier un hymne de louange à Dieu. Rien n’échappe à son grand amour : il enveloppe l’univers entier et se penche sur tout être vivant, sur la moindre de ses créatures.
La créature, quant à elle, est dépeinte comme invoquant son Seigneur pour sa nourriture et les nécessités de la vie. Et Dieu ouvre ses mains avec générosité. Il prend soin de tous, soutenant celui qui est faible et redressant celui qui fléchit . Il remet sur le droit chemin celui qui s’était égaré.
« Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent vraiment. »
Loin d’être un Dieu absent, lointain, indifférent au sort de l’humanité, le Seigneur est attentif au sort de chacun d’entre nous. Nous le constatons bien souvent. Pourtant, il nous arrive parfois de nous sentir abandonnés, seuls, fragiles, désemparés face à des situations qui nous dépassent.
Voilà que naissent en nous des sentiments de révolte ou d’antipathie, voire de haine, envers certaines personnes. Des situations sans issue depuis des années, en famille ou dans notre milieu de travail, nous oppressent. Nous nous sentons l’objet de méfiances – petites ou grandes – de jalousies, d’envies, victimes de tyrannies. Ou bien encore nous avons l’impression d’étouffer dans un monde endurci par les passions et le carriérisme, en manque d’idéal, de justice et d’espérance.
Notre cœur semble crier : « Seigneur, où es-tu ? ». « M’aimes-tu vraiment ? Nous aimes-tu réellement ? Mais alors, pourquoi tout cela arrive-t-il ? »
Et voilà que la Parole de vie éveille en nous une certitude : nous ne sommes jamais seuls.
« Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent vraiment. »
Cette parole nous invite à raviver notre foi : Dieu existe et il m’aime. Je peux et je dois le réaffirmer en chacune de mes actions, devant chaque événement : Dieu m’aime. Je rencontre une personne ? Je dois croire que Dieu a quelque chose à me dire à travers elle. Je me consacre à un travail ? Je continue à ce moment-là à avoir foi en son amour. Une souffrance survient ? Je crois que Dieu m’aime. Arrive une joie ? Dieu m’aime.
Il est ici avec moi, il est toujours avec moi, il sait tout de moi et partage chacune de mes joies, de mes pensées, de mes désirs, il porte avec moi chaque préoccupation, chacune de mes épreuves.
« Le Seigneur est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent vraiment. »
Comment raviver cette certitude ? Voici quelques suggestions.
Puisqu’il nous le demande : invoquons-le ! Le Seigneur était bien dans la barque de Pierre quand la tempête s’est déchaînée, mais les disciples se sentaient seuls et sans défense, parce que Jésus dormait. Ils l’appelèrent : « Seigneur, au secours, nous périssons ! » et il calma le vent et la mer.
Jésus lui-même, sur la croix, n’a plus ressenti la proximité du Père. Il l’invoqua par la plus bouleversante des prières : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » . Parce qu’il a cru à l’amour du Père et s’est remis à nouveau entre ses mains, le Père l’a ressuscité d’entre les morts.
Comment faire grandir notre foi en sa présence ?
En le cherchant au milieu de nous. Il a promis d’être là où deux ou trois sont unis en son nom . Partageons entre nous ce que la Parole nous a permis de vivre et nous constaterons les fruits de sa présence : joie, paix, lumière, courage.
Il restera avec nous et nous continuerons à le sentir proche et agissant dans notre quotidien.
Chiara LUBICH
La Parole de Vie du mois de juillet est extraite des lectures du dimanche 30 juillet 2006.
Le mois prochain : « Soyez bons les uns pour les autres, ayez du cœur ; pardonnez-vous mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Christ » (Ep 4, 32).
31 Mai 2006 | Non classifié(e), Parole di vie
« Marchez sous l’impulsion de l’Esprit […]. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes plus soumis à la loi » (Ga 5, 16. 18).
« C’est à la liberté que vous avez été appelés » . Paul de Tarse s’adresse en ces termes aux chrétiens des communautés de Galatie, faisant écho aux paroles de Jésus : « Vous serez réellement des hommes libres » .
Mais libres de quoi ? Les chrétiens de Galatie avaient été libérés des prescriptions de la loi de Moïse, et cette liberté s’était ensuite étendue à tous les chrétiens. Plus encore, nous avons été libérés du péché et de ses conséquences : nos peurs, la recherche effrénée de nos intérêts, les conditionnements culturels, les conventions sociales… Nous sommes donc libres en observant les normes religieuses et sociales du christianisme, car nous ne les ressentons pas comme des obligations imposées de l’extérieur.
La loi nouvelle qui nous a été donnée, Saint Paul l’appelle la « loi du Christ » . Elle est inscrite dans notre cœur, elle jaillit de l’intérieur de la personne renouvelée par l’amour de Jésus. C’est une « loi de liberté » qui contient en même temps la force de la vivre.
Nous sommes libres parce que guidés par l’Esprit de Jésus qui vit en nous. D’où l’invitation :
« Marchez sous l’impulsion de l’Esprit […]. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes plus soumis à la loi. »
En cette période de Pentecôte, nous revivons l’événement de la descente de l’Esprit sur Marie et les disciples réunis au Cénacle. Par ses langues de feu, il a répandu l’amour de Dieu dans nos cœurs . Voilà la « loi nouvelle » : c’est l’amour.
L’Esprit Saint est l’Amour de Dieu qui transforme notre cœur en venant en nous, qui y insuffle son amour et qui nous apprend à agir dans l’amour et par amour.
L’amour nous fait progresser, nous suggérant la réponse aux situations et aux choix de la vie. Il nous enseigne à discerner « Cela est bien, je le fais. Cela est mal, je ne le fais pas » et nous pousse à agir en recherchant le bien de l’autre.
Nous ne sommes pas guidés de l’extérieur, mais par un principe de vie nouvelle que l’Esprit a répandu en nous. Les forces, le cœur, l’esprit, toutes nos capacités peuvent marcher « sous l’impulsion du Saint Esprit », parce qu’elles sont unifiées dans l’amour et placées à la complète disposition du projet de Dieu sur nous et sur la société.
Nous sommes libres d’aimer.
« Marchez sous l’impulsion de l’Esprit […]. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes plus soumis à la loi. »
« Si vous êtes conduits par l’Esprit… » Sans cesse nous pouvons faire obstacle à la pleine possession par l’Esprit de notre cœur, de notre esprit. Nous pouvons même résister à sa voix et à ses suggestions au point de « l’attrister » , au point « d’éteindre sa présence en nous » . Nous préférons si souvent suivre nos désirs plutôt que les siens, notre volonté plutôt que la sienne.
Comment donc se laisser guider par cette voix qui parle au-dedans de nous ? Où nous emmène-t-elle ? Paul nous le rappelle quelques versets plus haut : toute la loi nouvelle se résume en un seul précepte : l’amour du prochain. En pratique, suggère l’apôtre, être libre signifie se faire l’esclave de l’autre, se mettre au service les uns des autres . Cette voix intérieure (= l’amour) nous pousse à être attentifs à ceux qui sont auprès de nous, à les écouter, à partager avec eux.
En définitive, toute Parole de vie nous conduit à aimer. Est-ce étrange ou exagéré ? Non, c’est la logique de l’Évangile.
Nous ne sommes des chrétiens authentiques que si nous vivons dans l’amour.
« Marchez sous l’impulsion de l’Esprit […]. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes plus soumis à la loi. »
Laissons à l’Esprit la liberté de nous conduire sur le chemin de l’amour. Nous pouvons le prier ainsi :
Tu es la lumière, la joie, la beauté.
Tu entraînes les âmes, enflammes les cœurs, suscites le désir de la sainteté et fais prendre des résolutions et des engagements inattendus.
Tu sanctifies.
Toi qui es si discret dans ton impétuosité bouleversante, toi qui souffles comme un zéphyr timide que bien peu savent entendre, ne nous tiens pas rigueur de notre rudesse, de notre grossièreté. Fais de nous tes fidèles. Que pas un jour ne passe sans que nous ne t’invoquions, te remerciions, t’adorions, t’aimions, sans que nous soyons tes disciples assidus. Voilà ce que nous te demandons.
Chiara LUBICH
La Parole de Vie du mois de juin est extraite des lectures du dimanche 4 juin 2006.