Mouvement des Focolari

Burundi, petit cœur de l’Afrique

Mar 4, 2012

Dans le processus de démocratisation du pays, non sans étapes douloureuses, les graines d’un idéal de fraternité, qui fait expérimenter à beaucoup la joie du pardon et la force de l’Évangile, prennent racine.

« Un cœur qui est serré seulement pour ceux qui ne s’aiment pas » (proverbe kirundi). Le Burundi est un petit pays, situé au cœur de l’Afrique, entre deux pays immenses : le Congo et la Tanzanie. Doté d’un paysage naturel d’une richesse et d’une beauté extraordinaires, il est pourtant l’un des pays les plus pauvres de la planète. Trois ethnies : Hutu, Tutsi et Twa, qui parlent une seule langue et partagent la même culture. Ses collines verdoyantes cachent en outre le cri de douleur de tous ceux qui ont connu la violence et la mort durant des décennies de conflits et de dictature. En 2002 seulement, le Burundi est sorti d’un conflit politique et ethnique qui a provoqué un million de réfugiés et plus de 300 000 morts. Ici aussi, au cœur de l’Afrique, quelques kilomètres au sud de l’Équateur, l’Idéal du Mouvement des Focolari est arrivé. Ses racines historiques remontent à 1968, lorsqu’une famille belge, ayant déménagé à Bujumbura pour le travail, a amené, à travers son témoignage de vie, une nouvelle lumière sur le message chrétien. Presque simultanément, un autre noyau se forme autour du Père Alberton des Missionnaires d’Afrique, dans la paroisse de Mubimbi. 1979 est une année importante pour l’histoire des Focolari dans ce pays : à la demande des évêques locaux, s’ouvre le focolare à Gitega. Mais, suite aux premières persécutions, le focolare est transféré d’urgence à Bujumbura. Commence alors une période particulièrement difficile, autant pour le Mouvement que pour l’Église entière : interdiction complète d’exercer n’importe quelle activité, églises fermées durant la semaine, impossibilité de diffuser la Parole de Vie. En septembre 1987, avec le coup d’État et l’avènement de la Troisième République, la liberté a été retrouvée et on a pu sortir sans crainte. Peu à peu, on reprend contact avec les personnes qu’on avait connu, découvrant avec émotion que certaines communautés, situées loin de la capitale, avaient continué à se rencontrer régulièrement pour partager les expériences de l’unique Parole de Vie conservée pendant des années. En vivant une seule Parole de l’Évangile, elles étaient allées de l’avant pendant des années. Le Mouvement comprend aujourd’hui plus de 24 000 personnes dans plus de 290 groupes disséminés dans tout le pays. L’Idéal de l’unité est aujourd’hui une véritable espérance pour le Burundi. Dans le climat de tension de l’après-guerre, les membres du Mouvement se sont engagés pour contribuer avec toute l’église locale au processus de « Réconciliation ». Il existe quelques réalisations intéressantes dans le domaine économique, ainsi que des expériences innovatrices dans le domaine de la santé et de l’éducation. En 1999, un groupe de volontaires du Mouvement des Focolari fonde l’association CASOBU (Cadre Associatif des Solidaires du Burundi), dans le but de créer des solutions durables face aux problèmes de la pauvreté, à travers la participation et le soutien réciproque. Est également né un Centre social « Chiara Luce Badano » qui s’occupe d’enfants orphelins ou extrêmement pauvres du quartier de Kinama (périphérie de Bujumbura), un quartier complètement détruit par la guerre. Dans le cœur des membres des Focolari au Burundi demeurent les paroles que Chiara Lubich leur a écrit le 7 octobre 1996 : « Misez toujours sur notre « unique bien » ; vous serez heureux et dans la paix, aussi dans les innombrables difficultés dans lesquelles vous vous trouvez. Jésus est toujours présent au milieu de vous pour toucher les cœurs, réveiller la foi en Son amour, amener l’unité. Je suis avec vous dans cet engagement constant renouvelé instant après instant… ».

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