Mouvement des Focolari

Mexique: en fête et en prière

Les initiatives dans le monde pour se souvenir de Chiara Lubich et continuer à vivre son héritage sont multiples. Ici nous ouvrons un zoom sur le Mexique. Le souvenir de la visite que Chiara avait faite au Mexique en juin 1997 est encore bien vivant. De manière toute particulière sa rencontre au sanctuaire de Mexico où est vénérée Notre-Dame de Guadalupe, “la Vierge noire”, comme la nomme la majorité de la population. A Guadalajara, une messe solennelle sera célébrée le 14 mars, retransmise en direct par le réseau satellite Mariavision. A Santa Cruz, région à majorité indigène, la communauté sera réunie en prière pour Chiara pendant 9 jours, selon les rites ancestraux. Le dixième jour, une messe sera célébrée en langue Náhuatl, la langue parlée par les Aztèques, très ancienne civilisation mexicaine, et par la Vierge de Guadalupe quand elle est apparue à Juan Diego. Les adhérents du Mouvement des 32 communautés indigènes de la zone y participeront. Le canal Mariavision, en plus de la messe dans la cathédrale de Guadalajara, transmettra un programme sur la vie, le charisme et l’œuvre de Chiara. Autres rendez-vous au Mexique PUEBLA -26/3 Evénement culturel, avec la participation de divers représentants de la culture,  des autres religions et du monde de l’art – à 19 heures – Hôtel de ville. PUEBLA – 28/3 Messe dans la cathédrale, à 18 heures ; présidée par Mgr J.Trinidad Medel, vicaire de l’Archidiocèse de Puebla pour les Laïcs. NETZAHUALCOYOTL – 20/3 Messe dans la cathédrale – à 19 heures ; présidée par Mgr Carlos Garfias MEXICO – 26/3 Hommage à Chiara, à l’Institut Mexicain de Doctrine Sociale de l’Eglise – à 19 heures – témoignages de différentes personnes du monde politique, religieux et culturel. SANTA CRUZ – 6-15/3 Rites traditionnels – 9 jours de prière pour Chiara ; le dixième jour, Messe en langue Náhuatl avec les membres des 32 communautés indigènes de la zone. (Note : Le Náhuatl est la langue parlée par les Aztèques et par la Vierge de Guadalupe à Juan Diego). CITÉ PILOTE LE DIAMANT – 22/3 Après-midi consacré à Chiara – Bénédiction de la Croix – à 13 heures ; selon la coutume du lieu, la Croix, soulevée de terre comme un symbole de la résurrection, sera portée en procession, tandis que des pétales de fleurs seront répandus le long de la route, pour signifier le chemin définitif vers le Paradis. La croix sera plantée dans le cimetière de la cité pilote : “Résurrection”, nom donné encore par Chiara .

«Arrisquei o emprego, mas alguma coisa mudou»

Sou médica obstetra e durante anos trabalhei no departamento de gravidez anômala do hospital de Lubiana, na busca constante de construir relacionamentos verdadeiros com as pacientes, os colegas, os superiores. Sempre procurei defender a vida, muitas vezes sendo humilhada e arriscando perder o emprego por causa do meu comportamento.

Muitos pais redescobriram a alegria da maternidade e da paternidade, e às mães que queriam abortar foi poupado o drama do remorso. Aos poucos os colegas e superiores começavam a respeitar as minhas escolhas e com freqüência me consultavam antes de tomar decisões importantes.

Depois adoeci, era uma doença rara: não podia fazer esforços, tinha fortes dores de cabeça e nas articulações, inchaços, perda de concentração. Os colegas me ajudavam como podiam. Fiquei limitada no trabalho, mas sentia que ainda precisavam de mim.

Uma vez foi internada uma mãe no sexto mês de gravidez. Ela já tinha a bolsa rompida e a medica de plantão aconselhou o aborto. Procurei convencer a mãe a não realizá-lo, ma não consegui. Porém me recusei a dar a injeção e a mesma coisa fizeram as enfermeiras depois de mim. O menino nasceu vivo. Os pais re-avaliaram a própria decisão e agora o menino vive o pai é orgulhoso por ter um filho homem.

Com a difusão da prática da fecundação assistida penetrou no hospital uma certa cultura da morte, com a eliminação dos embriões que sobram. Com este tipo de fecundação muitas vezes são concebidos vários filhos, mas somente um é ajudado a viver. Para mim este é um sofrimento insuportável, que encontra sentido somente se unido ao sofrimento de Jesus na cruz.

Por este constante caminhar contra a correnteza enfim alguma coisa mudou no nosso setor. Muitas colegas de trabalho começaram, junto comigo, a lutar pela vida. E até a chefe do departamento, que não possui nenhum referencial religioso, me apóia, mesmo sem entender de onde tomo a força para agir desse modo, onde encontra-se escondido o meu segredo.

(J. P. – Slovenia)

Dernier au-revoir à l’Imam de la paix : W.D. Mohammed

Dernier au-revoir à l’Imam de la paix : W.D. Mohammed

« Nous nous engageons plus que jamais à parcourir ensemble le chemin que nous ont ouvert nos deux grands guides », a écrit la nouvelle présidente des Focolari, Maria Voce, aux membres de sa famille et aux collaborateurs  « du très aimé Imam W.D. Mohammed, qui a donné sa vie pour la paix et la fraternité universelle ».

Depuis une dizaine d’années, une profonde amitié spirituelle liait Chiara Lubich et l’Imam Mohammed, reconnu, pour son autorité morale, comme le principal leader des musulmans afro-américains.

L’Imam W.D. Mohammed est décédé à 74 ans, le 9 septembre dernier, dans sa maison de Markham, dans l’Illinois.

« Les milliers de personnes accourues de tous les Etats-Unis pour participer à ses funérailles, rendent hommage – comme on a pu le lire dans la presse américaine – à l’un des plus grands leaders musulmans des Etats-Unis. » On pouvait encore lire : « Des groupes de musulmans, frappés à une époque par des divisions internes, se sont trouvés unis devant un homme qui a dépensé sa vie sans compter pour porter l’unité. »

Parmi les impressions recueillies ce jour-là, on peut lire cette affirmation d’un de ses disciples : « Le 11 septembre 2001 avait marqué une journée triste pour les musulmans. Aujourd’hui, en revanche, est pour nous un jour qui nous remplit d’orgueil. »

En 1975, son père, Elijah Mohammed lui avait confié, sur son lit de mort, la responsabilité de la Communauté afro-américaine « La Nation de l’Islam », fondée pour la réhabilitation sociale et morale des afro-américains. W.D. Mohammed s’est employé à amener les membres de son groupe à un Islam plus fidèle à ses racines, tout en faisant ressortir la tolérance raciale et l’universalité de l’Islam. Il s’est fait constructeur de ponts entre les musulmans afro-américains et les musulmans du Proche Orient et d’Asie émigrés aux Etats-Unis, avec les chrétiens, et entre blancs et noirs. Son travail extraordinaire dans le domaine interreligieux lui a valu d’être nommé, en 1994, parmi les Présidents internationaux de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (WCRP).

Le chemin parcouru ensemble par l’Imam Mohammed et Chiara Lubich a débuté le 8 mai 1997, à la mosquée Malcom Shabazz (connu aussi sous le nom de Malcom X) de Harlem. Pour la première fois dans l’histoire, une femme chrétienne, une blanche, prenait la parole dans cette mosquée. Trois mille musulmans et une représentation des membres des Focolari étaient présents. Chiara Lubich avait raconté ce jour-là, son expérience de chrétienne, citant l’Evangile et quelques passages du Coran qui illustrent ce que nous avons de commun, souvent interrompue par des applaudissements et l’exclamation «Dieu est grand ». Peu de temps après, dans un entretien privé, W.D. Mohammed et Chiara Lubich avaient conclu un pacte au nom du Dieu unique : travailler sans trêve pour la paix et l’unité.

La fidélité à ce pacte a porté de nombreux fruits d’unité entre les communautés du Focolare et les disciples de l’Iman Mohammed. Le dialogue entre eux s’est développé et il est devenu signe d’espérance, lumière pour beaucoup. Il s’est révélé particulièrement important après les attentats du 11 septembre 2001.

Il s’en est suivi plusieurs voyages de l’Imam W.D. Mohammed et de membres de son groupe à Rome, pour participer à des rencontres interreligieuses organisées par le mouvement des Focolari. En 1999, en préparation au Jubilé de l’an 2000, il avait été invité à intervenir en tant que représentant du monde musulman à la grande rencontre interreligieuse place Saint Pierre. Le pape Jean-Paul II, présent à cette rencontre, avait encouragé et béni le dialogue entrepris avec le Focolare.

En 2000, W.D. Mohammed avait de nouveau invité Chiara Lubich à parler à 7000 participants – musulmans et chrétiens – réunis à Washington pour deux journées intitulées : « Faith Communities Together » (Communautés religieuses ensemble) car, disait-il, « l’Amérique a besoin d’écouter ton message, de voir l’unité qui nous lie ».

A partir de ce moment sont nés – et continuent à se tenir – dans plusieurs villes des Etats-Unis (Washington, Los Angeles, Miami, Chicago, New-York, etc.) des rendez-vous intitulés «Rencontres dans l’esprit de la fraternité universelle » : durant ces rendez-vous de dialogue, est approfondi à chaque fois un point de la spiritualité de l’unité, du point de vue chrétien et du point de vue musulman, avec des échanges d’expériences de vie concrètes.

Les derniers contacts entre l’Imam Mohammed et les responsables des Focolari ont eu lieu quelques jours seulement avant son décès. Il avait, en effet, programmé de participer avec un groupe de ses collaborateurs, à la prochaine rencontre internationale de dialogue islamo-chrétien organisé par les Focolari à Castel Gandolfo (près de Rome), du 9 au 12 octobre prochain. Mais le médecin lui avait interdit les longs voyages en raison des troubles cardiaques dont il souffrait.

Homme profondément uni à Dieu, au cours leur rencontre nationale de 2005, l’W.D. Mohammed, parlant à 4000 membres de son groupe, avait affirmé avec force : “Nous devons aimer tous comme ils sont en droit d’être aimés : nous devons aimer les chrétiens de manière à ce qu’ils deviennent de meilleurs chrétiens, nous devons aimer les musulmans de manière à ce qu’ils deviennent de meilleurs musulmans.”

Lorsqu’on avait demandé à Chiara Lubich quelles étaient ses relations avec l’Imam Mohammed, elle avait répondu : “Je me sens à mon aise avec lui, car il me semble que le Seigneur l’a mis à côté de nous, comme il nous a mis, nous, à côté de lui, pour que se réalise Son plan d’amour ; et nous le découvrirons au fur et à mesure que nous avancerons en faisant grandir la communion entre nous et en travaillant ensemble.”

Et, l’Imam Mohammed avait déclaré lors d’une interview : “Selon moi, il est possible de nous libérer du poison des préjugés si nous sommes guéris spirituellement. C’est ce dont nous pouvons témoigner, en tant que personnes de religions différentes qui reconnaissent qu’elles font partie d’une unique humanité. Je crois que nous sommes en train d’accomplir un grand travail ; nous permettons à des personne qui se haissaient, de se libérer de la haine, de découvrir une nouvelle vie, un nouveau bonheur, parce que leur coeur a été libéré du poids des préjugés.”

Pardonner coûte que coûte

Mon mari et mes enfants sont alcooliques. Jusqu’à il y a un an de cela, Tom, le plus grand vivait avec une jeune femme. Tous les deux sont devenus alcooliques mais aussi toxico-dépendants. Il y a un an environ, mon fils est revenu chez nous car il ne s’entendait plus avec sa compagne. Entre temps, un enfant était né. La pensée de ce petit-fils me causait beaucoup de peine car sa situation était très douloureuse. J’en rendais la maman responsable et, un jour où je l’ai rencontrée dans la rue, je l’ai accusée ouvertement de beaucoup de choses. Nous nous sommes quittées avec beaucoup d’amertume de part et d’autre. Inutile de vous dire qu’en revenant chez moi je me sentais coupable de ne pas avoir aimé. J’avais beau me trouver toutes les excuses, me répéter qu’au fond j’avais raison, que je l’avais fait pour mon petit-fils, cela ne me donnait pas la paix. Quelque chose, au-dedans de moi, me poussait à l’appeler pour lui demander pardon, même si je trouvais la chose très difficile. Je ne savais même pas si elle m’écouterait. En réalité, lorsque je lui ai présenté mes excuses, elle aussi s’est ensuite excusée. Quelques semaines après cet épisode, Dorothy a été emprisonnée. Les choses allaient de mal en pis et moi, préoccupée par la situation de mon petit fils, j’éprouvais un fort ressentiment envers les parents qui l’avaient mis au monde dans une telle situation. Comme ils n’étaient pas mariés, l’enfant allait être confié à l’Etat. Le ressentiment  grandissait en moi d’heure en heure et les paroles de Jésus sur le pardon ne me donnaient même pas la paix. Je devais pourtant aimer Dorothy, quoi qu’il advienne pour mon petit-fils. Après pal mal d’efforts, finalement, la Parole a fait son chemin en moi et c’est avec un cœur renouvelé  que je suis allée lui rendre visite en prison : elle m’a embrassée, émue. Je crois qu’elle a senti que j’étais venue pour l’aimer et que je l’acceptais telle qu’elle était. C’est elle qui, la première, m’a parlé de l’enfant et m’a demandé si je pouvais m’en occuper. La garde légale du bébé a donc été donnée à mon fils et tous les deux – l’enfant et le papa – sont à présent sous mon toit. J’ai vu là le centuple promis par Jésus à celui qui cherche son Royaume : en cherchant à faire sa volonté et fruit du fait de m’être efforcée d’aimer jusqu’au bout. (J.S. – USA)

Le courage de mettre sa vie en jeu

Le formulaire pour la demande d’enseignement que j’ai devant moi me confirme que ma vie d’étudiant est désormais révolue. Arrivé sur la case où indiquer la province choisie, le doute me tenaille. Est-il mieux de rester dans ma ville du Sud ou d’aller ailleurs ? Il m’est demandé là de faire un choix de vie. Beaucoup de mes collègues choisissent le Nord pour avoir de plus grandes possibilités de travail et pour s’éloigner de cette réalité souvent portée sur le devant de la scène dans l’actualité : illégalité, déviances, criminalité. Et pourtant, beaucoup de choses me lient à ma ville ! Et pas seulement la famille, les affections, les amis, les intérêts, mais également l’espérance de pouvoir faire quelque chose pour elle, de remonter le courant, et cela malgré mes limites. Il me revient à l’esprit l’exhortation de Chiara Lubich aux jeunes : « Donner sa vie pour son peuple… » L’idée de rester, au risque de me heurter à des chances de travail moindres ou à des « écoles difficiles » fait son chemin en moi, avec une part d’inconscience. J’en parle chez moi, à ma fiancée, aux collègues. Il est tard et demain marque la date limite pour l’expédition du formulaire. Mon choix est fait : je reste. A la périphérie de la ville et dans les zones défavorisées il y a plus de possibilités de travail, les postes n’étant pas convoités. Et je pense au fond de moi : « Qu’est-ce que je peux faire, moi, dans ce quartier, lieu de luttes d’influence de la Camorra – ndlr la mafia – , où on se tire dessus et où l’on se tue ? Je peux aimer ! Que Dieu me vienne en aide ! »  Et ainsi, j’indique quelques écoles un peu « en marge », à côté d’écoles d’ « élite ». Dieu me fera comprendre où il me veut. Quelque temps plus tard, je reçois ma nomination pour l’année qui vient. Incroyable, j’entre dans le monde de l’école par la porte principale, avec le meilleur contrat ! Le jour où je me présente à l’école, les cours sont suspendus à cause d’actes de vandalisme commis la veille. Je comprends tout de suite que Dieu m’a pris au mot : le moment de l’épreuve est arrivé. Le contexte est particulier, le malaise social se fait sentir. Les journées se succèdent entre moments difficiles, où tout semble aller de travers, et d’autres moments où les yeux des jeunes s’éclairent, cherchent à me rencontrer car ils veulent s’en sortir et se préparer un avenir meilleur. Je m’accroche à cet espoir, et ma souffrance trouve son sens. Je ne sais pas si je tiendrai le coup, car c’est parfois très dur d’affronter la situation, d’obtenir le respect et de parler de maths dans ce contexte . mais je sais qu’instant après instant, je peux chercher à faire entrer Dieu dans les salles de classe ; le rendre présent dans les réprimandes, dans les notes, les entretiens, dans les disputes, les explications, dans les silences, les annotations sur les carnets de classe. Si Dieu m’a voulu là, il sait certainement pourquoi… (D.P. – Italie)